dans l'armoire

sommes-nous ?

si tu ne hurles pas

personne ne croira

que tu as mal

 

 

 

 

 


quelques images

doucement ouvrir...

...l'espace de ce lieu,
de l'amour :
viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs :
la louve, Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent :
tout seul, matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades :
une rencontre, un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique :
lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe :
montségur, enfants du pire, jungle de sang,

entrez, vous êtes ici chez vous...


-------------------- 

Mardi 31 janvier 2006

aujourd’hui prison de Clairvaux

enfermés dans 9 m², la tête dans les chiottes

condamnés à perpétuité

ils sont 10 à ne plus vouloir survivre

l’inconnu d’une mort éventuelle ne peut qu’être mieux

que ce présent qu’ils dénoncent

cette torture quotidienne

d’humiliation, d’anéantissement

et tout ce que l’on ne sait pas…

oui il y a eu des victimes

mais en quoi annihiler l’autre peut les apaiser

et rendront-ils les souffrances endurées

aujourd’hui prison de Clairvaux

c’est la première fois sur la planète

10 détenus ont demandé

à mourir plutôt que d’endurer

cette vie de mur

parfois ce n’est plus justice

cela devient acharnement

j’ai honte

de cette perte d’humanité

de cet oubli de l’homme
par daniel souhait publié dans : politique
Lundi 30 janvier 2006

douce sirène
enfant phosphore toute habillée d’abysses
ton vol transparent
en tournoiements confus
m’hypnotise et me charme
ton chant d'éventail
m’enveloppe me réchauffe
tes mots
petits cristaux fiévreux
d’âme et de caresses
m’ornent de faisceaux
d’illusions frissonnantes

petite nymphe
enfant bleutée toute engourdie de l’onde
ton ballet de dentelles
m’entraîne et me susurre
tes mots
perles d’être
méandres sucrés
se glissent en mon sein
me nourrissent et m’abreuvent
pansent mes fêlures

tendre fée
enfant laiteuse toute nimbée de lune
ton étreinte diffuse
me pare jusqu’aux confins
d’un voile de sourires
tes mots
battements de vie
sont des mains qui m’enserrent
me portent hors la nuit
me chuchotent l’infini
comme le chant des sirènes

par daniel souhait publié dans : poésie
Dimanche 29 janvier 2006

là, le carnet, les notes

déjà dans les yeux

ce bateau, cet avion, cette route

y’a peut-être un ailleurs

cette boule bleue qui tourne

qui garde tant de richesses

tant de misères

et puis l’envol, le départ

les frontières des hommes

les caprices du climat

les assises du sol

 

soudain enfant

la peur du dire, du manger

paupières démesurées

découvertes !

quelle palette, quelles offrandes

cette boule

boursouflée

nous donne

 

ce désert

d’assèchement et de sable

de moiteur et de jungle

de silence et de glace

 

ces peaux

fines et blafardes

épaisses et cuivrées

tendres et blanches

douces et lunaires

 

ces horizons

mouvants et noirs

ralentis de vert

figés d’or

immobiles et gris

 

ces mouvements

de la pierre à la flamme

de l’épée au canon

de la chair à la science

du nécessaire à l’argent

 

là, le carnet, les notes

et dans les yeux

ces chemins, ces visages, ces bâtis

y’a peut-être un ailleurs

cette boule bleue qui tourne

qui garde tant de richesses

tant de misères

reste l’envol,

toujours…

par daniel souhait publié dans : écriture
Samedi 28 janvier 2006

je glisse, 

change ma forme

 

et la transparence des pastels

qui me portent

m’imprègne et m’anime

 

je suis miroir

reflet de l’instant

et la pluie

qui me prend

me déposera plus forte

 

 

je glisse

suis source

scintillements de cascades

 

 

je suis ventre

mémoire

écharpe qui s’étire

de montagnes

en pistil

 

 

