dans l'armoire

sommes-nous ?

si tu ne hurles pas

personne ne croira

que tu as mal

 

 

 

 

 


quelques images

doucement ouvrir...

...l'espace de ce lieu,
de l'amour :
viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs :
la louve, Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent :
tout seul, matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades :
une rencontre, un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique :
lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe :
montségur, enfants du pire, jungle de sang,

entrez, vous êtes ici chez vous...


-------------------- 

Vendredi 24 février 2006

debout, les mains dans le vide

regarder les ruines, les lambeaux, les fragments que les flammes et fumées dévoreuses ont bien voulu nous laisser,

emmenés les traces, les œuvres créées, les images et le toucher, enlevés une nuit d’apocalypse de feu et d’eau, dans les halots des projecteurs et lances, l’âme et le bâti en volutes insoutenables

deux êtres partis déjà et leurs laissés non récoltés à temps maintenant en boue grise et puante

toutes ces déchirures agonisantes qui jonchent le sol

ces actes d’amour et de patience, de tourmentes et de rires

une neige fondue s’invite à ce banquet du diable, trop tard pour cacher ces débris éventrés vomissant de vapeur, peut-être les larmes du ciel, édredon sur destruction

et le lendemain, crachin verglacé

morceaux de papier qui volettent

meubles épars, fracassés

alors dans ce désert de souffrances, morcelé, anéanti

les pieds dans l’eau

j’erre, larmes figées de froid

ou êtes-vous mes aimés, mes créateurs ?

toi, ouvrier inventeur, cadre marginal qui ne joue pas le jeu

qui vole dans les airs, qui construit

et toi, écrivaine tellement imprégnée d’utopie

que le réel t’es trop dur, le cœur à fleur de peau

je porte, je ramasse, je sauve

de ce cloaque morne et accablant

à ce moment les idéaux, les théories, les concepts sont bien loin

il ne reste que l’être

face à lui même

ces relents nauséabonds de feu mouillé

ces pas qui piétinent les existences

des souvenirs naissants

et le froid de l’absence

c’est quand les yeux terrassés de sommeil peinent à se fermer quand les mains serrent l’oreiller faute de peau que la nuit est la nuit, c’est là que le poids du manque, du vécu prend sa valeur, ces dîners sous le feuillage, ces noëls émerveillés, ces blessures soignées

