d'ombre au diaphane

dans l'armoire

paroles, paroles

mouvances

embruns de rock

échevelé, avide
au milieu des accords
Vendredi 28 décembre 2007 5 28 /12 /2007 22:58
porté par un vent qui l’éloigne des côtes,
l’esquif s’enfonce aux confins
des paquets gluants et glacés s’agrippent aux rafales
embruns incandescents
l’acier gémit et résiste
il s’est amarré de cordes au bastingage
ce pénis de pierre accouché de la roche
son œil jaunâtre qui balaie le déchaînement
comme une main de tempête
farouche et avide
les planches se déchirent
et voilà la terre
et ce crayon de granit à la mine balbutiante
le flot est prétentieux
il gravit de l’intérieur ce pieu comme un défi
et le vent qui s’acharne, fait trembler l’édifice
le phare est vide
undefined certainement les fantômes
qui veillent sur le verre et l’état de l’éclat
cette peau liquide n’en finit pas de remuer
l’orage qui scintille aux frontières des paupières
il observe, il scrute
les mois qui passent
dessinent à ses joues d’autres chemins
cette nuit là était autre
fragments de roulis
écailles mouvantes qui se dessinent
la mer accouche
les yeux rongés de sel, rouges comme la veine
juste guetter la brillance ponctuelle
du faisceau aveugle
figé d’errances projetées
il l’espère s’approcher, crever l’ombre, dévoiler la silhouette
écorce tremblante qui balbutie aux jugements
parfois aux replis de l’étoffe
la vague qui suinte, relents de poissons oubliés
écrasés sous la botte d’éphémères voyageurs
elle s’esquisse si fragile esquif
transparente aux tourmentes
et lui qui tend les mains
encore la nuit à cogner la roche
à rêver d’impossibles courbes
si lentes et sereines
elle va venir, c’est sur
cette bave d’écume au repli d’une lèvre
des souvenirs balancés, ressac d’amertume
il descend titubant, ce lancinement de marches
elle a gravi le derme
une main habillée de terre et d’eau
cette boue qui le dévore et le ronge
il chancelle sous le déferlement
il l’attend depuis si longtemps, viens
un amas d’ombres
comme sous le trait d’un peintre halluciné,
se dessine habillé de brume et d’embruns
elle est là, c’est sur
toute trempée et déjà ses cheveux qui volent
derrière lui ce trait de roc
la houle gueule, le froid en guenilles
sa peau rêvée jusqu’aux frissons
bave de vents, coraux cristallins et salés
l’écume tâtonne, les éléments forniquent
c’est elle c’est sur,

dessin : Hugo Victor Marie / 1866
Par daniel souhait - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 26 décembre 2007 3 26 /12 /2007 14:29

il cogne un peu au fond du crâne
les abus de la veille ou les vides qui martèlent
on efface les traces
on essuie les assiettes, les verres et les plats
et au  travers la porcelaine
d’autres recettes, celles des aimés
de sapin démesuré, de gui sous le lustre
allez, pose tes mains sur ton ventre
n’affecte pas les autres
retiens ton cri aux absents
fais semblant
l’enfance est là et d’autres utopies…

 

à toi, maman, papa
à zebu, à laudith, à tous ceux qui vivent à plusieurs…

tout au fond du coeur

et à eux

Par daniel souhait - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mercredi 21 novembre 2007 3 21 /11 /2007 22:47