 

je glisse

me dépose à vos mains

vous emporte parfois

vous donne la vie

par daniel souhait publié dans : poésie
Vendredi 27 janvier 2006

corps ouverts

échancrés de pourpre

nuées de brume évanescentes

crachats de mort, vacarme

et cette boue

premier linceul

il se love, se terre

fuit ces regards

exorbités , figés

fracas d’absurde

débauches d’organes

ce fluide brûlant

qui s’échappe

qui le vide, le congédie

la plaine se calme

l’écho des râles

et l’odeur du sang

requiem funèbre

la nuit suce ses yeux

lui ôte la lumière

avant l’éblouissement

il flotte, dérive

autre frontière

que celle de hommes

et puis soudain

ce souffle chaud

caresses humides

haleine canine

dernière vision

et leurs substances de vie

offrandes partagées

au dégoût de l’humain

Jeudi 26 janvier 2006

un soir, un clavier

et puis comme une tablée

silencieuse mais tellement criarde

les yeux ouverts

reflets bleus

tous ces mots, ces émotions

ces rencontres, ces découvertes

fils tissés

pétales de cœur

sur l’écran

au bout des doigts

merci à vous, invisibles compagnons

Lundi 23 janvier 2006

ce n’est pas d’une grande romancière dont je voudrais vous parler

non, plutôt de quelqu’un qui m’accompagne depuis si longtemps

vous savez lorsque le livre s’achève et que l’on traîne pour finir les dernières pages, dans l’appréhension du vide que laisse l’ouvrage une fois refermé

j’écris c’est mon immense consolation glacée

au fil de son œuvre sa présence s’est immiscée là dans un petit creux au fond de mon cœur

et souvent me reviennent des mots, des impressions décrites au délié de sa plume

Françoise est femme, mère, amante, soignante, sensuelle…

parlez d’un auteur, c’est blablater sur ses livres, ce sont de sempiternelles analyses lénifiantes voire trompeuses bien souvent et si loin de la sensibilité du cœur et de la perception

Françoise m’a pris la main alors que je ne l’ai jamais vu, j’ai serré ses livres contre mes yeux, jamais autant de partages ressentis

un jour mon fils devait lire à haute voix le texte de son choix, nous en avons parlé et je lui ai proposé les lignes suivantes, il m’a dit

- non y vont rigoler, mais je le sentais partant et face à sa classe, lui plutôt au fond, il a dit :

- c’est l’histoire d’une femme grosse, rejetée, seule et de son voisin qui va mourir plus vieux et tout aussi seul, il lui demande un dernier vœu

et il a lu :

montre-moi tes seins…

laisse-moi te regarder ! et Céline se découvre dans les yeux d’Anatolis. Elle voit couler ses larmes. M’accompagneras-tu Céline, m’accompagneras-tu ? Oseras-tu Céline ?

Alors elle sait lui donner le souffle des amantes au grand cœur…

Elle tient l’homme comme on tient l’enfant brûlant de fièvre Elle le tient au creux de son ventre. Elle le regarde mourir…Cavalière nue sans arme, sans monture, elle le hisse jusqu’à sa poitrine. Il cherche son sein comme un nouveau né trop tôt vieilli. Comme un enfant taciturne. L’amour qu’on vit n’est jamais celui qu’on attend. Elle lui récite les claires ténèbres. Le lait de l’absence…

et dans la classe, y’a personne qu’a rigolé et le débat qui a suivi était des plus prenants

un jour, j’ai écris un livre et je n’ai pu m’empêcher d’y emmener Françoise, elle étayait, éclairait mon récit, ses mots disaient tant de similitudes et tellement mieux et un soir devant le clavier, j’vous dis pas l’émotion, je lui ai envoyé quelques mots avec mon livre

je touche sa lettre en vous écrivant, il n’y a pas de secret, laissez-moi partager avec vous

je suis vraiment très touchée par votre livre, touchée aussi à l’idée de ces quelques phrases écrites il y a longtemps et dont vous parsemez le livre comme autant de cailloux blancs…

peut-être les mêmes cailloux blancs que ceux qu'elle m'aura laissé au fil de ses écrits 

oui quelqu’un qui m’accompagne depuis si longtemps, lorsque mes pas font craquer les feuilles dans les allées, le délice des peaux, les souffrances de l’absence, le cri d’un enfant,

cet arbre que l’on étreint, le froid

écoutez, vous voulez ?

