d'ombre au diaphane

dans l'armoire

paroles, paroles

mouvances

embruns de rock

échevelé, avide
au milieu des accords
Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /2007 22:18

juste un peu te caresser
sentir aux reflets de nos naïfs étourdissements
ton tissu de chair qui frissonne et qui ment
qui voudrait s’abandonner
oh ma bouche à tes crevasses moites
mes iris percés et leur suave liqueur
laisse tes larmes d’aurore
et moi toutes mes ombres de peur
cet inconscient stérile aux apparats de ouate
juste t’effleurer
cheminer à tes courbes, ton abandon voilé
et puiser en ton toi ma substance à subsister
la sueur et ma langue découvreuse
crever la nuit, arrogants et saturés
je cueille la couleur éphémère
de luxures craintives et d’oublis salivaires
donne-moi tes seins
laisse-moi errer aux arches de tes cuisses
de ça je me console aux aveugles palpés
à ne pas oublier, ces râles à la criée
juste un peu te toucher
nos dedans apprivoisés, te boire, te sucer
chercher comme l’ultime refuge
deux ombres sur le mur
ma belle
donne-moi l’errance et la quête et ce goût de source
et encore et encore
et toujours…

musique : saez / clandestins / debbie 
écoutez, c'est la suite...

Par daniel souhait - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Jeudi 13 septembre 2007 4 13 /09 /2007 23:03

s’il vous plaît
allez, prenez quatre  minutes
ne tendez pas le bras pour effleurer la ramure
ne cherchez pas l’impensable
aux pupilles de l’autre,
humez l’haleine du voyageur
potion de continents
touillée aux ébullitions
d’un monde sans âme
la voix se fait cristal
et l’instrument soutien et trace
bon, vous êtes derrière le clavier
et l’écran,
fermez les yeux
s’il vous plait
juste pour être ensemble…
et rêver…


le site

Par daniel souhait - Publié dans : cris de coeur - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 10 septembre 2007 1 10 /09 /2007 14:39

le samedi 8 septembre de cette année 2007, Jean François Bizot est mort
à l’heure ou le média tend la gueule pour qu’on le muselle,
ou le politiquement correct bave de toutes les bouches
le défricheur de l’underground et de la contre culture s’en va pour une autre route
je me souviens d’Actuel première mouture, ses récits déjantés, le cours de la barrette de shit et ses dessins à la Crumb, il s’agissait alors de n’être que soi même, libre et créatif, freaks, hippies, techno et prémices du rap pouvaient s’y exprimer et puis en pleine gloire, Actuel se saborde pour renaître d’une façon plus glacée mais toujours aussi libre et puis les almanachs, véritables voyages aux confins d'autres pensées
pas envie d’en écrire plus, les habitués de cet espace savent que l’ombre de l’homme revient souvent au travers mes mots…
la révolte lucide s’éteint doucement dans le silence tapageur d’un monde castré
t’as certainement rejoint Baudelaire, Hendrix, Kérouac…
merci Jean François, pour le rêve et l'autre culture

