d'ombre au diaphane

dans l'armoire

d'autres ailleurs

paroles, paroles

mouvances, les images les mots

embruns de rock

échevelé, avide
au milieu des accords
Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 23:27

mais qui est cet homme qui tombe des cieux ?
elle sera c’est sur la jeune fille aux cheveux blancs
ce sera un pâle septembre,
voiles et dentelles peut-être
mais qui entend le glas que je sonne ?
à l’ombre du parvis d’autres ombres,
vivantes ou mortes
mais quel mal m’a pris de m’éprendre…
comme il est loin le ciel sans cendre,
mais qui est cet homme qui tombe amoureux ?
de fleuves en sommets,
de touchers en regards
et tous ces jours désormais qui jonchent le sol,
je l’aime toujours, d’amour, d’amour…

variations sur :
Camille / pâle septembre / live au Trianon  

Par daniel - Publié dans : carnets de doutes - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Communauté : écrire c'est hurler en silence
Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 21:52

on est combien, larves effondrées, muettes et obéissantes, les miettes sur la couette, marbrures sanguines au bout de la rue,

petite langue animale, le clavier suinte, il y a la mer quelque part, c'est sur,
et oui c’est décousu,
toujours l’écran, on reste éclaboussé d’insolences sans mots dire,
ne pas maudire, éructer nos dégouts, des gouts éphémères, passe et repasse l’illusoire
et tous courbés, la tête dans l’abreuvoir,
la main de la femme accrochée au caddie, celle qui frappe au carreau aux portes des cités,
n’oublie pas cinq fruits et légumes,
et oui c’est décousu,
là bas, tout petit, tout silence, tout oubli, rejets d’humain aux cris avortés, silhouettes tremblantes, liens de caoutchouc ou pas de lien, ces bras tendus vers l’inattendu,
ces visages de larmes enfouis sous l’étoffe et qui hurlent à l’amour,
l’amour,
l’amour,
l’amour, … 

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Communauté : écrire c'est hurler en silence
Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 23:36

c’est juste un citoyen qui s’exprime
pas plus de gauche que de droite mais qui se réjouis ce soir,
de dire « Adieu » du moins j’espère à :

-        l’identité nationale,

-        l’obsession migratoire,

-        Hortefeux, Woerth, Guéant,

-        Dati, Yade, Bachelot,

-        Besson, Kouchner, Allègre,

-        Lefebvre, Morano, Rosso-Debord,

-        Copé, Bertrand, Kosciusko-Morrissey, Pécresse,

-        … Sarkozy,

la liste est loin d’être exhaustive, il ne s’agit pas d’idées mais d’êtres,
arrogants, diviseurs, xénophobes,


alors « au revoir » Monsieur et « à jamais »

Par daniel - Publié dans : politique - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 00:14

Beth,

je t’écris par ta faute,
y’a des morceaux qui hantent qui donnent tout,
sorte de nectarine d’arpèges et de frissons,
leurs cillements humides, les tiens, les miens,

j’étais pas ce soir là au Paradiso,
pourtant tu sais j’avais connu la scène, envoutée, enfumée,
vers les soixante dix,
n’empêche, j’aurais tout donné pour y être,

te voilà émotion, t’es sensuelle, t’es sublime,
tu magnifies le blues
soudain Janis Joplin ou Joss Stone
et puis tu t’inclines, t’agenouilles,
tes doigts de donneuse enlacés à ceux informels du public,
traine une guitare, des envolées électriques,
des peaux qui se touchent,
voila tes mains comme de douces vagues au clavier,
des notes qui charment,
ta voix qui porte et emporte
et qui emporte encore…

Beth,
tu sais, j’aime pas ton bras maintenant, trop tatouée,
bon ta mèche blanche, toutes façons t’es belle,
c’est Joe qui tient les cordes en ce moment,
mais ce soir là au Paradiso,
il est des pierres qui façonnent le rock,
ce concert en boucle sur mes nuits,
ta voix toujours,
j’étais pas ce soir de mai 2004 à Amsterdam,
tu m’as fait remonter le temps,
j’y suis désormais,
ta sueur et ton souffle avec moi
merci Beth

 

Mama

Beth est au piano, elle rend hommage à sa mère, la chanson n’est pas longue mais suffisante pour flirter avec vos paupières, prenez le temps, c’est si beau, si fort,…


 

Am I the one

un monument du blues, le don d’une artiste au public, elle se couche presque, offre le meilleur, et puis cette électricité lente et saturée qui habille le cri écorché et tant et plus…


 

 Am I the one ?