debout, les mains qui suintent de noir

les yeux tellement rouges si loin du bleu offert

vous comme jamais

même si ce jour toutes traces de votre présence se sont estompées

murs béants, poutres de suie, squelette rongé

les âmes déjà se faufilent au travers ces vestiges désormais éteints

envie de se coucher sur ce sol détrempé

au milieu des gravats

faire corps avec la terre, l’eau, le feu

admettre le tout

admettre que désormais

ne reste que la part du cœur, du souvenir

au milieu du magma quelques cahiers parcheminés, quelques outils

cendres et neiges qui se confondent

aube noire

par daniel souhait publié dans : écriture
Jeudi 16 février 2006

ma belle

mon errance douce

toute en courbes

en voyages frémissants

en spasmes intérieurs

et si lumineux

mon onde mouvante

ton corps

tellement, tellement

ma perte

mon éclat, mon tout

donne encore

viens sur moi

fais moi l’amour

pendant qu’il en est temps

j’ai des cris

dans le ventre

tu partiras

je le sais

tous on part

c’est le temps qui décide

viens encore

enserres moi

c’est toi qui me porte

tous ces voyages

rochers, déchirés de vents

bouches humides sous la couette

les murs ton image

et là

tout ce blanc

ton vide

nous deux toujours

mais autre

ma belle

nous sommes tous

en errance

il y a d’autres temps

d’autres voyages

et les marques du souvenir

par daniel souhait publié dans : poésie
Mercredi 15 février 2006

les draps sont fardeau

plus que la tête

le corps émerge

corps opprimé

de temps d’absence

j’avais peur dans le préau

il voulait me casser la gueule

j’me cachais derrière le muret des chiottes

on va l’butter le rebelle

reprendre le bus

pour une autre austérité

mais t’étais là…

il me tenait par les cheveux

prof de physique

l’escalier du bahut

et mon frère en face

- tu vois, tu seras jamais comme lui,

t’es trop nul

voué à l’échec, soudain

une marque sur les fesses

le début de la solitude

mais t’étais là…

ils se sont amusés

ces guignols uniformisés

ils m’ont rasé la moitié du crâne

et ont ri des heures

de ce demi visage

je servais la nation

je devais être un homme

prison militaire

pour refus de saluer

mais t’étais là…

et puis,

la peau aux fibres de la nuit

les tripes au bout des doigts

l’autre, l’amour

l’être qui strie le cœur

le ronge après l’avoir nourri

le façonne

tatoue les extases et les regards

l’éternel partir

fais le en mémoire, n’oublies rien

on sait bien la chute

mais t’étais là…

c’est l’image qui dirige

désormais

le sang sur l’écran ne nous atteint pas

la guerre comme fiction

pense à sauvegarder

n’importe de ce que t’as, on sait jamais

bouffer de la notion faisandée

relents de dogmes tachés

sur fond de tirs urbains

et d’humanisme voyeur

les dieux snipers

et les hommes orgueilleux

mais t’étais là…

j’éteins la lumière

j’vais me recroqueviller

au fond du drap

ça se bouscule là dedans

ça fout les boules et le vertige

et aussi la honte

même les moutons à compter

sont malades

ils sont ou tes yeux

dis ils sont ou ?

tu vois

au miroir,

je mets ma main

sur le reflet

il me paraît tellement

plus vrai…

mais es-tu là ?
par daniel souhait publié dans : écriture
Samedi 11 février 2006

s’attarder sur des êtres,

mais oui quand ils nous apprennent

nous font réfléchir

au delà des philosophies et du nombrilisme

mais de notre temps

et avec nos cœurs de maintenant

voilà

au début c’était un  livre que j’avais lu, il s’appelle :

"Une fièvre impossible à négocier" 

un constat, une révolte

grandir, dans un squat,

les rencontres, les peurs, les galères

pas très français, pas très friqués

«Le squat s'est fait vider, un matin. Les carreaux se sont effondrés, le GIGN est entré par les fenêtres, les portes, arme au poing. C'est très triste de se réveiller avec un revolver sur la tête et ses affaires déchiquetées, quand on a juste voulu fédérer des envies enroulées dans des duvets. Ce lieu commençait tout juste à être célèbre pour la réussite du mélange, l'ambiance.»

Lola, elle est de l’Est, ça se lit ça s’écoute, mais ce qu’elle voit et crie appartient à l’humanité, à ceux qui dénoncent ces voyages retours, ces femmes torturées, cet ordre répressif et violent, et puis le temps qui passe, l’enfance et l’adulte

A quel âge
Il faut savoir comment faire quoi

Il y a plein de gens qui ont le même âge que moi
Et qui savent pas comment faire quoi

L’avenir a pas de futur immédiat
Ce qui fait que l’âge c’est l’espace qui s’entasse
Et tôt ou tard faut savoir comment faire quoi

Tout ça s'additionne et ça m'divise moi  

Lola elle dit l’horreur du viol, l’intolérance et la mort, la fragilité de l’homme, mais elle rêve aussi Lola et elle nous emmène

Je suis venue te proposer
De tout refaire
Au lieu de dire tellement de conneries
On ferait mieux de les faire

Je suis venue pour t'expliquer
Que le temps passera
Devant chez toi, voilà
Il ne te regardera pas autant que moi

 

 

 

 

   voilà

on se voit

 

 

grandir à l’envers de rien

 