Par daniel souhait - Publié dans : cris de coeur - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 9 septembre 2007 7 09 /09 /2007 22:12
toute cette brume
je sens la main balayer en semeuse aveugle cette ombre d’ouate
au travers le volet, l’écho du chargement des bennes sur le camion
et la main qui tâtonne
ici pas de bouteille de lait au seuil des portes
ou de bols de riz à des moines oranges au sourire béat
le compteur qui grésille
et la couche glacée de solitude
peut-être
la moiteur peureuse du fond des jungles aux abysses du drap
tous ces cris étouffés accrochés à la glaise
je tire la main vers l’appui potentiel
ici l’intemporel, l’édredon du fantasque
un chien aboie qui crève les murs de la métropole
toute cette brume
et la main qui cherche
des paquets de temps chutent des remparts
un soleil flasque déformé aux vitrines
et les naseaux fumants d’égouts nauséabonds
sur ces trottoirs liquides, reflets de nos boitements
j’aperçois l’insipide de nos leurres et manquements
ici le frissonnement des dermes effleurés
les promesses chuchotées et cet abandon furtif
qui fait de l’autre une nécessité
peut-être
toute cette brume
je fais la main qui touche, qui palpe l’élément
on est tous tellement les yeux crevés, aveuglés de nous même
un peu beaucoup passionnément
des écharpes lascives tissent leurs méandres
l’info comme des minutes qui observent l’enfoncement
et la main qui caresse, les bouches qui se touchent
accouché de l’étoffe, du cocon sensoriel
je me hisse vers le bruit
les regards formatés, les mots de circonstance
une peau de froideur s’enroule et puis m’enserre
ici l’indécent de l’être parallèle
toute cette brume
oui lave-moi, ôte toutes ces souillures
laisse-moi juste les rides
celles gravées en cicatrices d’argile et de silex, des sillons d’infortune
gynécée de labo aux graines mutilées
et celles du miroir comme l’unique escalier
peut-être
je tends la main, l’offre à l’étreinte et au recevoir,
et verse silencieux le café dans le bol
Par daniel souhait - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 8 septembre 2007 6 08 /09 /2007 10:46

Moi je suis de la race ferroviaire qui regarde passer les vaches.
Léo Ferré

Par daniel souhait - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 25 août 2007 6 25 /08 /2007 22:41

regardez le visage jovial et rougeoyant de cet homme
il s’appelle Georges Mothron, on reconnaît facilement le profil du notable, bien assis, mes amis sont avocats, notaires ou chirurgiens
cet homme est député UMP et maire de la ville d’Argenteuil
en 2005 il promulgue un arrêté à l’encontre de la « gêne olfactive provoquée par les SDF », la préfecture rejettera cet amendement digne de théories dont l’histoire se souvient
alors monsieur Mothron, député UMP récidive quelques années plus tard
c’est insupportable, il faut éradiquer ce nuisible humain qui ne demande qu’un abri
alors il achète du Malodore, des bidons à diluer et à pulvériser, un produit irritant et toxique (c’est écrit sur le carton) qui a la particularité d’être nauséabond, on se plaint de la soi-disante odeur on dissuade et on fait pire
monsieur Mothron veut chasser l’humain comme on chasse le termite, le cafard ou le rat
il a oublié que ses employés si loin des préoccupations d’un député ont une conscience et que le respect et l’humanisme deviennent alors l’obligation du refus, ils ne sont qu’éboueurs ou agents de voirie, ils disent que ce geste est condamnable
elle est pas drôle cette histoire,
monsieur Mothron continuera d’occuper son fauteuil parlementaire occasionnellement, les rues d’Argenteuil seront pestilentielles mais vierges d’ombres couchées
et ce grain odieux d’intolérance et plus même est déjà oublié

 

 photo : AFP

 http://www.ville-argenteuil.fr/

à lire : le billet de Michel Giliberti

Par daniel souhait - Publié dans : élections 2007 - Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Mercredi 22 août 2007 3 22 /08 /2007 23:08




et alors
oui j’étais tout jeune, treize quatorze et alors, il y avait peu de télés, j’en avais pas, juste le transistor, plus que complice, dépendance, un voix, de la musique, avec les livres, la seule ouverture vers l’ailleurs
déjà ils avaient pris le sac et glissé sur l’astre, l’encens et l’herbe en bouquets utopiques et fraternels, déjà on consommait c’était la même désespérance avide et le socle du refus, être, avant de produire et d’avaler, se savoir commun, partie du nombre, les pavés en témoignent et les encravatés bousculés, perdus face à l’élan de ceux qui se couchent devant les canons et posent des fleurs à leurs gueules, vos gueules
et alors
mes vingt ans fleuraient bon ces embruns humanistes même si le no futur se voulait justement le futur, quatre heures du mat quand le rêve s’éparpille et là derrière cette glace de restaurant le geste des parents qui nous désignent, surtout fils ne sois jamais comme ça, c’est quoi cette tunique, ces cheveux longs et cet air béat, c’est pas avec ça qu’on redressera le pays, rien n’a changé si ce n’est l’intolérance, la même étroitesse hermétique et dangereuse, celle qui aime la peur parce qu’elle la rassure
et alors
peace and love, je sais ça fait marrer, oh l’autre, hé ! Lennon envoyait un épis de blé à tous les dirigeants de la planète, et écrivait : « war is over », le summer of love a laissé des petits avant que Lennon n’écrive : « dream is over », tous ces héritiers désormais muets, l’attaché-case, le bureau ou derrière la machine avec cette logique désuète de l’homme uni, se taire par dépit, lucidité, désespoir, en tous cas se taire, ils s’aiment et s’embrassent, flirtent avec la source, baiser de boue et de son, d’échos larvés de silences et d’écoutes bientôt de râles et de cris,
laisse-moi t’étreindre et t’offrir les mots qui suivent




