d'ombre au diaphane

dans l'armoire

paroles, paroles

mouvances

embruns de rock

échevelé, avide
au milieu des accords
Jeudi 19 janvier 2006 4 19 /01 /2006 10:22
dimanche 13 avril 2036
ils ont pris la voiture et puis ils se sont dit on ira face à la mer pour attendre,
le flux des vagues sera notre pendule et l’écume notre édredon céleste
petit d’homme qui serre si fort la main de papa et maman
quelques heures, quelques minutes avant que le point noir ne surgisse
samedi 19 juin 2004
une brise légère fait tournoyer le sable rouge d’Arizona, Roy Tucker scrute le ciel
- David, viens voir, c’est impensable !
David Tholen pose son œil sur l’écran qui transcrit la vue de cette lunette monstrueuse scrutant les astres, nuit et jour à l’affût de l’inconnu
- prends les coordonnées, il faut prévenir les autres !
samedi 18 décembre 2004
Gordon Garrad dans son désert australien subit la même émotion et transmet lui aussi les informations et tous les observatoires vont découvrir la même chose, vont prévenir la NASA et tous les organismes chargés de l’observation de l’espace,
un astéroïde fonce sur nous
jeudi 18 octobre 2035
sur la table, des encyclopédies, des textes, des photos et l’enfant qui observe son père
- pourquoi tu regardes tout ça papa ?
- tu vois mon fils c’est tout ce que l’homme a créé, regarde cette cathédrale comme elle est belle et puis là regarde c’est la muraille de Chine et là c’est New York et là tu vois ce sont les temples d’Angkor et ici c’est le Machu Picchu
l’enfant découvre, analyse et questionne, s’émerveille
- et cette main, c’est quoi ?
- c’est la trace d’un homme comme toi et moi, plus de 20 000 ans avant notre ère, il dessinait sur la roche, il posait sa main et jetait la couleur dessus
les yeux de l’enfant brillent comme des soleils, tant de beauté, d’acquis au fil des siècles
papa ne dit rien, il est si sombre
- pourquoi t’es plus comme avant pa ?
tout à l’heure c’était la rue, chercher de quoi subsister, on parle encore même si la peur fige les visages et annihilent les mots
des prêcheurs possédés offrent d’hypothétiques repentirs
mais cette fatalité tue les âmes, même les violences s’estompent au désespoir
ultimatum
samedi 9 février 2013
universités de Strathclyde
coordonnées transmises :
nom : (99942) Apophis
type : astéroïde
taille : 390 à 450 mètres
échelle de Turin prévue : 4
échelle de Turin analysée : 8
date contact : 13/04/2036
jeudi 24 août 2028
les sirènes hurlantes qui strient le bitume sont ronronnements
quelques bandes de pillards terrorisent les villes
il n’y a plus rien à perdre
- maman dis-moi, ils ont réussi à faire exploser l’étoile ?
- mon bébé c’est pas perdu ils vont essayer autre chose
il y a au creux des regards quelque chose de mort, d’irrémédiable, de perdu
maman prend la main de l’enfant, essaye peut-être de puiser au fond de ses yeux la force qu’elle perd, qu’elle n’a plus, il faut continuer d’espérer, la science va nous sauver,
un doux baiser et le drap qu’on remonte
jeudi 11 septembre 2031
les médias commémorent un terrorisme qui n’est plus
la fatalité a fait mourir les dernières idéologies, plus de fanatisme, de mondialisme et même d’éthique, c’est la résignation et une notion animale de survie même si le commerce fonctionne qui dirige toujours l’humain, la violence, la corruption règnent, les politiques pataugent et argumentent des faits qui les dépassent et ne les servent plus