du canif

qui laisse son témoignage

sur la table d’école

à la révolte sourde et ce sang sur la chaussée

au conformisme

de ces révoltés devenus encravatés

de ces puissants étrangers

et du quotidien qui ronge

Lola elle a une voix

elle vous prend avec ce rythme

guitare, accordéon et chuchotements

cette émotion

qui fait la peau frémir

et l’œil lourd

je suis debout

je suis vivante

je reste debout devant ce qui me détruit

et je ne meurs pas

parce que

ce n’était que ma peur

cette idée dans ma tête

qui m’empêchait de me lever

ce n’était rien du tout

des ombres des fantômes

et les fantômes n’existent pas

Lola, elle me fait encore espérer

en l’homme

et tomber sous le sens

s’allonger dans le silence

grandir

à l’envers de rien

rien, rien…

par daniel souhait publié dans : cris de coeur
Vendredi 10 février 2006

café tiède,

lentilles de pain dérivantes sur fond noir

petites rigoles translucides qui serpentent au carreau

une aube sale et traînante

sur le divan un tricot écartelé, une écharpe en boule

un livre entrouvert

lavabo

peau blafarde

et des yeux trop rouges

au renvoi du miroir

filet de sang

à la gueule du robinet

crachat de dégoût

dilué au savon

ce silence de morgue

échos livides aux parois du logis

devenu prison

les gestes mécaniques

ranger le bol et le pain

éteindre la lumière, fermer la porte à clé

ne pas regarder

ce lit trop bien bordé

dehors ronronnements sourds

la cité s’ébroue

se retrouver aux autres, ne rien montrer

lassitude au fond du mouchoir

et refus étouffés

un sourire, un mot doux

un fragment de voix

une fleur entrouverte

chercher, attendre

juste un signal

par daniel souhait publié dans : écriture
Jeudi 9 février 2006

maman, c’est toi la première qui m’a parlé d’Oscar, tu t’en rappelles toi, tu n’as pas les mêmes souvenirs que moi, c’était le maréchal-ferrant au village celui qui bichonnait les sabots de ces fiers animaux sans qui l’homme ne pouvait travailler

quand il passait au travers les rues, dressé sur sa monture, tu allais ramasser les crottes, c’était du bon humus pour la terre, tu l’admirais, nul dans le bourg n’avait son pareil pour apprivoiser les chevaux et il était fier de cette complicité avec la bête

tu l’aimais bien Oscar, tu l’as vu se marier avec Joséphine et t’as même connu les deux progénitures qu’ils ont eu

l’un est parti au loin, l’autre est restée au village

elle s’appelait Micheline, elle s’est mariée et a eu deux enfants

et puis la vie, le temps, ont brisé leur couple, Oscar a occupé la maison en face de Micheline et Joséphine est venue rejoindre sa fille

en campagne c’était comme ça, on abandonne pas la matrone et Oscar a vécu en face, de l’autre coté de la rue, juste une annexe de la grange ou il s’était aménagé un couchoir et une cuisine, ces hommes là vivaient de rien

et Micheline s’est mariée à son tour, elle a eu ses enfants

et un jour, tu n’étais plus là maman et moi j’étais pas encore voisin, le mari de Micheline s’est pendu, dans la grange, pour d'obscures raisons, là, juste à coté du taudis d’Oscar

et lui le patriarche, il a rien dit, il disait jamais rien, tout seul avec son bâtard de chien malade à sentir l’age lui enlever la sève qui l’avait toujours nourri

et puis moi, je suis devenu voisin, j’ai construit ma maison à coté de Micheline et d’Oscar même que son chien à Oscar il me faisait toujours la fête, il m’aimait bien je crois

j’ai connu les enfants de Micheline, un gars, une fille

la fille, elle est partie s’installer ailleurs quand elle a trouvé son homme et le fils il est resté au foyer maternel et lui aussi un jour il a ramené sa petite amie

alors Micheline, elle a dit, attends on va agrandir la maison d’Oscar comme ça tu pourras l’habiter avec ta fiancée

et on a fait venir les maçons, on a rien demandé à Oscar et on s’est implanté chez lui

et moi le soir quand je rentrais du boulot, je m’arrêtais pour discuter avec lui et caresser son chien et je le voyais bien, diminuer de jour en jour, me raconter qu’il n’était plus dans sa maison qu’il ne savait plus bien pourquoi il était encore là puisqu’on ne le voyait plus

son modeste lavabo avait été transformé en salle de bain et quand il y allait, il ramassait des culottes et des serviettes périodiques,

à table on mangeait sans se soucier de sa présence mais on savait bien lui laisser les tâches pénibles, rentrer le bois, ramasser les feuilles, abreuver l’âtre ou bien retourner la terre dans le potager

et puis un soir, j’ai pas vu Oscar ni son chien et Micheline sa fille est venue me voir à la tombée de la nuit, elle ne pleurait pas mais semblait affectée