ça fait quoi d’hurler à se cogner la tête sur la pierre de tombe
d’être muet au dernier quai, mugissement de rails
de baver l’écume portée de vent à l’horizon de brume
de froisser le papier et ses mots d’organe
ça fait quoi de voir l’enfant, le frère, l’ami, tous amnésiques
de s’apprendre à devenir ombre
de n’être que service, silence et discrétion
d’effleurer le plaisir et d’apprendre à faire semblant

excusez-moi, je me réveille seulement
il y a juste une porte en face et je ne sais ce qu’elle réserve
laissez-moi, avant de l’ouvrir, jeter au souvenir ce qui fut mon présent
je marchais, l’hyper centre se prélassait, une guitare au coin du magasin, une basse et un batteur au bas du beffroi, une chorale au pied de la cathédrale, anonyme et distordue, il était fini le temps des devoirs mais ils m’avaient appris Prévert et Baudelaire, Arrabal et Gogol, quelques néons discrets, mon père discourir une fois de plus sur l’inutilité des cheveux longs et moi déjà absent – c’était quoi, je sais derrière la porte, les impatients sceptiques, c’était le temps de vivre avant l’individualisme qui vous régit désormais, Leary, Watts, Lancelot, Prévert nous portaient verbalement alors que les Stones, Young, Joplin, le Zep ou Crimson. nous offraient la musique, une culture, oui des femmes posaient des bouquets aux bouches des fusils, dans les festivals les flics prêtaient leur casque pour la photo et vous guidaient lorsque vous étiez perdus, l’âme de la rue et du cœur encore vivante
et pourtant,
toujours les conflits, les guerres, parties intégrantes de la connerie humaine et l’espèce coupable s’abreuve d’alibis, il n’empêche que l’humain était encore la norme…
alors qu’en périphérie la ceinture de révolte se bâtissait, les artères urbaines naissantes se façonnaient aussi au nom d’un nouveau mot : l’urbanisme
les fleurs fanent tôt ou tard et les pétales comme d’éphémères espoirs chutent au sol, plus que mourantes, villes  vertes, on disait déjà ça, alors vélo et tramway, c’est à la mode
un autre monde arrive, et c’est encore moins le mien

