Mercredi 12 juillet 2006
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je fermerai tes yeux
au champ des assoiffés, j’irai tordre la terre
et elle te reniera
les fleurs de pluie que je détrousserai
suffiront pour avorter les flammes
je fermerai tes yeux
puisque se furent les miens
de nos reflets brisés
je détruirai les liens
momie clouée aux échos de chagrin
je fermerai tes yeux
fulgurance du demain
et puis main retrouvée aux sources du lactée
j’irai crier l’étoile
et elle te reniera
je fermerai tes yeux
aux aboiements hirsutes
et glauques des humains
je ferai taire l’onde mièvre des matins
et leurs mots voletants papillons d’incertain
viendront choir en nos corps
loin de tout, loin de rien
je fermerai tes yeux
puisque se furent les miens
je nous enfermerai au dedans de nos ruines
petites perles de sang
desséchées, confondues
au temps blême qui passe
nous resterons statue
je fermerai tes yeux
je n’ai plus rien à voir
à voir et à aimer
ombre de l’ombre, j’attendrai par dépit
qu’on vienne me renier
Par daniel souhait
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10
Lundi 19 juin 2006
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esquif ballotté aux rages écumantes,
fuir cette humanité avide et dévorante,
rien à dire parce que les mots sont vains,
mais dire quand même, y'a peut-être encore quelqu'un !
là bas au deçà du trait mordoré d'un horizon mouvant,
une île oui il le faut, toute d'amour, loin des tourments...
Par daniel souhait
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Mercredi 14 juin 2006
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... écrire
laisser une trace
avant que la nuit
nous efface...
Par daniel souhait
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Mardi 6 juin 2006
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même seul
et à personne
laissez-moi dire encore :
je t'aime
Ou l'amour est le plus aveugle, c'est quand le bandeau tombe de ses yeux.
En amour, il n'y a pas de plus affreux désastre que la mort de l'imagination.
George Meredith
oui, dire encore
je t'aime
Par daniel souhait
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Dimanche 14 mai 2006
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28 septembre 2142
je m'appelle Voïdec Roukov, je suis le chroniqueur du sultan des Indes, je vous écris du ventre de l'éléphant, cette créature issue de l'imagination de savants fous au service du rêve
laissez-moi vous conter la quête éternelle de mon Maître, hanté depuis si longtemps par le visage de cette petite fille, nos errances dans le temps et l'espace
et puis cette retrouvaille furtive un soir de juin,
il y a un an
allez, reprenez vos yeux d'enfants, venez avec moi
quand la démesure devient enchantement...
compagnie : Royal de luxe
musique : les Balayeurs du desert
filmé et monté en juin 2005
Par daniel souhait
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Samedi 15 avril 2006
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22:51
donne moi ton sein
laisse moi retrouver le geste du tout petit
le touché demi aveugle
l’odeur perlée de ta moiteur
turgescence du cadeau
qui nous fait exister
je tâtonne, je retrouve le frisson
du don et de l’avide
soudain je te bois
chaude et lourde
filet sirupeux et apaisant
jus d’amour et de vie
blancheur de lait
donne moi ton sein
laisse moi retrouver
le geste de l’amoureux
la bouche qui erre
goût de peau de plaisir
rocher de chair en fusion
je touche et je lèche
je suce le désir
soudain je me noie
chaud et lourd
serpentins timides
éclats furtifs
peaux confondues
blancheur de sperme
donne moi ton sein
laisse moi retrouver le geste du vivant
effleurements cotonneux
le sentir demi aveugle
le tendu et l’attente
relents de froid, corps fendu
démesure blottie
je devine et me cache
soudain je me perds
glacé et voletant
gouttes de lave distillées au lien
aube de brouillard
blancheur de mort
Par daniel souhait
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4
Samedi 11 mars 2006
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(*)
il s'achève, il me recoud,
ce filet de sang sur le drap, notre pourpre,
je te vois, enfin
mon mien
et mon autre
oui, laisse moi te toucher
me vider et t'offrir
sens ma peau
tu la sais du dessous
et là tu la bois
mon fardeau d'amour
mon cri moite
tes doigts, prémices diaphanes
mon ventre mou
tous ces yeux faux-semblants
qui te regardent, te comparent
ce spasme douloureux, notre souffle conjoint
ton cri et le mien
le blanc des murs et des blouses
ton cri encore
je t'embrasse, je te lèche
substances communes et partagées
mon fragment, mon tout
je t'aime désormais
(*) je dédie ce texte à toutes les femmes qui ont ou ne peuvent l'enfant
Par daniel souhait
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Vendredi 10 mars 2006
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16:20
la page est blanche
trop d’afflux de mots, d’idées
ou vais-je sombrer ?
dans mes rêves
avec des mots bleus
des pétales perdus et colorés
décrochés au gynécée de l’espoir
d’un homme plus pur
embryon d’humain
brindilles tordues et mouvantes
au vent de l’aube
ou vais-je vivre ?
sous les cris affamés
coulées de sang sur la steppe
fumées rougeâtres
au bout des canons
discours sordides
aux regards des souffrances
silhouettes tordues, spasmes de victime
au pas de ma porte
ou vais-je ?
dans ce marais de brume
sans soleil
et mains qui se touchent et se serrent
au ventre de la terre
au profond des larmes
du souffle manquant
et du regard brouillé
la page est blanche
je tente un pas, un mot
je fais comme on devrait faire
je dépose doucement
le nucléique nécessaire
le devoir imposé
la goutte à la source
ou allons-nous ?
aux éclats de vacarme
aux sourires hypocrites
aux paroles caressantes
aux pupilles dilatées
de promesses, de dérives mégalomanes
de nécessité de croire
dans cette jungle disloquée
sans soleil
des cœurs qui ne se cherchent plus
plus d’attente aux quais de gare
plus de peaux qui frémissent
aux premiers contact
la page est blanche
manque de mots, d’illusions
ou irons-nous ?
aux confins de rêves en écharpe
méandres salés
au goût de vent
loin du sable et du marbre
prémices d’horizon
à peine entrevu
boire encore
le miel et l’absinthe
esquisser encore
l’aquarelle d’un sourire
tendre son cœur au soleil
et crayonner sur les âmes
le souvenir de l’humain
Par daniel souhait
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votre présence