ils sont tous trois en ville, l’enfant au milieu,
des néons criards vendent l’utopie, les vitrines offrent des ciels bleus, des arbres en fleur et toujours ces regards vides
des yeux qui n’osent voir les cieux
- et pa, man, c’ était qui avant nous ?
- avant nous mon fils c’était il y a très longtemps, il y a plus de 200 000 ans, l’homme s’appelait Néanderthal, il connaissait le feu et enterrait ses morts mais il va disparaître, lui aussi et seul Cro-Magnon une autre espèce va survivre et va devenir ce que nous sommes
- et les dinosaures pourquoi y-en a plus ?
non pas cette question pourtant il faut répondre, donner à l’enfant la matière nécessaire pour façonner sa conscience
- tu sais, on dit qu’une grosse boule de feu est tombée sur la terre et a tout détruit c’était il y a 65 millions d’années mais la vie gagne toujours et les hommes, les plantes, les oiseaux sont revenus peupler la planète
dans les yeux des parents, une infinie tristesse, tant de temps à bâtir sur l’échelle universelle et là si proche, l’échéance ultime, l’impression de porter l’humanité sur ses épaules d’être le dépositaire du patrimoine terrestre
de nouveaux courants sont nés depuis cette terrible certitude, vivez, moquez vous du lendemain, il n’y a plus rien à perdre, la presse distille des envies passagères et les valeurs, fondements des sociétés s’écroulent une à une au profit de l’illusoire et de l’éphémère
mercredi 19 décembre 2035
ils s’unissent, ils s’aiment, ils font face à la peur, ils n’ont pas le choix
ils sont allés au musée, s’émerveiller devant les toiles, les sculptures, toutes ces empreintes, héritage du créatif humain, alors que l’on parle de constructions de bunker géants pour les puissants de ce monde, a-t-on pensé à protéger toutes ces traces, toutes ces œuvres au cas ou ?
la troisième tentative pour déjouer la course de l’astre fou a échoué, il s’agissait de peindre sa surface pour modifier sa poussée thermique
la fondation B612 rappelle que depuis 2006 elle militait pour la construction d’un vaisseau capable de modifier la trajectoire, mais le gouvernement américain avait toujours ignoré la menace et l’europe et l’asie n’avaient pas réagi
samedi 12 avril 2036
flash info
- l’impact est confirmé pour demain dans la matinée, lors du choc l’énergie du géocroiseur devrait être de 870 à 1000 mégatonnes, la NASA a estimé que la rencontre avec Apophis libérerait plus de 100.000 fois l'énergie du souffle nucléaire d'Hiroshima et que la totalité de la terre serait recouverte d’une épaisse poussière opaque provoquant l’extinction de tout organismes vivants à la surface du globe, de plus si l’astéroïde touche l’océan un tsunami devrait se produire recouvrant 77% de la surface terrestre
- politique : nous sommes sans nouvelles depuis 2 jours des principaux dirigeants mondiaux
pub
dimanche 13 avril 2036
ils se sont assis sur le sable, l’enfant au milieu
une pluie fine fait se coller leurs cheveux et maman pense que c’est bien, on ne voit pas ses larmes, ils se tiennent la main, ils fredonnent des comptines
un vent tiède balaye le visage du petit d’homme…
Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 16 janvier 2006 1 16 /01 /2006 13:33