Par daniel - Publié dans : cris de coeur - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Communauté : écrire c'est hurler en silence
Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 23:38

écrire, toujours, pour le plaisir, l'occasion et le partage
ici la suite de quelques petits fragments déposés sur le site mil et une,
comme çà pour rêver se perdre avec les autres...

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63 


Big brother

Elle a pleuré encore ce soir, ces mots avortés, étouffés étaient à peine audibles, j’ai dû éteindre la télé. Il y avait ce voile de souffrance aux pupilles, cet éclat terni.
Laissez-moi vous conter ce chemin commun.
Grandir ensemble même bahut et sans jamais toucher nos peaux, cette complicité confiante et révoltée. Passer nos nuits à refaire le monde avant que le destin et nos ambitions l’emmènent vers ce qu’elle offrira aux autres.
- tu veux faire quoi après ?
- tu le sais bien, soit prof soit journaliste
Je hais ces odeurs et ces couloirs qui m’amènent à elle. Et puis cet écran bruyant perché au mur, sa main pendante qui serre le boitier.
Elle fit (j’en parle déjà comme au passé) la une des hebdos. Du sable des émeutes aux jungles policées, du fracas des bombes aux chambres de fin de vie, elle déposa comme reliques ces textes et images.
- regarde, ils m’écoutent et voient
- en es-tu sure ?
Elle s’absente quelque fois du fond des yeux, doit cacher sa douleur certainement. Soudain des draps comme barreaux et ce ciel fenêtré. Figée comme punie d’une faute d’incompréhension, elle semble veiller sur le vide.
Retrouver ces regards déguisés, ces fuites rampantes, le subjectif avide du vigile assermenté. Elle fut des magazines d’info, des caméras reportage et même d’un respect politique tous bords confondus.
J’exècre la vue de ce numéro de chambre, je voudrais sentir des vents et qui chasseraient ces ombres dansantes au fond de son écran désormais nourricier.
- il me reste une main et ce boitier qui me fait vivre

On m’a appelé, on m’a dit de venir en urgence.
Elle avait arraché ses liens de survie et avec fracas avait détruit la télévision en y jetant violemment sa télécommande.

 

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les vieux assis


Il (elle) reviendra

c’est le bruit de ses ailes, de lourds battements,
elles percent l’ombre, les bruines de glace,
il sent et sait,
Idyl, c’était son nom,
elle ouvrit de grands yeux quand il vint se poser,
au tréfonds de l’iris, elle se vit découverte,
main crispée, main tendue,
Nad, c’était son nom,
ce fut un son qui le fit découvrir,
cette ombre volage, massive et si frêle,
paupières closes, paupières blanches,
c’est l’onde d’invisibles, de destins susurrés,
il plonge, s’apprivoise d’elle
Idyl tâtonne, s’écharpe en silence d’un vécu bien trop lourd,
elle gratte au creux de l’étoffe cette nouvelle nourriture,
sous l’œil volatile aux ailes repliées,
s’abandonne à l’aimé
il sent et sait,
et c’est ce cri étouffé de silence,
l’incite doucement à s’entrouvrir,
Nad torture l’étoffe parfois, se perd en silence,
d’abyssales oublis, des manques à palper,
il gratte au creux de replis la peau nourricière,
c’est le bruit de ses ailes, de lourds battements,
elles percent l’ombre, les bruines de glace,
il tourne,
les voit tous deux sur ce banc de silence
qui piétinent le temps,
ils se sont aimés et l’attendent,
il sent et sait
et trace de grands cercles sans pouvoir se poser 

sculpture : Jean-Pierre Augier  

 

