d'ombre au diaphane

dans l'armoire

paroles, paroles

embruns de rock

échevelé, avide
au milieu des accords
Mardi 29 décembre 2009 2 29 /12 /2009 15:40


- allez rajoutes un peu de lumière, c’est triste tout ça !

et le cadrage, putain, j’ai dis les yeux,

les deux pour pas qu’y ait de mensonge

et toi bordel, t’arrêtes ta gueule de cocker,

tu fais quoi ?  

ici c’est comme la vie,

si tu sais pas jouer la comédie, vas mourir

et fais pas chier,

bon on reprend, remets lui un peu de couleurs,

il est trop pâle,

merde c’est pas compliqué de faire semblant,

ils font quoi les prolos aux hurlantes du p’tit chef,

les pantins-cravate derrière leur guichet,

les blouses blanches de couloirs

aux gémissements des morts,

comment ? ça va pas ?

ta gonzesse t’aime plus, t’as le cancer ?

ben tires-toi mec,

si tu tombes un autre sort de l’ombre à ta place,

c’est pas moi qui le dit,

bobine de film

- bon, moteur !

quoi ? tu peux pas, t’as lu le scénar ?

tu connais la scène de fin ?

ben on va la faire tout de suite,

tu seras libre après,

 

- moteur !


musique : Philippe Léotard / demi-mots amers / à l'amour comme à la guerre / Saravah 

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 27 décembre 2009 7 27 /12 /2009 23:58

lyd


t’as cogné mes parois

ce silence imbu qui mène à la perte

t’es venue avec tes yeux, ta bouche

tes mots, tes jambes et ton ventre,

t’as piétiné en caresses

mes stériles certitudes,

t’as posé la lumière à mes yeux brulés,

t’as laissé au fond du drap,

l’essence même de mes manques,

la douceur,

la douceur, celle de ta peau

quand mes mains avides

cherchent à se nourrir d’humide,

et de frissons,

t’as frappé les frontières,

jusqu’à s’effondrer,

mes prétentieuses barrières,

t’es venue avec tes silences criants,

tes jambes encore,

jambes lyd
toujours ta peau, mon chemin,

et voila les stries,

celles que t’as refusé,

qui écrivent désormais le devenir,

tu poses tes lèvres aux miennes,

m’insuffles le vivre,

me rappelles les échéances,

et poudroies l’existence

de tendre et de doux,

t’es venue enfin,

poser la pierre manquante,

et m’offrir l’horizon,

.. ……

musique: lyd / ACWL

Par daniel - Publié dans : cris de coeur - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 21:24

on dit

comme une âme en peine

on dit

bonjour, bon appétit, bonne soirée
on dit
ça va ? quel temps !

et la honte dit,

fais semblant,

on te dit,

à quand et comment ?

 

on maudit

tous nos maux dis..
tôt ou tard...

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /2009 22:16

ils devaient être soixante, les présidents des pays les plus riches dont ceux du G8, du G20,

du j’ai la haine,

seuls ceux d’Italie et du Brésil sont venus,

plus d’un milliard à crever pour survivre : augmenter de 70% la production agricole,

on va le faire mais pour remplir les réservoirs et nourrir les moteurs,

nous serons 9 milliards en 2050,

mais déjà survivre maintenant, pour des tracteurs, des puits, des formateurs il faudrait par an passer de 5 milliards d’euros octroyés par l’ONU à 29,6 milliards au présent des besoins,

on bouffe de l’économiste et de l’écolo sur tous médias mais ils sont ou ces visionnaires bien-pensants ?? , combien de milliards aux banques, et ce silence écœurant,

 

c’était l’histoire d’un sommet contre la faim dans le monde, un enfant toutes les six secondes aux écrans de pub ?!  ils osent…

rien que dans une journée, plus de 17 000 enfants vont mourir de faim à travers le monde

alors, j’aurais pu étayer ce billet de révolte par une photo d’un visage africain, indien, sud-américain même européen, les yeux exorbités et le ventre démesuré mais justement, je refuse, je refuse,

je refuse encore et encore vos silences, vos démesures d’intérêts qui rendent désormais ce monde inhumain,

là derrière mon clavier que puis-je pour toi si seulement t’offrir la caresse de ma main,

et mon fragile combat numérique,

déjà ça,

j’ai honte ce soir et j’ai mal

le sommet a dû se finir devant une bonne table,

bonne nuit à tous…

 

 Sommet de la FAO / Rome / 16-18 novembre 2009 / Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture

(en tout petit sous le logo : pour un monde libéré de la faim)

Par daniel - Publié dans : politique - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /2009 23:59

9 novembre 2009

il y a 20 ans que le mur de Berlin s’est entrouvert avant de chuter,

fin de la guerre froide

mais toutes les guerres sont froides

alors on pleure, se souvient et analyse

à grands coups d’hommages télévisés,

 

pendant que d’autres murs s’élèvent dans le mutisme le plus total

 

ah, si toute énergie médiatique, politique

et pseudo-certaine servait plutôt à combattre les briques du présent

 

depuis cette crête orgueilleuse de 50 000 kilomètres,

et celle présente toute tachée de sang

d’un pays qu’on éventre, d’une ville hors du temps

qu’on découpe à vif, sourd aux cris des mourants,

lamentations sur 700 km

et puis ces barbelés sous l’œil des 4X4,

chasseurs boursouflés et incultes,

qui pratiquent le tir aux fuyards et désespérés,

le soleil et les vautours finiront le travail,

au long de ces 1200 km

et puis celui d’Asie au 38ème parallèle,

ses 238 km de long et 4 de large,

familles séparées au nom de l’aberration,

sans parler de ceux posés même sur une île

et tous ces vestiges de pierre

qu’attisent encore les haines…

 

tous ces murs de silence,

 

même ceux du fond du drap, qu’on feint d’ignorer,

du regard détourné à une hiérarchie dominatrice,

et nos silhouettes aveugles au flux du trottoir…

 

tous ces murs de silence…

 

images : Gerald Scarfe / the wall / Alan Parker – Roger Waters

Par daniel - Publié dans : politique - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /2009 01:23

vu chez Papier libre sur une idée de Juliette



à la récré, ils s’moquaient toujours de lui,

mais moi j’m’en fous j’suis pas dans sa classe,

y’en a qui disaient, il est drôle,

fait rien que nous regarder, y parle comme un zombi,

j’avais rien fait ce soir là, je sortais du bahut,

deux heures de colle et la tronche des parents,

l’était appuyé au mur, assis au trottoir,

il pleurait,

oui Madame, je viendrais, c’était tout propre chez elle,

j’ai frappé, j’avais un peu peur ce jour là,

son p’tit costard vert de poupée,

sourire affable, d’une mère éplorée,

merci dit-elle, il est si fragile

mais comment il me regarde !

la frange bien taillée, chaussettes et cravate,

j’ai enlevé ma casquette, j’étais gêné,

c’était ici, la bien-pensance ?

l’innocence coincée du dimanche matin

sous le portail de l’église ?

j’aurais pas dû l’aider,

maintenant entre les cours, viens toujours me voir

et c’est moi l’exclus désormais,

puis ce jour,

tous les deux au pied du marronnier,

- tu sais, viennent me chercher demain,

m’ont retrouvé, ils vont me ramener,

dis, tu promets, t’iras voir ma « mère »,

tu sais j’ai rien fait,

juste naître ou y faut pas…

son pas était lent quand il est parti,

je savais bientôt  ses petits costumes de cirque

retourner en guenilles…

 

photo : Ruud van Empel

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /2009 22:53
diaphane a quatre ans

pour être et exister depuis la création de nos numériques plaines, forêts ou plages,
on est quoi ?

avec nos petits bonheurs masturbés de bienfaisances et d’égoïsme,

on copyright, on devient support de pubs, avec la certitude du talent et de l’acquis,

mais les tunes avec, pour ceux qu’ont perdu leur âme

Vian disait : « si tu t’aperçois que t’écris pour le fric, alors arrête ! »

de nos mots éphémères, nos égos boursouflés nous font jouir en silence au clavier de nos nuits, on devient poète, écrivain, nimbé de l’aura qu’on traîne auprès de passants qui si souvent ne laissent de comms que pour mieux qu’on les visite, grande orgie de solitudes qui ne s’échangent même pas et se contentent de s’auto caresser,

et si on partageait les plumes, on fasse se baiser les mots, l’orgueil en moins ?

il nous reste ce dernier moyen d’offrir, et se trouver,

ils vont nous l’enlever… là, bientôt… !

ah oui, j'oubliais, ici tout appartient à tout le monde, mots et photos, on est que brassée d'humains alors cessons nos certitudes imbues
merci à tous ceux qui me visitent même anonymes,...