le balancement du fanal

au bout de la voie

auréole jaunâtre masquée de brume

ce quai est une morgue

peuplé de fantômes

de silhouettes confuses

claudicantes, courbées,

silencieuses

ils me reviennent ces visages

ces yeux mouillés

ces peaux laiteuses

ces mains crispées

désormais sur le vide

transit

couloir mémoriel

ils me reviennent ces visages

je baisse les yeux

ces ombres décharnées

sorties du passé

sorties de mon vivre

ai-je fais tant de mal

ai-je su aimer

ils me reviennent ces visages

toutes ces douleurs qui suintent

flaques éparses

piétinées, invisibles

un vent de purgatoire

ramène les souvenirs

les traîne jusqu’à la gorge

et tout au fond du ventre

le fanal s’est éteint

je devine leurs présences

ils s’approchent

et ce train qui ne vient pas

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Samedi 14 janvier 2006 6 14 /01 /2006 22:34

parfois plus envie de jouer avec les mots
juste envie de cracher
là à la face de ce monde sans nom pétri d’égoïsme
ils étaient deux cette année et d’autres les années précédentes
gamin de dix ans, enfants du sable, de la survie, peau noire brillante, épaisse
bouclier aux méchancetés du soleil et du froid
je les vois, les yeux brillants, scruter la ligne jaune de l’horizon
un nuage de fumée
des points colorés qui naissent, qui grossissent, qui foncent vers toi
mais barres toi ! !
tu ne sais pas ce qu’est cette horde de métal fumante, bruyante, inconsciente,
les yeux rivés au devant du capot et les caméras derrière
tu les vois, tu restes pétrifié,
et ils te passent dessus, et le choc est violent
pourquoi toujours ce rouge comme unique trace de l’homme
t’es parti, enfant pur si loin de nos absurdités,
t’es parti pour une course automobile
pour des intérêts financiers bien loin de la reconnaissance
encore plus de la compassion
un petit filet de sang dans les traces d’une roue de camion
mais le pire, c’est ce qu’on en dit
t’es pas mort le jour ou il fallait
c’était il y a vingt ans, Sabine, Balavoine,
la course, encore la mort
mais dans l’hélico le créateur de la course
celui qui, perdu, un jour au sein du désert
appellera sa course : les conquérants de l’inutile
et puis une voix populaire, écorchée et si tendre
un révolté lucide et tellement vrai
c’était il y a vingt ans
et là, l’objet des médias, la finale de la course de demain,
et l’hommage au chanteur
tu n’existes déjà plus, pourtant le vent n’a rien effacé au sable figé
l’illusion médiatisée de l’aventure avec de vrais victimes
images réalité
lui il voulait emmener les caméras au cœur des villages

construire 
qu’au moins l’économie serve l’humanité !
il disait les mots du désespoir, de la justice
il a touché mon cœur
ce soir ils font la fête
je pleure vingt sept morts
sombres référence pour une course
onze morts civils, enfants…
et puis aussi celle de celui qui m’a dit :


et pourtant il faut vivre

ou survivre...

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Vendredi 13 janvier 2006 5 13 /01 /2006 15:24

le crissement des chariots sur le gris du pavé
puis des errants livides sous l’ombre des ruelles
fuyards décharnées aux lisières des cités
corps putrides et fumants ramassés à la pelle

les greniers sont vides, contagieuse disette
des prêtres échevelés aux sermons insipides
et des rats affamés jusqu’au creux des assiettes
la peste noire s’étend jusqu’au fond des bastides

plus de riches ni de pauvres, disparus les enfants
on brûle les vivants pour éloigner la mort
la plaine est comme stérile, balayée par les vents
et chacun qui se terre condamné par le sort

d’autres temps, d’autres guerres ont façonné l’histoire
et voilà qu’à nouveau l’endémie récidive
nul besoin de tranchées pour la dame et son dard
la souffrance et l’horreur comme simple missive

les gaz et les bombes n’auront pas tué tant
que ce virus sournois qui s’attaque à la chair
le souffle disparaît dans d’horribles tourments
et dans l’œil vitreux la dernière lumière

un siècle s’achève qui emmène la planète
et l’humain qui s’affaire pour se changer la vie
la vérité peut-être au fond de l’éprouvette
toujours la même peur, perpétuelle comédie

le danger vient du ciel et de ceux qui voyagent
de la soute d’avion aux ailes du migrateur
que nos effrois profonds nous rendent encore plus sage
la raison simplement doit terrasser la peur

Par daniel - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 8 janvier 2006 7 08 /01 /2006 17:52

ils sont tous là, ils posent
depuis neuf ans ils ne viennent plus
mais là aujourd’hui ça fait dix ans
et les médias assoiffés ont relancé l’affaire
le premier président de gauche et en plus deux mandats
1981, le 10 mai, liesse, espoir
1984, début du déclin
ils parlent, ils argumentent, se souviennent
le 8 janvier 1996 l’homme s’éteignait