ça fait quoi de voir se bâtir, baigné de profits et d’inconscience

un décor qu’on rejette, juste un miroir, nos égarements distordus mais c’est l’âme qui manque, les cris étouffés ne seront même plus souvenirs,
le sang du pauvre désormais renié
ça fait quoi de se voir absent, bientôt, déjà fardeau aux engrenages
on vous demande pas d’être humain ou réfléchi
juste obéissant, t’as compris on s’en occupe
d’effleurer le plaisir et d’apprendre à faire semblant
alors j’ai ouvert la porte, celle du temps qui file
j’étais bien éveillé à la sagesse et l’humilité
laissez-moi, laissez-moi encore hurler ce vide naissant et désormais irrémédiable, ce je dictateur, de l’état au lambda,
je marchais, l’hyper centre sécurisé, caméras, verrues délatoires aux façades, aux carrefours, aux angles des couloirs, et puis des uniformes de couturiers et des primes au rendement, police qui traverse la ville comme dominatrice et intouchable, manque que les chars, on y viendra peut-être, portique électronique comme bienvenue en magasin, un piano muselé au fond de la ruelle, l’aspiration et le constat écrits en désespoir sur les murs, derniers rappels aux bienfaits des couleurs, ultimes signes de vie, la pierre toujours en parchemin comme ceux des grottes, une voiture arrêtée frissonne aux résonnements saccadés d’un slam, témoin et soumis, ou sont les fédérateurs, les assembleurs, des tags hirsutes, quels noms pouvoir dire, quel but sociétal afficher aux panneaux, à l’encontre de la consommation pure, dites, ou sont les poètes ?
et pourtant,
toujours la chair volontaire et celle anonyme et meurtrie, Orwell l’avait dit, le scan au fond de l’iris, les Pistols l’ont hurlé, le rap des caves s’en nourrit, les périphéries victimes d’elles même s’enflammaient, avenues grouillantes, silhouettes aveugles qui monologuent, boites noires greffées à l’oreille, regards-défis, baisser les yeux comme taire son refus, c’est la paye qui dirige, allez zap…, des jonquilles, des géraniums et au caniveau des lambeaux de chiffon, enfants de laine pardon de l’haine, la casquette comme drapeau, des mots et de la peinture en gueulantes ultimes et puis des uniformes comme des frontières…

ça fait quoi de se voir poser des mots sur un clavier aux intimes de la nuit, ce sont certainement des larmes déjà toutes sèches, des souvenirs devenus hiéroglyphes, des actes et des visages au détour de l’écume, une goutte sur le pavé, il y a des notes que la voûte renvoie et qui caressent nos douleurs,
 

 

 

 

 

 

 

 

et alors
ça fait quoi de décrire, et de conter
juste continuer d’être

we are one

Par daniel souhait - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Dimanche 12 août 2007 7 12 /08 /2007 12:04

là tout seul
cette table vide, juste mon assiette,
salut Léo
tu viens voir ma gamelle, tu viens me voir, sous les pavés y’a plus rien, ma révolte se meurt, suis-je encore, des enfants qui vendent leur âme pour se modéliser, se fondre à l’anonyme, je regarde le ciel et ses traces qui enflent, tatouages furtifs de ceux qui s’envolent vers d’autres horizons et ma bouffe froide que je me force à ingurgiter, on dit que c’est pour survivre, comment t’es là haut ?

là tout seul
cette maison, juste une escale
salut Jacques
toi tu sais peut-être , ce pays tout plat ou le ciel est si grand, ces clochers de fortune ce mesquin habillé d’alibis et ces castes d’occident que personne n’entache, plus ça devient vieux, plus je me sens seul, t’as pris les îles, les bateaux ne voguent pas sur l’asphalte, le cri des gamins aux pieds des tours et mon assiette figée, festin d’insectes, on dit bien qu’il faut vivre même si on sait pas pourquoi, tu vas bien là haut ?

là tout seul
ce lit froid, juste une passerelle
salut Daniel
tes cris se sont fondus aux miens mais la bouteille s’est cassée, même incompréhension même solitude, les vagues nous balancent leur écume d’égoïsme et l’on fend le flot sans savoir ou l’on va, oui la vie ne nous apprend rien, juste à s’y faire, planter là et s’adapter avec patience et aveuglement, mutisme et lucidité, ou sont les bons et les méchants ? dans l’assiette, restants d’excès, miettes larvées d’écoeurement, c’est supportable là haut ?

là tout seul
cet encrier tari, juste un manque
salut Claude
tes mots m’agrippent, ma ville n’est pas de pierres roses mais sa banlieue embrasse les favelas, sans la fête, sans les couleurs, et c’est bien un ring qui nous encercle, la brique  redessine l’horizon si loin du bleu lavande et du chant des grillons, juste une plume d’ange qui cherche à se poser, un sax qui traîne et mon assiette  soudain blanche, dis, on s’y fait là haut ?

