d'ombre au diaphane

dans l'armoire

paroles, paroles

mouvances

embruns de rock

échevelé, avide
au milieu des accords
Jeudi 19 mars 2009 4 19 /03 /2009 21:43

tu sais

il gronde ici

tellement d’insupportable,

cette dérive lente et sournoise

qui vise à tuer le rêve,

l’aveu et le sourire,

tu viens m’embêter

te pose à mon clavier

dis-moi ou vont tes yeux

le mot chancelle

l’idée s’évapore,

vapeur de chandelle,

tu es belle

et fait clore l’écrit

avant que d’être encré,

au papier frémissant

ta muette m’attire,

tes jambes félines

tu sais

il pleure ici

tellement de désespérance,

ce soumis obéissant et silence

qui scelle et fait allégeance,

l’ignorance et l’inerte

t’arrive trop tard

frapper aux égoïsmes,

dis-moi ou vont tes mains...

... et ton cœur

Par daniel - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Samedi 14 mars 2009 6 14 /03 /2009 23:17


osez

dire qu’ils vont se vautrer dans l’hommage après t’avoir ignorer plus de dix ans

pleurer avec ceux hirsutes au-dedans à t’écouter aux heures blanches

le rock poétique celui qui pense et suggère c’est si rare

comme un froid ce soir, le même qu’au départ de Serge

Christophe a perdu son pote, Bergman et Fauque les mots

happe

anonymes figés, glacés en cet univers à perte de vue

t’étais pas né

des bouts de vie à l’incandescence discrète posés sur l’oreiller

au bout de la perfusion, monsieur rêve, résident de l’unique

dépassée la ligne blanche et la brume trouble du vivre

malaxe

tout ce fouillis fragile balloté aux saveurs du temps

au fond du trou tellement d’heures partagées

dis bonjour à Léo et Claude à Georges et à Jacques

les notes ont bu mes larmes et ta voix comme un signe

c’est comment qu’on freine


le tango funèbre

paroles : Boris Bergman / voix : Alain Bashung

( écoutez cette version chantée par Brel, Gréco et Bashung à l’époque en tango et reprise dans cette version intimiste comme seul l'interprète pouvait le faire)

merci Alain
-----

Ah! je les vois déjà
Me couvrant de baisers
Et s'arrachant mes mains
Et demandant tout bas
Est-ce que la mort s'en vient
Est-ce que la mort s'en va
Est-ce qu'il est encore chaud
Est-ce qu'il est déjà froid
Ils ouvrent mes armoires
Ils tâtent mes faïences
Ils fouillent mes tiroirs
Se régalant d'avance
De mes lettres d'amour
Enrubannées par deux
Qu'ils liront près du feu
En riant aux éclats
Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah!

Ah! je les vois déjà
Compassés et frileux
Suivant comme des artistes
Mon costume de bois
Ils se poussent du cœur
Pour être le plus triste
Ils se poussent du bras
Pour être le premier
Z'ont amené des vieilles
Qui ne me connaissaient plus
Z'ont amené des enfants
Qui ne me connaissaient pas
Pensent au prix des fleurs
Et trouvent indécent
De ne pas mourir au printemps
Quand on aime le lilas
Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah!

Ah! je les vois déjà
Tous mes chers faux amis
Souriant sous le poids
Du devoir accompli
Ah! je te vois déjà
Trop triste trop à l'aise
Protégeant sous le drap
Tes larmes lyonnaises
Tu ne sais même pas
Sortant de mon cimetière
Que tu entres en ton enfer
Quand s'accroche à ton bras
Le bras de ton quelconque
Le bras de ton dernier
Qui te fera pleurer
Bien autrement que moi
Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah!

Ah! je me vois déjà
M'installant à jamais
Bien au triste bien au froid
Dans mon champ d'osselets
Ah! je me vois déjà
Je me vois tout au bout
De ce voyage-là
D'où l'on revient de tout
Je vois déjà tout ça
Et on a le brave culot
D'oser me demander
De ne plus boire que de l'eau
De ne plus trousser les filles
De mettre de l'argent de côté
D'aimer le filet de maquereau
Et de crier vive le roi
Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah!