je vous chevauche
vos murs sont mes plaines
vos humus azotés
chairs et feuilles
nourrissent hélas vos descendances
et ce perpétuel mouvement
de vers et invisibles
qui nous mangent goulûment
qui nous font continuer,
la matière piétinée
que reste-t-il ?
avant l’âme, l’esprit,
on tête les écrans
bardés de fils et de cubes
noirs de préférence
des bouquets chamboulés
de sable et de pollen
caresses déchues
qui pansent et s’évanouissent
l’abeille titube et se sait en sursis
des assemblées vides
et le votant trahi
un projet, une société
des étendards qui cachent,
une presse à genoux
la boue du fleuve
qui remue et ramène
je vous observe
ai compris ma faiblesse
et votre pouvoir
mon silence ma force
jusqu’au cri
nos brises triomphantes
à vos tempêtes
pardon enfants pour l’héritage
des glaces mourantes
des jungles dénudées
tous ces yeux de méfiance
armés de certitudes,
la bougie allumée
et c’est un autre monde
aux plis de l’étoffe
les miettes de nos abus
et des visages cachés,
ils te tairont c’est sur
un épervier aveugle
s’accroche à la ramure
comme tous ces cœurs affamés
et peureux
je vous fuis
vos idéaux comme barbelés
le réseau de vos yeux
vos atomes et vos gènes
disséqués
des campements miséreux
bordent vos flamboyances
amour, ta peau ton haleine
ton chemin de tendresse
éphémère perdition
nid de couleuvres
écartelé aux lames de vos machines
béton et bitume
illusoires cabanes
obsédées d’ampleur
un scarabée escalade
restants d’os souillés d’argile
et cette sorte de brume
au fond de la fibre
du têtard au panda
l’embryon du déclin
tous ces regards vides
et ces rues observées
des chrysanthèmes comme excuses
l’écume est une langue
qui lèche et séduit
marque le temps
de nos appels perdus
enfoncés à l’oreiller
je vous laisse
des chemins de lait
m’interpellent et m’aveuglent
et mon poids d’humain
devient rebelle
amour, tu es là ?

vous qui passez, offrez-moi un titre

Par daniel souhait - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Vendredi 9 novembre 2007 5 09 /11 /2007 23:07

ils vont arriver, c'est l'heure, la marée a été gentille et les a ramenés dans l'après midi, les caisses de multitudes tortillées, débarquées sur le quai, les derniers crieurs, l'odeur du sel et de l'écaille fraîche,
je les sais avides, certains qui portent encore les embruns du vivant d'écume et d'autres parfumés à l'asphyxie, je grime les paupières, caresse doucement les hanches, ce sont les miennes, cette courbe comme frontière, je tends la jambe et fait glisser  comme timide, le nylon suggestif, au miroir de pupilles si lasses,
déjà les tumultes vocaux, ces voix qui s'élèvent , lavabo, je m'éclabousse avant d'entrer, je regarde mon ventre,
ça pue dans le bar, on s'entend pas, des hommes soudain volcans qui gerbent, éructent et se perdent comme moi si souvent mais sans les flots rongeurs, c'est pour ça que je les aime, je sais leurs regards, de mes yeux à la pointe de mes seins, la vague du bassin et la jambe ondule comme un bras tâtonnant, je suis leur rêve, belle et inaccessible, j'agrandis lentement l'arc de leurs éphémères refuges, tous ces yeux égarés, perdus de solitude,
ça gueule fort ce soir, les temps sont durs, les filets qui se vident et le moteur à nourrir
et rideau traversé, ils me découvrent, m'entrevoient, ils m'aiment brune, mes seins déjà fatigués si naturels, ils m'aiment comme eux, égarés au large si loin de l'inutile bruyant du présent, juste le langage du vent qui nettoie la terre et fait danser l'océan,
 - Apsara ! Apsara ! Apsara ! Apsara !
les voiles de crêpes  et de soie chutent, je danse et me dévoile pour eux, ne vois que de l'ombre en face et m'offre à l'inconnu, je frissonne de narcissisme et de peur, je suis belle, je le sais, je me venge en courant, trop tard
- eh ! viens là ma belle, j'vais t'montrer l'homme !
l'estrade chancelle, ils le saisissent, ses potes de tempêtes et de filets à trier, et je ferme les yeux, je tangue encore à leurs fantasmes éternels, j'existe, ils m'observent et m'envoûtent de leurs silences et obscurités,  ils savent mon téton raidir de par leurs regards, je danse, je m'évade, du bout de mes doigts au profond de mes cuisses, je m'envole ne vous vois même plus, regardez, je suis dépouillée, je n'ai plus rien, je vous offre déjà ça, nos errances et nos quêtes, allez baissez le projo,
ce soir c'était chaud mais pas de bagarre, l'envie engendre la querelle, ils sont c'est sur repus, ils savent l'inaccessible, ne vivent que de ça,
- eh ! pourquoi on t'appelle Apsara ?
- Apsara ? je sais pas, peut-être parce que l'on m'a gravée sur la pierre devenue végétal, que l'on m'a façonnée au fil de tant de peurs et d'aspirations, que l'on m'a faite déesse, c'est dur d'être dérive pour l'homme, gouffre à ses faiblesses, peut-être aussi pour danser et t'emmener vers d'autres rives
toujours pareil, la magie éteinte, juste un désir, je les vois autres, je veux mes draps même froids, lasse, et ces filaments rampants de remords qui rongent  mes restes de pudeur, une autre fille a pris le relais sur cette scène de bastringue, mon éphémère illusion qui tremble, qui soudain se cache aux autres
- ils m'appellent Apsara...