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hilda     Hilda

Hilda est lasse, le jour n’en finit pas.
Elle attend avec impatience que vienne le crépuscule. Retrouver enfin son alcôve, sa solitude feutrée, ses livres et son réfrigérateur. Elle a mis des rideaux devant ses miroirs, ne les entrouvre qu’à moitié.
Hilda peine à s’endormir. Tout au fond des souvenirs toujours les mêmes échos. Déjà en maternelle aux jungles naïves et cruelles du béton des récrées :
- Oh la grosse mémère !
Elle a grandi, et dans les parcs aseptisés des facs :
- t’as vu ta gueule et en plus t’es rousse !
Elle n’a pas vu peut-être les yeux de celui-ci.
Hilda ferme la porte comme elle l’a fait pour son cœur.
La pomme et ses gouttes d’argent se faufilent aux courbes embuées. Elle baisse les yeux, s’effleure de savon et s’essuie rapidement. Des murs boutonneux des cités aux sucettes urbaines qui squattent nos trottoirs, on les voit. Silhouettes fières, démarche chevaline si maigres comme décharnées parfois. Les médias s’en abreuvent et la gente féminine s’accommode et fait silence.
Hilda se glisse sous l’étoffe, sculpte la couette.
Elle n’a pas vu peut-être les yeux de celui-ci.
Elle va se perdre, sa peau en frissonne, c’est l’heure du fantasme et des spasmes, Sur d’autres murs d’autres affiches. On les nomme « burlesques », le cabaret les illumine. Et d’autres en une accrochées aux kiosques qui troublent le lambda. Elle se tend, cherche ses errances onaniques. Son souffle, ses mots susurrés, cet abandon soudain. Il viendra, il viendra c’est sûr. Hilda s’endort, elle délaissera le poème entrouvert, le retrouvera matin retenant en vain quelques bribes de sommeil.
Elle n’a pas vu peut-être les yeux de celui-ci.
Je le sais…


tableau : Duane Bryers

 

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emil-nolde-les-masques

 

 

 

 

 

 

 

 

Tsantsa  

 


tu te souviens,

les suées, cette moiteur lourde, ce silence de tentacule, 
tu te penches sur le cordage, essuies ton front, 
hamac de torture à guetter le moindre bruissement, 
et puis soudain le bruit sourd des tambours,
ce n’est plus le frisson peureux de la bête venimeuse 
plutôt celui de la flèche et ces corps aux armes de couleurs, 
enfants du feuillage, quêteurs d’âmes, 
tu n’as plus de souvenir, 
des bribes brumeuses et cramoisies,
tu ne te souviens plus, 
si encore un peu, ce visage dépossédé, qui se vide, 
peau réfractaire et rabougrie… 
… comme le mobile aux yeux de l’enfant, 
paupières entrouvertes, ils sont là, 
tournent et torturent nos fièvres partagées, 
n’ont gardé que l’admissible et l’âme rampante, 
tu les attends qui viennent, 
ils ou elles se penchent, sucent ta bouillance, 
ces morceaux de tête, grimaçants et vides, 
et l’aube qui vient t’habillera du tien, 
ce masque de survie…

 

Tableau : Emil Nolde

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Communauté : écrire c'est hurler en silence
Lundi 19 mars 2012 1 19 /03 /Mars /2012 22:40

ils mirent plus de deux siècles

sueurs écoulées, meurtrissures des paumes, le grincement des poulies, le souffle des bêtes,

les hommes et les voûtes arc-boutées soumis à la démesure du beau

la miche toute de poussière blanche que l’on coupe et partage, le saindoux sur la mie, nourriture terrestre au repas du dépassement

l’œuvre s’élève de patience et de sang, de visions et d’efforts, d’ambition et de morts

sur le pavé, le copeau, la foi et la souffrance

je suis gargouille, je suis née du tourment de vos âmes

pierre arrachée à la terre ou vous vous nourrissez

je suis témoin de roche figé à vos devenirs

je vois vos bougies, vos lanternes, vos ampoules

les chevaux qui meurent et deviennent mécaniques

et pour régler vos guerres, vos armes démoniaques

balafres à l’édifice, de l’épée à la bombe

j’ai vu tant de vos folies

soutanes de torture et confessions forcées

chariots contaminés et bûchés de tourments

 

bonnets phrygiens hurlants

éclats de ma peau à vos marteaux assassins

le bourg s’est agrandi

et sa misère, ses commerces, son armée

comme devenus vos images

aux fortes nuits de pluie, j'éructe et crache de sombres rictus à ma gueule éternellement béante et muette au spectacle de votre démesure si tendue vers le laid

laideur de fracas

j’ai vu vos bombes, brasiers de chairs et de cris,

échos des uniformes, visages inclinés maquillés de terreur

éclats de destructions et peuples déchirés

je vous ai vu bâtir l’impossible et puis brûler vos œuvres

vos mains tendues aux chimères d’idéaux

votre soif de l’unique et de l’instantané

vos affres illusoires

les hommes et les voûtes toujours arc-boutées soumis à leurs valeurs,
au monde qu’ils ont fait

un vent de fin de nuit vient mordre ma matière

je noircis, je m’écaille aux gifles de vos acides

ils n’ont mis que deux siècles pour salir ma lumière

et me laisser pantelante, abîmée et lucide 

 

parfois,

mais vos yeux invisibles ne peuvent m’apercevoir

de granit je suis argile

je m’étire doucement, me relève

et je laisse entre mes lèvres de pierre

s’échapper l’appel de mon dépit

aux bras du temps

 

peintures : véronique groseil

(je dédie ce texte à ma mère)