Par daniel - Publié dans : cris de coeur - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Samedi 31 janvier 2009 6 31 /01 /2009 22:05

ma douce, mon ultime,

des ressacs d’incommode et de miel,

les marches des aubes ont sculptés notre quotidien,

d’amour,

de croire et de temps

celui-là même qui martèle,

métronome à rides,

bisous de ciment,

poussières d'embrasses,

si intenses qu’éphémères,

l’écho lourd de l’enclume,

battements sourds aux affres du cœur,

ces ignorances au bout des caresses

à ces peaux frissonnantes,

et avides,

ma belle, mon unique,

des brassées d’envies et de peur,

des échelles de crépuscules veulent dessiner l’avenir,

de l’amour,

du croire et du temps,

celui-là même qui tatoue les différences

et ronge l’édifice,

souffles ternis et hypocrites,

brises d’haleine

à des matins réchauffés,

encore se toucher et chercher à se perdre

s’aimer peut-être, c’est sur,

si transis

au travers nos murailles d’éphémères,

ma tendre, ma dédiée,

un peu d’écume

à nos baves torturées,

la terre sait germer sans labours obligés

et onguents immoraux,

balbutiements cristallins,

laisse moi poser à ta bouche à tes pieds

mes frissons tremblants,

demain les spasmes du vent

porteront les pollens,

et nos mains tâtonnantes,

tituberont l’avenir
et l'amour…

Par daniel - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Jeudi 29 janvier 2009 4 29 /01 /2009 22:30

ce jour il y avait dans la rue comme l’âme d’un peuple

humble, porteuse d’une conscience

rongée d’ordres et de soumission

qui soubresaute, il est temps

 

ce jour, j’entrevois l’espoir des derniers porteurs

d’humanisme

brassée de citoyens

juste vivre avant de survivre

 

l’avenir d’un pays

au creux d'un monde

aux pulsions rhétoriques

d’un narcissique avide

 ce jour, sans carte ni culte

je crois en l’homme




des nouvelles ?
ah oui,
le ministre de l'expulsion est devenu celui du social et de la solidarité...
Par daniel - Publié dans : élections 2007 - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 25 janvier 2009 7 25 /01 /2009 22:05

oh qu’il est beau, tout fripé, ça y est, regarde, il sourit

il ressemble à qui ?

oh c’est son père tout craché, non c’est sa mère regarde les yeux et la bouche

toutes façons il fera parti de ceux qui disent pas bonjour dans les ascenseurs qui te claquent la porte au nez, t’ont même pas vu ou pire t’ignorent, de ces requins imbus d’eux même ou de ces errants smicards avec comme unique choix que celui de survivre

la France, meilleur taux de natalité en Europe, sans parler de l’Afrique ou l’Asie, plein de petits affamés lutteurs, les biens des parents s’assèchent et l’aide se raréfie, n’empêche, sous les promesses baveuses des encravatés, les utérus se dilatent, laissant au monde un héritage voué à l’incertitude et la misère,

je sais je suis pas dans la bien-pensance ni le politiquement correct,


ça y est, fait caca sur le pot, qu’il est mignon, écoute, il gazouille, l’a dit maman,

c’est quoi ? c’est jouer à la poupée, se faire responsable sans même l’être, la société va s’en occuper de ton gamin, toutes façons tu bosses, faut la laisser quelque part la progéniture,

à peine sorti déjà séparé, la télé et la cour de récré se chargeront du reste,

un jour les gènes qui gênent, non faut produire, assurer une descendance d’incertitude et de misère, la délivrance et l’amour chétif au creux des bras tellement jouissif,

transmettre non pour un avenir de promesses aux yeux qui s’ouvrent mais pour se faire plaisir, faire son devoir à la race,

il marche, regarde, qu’il est chou, attention il va tomber, l’a dit papa

il tombera de toutes façons, prévoir des bougies et de la farine, les parents meurent un jour, c’est dans l’ordre établi, suis-je fier de ce que je leur laisse ?