Par daniel souhait - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Mardi 6 novembre 2007 2 06 /11 /2007 23:07

la flamme chancelle
les mots tremblent sur le pupitre, peureux et qui se jouent à l’ombre de ma main
l’encre rougit parfois
est-ce la source froide et figée du nid de porcelaine tout taché de sombre ou l’éclat écarlate des épées dans la plaine, le vent du combat traverse la cuirasse de pierre et fait danser les corps sur les tentures, l’encrier se vide, les boucliers s’abaissent
les chants des couvents n’y pourront rien ni la terre chaude et encore fumante ni le regard du ménestrel face aux hagards attablés aux bribes de rots et de rires gras
les places et les façades chancelantes sous les torches essoufflées, les robes qui tournoient, des bouches qui s’effleurent et des enfants envoûtés aux lèvres des anciens, tellement loin des remparts,

mandoline, vièle, guitare, bombarde et tambourin  

des traits de lumière
elle est le visage de la forêt
lui celui du vieux loup
l’encre étincelle, s’échappe et brûle mes doigts
est-ce cette foule comme un balancement moite, le réconfort dans la multitude, les cordes distordues lancent leurs cris de métal et savent se faire caresses, l’armure en étoffe transpirante et offerte, iris ternes, d’accords en échos, le lieu est clos mais l’ivresse de l’oubli demeure sous les riffs saturés,
la flamme chancelle
les mots veulent danser, s’abreuver encore de rires et d’innocence, se perdrent vers la nuit…

merci à Ritchie Blackmore et Candice Night
c’est avec tellement de délice
que le rock m’a amené à remonter le temps

 

vidéos : Minstrel hall, Child in time / Blackmore’s night
Par daniel souhait - Publié dans : cris de coeur - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Samedi 3 novembre 2007 6 03 /11 /2007 14:42

c'était encore l'époque de l'espoir, du vote,
un clip de l'udf, les notes et les mots de damien saez
un vote qui n'a pas fait vraiment réfléchir
l'udf, vous savez, le parti des sans consciences
non faut pas dire traitres, c'est tout comme chez les socialos,
l'argent et le pouvoir, ça corrompt
plus de capitaine, plus de vaisseau,
il est ou, le quotidien rongeur pour vous, égarés en cravate ?
oui, français, c'est pas moi qui ai fait les conneries
et j'aime bien mon pays
ce clip comme avertissement pas bien compris
quand il eut fallu, il y a si peu
il est là, omniprésent et la nation c'est pas lui !!!
écoutez le texte et offrez-vous aux arpéges

fils de france

fini enfants de l'amour ?
fils de la résistance ?

et puis comme il faut dire, la version live
ce sont mes cinquantes balais
qui chancellent et pourquoi pas vous,
les jeunes-jeunes-jeunes ?
quand ma canne se brisera
qu'aurez-vous acquis  ?


fini enfants de l'amour ?
fils de la résistance ?

fils de france / paroles et musique : damien saez
Par daniel souhait - Publié dans : élections 2007 - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Jeudi 1 novembre 2007 4 01 /11 /2007 22:05