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 22:49

le temps s'écoule et certainement que ces minutes, heures, jours, années laissent en nos coeurs les marques des absents, ceux terrassés par la grande faux comme on dit mais aussi ceux partis vers d'autres horizons
écoutez Lucid Beausonge et son vibrant poème  

Par daniel - Publié dans : carnets de doutes - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 23:59

c’est sur il ne restera pas
fuir ses soixante mètres carrés avant le ronronnement lourd de l’hélico,
son projecteur qui balaye la cité, ses voitures incendiées…
il descend, un tag encore frais, des trainées de peinture qui coulent sur l’acier,
l’odeur de pisse et de friture,
dans le hall sous les boites aux lettres, une fille qui lacère sa poupée avec un coupe-ongle,
il longe les barres, prend soin de rester dans l’ombre, se dirige vers le centre-ville,
c’est sur la bas sera plus calme,
derrière l’hyper-marché ils sont une dizaine a fouiller les containers,
le surplus des riches pour festins de pauvres,
une voiture zigzagante, fend le boulevard et vient buter sur un panneau, une guirlande arrachée continue son clignotement rouge et bleu sur le trottoir,
il la contourne, observe au loin l’incandescence indécente de l’hyper centre,
plus de bus, la ville semble paralysée, livrée à elle-même,
le voila aux portes des rues piétonnes, débauches criardes de luminaires,
il les voit, derrière les vitres d’un restaurant huppé, ils sont attablés, champagnes millésimés, homards et gueules d’enterrement,
plus loin titubants qui vomissent, une bande d’égarés au répertoire grivois qui se cognent aux vitrines,
un point presse aux affiches déchirées annonce une crise sans précédent au milieu de poitrines siliconées,
c’est sur prés du parc ce sera mieux,
sous l’auréole jaunâtre d’un candélabre, un mec se pique un chiffon dans la bouche,
et voilà l’heure illusoire, les douze coups fatidiques,
plus tard il le sait ce sera le hall,
et la poupée déchirée dans les bras d’une fille endormie sous les boites à lettres…

*  remake d'un ancien billet

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Communauté : écrire c'est hurler en silence
Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 17:51

oui un vingt sept octobre

il y a six ans

peut-être pour défier la morosité des jours

j’ai posé mes doigts sur le clavier,

donner, offrir,

rendre à mon tour ce que j’allais puiser chez les autres,

écrire pour le plaisir, le partage,

la thérapie ?

c’était il y a six ans

non ce n’est pas la source qui s’est tarie,

ce sont de gros cailloux qui ont fait l’onde se détourner

creuser doucement d’autres méandres voués à l’étiage,

et tous ces mots mourants

avant même d’être nés,

alors ce blog comme un bateau de papier

frêle et titubant

dérive lente vers une mer de brume

ou c’est sur, d’autres vents

parachèveront l’aventure…

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 22:04

elle fut certainement la Madonna des séventies et dire son nom serait perdre l'attention du visiteur et pourtant elle compose et écrit toujours et de mieux en mieux, cliquez et laissez-vous bercer...  

 

 

Si tu m’aimais un peu plus fort

Nos mains serrées, face à l’aurore

Si tu m’aimais comme un vieux roi

Fiévreux du temps que je te dois

 

Si tu m’aimais tout en couleur

Avec tes yeux pour unique frayeur

Si tu m’aimais sans un pourtant

Avant que tout ne s’efface en sortant

 

Reste une seconde

Rien qu’un instant

Dis-moi que je compte

Malgré le temps

Je reste en silence

Je t’en conjure

Rien ni personne ne prévoit cette usure

 

Si tu m’aimais juste comme au temps

Lorsque ce corps était plus élégant

Si tu m’aimais dans cette dérive

Comme un naufrage ce nous deux qui chavire

 

Reste une seconde

Rien qu’un instant

Dis-moi que je compte

Malgré le temps

Je reste en silence

Je t’en conjure

Rien ni personne ne prévoit cette usure

 

paroles et musique : Jeanne Mas / Bleu Citron / Rock&Movies / 2011

 

Par daniel - Publié dans : cris de coeur - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

le temps qui passe

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fouiller en ce lieu

des mots qui dénotent

des mots pour dire, rêver

des mots esquisse

des mots espoirs

des pages à tourner

entre nous

voyages immobiles  

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés, 

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants, ,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotant,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

aussi ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

me penche vers l'onde et m'y abreuve... 
nous sommes debout ?
 

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