juste un peu te caresser sentir aux reflets de nos naïfs étourdissements ton tissu de chair qui frissonne et qui ment qui voudrait s’abandonner oh ma bouche à tes crevasses moites mes iris percés et leur suave liqueur laisse tes larmes d’aurore et moi toutes mes ombres de peur cet inconscient stérile aux apparats de ouate juste t’effleurer cheminer à tes courbes, ton abandon voilé et puiser en ton toi ma substance à subsister la sueur et ma langue découvreuse crever la nuit, arrogants et saturés je cueille la couleur éphémère de luxures craintives et d’oublis salivaires donne-moi tes seins laisse-moi errer aux arches de tes cuisses de ça je me console aux aveugles palpés à ne pas oublier, ces râles à la criée juste un peu te toucher nos dedans apprivoisés, te boire, te sucer chercher comme l’ultime refuge deux ombres sur le mur ma belle donne-moi l’errance et la quête et ce goût de source et encore et encore et toujours…
musique : saez / clandestins / debbie écoutez, c'est la suite...
j’ai pas attendu la caresse sournoise du jour fatigué et qui se recroqueville
aux travers les carreaux les rameaux s’estompent
baiser paresseux, clair et ombre se toisent tandis que se dessinent en courbes dociles des noeuds de douleurs et plaisirs à se romprent
je traverse l’étoffe, la touche sur les yeux
la salle est terrassée, sa voix, des espoirs les notes se tordent avec lenteur ces âmes qui s’abreuvent, c’est le blues des nombreux ceux échevelés, équilibre illusoire et les derniers rebelles aux fantômes des peurs tiens voilà c’est pour toi, c’est juste un peu de bleu
je regarde le laiteux, il se teinte d’obscur
son visage envahi, elle susurre et elle beugle elle donne avec les yeux et s’abroge les cœurs la peau qui transpire sous l’horrible morsure elle chante sans être noire et même pas aveugle ses silences aussi résonnent à l’intérieur
j’ai pas vu que déjà le jour s’était enfui
et des mots posés là à qui veut bien les prendre des serpents de mémoire faufilés du passé retournent aux orifices bientôt voués à l’oubli aux oubliettes embuées d’autres vont pour se pendre étamines couchées et pistils asséchés
je transgresse l’obligé et m’en vais boire ailleurs
aux travers les barreaux les rameaux se flétrissent les peaux sont toutes froides et les regards baissés est-ce dans notre tréfonds d’être tous menteurs d’invisibles tempêtes nous rapprochent et nous tissent pour déposer encore et toujours un baiser…
depuis quand le commencement ? il faisait noir soudain le mouvement, soudain le murmure l’ébauche distordue, spasmes d’évolution emportée, entraînée opaque horizon crevée soudain de lumière je jaillis vomissement de terre purifiée de roche hystérique, transparente les mots font ce qu’ils veulent je suis éclat tourbillonnant soudain confondue, anonyme et ce flot grandissant serpent de bave qui chuchote et dévale veines fragiles, et cette peau de planète laminée, finissante aux gueules des gouffres, au profond des gorges effigies d’ombre qui obstruent et façonnent parfois l’accalmie je suis au tout cellule palpitante d’un être sans visage le reflet de l’onde soudain reposée les berges sont vertes et paissent les nourricières je glisse au vent caresse mes reflets comme baisers pourquoi soudain l’arrêt, l’atrophie de l’obstacle c’est l’homme insatisfait, qui oblige et mutile au bout de la chute des vallées desséchées, un torrent renaissant il faut tout recréer, du ruisseau à l’étang et me voilà complice d’un nouvel affluent les mots font ce qu’ils veulent je suis miroir frisson vos visages en exergue je glisse, m’étale, recouvre toutes les terres fleuve condamnée à n’être qu’une mer au fond de l’étamine plus rien que l’asphyxie le flux qui contamine et l’enfant démuni déjà le sel s’immisce et c’est l’immensité les mots font ce qu'ils veulent si petite que je sois il me faut bien l’avouer après tout c’est mon droit que d’être transportée je rejoindrai bientôt ces écharpes cotonneuses qui font le ciel de gris de brumes vaporeuses et habillent vos âmes en volutes chagrin pour finir silencieuse en édredon crachin
Quand tous les affamés Et tous les opprimés Entendront tous l'appel Le cri de liberté Toutes les chaînes brisées Tomberont pour l'éternité
On peut chanter tous les poèmes des sages Et on peut parler de l'humilité Mais il faut s'unir pour abolir injustice et pauvreté Les hommes sont tous pareils Ils ont tous le même soleil Il faut, mes frères, préparer Le jour de clarté
Quand tous les affamés Et tous les opprimés Entendront tous l'appel Le cri de liberté Toutes les chaînes brisées Tomberont pour l'éternité
On peut discuter sur les droits de l'homme Et on peut parler de fraternité Mais qu'les hommes soient jaunes ou blancs ou noirs Ils ont la même destinée Laissez vos préjugés Rejetez vos vieilles idées Apprenez seulement l'amitié