* pour suivre depuis la création du blog :

- blog , blog (2), blog (3)blog (4)   

 

 

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /2009 14:46


il y a l’étoffe déserte

avec ce filet au creux du drap

méandre de plis qui susurre la rupture,

ces regards fuyants, ces aubes gênées,

un jambe là, qu’on voudrait caresser,

se perdre en chemins de salive,

quand le silence terrasse les mots,

déjà trop tard ?

café froid, sans nos accords,

tournent les dos et les cœurs et la raison et le bonheur et le survivre,

il ya le laissé de l’homme,

avec ses ruines et ces certitudes orgueilleuses,

et ce filament qui ondule,

qui fait le temps se séparer d’humain,

ce fil qui tortille et fuit,

lien, frontière, rien d’abolis,

ils vont te braquer au bout du voyage,

nos errances effleurées,

quand les haleines comédiennes,

croient se perdre aux fonds des nuits,

il y a matins blêmes,

avec ces sourires esquissés,

ces peaux qui s’évitent,

lambeaux de sensuels, desséchés en pied de lit,

visage fuyant et miettes sur la couette,

au fond du noir sur ta peau

quelque chose du bonheur,

nos éclats maintenant de brumes,

déposent c’est sur,

nos embryons tâtonnants de silences aveugles,

y’a qu’à laisser

le temps piétiner ces relents chancelants de vécu,

et nos solitudes retrouvées,

tituber aux abysses du temps,

dire je t’aime

pourquoi faire si personne à l’écoute…

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /2009 00:10

je marchais ce soir là, voulais connaître ces quartiers chauds inscrits dans tous les guides, mais à Patpong pas d’exhibitionnisme, la pudeur n’empêche pas le trafic aux déchéances, le bouddhisme force à la discrétion et au caché, c’est certainement pas mieux,

au milieu de cette foule bigarrée, allemands, américains, français, pas d’arabe, les entrées leur sont interdites, en Asie la femme est sacrée, ces néons racoleurs, ces filles avenantes aux portes d’entrée, un gamin m’indique la meilleure adresse, que des thaïs, j’y vais,

une grande vitrine, un amphi et derrière la glace, des filles en maillot avec sur le sein gauche leur numéro, allez choisis, tu l’as pour deux heures et pour quelques baths tu choisis l’amour ou pas, je prends sans mais l’aurais quand même ayant choisis une « vieille », dans l’ascenseur du retour sous les moquettes mauves, elle m’a pris la main, sacrilège par là bas pour me remercier de ma timidité et de mon respect,

Monsieur, l’encravaté  imbu et fier, durant ces nuits d’errance je n’ai pas vu, certes je suis hétéro et n’ai pas fréquenté les mêmes lieux, je n’ai pas vu de garçon ou d’éphèbe de quarante ans, mais de cela je n’en tiens pas rigueur, d’ailleurs je ne le peux sinon j’ai les flics à la porte, et vous, vous aurez honte pour moi puisque vous avez honte pour tout le monde sauf pour vous,

juste vous dire que le président que vous servez avec un tel zèle condamnait il y a peu comme ministre de l’intérieur la prostitution et surtout les clients qui la pratiquaient,

Leda était chino-thaï, elle avait un petit ventre et d’énormes tétons (voyez monsieur le dandy au cigare qui doit regretter sa villa italienne, sauf pour la paye), je n’ai pas votre talent mais ai le mérite d’être franc,

alors je vais laisser votre prose :

« Il n'y a que pour ceux qui ne les désirent pas qu'ils se ressemblent tous. Il se tenait comme les autres sur la petite scène, les mains croisées en arrière pour bien marquer le corps dans la lumière… » (1)  

oui, c’est vrai, les accords saturés des gogo bars amènent l’indigent, l’égaré ou l’obsédé derrière le bar a repérer le numéro sur le soutien-gorge,

On rit un peu sans bien se comprendre, je lui refile les billets pour deux heures avec de quoi s'offrir une autre dent en or et il sort en chantonnant.

Le numéro est accroché à l'aine, en évidence. La plupart d'entre eux sont jeunes, beaux, apparemment épargnés par la dévastation qu'on pourrait attendre de leur activité.

Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m'excitent énormément.

Ces gosses ont largement l'habitude des hommes bien qu'ils ne les aiment pas vraiment,…

Je sors de ma stupeur, je pose sur ses habits quelques billets défroissés, nettement plus que la juste somme indiquée par le manager du club, mais il semble ne pas y prêter attention….