Ne te laisse pas voler la force d’aimer.

J’invente que tu existes pour ne pas mourir.

Comment les choses se minent-elles, comment le sable s’enfuit-il de nos pieds ?

le dernier livre de Françoise s’appelle : Se perdre avec les ombres

extrait de la quatrième de couv :

En m’éloignant de la maison j’aurais voulu effacer de ma mémoire l’amour et le sentiment maternel. Tout ce qui a gouverné ma vie, raflé mon temps. Oublier les jours, les années à aimer, écrire, veiller comme la sentinelle que je n’ai jamais cessé d’être. Comment retrouver la clé d’un royaume perdu ? Il suffit d’une chambre de hasard, de la flamme d’une chandelle, d’un chagrin vieux comme le monde. Ecrire devient le dernier refuge. Le dernier lien. Vieillir. Ecrire. C’est pareil. C’est ramasser le petit bois mort de la vie pour en faire un livre.

Mais le livre le plus lumineux, ne serait-ce pas celui dont on laisse les mots défiler et qu’on écrira jamais ?

oui quelqu’un qui m’accompagne, Françoise c’est le cri de l’amour avide, étouffé, du désir, déchu, c’est l’enfance ventouse, une odeur de confiture, le néon blafard d’un hôtel au fond d’une impasse

nous reviendrons la voir, d’accord ?

son œuvre est remplie, laissez-moi vous conseiller : L’or des chambres, Mortel azur, Le bout du compte, Le petit prince cannibale, La grosse, Se perdre avec les ombres,…

d’autres aussi sont tombés sous le charme, Pierre Perrin qui signe « Les caresses de l’absence » une rencontre toute vraie avec l’univers de Françoise et puis aussi Sabine Bourgois qui d’une lettre à l’auteur en fera un livre d’amour « une autre que moi » 

Dimanche 22 janvier 2006

un bisou

comme ça

à tous les enfants du monde

 

 aux berceaux de dentelles

aux feuilles tissées

aux couvertures sales

à ceux de l’école

à ceux de la rue

et ceux qui triment

aux goûters de cinq heures

aux poubelles fouillées

à la main tendue

un bisou

comme ça

aux enfants de la guerre

aux jambes de béquilles

aux sans maman

ni papa

les sans refuge

et ceux perdus

arme au poing

prêts à tirer

un bisou

comme ça

aux enfants du "plaisir"

corps vendus

torturés

témoins tatoués

de l’horrible humain

 

 un bisou

comme ça

à tous les enfants du monde

(cet écrit est une réaction au texte :

ou étions-nous)

par daniel publié dans : poésie
Dimanche 22 janvier 2006

parmi les mots que je laisserai pour ceux dans la salle qui attendent,

oui c'est tabou,

c'est égo, dira-t-on mais c'est universel, faut bien en parler,

on est tous les mêmes

ces mots écrits, récités, en souvenir,

dernière présence

il y en a qui ressemblent exactement à ça : dernier souffle

merci luc

Samedi 21 janvier 2006

je parle tout seul

peut-être pour palier l’absence

je m’engueule, me sermonne

les mains dans l’évier

la vaisselle à finir

je parle tout seul

des fois même dans la rue

et les gens me regardent

drôles, compassionnels

je parle tout seul

gouttes blanchâtres

à rêver un amour

assis, animal

revers de porcelaine

je parle tout seul

je crois à des choses

pouvez même pas savoir

même si c’est pas vrai

c’est bon quand même

je parle tout seul

et suis pas toujours d’accord

avec moi même

ce que j’espère

des qui disent que c’est impensable

c’est de l’amour

partout

de l’amour

je parle tout seul

les mains aux dossiers

le boss qui observe

la banque avide

l’épicier soupçonneux

je parle tout seul

le matin au miroir

la peau qui craquelle

et le bras dans la nuit

qui se tend et tâtonne

je parle tout seul

l’autre qui s’endort

aux vagues de coton

le corps qu’on replie

comme un besoin foetal

par daniel publié dans : poésie

le temps

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