- quatrième ok ! au sol le mécano fait un grand signe
le métal vibre et s'ébroue doucement, le vrombissement des hélices et du souffle des cylindres emballés, la nuit est claire, propice au vol, Paul salue pour la photo, l'avion glisse sur la piste, trente quatre tonnes d'acier et quarante trois mètres d'envergure, ses ailes démesurées et son nez de verre se prépare à l'élan et après la pause vérificatrice, l'envol,
la nuit est claire, il s'appelle Paul Tibbets, il est  trois du matin, les prémices d'une aube grise et rougeâtre, on est en plein océan, Paul tire doucement sur le manche, direction Hiroshima
l'équipage n'est pas causant, les heures de vol si lourdes, tous cobayes, ceux des airs, du bout de la radio et ceux innocents,
Paul n'imagine même pas ce dont il est le dernier instrument, il est huit heures quinze, le B 29 stabilisé à neuf mille mètres, Paul déclanche l'ouverture de la soute, on est le six août 1945, Little boy fend les airs, quarante trois secondes de chute libre, et l'explosion à 580 mètres au dessus du sol dans l'axe de l'hôpital au coeur de la ville, Paul doit maintenir le cap
- eh les gars on fait un demi-tour et on regarde

Paul ne repassera pas au dessus de ce  désert d'horreur accouché et qui enfle, tout l'équipage de la Superfortress mettra ses lunettes de protection et reprendra, hébété le cap du retour, plus de cinq cents kilomètres avec cette emprise monstrueuse qui s'étale et monte et détruit, en deux minutes le monstre atteint dix mille mètres d'altitude,  encore six heures de vol, le premier sommeil de Paul, cette vision et cette médaille au sortir de l'appareil,
Paul Tibbets est mort ce jour, ce jour de mort, de cimetières retrouvés, il fit sa carrière au service de l'armée, fut rejeté de certains et soutenu par d'autres et même s'il se taisait pour d'obscurs arguments, puisse-t-il s'apercevoir aujourd'hui qu'il ne fût que l'articulation ténue du bout du fil aux grimaces empiriques des gouvernants,
un homme, juste un instrument de l'histoire...
'
photo 2 : Mémorial / merci Edith
Par daniel souhait - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mardi 30 octobre 2007 2 30 /10 /2007 00:03

au bout du quai, je voyais le fanal onduler doucement, une araignée de brume tissait sa toile aux réverbères et aux façades dépecées, d’étranges fantômes grisâtres déambulaient en silence ne me voyaient même pas, oui c’était la nuit ou le jour transformé, entaché d’éclaboussures, de rouge et de couleur d’invisible, en marchant je me laissais hypnotiser au chant répétitif des traverses de la voie et ces deux lignes d’acier fuyant vers l’horizon, juste le halot trouble et incertain du fanal comme guide, les caméras ne voient pas au noir, les gyrophares traînent aux quartiers riches, les égouts canalisent nos écoeurements, je vous sentais, vous mes hantises, mes vides, mon ombre alanguie, porteuse de ces amours muets et pieuvre, si rapides et avides toujours, silhouettes de rats, du labo au fond de l’homme, le candélabre comme un gros œil triste, échos mourants de révolte et papiers gras voletant aux caprices d’un reflet d’âmes, soudain l’obscur, à tâtons, sans repères et ficelles, tremblotant, peureux, le fanal se rebelle, le quai n’en finit pas et pour quel train ? j’avance un peu à l’écart du cœur torturé de la rue gavée de racoles et d’hymnes à l’individu, les masques ont pris le dessus, des lits comme cercueils, l’égoïsme qui se perd le temps d’un orgasme ou d’un simili, des ados comme cocons écrasés aux ailes naissantes déjà amputées, des adultes bêtifiés nourris aux baves nauséabondes des médias et du jeu, mes pas résonnent sur ce quai silencieux, le fanal titube comme las, donne-moi l’éther du silence et de l’amnésie, les hordes désespérées descendront tôt ou tard vers l’hyper centre, les pastels au bitume ne seront pas ceux attendus, chacun se meuble comme il veut, et la haine suintant de misère, un jour c’est sur crèvera la rue en cicatrices cramoisies aux échos renvoyés du seuil aux fenêtres des façades de morne et d’identiques, j’ai soif, de souffles, d’haleines aux relents de gerbe, celle écarlate du fond du cri et celle du corps convulsé, fragmentaire, des brumes en paravents pour cacher la goutte blanche en méandres sur l’émail, du bois craque quelque part, le fanal si proche mais qui le tient et pour quel train ? au bout du quai sûrement l’attente, des lentilles voyeuses et délatrices, dérisoire, tu veux ma photo, t’as déjà tout, ce froid ne suffit pas à l’étouffement des flammes, des une en surnombre et tous ces sourires narquois, derrière les monuments, des billets cachés, des protocoles primitifs qui s’étendent en gouvernance et manipulations, plus loin des ombres qui scrutent les poubelles et des veines ouvertes sur des canapés de velours, reste encore une peau, une pupille tremblotante et le froid de cœurs figés et aveugles, dis, reste encore un peu, j’entrevois le fanal timide et chancelant, les limites du quai, des nervures de métal qui trouent la ville, issues fragiles et débordantes, là bas, des ruisseaux hoquetants, l’araignée de brume façonnait un mur, j’étais là, immobile, les yeux rivés sur cette entaille de graviers et de fer,
un train allait venir…