observez toujours le pouvoir amnésique du temps face à l’histoire
je voulais pas faire mon service militaire, j’attendais la gauche et c’est un mec de droite qui l’a supprimé contre l’opposition socialiste
quel héritage, j’comprends qu’ils ne venaient plus
moi j’ai vu ces années
j’ai vu la gauche se transformer en…
des chars contre des grévistes routiers, oui, la montée du FN avec en face des mecs qui s’appelaient «Harlem désir» j’invente pas c’est vrai, j’ai vu le premier attentat terroriste d’état jamais connu dans une république démocratique, on fait péter un bateau écologiste qui s’oppose aux essais nucléaires par un président qui osa déposer une rose sur la tombe de Jaurès ! les armes ça se vend demandez aux enfants

plus de mille ouvrages sur l’homme
et mes souvenirs à moi
radios libres, écrire cela paraît indécent, oui radios libres
la retraite a 60 ans même si je comprenais pas
le fête de la musique et l’Europe
ils sont là, ils posent
derrière eux la tombe d’un constructeur européen
mais ils ont oublié leur non, les traîtres
ce non purement électoraliste et bien loin des enjeux
dix ans que l’homme s’en est allé
que dirait-il ?
mais au fait, lui si sûr et hautain qui fut-il ?
un pote à Bousquet, jouets de Vichy
un homme tremblotant terré dans l’ombre en ce jour du 12 octobre 59 victime d’un faux attentat orchestré par lui même, le plus grand poseur de micros et d’atteintes à la liberté personnelle celui dont le palais ramassa le corps «suicidé» de François de Grossouvre,
celui qui déclarait n’être pas malade et pouvait mentir à un peuple avec un aplomb plus que déconcertant,
et l’ombre de Bérégovoy au bord du chemin
ils sont tous là
même ceux qui l’ont nié
il leur reste la 5ème semaine de congé, la semaine de 39 heures, le RMI et l’IVG remboursé
oui il a fait ça

dix ans déjà que l’homme est parti
ce regain d’intérêt
peut-être dû à la morosité ambiante
à la déliquescence de l’aura politique
à une forme de vie et de société à jamais enfouie
aux manipulations encore plus fortes
au désespoir d’une idée de gauche
je retiendrais de l’homme sa plus honorable décision
elle date du 18 septembre 1981
et devrait entrer dans notre constitution cette année
l’abolition de la peine de mort

peut-être nous faudrait-il croire plus

aux forces de l'esprit ?

Par daniel - Publié dans : politique - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Samedi 7 janvier 2006 6 07 /01 /2006 16:55

là devant toi,
cette page blanche
comme un miroir, le passé, le présent
allez craches, pour une fois, laisses aller
dis tout, gerbes ton silence
vomis tes peurs
qu’est-ce t’as à perdre ?
on est quoi,
tu crois pas que notre petit orgueil
est bien déplacé,
on bouffe, on pleure
oui c’est vrai
qu’on en est pas moins seul
t’as pas fait ce que t’as voulu
t’as pas voulu ce que t’as fait
c’est pas une excuse
tous ces remords, ces secrets qu’on dit jardin,
tous ces silences
tu dis, c’est la vie
fuyard échevelé aux spirales du temps
tout ce sac d’histoires
que tu portes
allez craches, pour une fois, laisses aller
ces amours incrustés
ces attentes, ces instants
ces yeux et ces peaux
et puis les vides
les absents éternels
les manques, les besoins
la pluie sur le marbre
ton iris au miroir
tu dis on a pas le choix
c’est le poids à porter
fonds de rêves déchus en filigrane
allez craches, pour une fois, laisses aller
toutes façons
tu sais bien que rien n’est parfait
ni toi ni l’autre
c’est pas une excuse
tu dis, je partirai un jour
puisse mon vécu
suffisant à transmettre
la lumière qui m’animait
fuyard immobile au figé du temps