je sais je suis pas dans la bien-pensance ni le politiquement correct,

c’est drôle, viennent toujours me voir même quand je suis pas père Noël, peut-être parce qu’on a gardé la même innocence ?
...tous cas, j'les aime

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 17 janvier 2009 6 17 /01 /2009 22:40

au revoir monsieur

le monde n’a pas à porter un mouchoir, taché, qui ne laisse comme traces que victimes et à venir encore,

vous êtes assez riche pour vous perdre avec honneur au fond de la bouteille,

soyez sans crainte, l’histoire vous retiendra,

Pink / Dear Mr President  / sous titré français
Par daniel - Publié dans : politique - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /2009 21:37

il y a les bombes, l’absurdité complice et silencieuse des encravatés, l’hypocrisie soumise, peureuse, dominatrice et lobotomisante des médias,

plus de mille et deux cent morts égale  treize ? ! 

au sein de cet enfer de feu de sang et de cris d’agonie, même les croix et croissants rouges tombent, la conscience planétaire se meurt sous les intérêts et la peur, même plus de pierres sur les carapaces de fer,

reste quelques jours à en parler avant l’idolâtrie planétaire du métis président du monde,

les experts américains se frottent les mains, leurs nouvelles armes qui violent les droits internationaux sont efficaces et discrètes puisque aucun média ne peut observer,

ils disent quoi les médiats au fait ?

frapper la plus forte densité mondiale de population, les avions déblaient l’espace, les soldats tirent au jugé, un kéfié sous la chenille, un an et demi de jeûne, toujours l’embargo de la honte, un peuple exsangue,

aussi l’enfer des frontaliers quand une maison s’écroule, sorte de métronome de peurs encore et toujours, mais ce pays car c’en est un se doit-il sachant l’aval du reste du globe d’outrepasser avec démesures, un territoire qui se revendique avec légitimité aussi devenir un état et une géographie,

une tour du World Trade Center en victimes mais c’est pas du terrorisme, les couloirs, les soins humanitaires bafoués sous les éclats de tir, médecins et enfants même sang sous le mutisme, l’ONU s’indigne mollement et l’autocensure de la presse suce la bien-pensance des pouvoirs,

ne pas dire qu’Israël piétine toutes les notions d’humanisme, non sinon les flics à la porte, antisémitisme, trop d’enjeux derrière les bureaux, ces valeurs de papier et de positions qu’on ne doit bousculer et ils tombent et meurent sous d’articles frileux qui s’auto-bâillonnent,

que fera t-il celui qui succède au faiseur de guerres, déjà formaté aux lobbies d’intérêts et de privilèges, qu’il soit noir ou indigo son silence au conflit alors qu’il gère déjà le portefeuille est aveu, et dans ce ruban de misère on les sait  comme on sait les armes offertes encore avec the black-président, la mort l’emportera,

et la gueule du vieux lion qui s’estompe aux murs ou recouverte aux slogans d’intégrisme, il lui avait fallu détourner des avions avant le tapis rouge mais il était laïque, refusait les roquettes aveugles qui paralysent les innocents, voulait des frontières sans char, barbelés et ciment avec de l’eau au robinet, une reconnaissance mutuelle,

ils sont trois millions depuis quarante huit à fuir et combien à entrer ?

céder une bande de sable pour mieux coloniser les flancs de montagne, non, s’il vous plait, juste établir le chacun chez soi puisque de toutes façons la cohabitation est ancestrale,

n’empêche, toutes ces bombes sur les cimetières, sur les blouses blanches, sur les dérisoires bastions des nations unies, sur femmes et enfants, derrière ses lunettes et son mp3, la balle meurtrière, tout ça pour un refus de parler avec un mouvement légitime même si intégriste,

ce sceau de fer et de douleur ne peut qu’attiser la haine el le déni, toutes ces violences bafouent la paix et ne font que renforcer les divisions,

au lieu d’aspirer au communautarisme en défilant dans les rues comme le font le CRIF et le CFCM en gueulant la haine, d’autres marchent aussi mais en criant la reconnaissance et la paix,
à quand de tous pays, des politiques intelligentes, humaines, respectueuses et fraternelles ?