là tout seul
avant que les doigts ne se figent, juste un sursaut
salut Edith
les mots n’osent venir, tu as tout dit, au fond de ton timbre, tout l’humain qui s’abreuve, méat avide, saignements d’amour piétinés sous la foule, l’hymne à l’ego s’enfle et se répand aux dédales de consciences asséchées, les amants se consument sous une lune souillée et les notes dépourvues se brisent aux matins froids, ils te laissent chanter là haut ?

là tout seul
l’assiette posée au sol, juste un chien qui s’approche…

Par daniel souhait - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires
Vendredi 13 juillet 2007 5 13 /07 /2007 22:48

souvent d’autres
font naître les mots comme on ne sait,
là devant l’illusoire câblé,
des survivances humaines qui caressent ou cognent,
juste des notes de tendre et d’intime
qui nous font tous affamés peut-être
et ce poème

Non, ne dis rien…
Le silence du matin
Est si doux

Ne dis rien…
Faisons comme si demain
C’était nous

Non, rêve encore…
Les voleurs, les casse-cous
Sont partout

Rêve encore…
Oublions que le monde est fou
Au dehors

Laissons le temps passer
Sans s’en préoccuper,
Le monde tournera quand même
Autour de lui-même
Toujours…

Non, ne dis rien…
L’inconscience du matin
Est sur nous

Ne dis rien…
Restons là loin des destins
Qui se jouent

Non, dors encore…
Les ailleurs, les « gâche-tout »
Sont si forts

Dors encore…
Oublions les châteaux-forts
Et les loups

Laissons le temps passer
Sans s’en préoccuper,
Le monde tournera quand même
Autour de lui-même
Toujours…

merci floryane
laissez-vous emmener aux chuchotements de son espace

Par daniel souhait - Publié dans : cris de coeur - Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Lundi 9 juillet 2007 1 09 /07 /2007 21:54

je vous écris, je ne fais que constater votre présence
vous êtes si discrète, invisible dans vos actes
vous gérez l’humanité en quelque sorte,
les vases communicants de la vie
le sang que vous savez si bien ôter
ou tous ces maux malins qui rongent
et dont vous gérez si bien le déploiement
je dis, j ‘écris « si bien » comme un exorcisme
vous maîtrisez si bien le mal
celui des nuits de douleurs
murs blancs et qui résonnent
blouses blanches encore comme innocentes et sereines
préparation au grand éclair peut-être
mais vous êtes aussi au bout de la corde ou du canon
comme le fleuve
votre flux qui se nourrit de nous
je vous écris pour vous dire : mais qui vous guide ?
mon amie, petite bout de femme qui se balance au fond du jardin
mon ami, je l’ai accueilli lorsqu’il entrait au monde du travail
mais quels sont vos critères pour choisir telle ou tel
vous m’épargnez parce que j’ai tué et que je vous ai servi
je vous écris pour vous dire que je ne vous crains pas
juste la douleur qui vous précède parfois
et puis vous dire qu’un enfant bombe
pourquoi ça existe, vous n’avez pas honte ?
je sais, c’est vrai que vous n’avez rien à inventer
nos consciences sont si prolifiques
vous n’avez qu’à vous servir dans le sournois et l’ignoble
même pas au fond de nos âmes noircies
juste une caresse ou un baiser
je vous écris pour vous dire que je sais notre rendez-vous
épargnez-moi la souffrance
j'ignore si je rejoindrais ces absents qui m’affectent
et ce que vous m’offrirez
je vous écris madame, sans prononcer votre nom
vous avez la fierté de la certitude et de l’irrémédiable
vous n’êtes que patience et joueuse
et nous
juste des pions qui attendent votre bon vouloir
…………….. …. .

Par daniel souhait - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires

le temps qui passe

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votre présence

fouiller en ce lieu

des mots qui dénotent

des mots pour dire, rêver

des mots esquisse

des mots espoirs

des pages à tourner

entre nous

voyages immobiles  

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés, 

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants, ,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotant,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

aussi ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

me penche vers l'onde et m'y abreuve... 
nous sommes debout ?
 

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