certainement les fantômesqui veillent sur le verre et l’état de l’éclat
l’orage qui scintille aux frontières des paupières
les mois qui passent
dessinent à ses joues d’autres chemins
cette nuit là était autre
fragments de roulis
écailles mouvantes qui se dessinent
la mer accouche
les yeux rongés de sel, rouges comme la veine
juste guetter la brillance ponctuelle
du faisceau aveugle
figé d’errances projetées
il l’espère s’approcher, crever l’ombre, dévoiler la silhouette
écorce tremblante qui balbutie aux jugements
parfois aux replis de l’étoffe
la vague qui suinte, relents de poissons oubliés
écrasés sous la botte d’éphémères voyageurs
elle s’esquisse si fragile esquif
transparente aux tourmentes
encore la nuit à cogner la roche
à rêver d’impossibles courbes
si lentes et sereines
elle va venir, c’est sur
cette bave d’écume au repli d’une lèvre
des souvenirs balancés, ressac d’amertume
il descend titubant, ce lancinement de marches
elle a gravi le derme
une main habillée de terre et d’eau
cette boue qui le dévore et le ronge
il chancelle sous le déferlement
il l’attend depuis si longtemps, viens
un amas d’ombres
comme sous le trait d’un peintre halluciné,
se dessine habillé de brume et d’embruns
elle est là, c’est sur
toute trempée et déjà ses cheveux qui volent
derrière lui ce trait de roc
la houle gueule, le froid en guenilles
sa peau rêvée jusqu’aux frissons
bave de vents, coraux cristallins et salés
l’écume tâtonne, les éléments forniquent
c’est elle c’est sur,
dessin : Hugo Victor Marie / 1866
ça gueule fort ce soir, les temps sont durs, les filets qui se vident et le moteur à nourrir



votre présence