on peut rêver…

Par daniel - Publié dans : politique - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 10 janvier 2009 6 10 /01 /2009 10:12

soudain au delà du morose et des conflits, un visage, de toutes couleurs, de toutes soumissions et aspirations, cette boule qui tourne et porte son intelligence au travers les mots et la figure d’un citoyen du monde, oui, un citoyen du monde, buriné en sa savane, laiteux en son île, étoilé de sable en son désert, juste l’écouter, le voir

ici on est loin des cercles-fichiers, de ces communautés virtuelles, mes copains d’il y a longtemps et le livre des faces, fraternité illusoire au bout d’un clic, ici on est nulle part ou ailleurs, on y vient juste pour écouter, rire ou pleurer, celui qui connaît les langages traduit et celui qui a les yeux découvre, les autres, des vies mais si différentes, tellement de rencontres potentielles si loin du narcisso-nombrilisme des auto-satisfaits, pléonasme, non, définition,

finis tous ces défaitismes, s’il nous reste une chose, mieux vaut que ce soit se retrouver, s’apprendre, oui se nourrir de l’autre mais ne laisser que reflets d’humains, l’essentiel avec une main pour encore estomper la larme, un témoignage aux allures planétaires, des bouts palpitants de vie, bienvenue, entrez !

on l’a baptisé d’écolo mondain, de photographe pontife, il n’empêche, il a laissé les plus belles photos de nos reliefs et diversités, posé le doigt là ou ça fait mal, voulu et veut encore nous faire prendre conscience, loin des restrictions politico-médiatique d’un Hulot, non, il n’impose pas, propose juste, découvrez vous, apprenez juste à écouter toutes ces différences qui font notre ciment et l’ébauche d’une construction de cœur et d’humanisme,

6 milliards d’autres, dont nous sommes, un projet avec seulement l’écoute et l’éveil comme matériaux,

j’ai décroché de ces autosuffisances numériques, quel beau texte, quelle belle photo, j’ai juste passé des nuits à écouter ces témoignages à voir ces visages, miroir de leur environnement, leur vécu si différent et tellement semblable, les cœurs et les âmes se retrouvent si proches des souffrances et des rêves, jamais projet ne fut plus pur et dénué d’intérêt que celui là, juste se découvrir et quelque part s’aimer,

il me reste encore de longues nuits à partager tous ces destins, soudain l’écran utile et la curiosité dévoreuse, effleurer ce qui nous sépare et nous lie, entrevoir d’autres horizons qui sont les ciments de notre communauté,

- quels étaient vos rêves d’enfant ?

- quel est le sens de votre vie ?

- qu’avez-vous appris de vos parents ?

- qu’est-ce que vous ne pourriez pas pardonner ?

- d’après votre expérience, qu’est-ce que la guerre ?

- que croyez-vous qu’il y ait après la mort ?

sur une base d’une trentaine de questions, ce sont les rites, les aspirations, les vécus qui se mêlent sous des rides et couleurs si différentes, j’entends déjà les voix dénonçant la puérilité du projet, qu’importe, ceux qui s’arrêteront sur le site seront ceux qui prennent le temps et même invisible gardent une main tendue vers l’autre,

ici il s’agit d’amour, de gratuité, de partage,

entrez dans le monde, notre monde,
celui de 6 milliards d’autres,

plus vous…

* photos extraites du site

Par daniel - Publié dans : cris de coeur - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Samedi 3 janvier 2009 6 03 /01 /2009 22:29

« Il doit être clair qu’il n’y a pas d’espace dans le pays pour deux peuples. Il n’y a pas d’autre moyen que de transférer les Arabes d’ici vers les pays voisins, de les transférer tous […] Pas un village ne doit rester, pas une tribu. Il n’y a pas d’autre solution. »

Josef Weitz , directeur du Département de la terre au Fond national juif. (1948)

 

La résolution 181 du l’ONU prise le 28 novembre 1947 qui octroyait deux terres est quelques heures après déjà caduque. Restera des pierres contre des chars, le sourire américain dans l’ombre et c’est pas un « noir » qui changera la chose en rendant visite à Israël mais pas en Palestine.

