perclus au fond du canapé
t’es là comme le disait Ferré « à regarder les révolutions qui passent »,
ça secoue au nord du continent d’Afrique,
pendant que chez toi tes gouvernants voyagent et dinent avec les dictatures,
puis tu sais, même si tu vois pas ton devenir
heureusement d’autres luttent au-delà de ton ignorance,
ils laissent des mots, des notes, des tableaux, des sculptures,
ils frappent les murs, les places,
foulards de lacrymaux qui trainent aux ruelles et avenues,
va pas si loin, regarde chez nous !
y’a des rencontres
ça gerbe, la voix qui clame
alors courons ensemble vers cette fin qui nous lie,
Janis, Bertrand, Béatrice vous êtes là,
Saez, Mokaîesh aussi
et voila Melissmell
aux détours d’errances avec comme tous ces peuples de l’ombre,
la rage et le cœur qui suintent,
Aux armes !
et puis loin des filets de sang aux caniveaux,
cette éternelle solitude des cœurs,
avides,
je me souviens,
un parent absent, une peau désirée,
je vous la vends mon âme,
et Melissmell qui distille ces paquets de réel,
qui triture le fond des tripes,
un violoncelle, une guitare,
des mots rauques, des mots rock,
viens, viens, viens-moi et viens me voir vieillir,
sens ma fatigue, tu la sens,
reste à rêver, un envol titubant, rêvons encore,
et Melissmell comme compagne, douce et tendre
à nos dérisoires solitudes…
*
et puis pour l’éveil, la conscience,
du Rimbaud, du Ferré, du Cantat et du Melissmell
Eugène, souvent quand c’était la moisson coupait le moteur de sa vieille batteuse et contemplait la parcelle.




votre présence