Dimanche 8 octobre 2006
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12:56
viens, entre
je te vois si trouble
des violons d’argile, des cuivres d’écumes
t’accompagnent
j’ai caressé l’encre verdâtre du bord des fleuves
bu la sanguinolence des bouches
masturbé la folie
viens, tu peux rester
je te vois si trouble
doucement nous écarterons le pétale
au fond des brumes, ces cris d’enfants
je te sens tellement même
loin de l’étoffe et du contraint
penchés tous deux en nos chimères
méandres échevelés, cœurs béants
viens, reste encore
je te vois si trouble
des mots blancs et enchantés, des aubes d’ouate
t’accompagnent
j’ai vomi le noir des sanglots aux parois des ombres
croqué l’étincelle et mendié vos regards
étriqués d’ondes aux fracas de vos roches
on pourrait, bercés de nos mains
piétiner nos angoisses et briser les épées
maison d’amour
viens, ne pars pas
je te vois si trouble
des houppiers en doigts tendus, des fleurs de lèvres
t’accompagnent
j’ai parjuré l’opprobre aux portes des citadelles
fondu les sceaux à vos filets de lymphe
et crié l’anathème
je te sens tellement même
enserrés, corps de pluie aux astres lacrymaux
aux fonds de nos iris nos rêves de livide
nous tomberons les portes
et tairons les canons
nos peaux parcheminées retrouveront les mots
maison d’espoir
viens
avant que le trouble ne gagne…
Par daniel souhait
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15
Dimanche 27 août 2006
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/2006
12:24
les murs sont sales certainement
murs de passion, murs de mort
le temps s’approprie les battements du cœur
celui qui reste
trouant ce silence pénitentiaire
les mots-amour, les mots-colère
résonnent toujours
aux parois de lait comme une peau froide
effleurements de corps et souvenirs
fantômes hirsutes de regrets
la couche est tombeau
à celui qui reste
purgatoire peut-être
à celle partie
au bout des nuits traînantes
le goût des haleines et la sueur torturée
tellement loin des luttes
et des notes échangées
le ciel est sale certainement
ciel de pourpre et de bleu
déchirant les barreaux
d’un départ sans adieu
et qui perce l’image
et qui perce le son
des figures, des visages
une vie et deux noms
les couloirs de l’absence mènent aux portes murées
camera sans bobine, une guitare oubliée
et l’étreinte inachevée des amants séparés
qu’un destin capricieux a voulu emporter
à Marie, à Bertrand
Par daniel souhait
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15
Mercredi 12 juillet 2006
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/2006
14:44
je fermerai tes yeux
au champ des assoiffés, j’irai tordre la terre
et elle te reniera
les fleurs de pluie que je détrousserai
suffiront pour avorter les flammes
je fermerai tes yeux
puisque se furent les miens
de nos reflets brisés
je détruirai les liens
momie clouée aux échos de chagrin
je fermerai tes yeux
fulgurance du demain
et puis main retrouvée aux sources du lactée
j’irai crier l’étoile
et elle te reniera
je fermerai tes yeux
aux aboiements hirsutes
et glauques des humains
je ferai taire l’onde mièvre des matins
et leurs mots voletants papillons d’incertain
viendront choir en nos corps
loin de tout, loin de rien
je fermerai tes yeux
puisque se furent les miens
je nous enfermerai au dedans de nos ruines
petites perles de sang
desséchées, confondues
au temps blême qui passe
nous resterons statue
je fermerai tes yeux
je n’ai plus rien à voir
à voir et à aimer
ombre de l’ombre, j’attendrai par dépit
qu’on vienne me renier
Par daniel souhait
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Lundi 19 juin 2006
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14:05
esquif ballotté aux rages écumantes,
fuir cette humanité avide et dévorante,
rien à dire parce que les mots sont vains,
mais dire quand même, y'a peut-être encore quelqu'un !
là bas au deçà du trait mordoré d'un horizon mouvant,
une île oui il le faut, toute d'amour, loin des tourments...
Par daniel souhait
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Mercredi 14 juin 2006
3
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15:23
... écrire
laisser une trace
avant que la nuit
nous efface...
Par daniel souhait
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Mardi 6 juin 2006
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22:56
même seul
et à personne
laissez-moi dire encore :
je t'aime
Ou l'amour est le plus aveugle, c'est quand le bandeau tombe de ses yeux.
En amour, il n'y a pas de plus affreux désastre que la mort de l'imagination.
George Meredith
oui, dire encore
je t'aime
Par daniel souhait
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12
Dimanche 14 mai 2006
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10:25
28 septembre 2142
je m'appelle Voïdec Roukov, je suis le chroniqueur du sultan des Indes, je vous écris du ventre de l'éléphant, cette créature issue de l'imagination de savants fous au service du rêve
laissez-moi vous conter la quête éternelle de mon Maître, hanté depuis si longtemps par le visage de cette petite fille, nos errances dans le temps et l'espace
et puis cette retrouvaille furtive un soir de juin,
il y a un an
allez, reprenez vos yeux d'enfants, venez avec moi
quand la démesure devient enchantement...
compagnie : Royal de luxe
musique : les Balayeurs du desert
filmé et monté en juin 2005
Par daniel souhait
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Samedi 15 avril 2006
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22:51
donne moi ton sein
laisse moi retrouver le geste du tout petit
le touché demi aveugle
l’odeur perlée de ta moiteur
turgescence du cadeau
qui nous fait exister
je tâtonne, je retrouve le frisson
du don et de l’avide
soudain je te bois
chaude et lourde
filet sirupeux et apaisant
jus d’amour et de vie
blancheur de lait
donne moi ton sein
laisse moi retrouver
le geste de l’amoureux
la bouche qui erre
goût de peau de plaisir
rocher de chair en fusion
je touche et je lèche
je suce le désir
soudain je me noie
chaud et lourd
serpentins timides
éclats furtifs
peaux confondues
blancheur de sperme
donne moi ton sein
laisse moi retrouver le geste du vivant
effleurements cotonneux
le sentir demi aveugle
le tendu et l’attente
relents de froid, corps fendu
démesure blottie
je devine et me cache
soudain je me perds
glacé et voletant
gouttes de lave distillées au lien
aube de brouillard
blancheur de mort
Par daniel souhait
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votre présence