Par daniel - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 4 janvier 2006 3 04 /01 /2006 11:43
- chéri, tu viens manger, c’est servi !
- oui mon amour, j’arrive
le ciel est strié de méandres pourpres , draperies flamboyantes qui font se découper en noir les hauts remparts de la cité
je m’appelle Léa la mauve je suis une farouche guerrière doublée de pouvoirs magiques et de quelques runes pour décupler la force de mes armes
nous sommes six dans ces contrées hostiles peuplées de créatures maléfiques, de pillards et de magiciens et notre progression vers notre quête principale est bien difficile
les combats s’enchaînent et deux de mes compagnons d’aventures viennent de mourir, terrassés par une harde de dévoreurs, sorte de scorpions géants aux piqûres venimeuses
nous faisons halte, Torque le nécromant veut qu’on parte vers l’est, mais Jeanne l’élémentaliste veut continuer vers le nord, j’en profite pour ranger mon inventaire
- chéri, t’exagères, ça va être froid
- j’arrive, j’arrive
soudain une abomination sans nom émerge du sol, elle se dresse avec des grondements qui font stopper les piètres survivants que nous sommes, de grosses boules de feu jaillissent de sa gueule grande ouverte et me projettent à terre, je vois Robur l’archer disparaître sous mes yeux tandis que la bête s’éloigne
la fenêtre de dialogue s’affole, notre guilde est au plus mal, tandis que nos compétences se rechargent nous apercevons au loin la silhouette massive d’un édifice
d’étranges oiseaux se posent sur les arcs-boutants délabrés de cette cathédrale démesurée, un entrelacs de lianes sauvages semble s’animer et nous barre le passage
- bon j’ai mangé sans toi et je te préviens c'est froid
- j’arrive, promis j’arrive !
un halo jaunâtre nous indique une nouvelle horreur, nimbée de cette envoûtante lumière une sorte de serpent au corps de dragon rampe vers nous et dans un ultime spasme j’aperçois Torque se liquéfier et se fondre sous le coup maléfique de la créature
Jeanne se recule et je la rejoins, comment vaincre ce monstre alors que nous ne sommes plus que deux survivants ?
les incantations n’y suffisent plus ni les flèches ou l’épée, encore moins les sorts
la bête occupe tout l’horizon, je vois dans un dernier souffle les veines écarlates qui strient ses yeux vitreux, un dernier au revoir au travers la fenêtre de dialogue, notre quête a échoué
- tu sais mon amour même froid, c’est bon
- mais dans quel monde vis-tu ?
Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 1 janvier 2006 7 01 /01 /2006 15:11

juste un petit salut à ceux qui ont parcouru ces pages, partagé les mots jetés, les images offertes et qui ont déposé leurs émotions, leurs réactions, leur présence 
ce blog n’est juste qu’un appel à l’échange et à la réflexion, au rêve teinté de lucidité et puis aussi à l'aventure du coeur
merci à tous et restez près de moi
je nous souhaite une bonne route ensemble

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 1 janvier 2006 7 01 /01 /2006 12:11

les eaux séchées et leur dépôts insolites aux lisières des plages et des forêts touristiques, l’anonymat du paysan pakistanais qui a vu la montagne s’ouvrir mais jamais une caméra ni une boite de conserve
la main d’Ingrid qui chasse les mouches dans cette jungle hostile, elle qui n’a pas la chance d’être journaliste, le visage apeuré de Michael croupissant dans son enfer balinais, les yeux du soldat au travers la blessure et combien de milliers d’autres, anonymes, oubliés ?
je suis homme et désirerai être heureux de l’être
je porte le poids, de part ma nature humaine, des controverses, incohérences, illogismes de ceux de mon espèce et je dois m’en accommoder
milliard de cellules anarchiques qui se contournent, s’esquivent incapables de se fondre en un tissu homogène transcendées d’une drôle d’énergie, la survie
nous n’habitons pas la même maison, nous coexistons, imbibés d’égoïsme illusoire, de chimères que l’on érige en certitudes
celui les yeux vides qui fixe un invisible rêve, cette douleur omniprésente de l’enfermement, dans la maladie, derrière les murs ou sous la doctrine
il y a heureusement au fond des alcôves des bouches qui s’embrassent, des peaux qui se tendent, des chuchotements tièdes, il y a le rêve fondu en espoir, il y a l’amour et ce besoin latent d’utopies
pourtant
aujourd’hui l’homme a avancé l’horloge atomique universelle d’une seconde, le calcul mathématique n’ayant pas tenu compte des aléas du mouvement naturel
le jeu du vent au travers les rameaux, le cri du premier souffle, le vol éparpillé de l’oiseau sont bien loin d’une quantification toute rigoureuse soit-elle
restons modestes, conscients de la furtivité de l’instant et de notre pouvoir, cherchons à nous servir mutuellement, donnons nous les uns les autres
aimons nous
poussière d’homme