… salive salée de jeune mâle sans odeur de tabac ni d'alcool…. (1)

Leda me regarde, secoue les poches de mon pantalon, y entend le cliquet des pièces,

- regarde, c’est juste pour rentrer à l’hôtel, elle sourit et c’est un comble, me regarde avec compassion, européen gauche et peureux si loin des certitudes jouissantes des gens de son pays, aux plaines inondées de Chieng Maï et leurs cabanes de bambou sous le chant des crapauds, à cette couverture que t’as posée sur moi, clapotis comme symphonie, je mange l’autre moitié, tu me l’as offert, de cette banane avec laquelle tu as joué, devant ces ventrus friqués nimbés de nauséabonds désirs, tu savais que je savais au fond des rizières vendre l’enfant, oui, finir à tournoyer aux appétits puants de l’occident, mais nourrir le clan, ici les rues grouillent mais sont tranquilles aux portes des suggestions,

d’autres écrivent aussi de ces nuits moites et sensuelles,

Il aurait peut-être mieux valu ce soir-là, que je ne traine pas le long de cette grève. Bien sur, j’avais eu ces multitudes de haut-le-cœur dans des chambres de plus en plus tristes et lugubres avec des filles de plus en plus jeunes et de plus en plus insondables dans leurs douleurs et leurs problèmes. Mais tout cela je l’avais cherché.

Il fallait s’arracher au sortilège. Il fallait encore gouter de ces regards et boire de ces visages jusqu’à la lie.

J’étais donc ressorti et je trainais involontairement les pieds, comme voulant retenir un peu de cet itinéraire qui tendait à sa fin, de ces mètres qui se raréfient. Tout à l’heure l’avion m’enlèverait définitivement à tout ça. Je pourrais me laver et perdre des peaux  qui m’avaient ici recouvert jusqu’à l’étouffement. (2)

l’est retournée derrière sa vitre, elle est si peu choisie, Leda, je sais, le visage est sacré, pas de bises, j’ai senti ta main cachée derrière l’étoffe, et ce couloir feutré avant nos vides…

et là dans ce taxi de brumes pétaradantes, collier de fleur qui balance aux reflets du rétro, ce boulevard d’aube prématurée me ramène à la honte mais juste la mienne, nous nous sommes aidés à vivre, certainement, sur le matelas, les billets…

- Monsieur, quand votre président, celui pour qui vous avez fait allégeance, condamne non seulement celles et ceux qui se donnent mais aussi et surtout ceux qui les fréquentent comment pouvez-vous être ministre ?

 

(1) La Mauvaise vie / Frédéric Mitterrand / Robert Laffont

(2) Royaume de Siam / Gérard Manset / Aubier

 

Par daniel - Publié dans : politique - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /2009 22:12

Janis joplin-Ball and chain live

pourquoi ce soir, pourquoi de plus en plus ?

ta voix oui ta voix,

tu m’enrobes, tu me vêts,

comme une copine, putain, t’avais arrêté, qu’est-ce qui t’as pris ce soir là même que t’as tout bien rangé dans la table de nuit, une dernière, dernière fois, de trop, t’as descendu l’escalier, t’es tombée dans le hall, t’as demandé de la monnaie pour acheter ton paquet de clop et t’es remontée dans ta piaule, alors même que t’étais amoureuse, loin des coups et des queues aux édredons tachés, derrière ta Benz et ton vison,  

ta voix oui ta voix,

pourquoi je t’aime comme ça ?

parce que les nuits, t’appeler juste pour entendre comme un oubli, du réconfort, parce que je sais qu’on se retrouvera là haut,

on peut dire je t’aime à une morte, j’ai comme ta peau à coté, son jeu maladroit et tendu sur la scène, là devant ton lit t’es tombée, c’était le dernier, pourtant, même si tu t’engeulais avec lui, une ébauche d’amour ? encore une fois… peut-être il t’aimait, vraiment,

t'es partie un quatre d'octobre, un autre le dix-huit du mois d'avant, t'avais dit c'est pas possible les deux la même année, peut-être tu touches et crèves ces cocons de solitudes amers et qui dérivent,

comme toi, comme moi…


la retrouver et ici et puis encore
Par daniel - Publié dans : cris de coeur - Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires

le temps qui passe

Février 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
             
<< < > >>

votre présence

fouiller en ce lieu

des mots qui dénotent

des mots pour dire, rêver

des mots esquisse

des mots espoirs

des pages à tourner

entre nous

voyages immobiles  

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés, 

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants, ,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotant,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

aussi ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

me penche vers l'onde et m'y abreuve... 
nous sommes debout ?
 

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés