dans l'armoire

embruns de rock

échevelé, avide
au milieu des accords

poésie

Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /2007 22:18

juste un peu te caresser
sentir aux reflets de nos naïfs étourdissements
ton tissu de chair qui frissonne et qui ment
qui voudrait s’abandonner
oh ma bouche à tes crevasses moites
mes iris percés et leur suave liqueur
laisse tes larmes d’aurore
et moi toutes mes ombres de peur
cet inconscient stérile aux apparats de ouate
juste t’effleurer
cheminer à tes courbes, ton abandon voilé
et puiser en ton toi ma substance à subsister
la sueur et ma langue découvreuse
crever la nuit, arrogants et saturés
je cueille la couleur éphémère
de luxures craintives et d’oublis salivaires
donne-moi tes seins
laisse-moi errer aux arches de tes cuisses
de ça je me console aux aveugles palpés
à ne pas oublier, ces râles à la criée
juste un peu te toucher
nos dedans apprivoisés, te boire, te sucer
chercher comme l’ultime refuge
deux ombres sur le mur
ma belle
donne-moi l’errance et la quête et ce goût de source
et encore et encore
et toujours…

musique : saez / clandestins / debbie 
écoutez, c'est la suite...

Par daniel souhait - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Samedi 8 septembre 2007 6 08 /09 /2007 10:46

Moi je suis de la race ferroviaire qui regarde passer les vaches.
Léo Ferré

Par daniel souhait - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mardi 12 juin 2007 2 12 /06 /2007 08:17


j’ai pas attendu la caresse sournoise
du jour fatigué et qui se recroqueville

aux travers les carreaux les rameaux s’estompent

baiser paresseux, clair et ombre se toisent
tandis que se dessinent en courbes dociles
des noeuds de douleurs et plaisirs à se romprent

je traverse l’étoffe, la touche sur les yeux

la salle est terrassée, sa voix, des espoirs
les notes se tordent avec lenteur
ces âmes qui s’abreuvent, c’est le blues des nombreux
ceux échevelés, équilibre illusoire
et les derniers rebelles aux fantômes des peurs
tiens voilà c’est pour toi, c’est juste un peu de bleu

je regarde le laiteux, il se teinte d’obscur

son visage envahi, elle susurre et elle beugle
elle donne avec les yeux et s’abroge les cœurs
la peau qui transpire sous l’horrible morsure
elle chante sans être noire et même pas aveugle
ses silences aussi résonnent à l’intérieur

j’ai pas vu que déjà le jour s’était enfui

et des mots posés là à qui veut bien les prendre
des serpents de mémoire faufilés du passé
retournent aux orifices bientôt voués à l’oubli
aux oubliettes embuées d’autres vont pour se pendre
étamines couchées et pistils asséchés

je transgresse l’obligé et m’en vais boire ailleurs

aux travers les barreaux les rameaux se flétrissent
les peaux sont toutes froides et les regards baissés
est-ce dans notre tréfonds d’être tous menteurs
d’invisibles tempêtes nous rapprochent et nous tissent
pour déposer encore et toujours un baiser…

musique : Janis Joplin / what good can drinkin do
Par daniel souhait - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /2007 12:51

depuis quand le commencement ?
il faisait noir
soudain le mouvement, soudain le murmure
l’ébauche distordue, spasmes d’évolution
emportée, entraînée
opaque horizon
crevée soudain de lumière
je jaillis
vomissement de terre
purifiée de roche
hystérique, transparente
les mots font ce qu’ils veulent
je suis éclat tourbillonnant
soudain confondue, anonyme
et ce flot grandissant
serpent de bave
qui chuchote et dévale
veines fragiles,
et cette peau de planète laminée, finissante
aux gueules des gouffres, au profond des gorges
effigies d’ombre qui obstruent et façonnent
parfois l’accalmie
je suis au tout
cellule palpitante d’un être sans visage
le reflet de l’onde soudain reposée
les berges sont vertes et paissent
les nourricières
je glisse au vent caresse
mes reflets comme baisers
pourquoi soudain l’arrêt, l’atrophie de l’obstacle
c’est l’homme insatisfait, qui oblige et mutile
au bout de la chute
des vallées desséchées, un torrent renaissant
il faut tout recréer, du ruisseau à l’étang
et me voilà complice d’un nouvel affluent
les mots font ce qu’ils veulent
je suis miroir frisson
vos visages en exergue
je glisse, m’étale, recouvre toutes les terres
fleuve condamnée à n’être qu’une mer
au fond de l’étamine
plus rien que l’asphyxie
le flux qui contamine
et l’enfant démuni
déjà le sel s’immisce et c’est l’immensité
les mots font ce qu'ils veulent
si petite que je sois
il me faut bien l’avouer
après tout c’est mon droit
que d’être transportée
je rejoindrai bientôt
ces écharpes cotonneuses
qui font le ciel de gris de brumes vaporeuses
et habillent vos âmes en volutes chagrin
pour finir silencieuse
en édredon crachin

Par daniel souhait - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires
Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /2006 11:24

Quand tous les affamés
Et tous les opprimés
Entendront tous l'appel
Le cri de liberté
Toutes les chaînes brisées
Tomberont pour l'éternité


On peut chanter tous les poèmes des sages
Et on peut parler de l'humilité
Mais il faut s'unir pour abolir injustice et pauvreté
Les hommes sont tous pareils
Ils ont tous le même soleil
Il faut, mes frères, préparer
Le jour de clarté


Quand tous les affamés
Et tous les opprimés
Entendront tous l'appel
Le cri de liberté
Toutes les chaînes brisées
Tomberont pour l'éternité


On peut discuter sur les droits de l'homme
Et on peut parler de fraternité
Mais qu'les hommes soient jaunes ou blancs ou noirs
Ils ont la même destinée
Laissez vos préjugés
Rejetez vos vieilles idées
Apprenez seulement l'amitié


Pour que les affamés
Et tous les opprimés
Entendent tous l'appel
Le cri de liberté
Toutes les chaînes brisées
Tomberont pour l'éternité


On ne veut plus parler de toutes vos guerres
Et on n'veut plus parler d'vos champs d'honneur
Et on n'veut plus rester les bras croisés
Comme de pauvres spectateurs
Dans ce monde divisé
Il faut des révoltés
Qui n'auront pas peur de crier


Pour que les affamés
Et tous les opprimés
Entendent tous l'appel
Le cri de liberté
Toutes les chaînes brisées
Tomberont pour l'éternité

Graeme Allwright / le jour de clarté
Par daniel souhait - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 18 commentaires
Samedi 11 novembre 2006 6 11 /11 /2006 10:54

penchés, assis sur la berge
et le fleuve qui coule
allons plus loin mon frère
au delà des plaies et des jungles terrassées

serres ma main, on le fera ce voyage
au fond du verre tout un paysage
allez on marie nos maux
colorez l’uniforme
quoi frérot je sais que c’est impossible
c’est bien le fond de l’être qui importe
allez on se donne tous les droits
nos droits
la lèche de l’angoisse, la fellation politique
on s’en tape
enfin les mots, les vrais
accessibles et humains si loin des images
et des chiffres
on paraphrase, on métaphore
et on fait caca
la berge est une peau
et le fleuve un afflux
et je vois
ces gonflements qui crient
ces tourbillons qui se figent
et la mémoire des aubes
on ne sait pas, on ne sait jamais
l’histoire et la science
acquis oubliés et vécus dirigés
au bout des mots
y’a t-il toujours la main qui relève du trottoir
l’oreille comme puits de détresse
le souffle qui fait montrer les jambes
et se jouer des incendies
les yeux écarquillés, repus et fatigués
et l’horreur plein ta gueule
ma bouche qui t’embrasse
ça gronde aux flancs des limites
les flots s’emplissent
gourmands et destructeurs
faut bien croire à quelque chose
il y a la peau, la couleur
et quelque soit,
l’éternelle solitude
c’est toi c’est moi
et la mémoire des aubes
ma sœur, mon frère de paix
on pose les armes
penchés, assis sur la berge
et l’onde qui tournoie
nous renvoie et se moque
au creux du nombre
nos âmes si fragiles
y’a t-il toujours la main qui panse
bisous au creux d’oreille
toutes ces haleines mélangées
et ta voix, la nôtre avec ces mots
onguents et placebo
viens frangine
loin des filaments ternes
charriés de sang
les beuglements du fleuve
comme des chants d’impuissance
allez compagnon blafard
ma main plaquée à tes lèvres
surtout ne pas vomir
cette bile d’écœurement
qui fait crever la terre
allez on se donne tous les droits
nos droits
ceux que les goules de la morale
ont sucé en nos chairs
viens
un jour peut-être on sera foule
on piétinera la haine
et nos poings fleuris
partageront la lumière…

Par daniel souhait - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires
Dimanche 8 octobre 2006 7 08 /10 /2006 12:56

viens, entre
je te vois si trouble

des violons d’argile, des cuivres d’écumes
t’accompagnent
j’ai caressé l’encre verdâtre du bord des fleuves
bu la sanguinolence des bouches
masturbé la folie
viens, tu peux rester
je te vois si trouble
doucement nous écarterons le pétale
au fond des brumes, ces cris d’enfants
je te sens tellement même
loin de l’étoffe et du contraint
penchés tous deux en nos chimères
méandres échevelés, cœurs béants
viens, reste encore
je te vois si trouble
des mots blancs et enchantés, des aubes d’ouate
t’accompagnent
j’ai vomi le noir des sanglots aux parois des ombres
croqué l’étincelle et mendié vos regards
étriqués d’ondes aux fracas de vos roches
on pourrait, bercés de nos mains
piétiner nos angoisses et briser les épées
maison d’amour
viens, ne pars pas
je te vois si trouble
des houppiers en doigts tendus, des fleurs de lèvres
t’accompagnent
j’ai parjuré l’opprobre aux portes des citadelles
fondu les sceaux à vos filets de lymphe
et crié l’anathème
je te sens tellement même
enserrés, corps de pluie aux astres lacrymaux
aux fonds de nos iris nos rêves de livide
nous tomberons les portes
et tairons les canons
nos peaux parcheminées retrouveront les mots
maison d’espoir
viens
avant que le trouble ne gagne…

Par daniel souhait - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires
Dimanche 27 août 2006 7 27 /08 /2006 12:24

les murs sont sales certainement
murs de passion, murs de mort
le temps s’approprie les battements du cœur
celui qui reste
trouant ce silence pénitentiaire
les mots-amour, les mots-colère
résonnent toujours
aux parois de lait comme une peau froide
effleurements de corps et souvenirs
fantômes hirsutes de regrets
la couche est tombeau
à celui qui reste
purgatoire peut-être
à celle partie
au bout des nuits traînantes
le goût des haleines et la sueur torturée
tellement loin des luttes
et des notes échangées
le ciel est sale certainement
ciel de pourpre et de bleu
déchirant les barreaux
d’un départ sans adieu
et qui perce l’image
et qui perce le son
des figures, des visages
une vie et deux noms
les couloirs de l’absence mènent aux portes murées
camera sans bobine, une guitare oubliée
et l’étreinte inachevée des amants séparés
qu’un destin capricieux a voulu emporter

à Marie, à Bertrand

Par daniel souhait - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires

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