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 31 décembre 2005 6 31 /12 /2005 16:46

juste le petit claquement du balancier qui passe, gros cercle d’or qui hache le regard qui marque le rythme de la vie, de la mort, du temps qui s’écoule
et là, lumière bleutée de l’écran, lettres en blanc sur clavier noir, pénombre,
je n’ose ouvrir un album de photos, regarder une vidéo, revoir
moi j’ai grandi
non je n’en ai pas le besoin, des flots d’images, de mots, d’émotions qui reviennent, jaillissent, aveuglent le cœur dans un tourment nourricier mais si douloureux
toi, une fin d’été 44 avec ton père
la plaine fertile et calme, cette petite route qui serpente et ce camion aux couleurs de l’occupant, tu les as vu arriver, préparer dans leur courbe l’assaut meurtrier et le crachat sanglant des armes qui fait s’éclater la matière
ton père est descendu vers le camion immobile, la phrase qu’il a dite à son retour résonne aussi dans ma tête mais qu’as-tu pu penser au travers cette tôle éventrée, ces jets cramoisis comme tatouages d’existences
et puis toi, toujours la guerre, fuir sous les bombardements, évacuer comme ils dirent, sur la banquette arrière dans les rues de cette ville transpercées de flammes et d’explosions
soudain des corps, là sur la route à peine éclairée, ton père qui descend, avance, regarde sous ce silence transpercé de fracas et reviens à demi apaisé en vous montrant les pans délabrés encore fumants d’un magasin d’habillement et ses mannequins éparpillés
moi j’ai grandi et j’ai vu
je me souviens quand ils t’ont viré de la boite ou tu travaillais parce que tu avais refusé de témoigner contre un collègue, le soir je te voyais dévorer les livres et repartir, de la mécanique tu passais à l'électronique
métro, boulot, dodo t’as connu ça mais t’as gravi l’escalier avec ténacité et philosophie
et puis toi qui veillait qui gérait, cette patience à nous écouter et ce désir de transmettre, ces pulsions un peu vives et ce cœur dévorant, ma première lectrice toute d’excès et de raffinement, tous tes rêves à fleur de peau
ce soir le balancier fait un drôle de bruit ce n’est plus la lune ou le soleil que l’on aperçoit au travers la meurtrière de verre de l’horloge mais comme un cœur qui bat si fragile dans son mouvement si prompt à s’arrêter
moi j’ai grandi et j’ai vu avec vous

les livres ouverts, les voyages, comme des nomades la tente à monter et démonter,

le goût de la pierre et de son histoire, l’envie de savoir, de découvrir, la caresse sur la peau, l’immobilisme patient et sage, le courage oui, puis les yeux levés à distinguer les satellites des étoiles, les livres d’école et la fessée, une aile d’avion en ombre sur l’horizon, la tribune de l’histoire et le veau marengo et puis les larmes aussi qui torturent et façonnent
ce soir vous n’êtes plus de corps, on nous a arraché et ce doit être ainsi c’est ce qu’on nous apprend, vous êtes partis, encore tant à donner

ce soir je suis orphelin
la pendule est là qui me rappelle
moi j’ai grandi et je suis fier d’être de vous

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

le temps qui passe

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votre présence

fouiller en ce lieu

des mots qui dénotent

des mots pour dire, rêver

des mots esquisse

des mots espoirs

des pages à tourner

entre nous

voyages immobiles  

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés, 

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants, ,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotant,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

aussi ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

me penche vers l'onde et m'y abreuve... 
nous sommes debout ?
 

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