Surtout ne pas prononcer le mot sioniste, ne pas citer Herzl, je ne suis pas coupable de l’horreur nazi qui reste la plus grande honte de l’humanité, je devrais me taire après ce génocide et admettre les horreurs perpétuées depuis soixante ans, surtout ne rien dire sinon les flics à la porte pour antisémitisme.

 

Ce soir des chars envahissent Gaza, 360 km², le sang des innocents du Liban n’a pas été retenu, la force comme seule pensée, déjà plus de 400 morts et 3000 victimes et la « communauté » internationale qui se tait, mais est-ce encore la culpabilité de l’horreur ou le poids financier qui font se taire les pays ?

 

L’armée israélienne (cadeau de nouvel an) a créé son site et nous montre les bombardements comme sur un jeu vidéo revendiquant la précision.

 

 

Au sol, défiant les interdictions d’autres caméras montrent le résultat.




Et votre Dieu d'amour, vous avez le même, vous l'avez oublié ?

Par daniel - Publié dans : politique - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Jeudi 1 janvier 2009 4 01 /01 /2009 01:35

 

elle referme doucement l’album de photos, après tout elle est toute seule et peut laisser couler ses larmes, son époux, ses enfants, le temps qui défile insolent et sournois, ils sont grands maintenant, ta société d’amour au bout du pavé est devenue le système du chacun pour soi, l’individualisme en exergue, le thé est froid et trop tôt pour le porto alors il faut y aller, dompter la honte, piétiner une vie, faire abstraction des progénitures suceuses devenues amnésiques, sur le trottoir des frissons de vide, faut continuer de vivre, elle sert son sac de cuir lépreux, comme une main désirée et si absente,

- bonjour madame, elle tend sa vie au bout de ce maigre dossier et d’une main d’écorce qui tremble, attend le verdict, ce sera deux paquets de nouilles, une boite d’haricots verts, un tube de dentifrice et des yaourts, au détour de la rue, elle entend en écho l’éloge tardif et suranné d’un fond de radio débitant l’action des bénévoles et des associations,

 

-----

 

des gerbes d’argiles l’ont recouvert ce jour là, il a hurlé au fond de son lit de boue et en serrant sa main à poser un baiser souillé sur l’anneau, il y en avait qui gueulaient : - j’veux pas crever ! et c’est là qu’il s’est mis à courir, boire et laver ce bouillonnement de sang au poignet, dans le regard de l’enfant la compassion et l’horreur, elle qui lave ces béances cramoisies, et lui sourit, petit soldat, la bague est là au fond du coffret, les années font briller l’éclat de l’illusoire, elle a refusé au lierre le droit de ronger le marbre de son homme, à son doigt le cercle gravé de nos intérims et sa dernière richesse,

- bonjour madame, elle tend sa vie au bout de ce bijou survivant, verra-t-elle que le métal respire et porte le sang et les âmes de nos mémoires ? sur la pierre austère et le narcissisme architectural au service du pouvoir, elle lit : « crédit municipal », ne plus dire « mont-de-piété », le mot est trop fort et l’objet même d’or et de sueurs n’a plus de valeur, elle plie doucement ces deux billets d’insulte, l’air froid des artères bruyantes de la ville effacera ses larmes,

 

-----

 