Par daniel souhait - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 26 octobre 2007 5 26 /10 /2007 22:25

madame,
permettez-moi d'abord de rendre hommage à votre père qui eut la chance de travailler avec l'un des plus grands présidents africain,
Léopold Sédar Senghor
et oui, la suite, même si vous ne me le permettez pas, je l'écris
vous êtes belle madame, très belle
un jour vous comprendrez que c'était la raison de votre embauche
vous êtes pitoyable aussi
votre ambition n'a d'égale que votre soumission et vos amnésies
vous avez dit à propose de l'immigration, qu'ils inspiraient : « la pitié plutôt que le respect »
vous choisissez la droite c'est vrai qu'historiquement la gauche n'a jamais rien fait vers l'extérieur et la porcelaine n'est pas pour tout le monde, vous êtes la Michael Jackson de l'ump, toute blanche, bien formatée et qui cherche ses mots quand le par-coeur est oublié
vous avez tenté une incursion, ils vous ont dit : « ferme-la ! »
et c'est pas le successeur de l'abbé qui vous aidera !
vous avez très sauté aux appels de l'histoire, l'oubli du patrimoine, d'un continent,
tellement de peuples, de cultures et savoirs, du fond du fleuve aux grumeaux de béton
- madame le ministre que pensez-vous des tests ADN (canal +, un dimanche midi)
- écoutez, l'assemblée doit se prononcer et le sénat ratifier, je vous dirais ma réponse après
- oui mais cela tous les français pourront le faire (daniel -, un dimanche midi d'observation)

l'argent, le luxe, soudain ces gens qui vous regardent têtes baissées, ça doit vous porter vers un ailleurs si différent du réel alors que l'on est sensé transmettre la parole
mais quand même, se faire filmer à porter des enfants de misère et soutenir le renvoie ou la taule, le minimum d'humanisme est-il vraiment interdit chez monsieur S, l'Alzheimer de rigueur ? oui vous êtes belle, madame
honorez votre contrat, c'est vrai que l'opulence n'a pas de couleur
mais avant de parler, apprenez votre texte, pour le look rien à dire
le reste c'est votre conscience, vous ne vous appelez pas Fadela
ils ont voulu sortir des gamins avec des parents qui ne peuvent les nourrir, ils ont brisé les marges, mais un enfant écarté du travers des balles n'est-ce pas l’essentiel, la porcelaine n’est pas pour tout le monde ?
bon, y'a pas de fric à garder, fond de tiroir
vous voyez madame,
ici je revendique toutes les couleurs
sauf celle du reniement
veuillez recevoir madame, ma méfiance et mon dégoût
c’est si peu à vos biens et honoraires
Par daniel souhait - Publié dans : élections 2007 - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /2007 22:55

c’était une rue normale
une rue quoi, avec ses échoppes, ses couleurs,
ce grouillements d’ethnies pacifistes
je m’y sentais bien, ma peau et mes cheveux
enfin confondus
et ces effluves rebelles
qui font le sourire aux visages,
l’ailleurs on ne l’aime qu’aux étals
- tes papiers !
je me retourne, surpris et innocent
ils sont deux, un grand un petit
comme au cinéma
non, pas comme au cinéma
la suite ne se dit pas, la suite se tait
- alors ! ça vient ! t’es pas dans la jungle ici,
on a d’autres choses à foutre !
je lui tend ma carte en attente de confirmation,
juste une signature,
- ouais, tu nous suis et tu fermes ta gueule, négro !
il m’agrippe, me bouscule, me donne une frappe sur la nuque,
et d’un coup de pied au genou me fait choir
je me recroqueville sur cet asphalte puant la pisse,
relents de parfum et d’échappement
le bateau tremble, secoué d’ondes maléfiques
- écoutez-moi, vous avez vu, ici on prend pas les fardeaux
un corps de trop c’est une charge à exclure,
vous la voulez la côte ? alors fermer vos gueules !
parfois les mots sont bien vains
la mer s’est occupée de nous, la vague a fait le juge
et  l’orgueil du passeur si désuet soudainement
son regard me déchire
il est hautain et de haine
c’est ma couleur qui lui déplait
je dois le penser si fort qu’il m’assène son poing au visage
- bon, donne tes papiers et baisse les yeux !
c’est pas un black qui va faire la loi !
on a chaviré, j’entends encore les cris
que l’océan veut faire taire, le remous comme une gomme,
plus de capitaine, d’autres esclavagistes m’attendent
et que je ne soupçonne pas
ils sont démocrates et porteurs d’uniformes
et puis ceux de l’écran avec leurs belles cravates
ma terre tu me manques, c’est pas le paradis ici
- alors tu fais quoi ?
- je travaille dans le bâtiment, monsieur, je suis maçon
- arrête de me regarder, t’entends p’tit branleur !
- ben c’est juste pour vous répondre, m’sieur
j’ai pas fini ma phrase, j’ai juste entrevu
le pied botté se projeter vers moi
…………….       ………….
on a marché, des jours et des jours
parfois accrochés au toit d’un bus
souvent terrés à mendier l’essentiel,
une route de peur et de corruption,
de mort et de peur encore
- allez, tires-toi, c’est bon pour cette fois
je vais vers la sortie, doucement
- eh, négro, tu comptes ramener la famille ? !
au fond de ses yeux toute la puissance
de l’analphabète glorifié et soumis
j’ai retrouvé la rue
dans l’ombre et la nuit
pas de différence de peau
et ceux de ces heures si loin de l’intolérance
égarés sans pays non plus
même pas celui de l’âme
comme d’étranges fantômes
au front des refusés ils avancent, naïfs
leurs cris comme des pétales
flétris aux trottoirs et aux matraques
allez je vrille le texte, les mots
je suis français désormais
j’ai ma carte dûment signé
je suis toujours noir
et j’observe et subis
délit de couleur, mes proches plus jeunes
toujours suspects
mes amis du maghreb, tuméfiés et hostiles
à l’ignominie
et ces relents perpétuels
de racisme et de différences
les biens blancs du pays et ceux d’ailleurs
forcément agresseurs
je sui français ben j’aurai pas dû
j’ai honte,
des patrons propriétaires de presses, d’industries
qui jouent avec l’équivalent du budget de mon pays,,
le maniement sournois d’une icône omniprésente
et dangereuse
ma terre d’origine toujours en suspend
et des rues policées aux faciès comme passeport
comme droit de vivre,
le vent tiède et chargé serpents et gazelles
vous tomberez
il leur faut sonder le sang, ils n’en ont pas assez versé !
ils fonts des grenelle et des commissions
et les cris étouffés
sont loin d’aveugler une presse ronronnante
même leurs syndicats s’abreuvent au patronat
pour compenser le manque d’engagés,
l’argent, celui de l’ombre
et de la trahison
là, j’étais à vélo quand ils m’ont arrêté
j’ai rien grillé, je suis pas sorcier ni cannibale
je suis noir
gentil, lucide et fier
- j’ai rien fait de mal m’sieur !
encore la même peur, regrets zébrés
aux affres des présents
j’ai couru, mon cœur en souffles demandeurs
ce soir c’était mon jour
certainement
au filet du caniveau ma bave et mon sang
et le reflet des badauds
j’ai senti l’haleine de la terre
et le pouvoir des hommes,
le long du canal
des tentes alignées…

Par daniel souhait - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires

le temps qui passe

Mars 2010
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votre présence

fouiller en ce lieu

des mots qui dénotent

des mots pour dire, rêver

des mots esquisse

des mots espoirs

des pages à tourner

entre nous

voyages immobiles  

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés, 

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants, ,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotant,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

aussi ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

me penche vers l'onde et m'y abreuve... 
nous sommes debout ?
 

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