Pour que les affamés Et tous les opprimés Entendent tous l'appel Le cri de liberté Toutes les chaînes brisées Tomberont pour l'éternité
On ne veut plus parler de toutes vos guerres Et on n'veut plus parler d'vos champs d'honneur Et on n'veut plus rester les bras croisés Comme de pauvres spectateurs Dans ce monde divisé Il faut des révoltés Qui n'auront pas peur de crier
Pour que les affamés Et tous les opprimés Entendent tous l'appel Le cri de liberté Toutes les chaînes brisées Tomberont pour l'éternité
penchés, assis sur la berge et le fleuve qui coule allons plus loin mon frère au delà des plaies et des jungles terrassées
serres ma main, on le fera ce voyage au fond du verre tout un paysage allez on marie nos maux colorez l’uniforme quoi frérot je sais que c’est impossible c’est bien le fond de l’être qui importe allez on se donne tous les droits nos droits la lèche de l’angoisse, la fellation politique on s’en tape enfin les mots, les vrais accessibles et humains si loin des images et des chiffres on paraphrase, on métaphore et on fait caca la berge est une peau et le fleuve un afflux et je vois ces gonflements qui crient ces tourbillons qui se figent et la mémoire des aubes on ne sait pas, on ne sait jamais l’histoire et la science acquis oubliés et vécus dirigés au bout des mots y’a t-il toujours la main qui relève du trottoir l’oreille comme puits de détresse le souffle qui fait montrer les jambes et se jouer des incendies les yeux écarquillés, repus et fatigués et l’horreur plein ta gueule ma bouche qui t’embrasse ça gronde aux flancs des limites les flots s’emplissent gourmands et destructeurs faut bien croire à quelque chose il y a la peau, la couleur et quelque soit, l’éternelle solitude c’est toi c’est moi et la mémoire des aubes ma sœur, mon frère de paix on pose les armes penchés, assis sur la berge et l’onde qui tournoie nous renvoie et se moque au creux du nombre nos âmes si fragiles y’a t-il toujours la main qui panse bisous au creux d’oreille toutes ces haleines mélangées et ta voix, la nôtre avec ces mots onguents et placebo viens frangine loin des filaments ternes charriés de sang les beuglements du fleuve comme des chants d’impuissance allez compagnon blafard ma main plaquée à tes lèvres surtout ne pas vomir cette bile d’écœurement qui fait crever la terre allez on se donne tous les droits nos droits ceux que les goules de la morale ont sucé en nos chairs viens un jour peut-être on sera foule on piétinera la haine et nos poings fleuris partageront la lumière…
des violons d’argile, des cuivres d’écumes t’accompagnent j’ai caressé l’encre verdâtre du bord des fleuves bu la sanguinolence des bouches masturbé la folie viens, tu peux rester je te vois si trouble doucement nous écarterons le pétale au fond des brumes, ces cris d’enfants je te sens tellement même loin de l’étoffe et du contraint penchés tous deux en nos chimères méandres échevelés, cœurs béants viens, reste encore je te vois si trouble des mots blancs et enchantés, des aubes d’ouate t’accompagnent j’ai vomi le noir des sanglots aux parois des ombres croqué l’étincelle et mendié vos regards étriqués d’ondes aux fracas de vos roches on pourrait, bercés de nos mains piétiner nos angoisses et briser les épées maison d’amour viens, ne pars pas je te vois si trouble des houppiers en doigts tendus, des fleurs de lèvres t’accompagnent j’ai parjuré l’opprobre aux portes des citadelles fondu les sceaux à vos filets de lymphe et crié l’anathème je te sens tellement même enserrés, corps de pluie aux astres lacrymaux aux fonds de nos iris nos rêves de livide nous tomberons les portes et tairons les canons nos peaux parcheminées retrouveront les mots maison d’espoir viens avant que le trouble ne gagne…
les murs sont sales certainement murs de passion, murs de mort le temps s’approprie les battements du cœur celui qui reste trouant ce silence pénitentiaire les mots-amour, les mots-colère résonnent toujours aux parois de lait comme une peau froide effleurements de corps et souvenirs fantômes hirsutes de regrets la couche est tombeau à celui qui reste purgatoire peut-être à celle partie au bout des nuits traînantes le goût des haleines et la sueur torturée tellement loin des luttes et des notes échangées le ciel est sale certainement ciel de pourpre et de bleu déchirant les barreaux d’un départ sans adieu et qui perce l’image et qui perce le son des figures, des visages une vie et deux noms les couloirs de l’absence mènent aux portes murées camera sans bobine, une guitare oubliée et l’étreinte inachevée des amants séparés qu’un destin capricieux a voulu emporter
votre présence