- mais qu’est-ce que je fais là, j’en peux plus, ils tournent autour de moi, ont voulu me violer, j’l’ai dit, gueulé aux matons, m’ont même vu pleurer, j’ai fais le con, d’accord, alors j’ai plus le droit à l’espoir, la reconstruction, mon délit vous sert si minime soit-il au vu de vos sombres transactions, sanglantes poignées de main, j’en peux plus derrière ces murs et ces abrutis absous d’intelligence, et ce sont vos codes et paravent, votre justice, ministres de strass et pacotilles qui envoient à vos murs bavant de pourriture des âmes ébranlées à vos legs, …,

j’vous baise la gueule, vos foyers, vos couloirs de papier, ils vont sortir ces deux bourreaux de cellule, j’aurai quinze minutes pour le drap, le radiateur et la liberté même si c’est pas la votre,

- bonjour madame, il tend sa vie au bout de l’étoffe déchirée, parle seul à ses brumes et la silhouette faucheuse, maîtresse dévoreuse et obligée, d’autres vierges refuges, s’il vous plait emmenez-moi, rien ne peut être pire, le nœud serré au robinet, le dernier souffle, je ne vous hais même pas,

 

-----

 

plus loin derrière le mur de verre qui empêche la stridence des réacteurs et les effluves lourdes de kérosène, ses mains liées, respiration avide derrière son masque de laine, ils le poussent, le tirent sous l’œil choqué de voyageurs en transit, tellement d’ombres et de fuites et puis d’heures d’attente, de frissons de froid et de peur, raté, case départ, l’humanisme, l’ambition, non, l’espoir de survie, piétiné, ignoré même, le cri se meurt au fond du couloir, les yeux se vident d’éclat, il est aux aguets et se doit de se taire, il l’appelait madame, il savait qu’il la retrouverait, de faim ou de jugement guirlande, condamné d’office avec pour seul délit d’être parti, de croire en l’homme et d’autres horizons, loin des couleurs et dogmes, il lui disait : - tu seras gentille, prends-moi vite, les sentiers de boue qui veinent, ce tissu de tôles, de canaux vomissants et cette chaleur de roche ne seront plus miens, le regard vide des geôliers, poignés derrière le dos, ligotées d’acier,

- bonjour madame, il tend sa désolation, les doigts tremblent, il sait tellement la moiteur du mal-être, retour à l’enfer sous l’œil inquisiteur de ceux qui ont toujours suivi le pouvoir même sous l’occupant, amnésiques et démunis de cœur, il sait la douleur continuer encore comme l’envie de fuir,

 

-----

 

ce soir c’est l’année qui meurt, dans ce métro désert de sueurs moites et d’effluves de parfums éventrés, d’huiles brulées, il s’étire, il ne sait l’heure fatidique de l’année nouvelle, une bande certainement liée d’amitié braille et titube se raccrochant aux carreaux froids et sales du tunnel, une seule l’a vu, même un drôle de regard, comme elle était belle, il rêve et sa main caresse et tâtonne un vide, humble désir et silence convenu, l’écho de la rue et l’afflux soudain de demi errants le font se plier, vouloir se faire ombre, il tousse et crache discrètement derrière le mur encore un, son bouclier de carton lui fait honte, toutes façons trop tard, le froid n’ankylose pas que les membres, voilà qu’on le piétine,

- bonjour madame, je suis le plus rien, si souvent invisible, il ne tend rien, reste figé tout courbé, au bout des doigts une vie qui chancelle, une barbe qui gratte avant les flammes, y’a quelqu’un ? si seul à ne même plus en crever, vous avez encore des paillettes dans les cheveux, je sens mauvais,

 

-----

 

- tu sais, j’ai juste allumé la lumière, simplement regarder avec les yeux de la liberté, égalité et fraternité, aux bords des fleuves des ombres inanimées ballotées aux flux des fiertés,

Pa, Ma, je vous aime, vous êtes trop loin… ……….

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le temps qui passe

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votre présence

fouiller en ce lieu

des mots qui dénotent

des mots pour dire, rêver

des mots esquisse

des mots espoirs

des pages à tourner

entre nous

voyages immobiles  

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés, 

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants, ,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotant,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

aussi ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

me penche vers l'onde et m'y abreuve... 
nous sommes debout ?
 

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