Oscar, il s’était pendu lui aussi à la même poutre de la grange

et cinq jours plus tard son chien mourrait de faim devant sa tombe

depuis je suis parti, je ne mets plus les pieds dans ce village maudit

on peut tuer à petit feu, sans haine

juste avec de l’indifférence

puisse ce texte lui rendre hommage et perpétuer sa mémoire
par daniel souhait publié dans : écriture
Jeudi 9 février 2006

les sophoras dansaient sur l’onde frissonnante du fleuve

la moiteur faisait luire les peaux

et les guirlandes colorées des échoppes nocturnes

donnaient aux visages des reflets nacrés

sur le banc, je restais muet à contempler les grands stupas

posés sur les flancs oppressés de verdure des collines environnantes

c’est sur, Bouddha avait posé un doigt sur moi en cet instant de plénitude et de détachement

- tu veux un massage ?

elle était là, furtive dans l’ombre, agenouillée près du banc,

féline et sensuelle

ses cheveux d’encre comme des lianes inondant ses épaules

devant mon silence, elle vint s’asseoir près de moi

et sans mot dire glissa sa main en la mienne

deux enfants, deux cultures, deux solitudes

- tu es « farang » (1), n’est-ce pas et moi je suis Karen, je viens de la frontière birmane, je me suis sauvée quand mon père a voulu me vendre, je ne veux pas finir dans un go-go bar sous les yeux malsains de quelques américains ou allemands gorgés de whisky

je la regardais, ému, troublé,

elle paraissait si fragile et pourtant si forte de tant de souffrances et de pauvreté,

fuir la guérilla, fuir le marché des corps, fuir les heures infinies, dos courbé engluée de boue à repiquer le riz ou porter le bois

- viens !

je la suivis sans question, sans curiosité comme confiant

près du marché nous avons mangé un peu de riz gluant et quelques poissons séchés

de ce fourmillement nocturne s’échappaient des effluves d’épices et d’encens

mais pourquoi ces regards froissés à son encontre ?

j’ai repris mon sac à l’auberge et je me suis laissé entraîné

un touk-touk (2) nous a emmené à la périphérie de la ville loin du bruit et du béton

là ou l’eau remplace la route, ou le bambou et l’osier font office d’habitat

là ou la misère s’étend et prolifère

- je m’appelle Sao

elle semblait flotter, elle sautait de ponts en passerelles alors que j’essayais en vain de traverser ces obstacles liquides avec la peur au ventre de tomber dans cette eau croupissante et nauséabonde

la nuit était trouée de halots troubles dégagés par les bougies ou lampes à pétrole, et ce dédale de planches branlantes nous amène enfin chez elle

trois mètres carrés, sur des pilotis vacillants, les murs en osier tressé fins comme des parchemins et le coassement incessant des crapauds

elle s’est agenouillée, m’a offert l’unique couverture qu’elle avait et là jusqu’aux prémices de cette aube mordorée nous avons parlé, chuchoté, rêvé

l’échancrure de sa chemise laissait deviner la courbe brune de ses seins et une de ses jambes dépassait de son sarong tout de couleurs

oui elle était belle avec au fond des yeux cette tristesse fataliste de ceux qui ont vu et subi tant de combats

Sao, j’ai partagé quelques jours dans ce cloaque de misère et pourtant si plein d’enseignements, de leçons de vie, j’ai croqué la mangue au petit matin, t’ai vu te laver dans cette eau trouble et soigner ta peau de cette poudre blanche sensée te guérir, je t’ai vu m’offrir tout, c’était rien, tu n’avais rien, tes robes accrochées dans cette case aux relents de marécages et d’encens, les voisins aux yeux plein de gentillesse et de reconnaissance m’offrir une écrevisse vivante dont je ne savais quoi faire, un étranger sans appareil photo, juste un carnet et un magnéto

souvent quand la chaleur commençait à s’étirer nous buvions un thé en croquant d’étranges galettes brunes

le matin et le soir aussi, tu t’agenouillais derrière moi et me peignais les cheveux longuement

aucune femme ne me l’avait fait

mais pourquoi ces regards froissés à son encontre ?

un soir, une vieille toute de cuivre ridée aux stries épidermiques de sourires innées m’a bradé un dragon de cordes enchevêtrées et rigides

je t’ai regardé, j’ai dit je vais l’appeler Sao, comme toi, doux et fragile mais avec tant de défenses, de crocs hérissés  et de frissons tendus

oui tu étais deux

mon désir de te regarder, mon admiration platonique étaient tellement au-delà

ce soir là est venu, il fallait que je reparte, la dernière nuit à l’hôtel, me laver ôter de ma peau cette poisseur surannée

- viens

l’eau crépite derrière le rideau de plastique et c’est elle qui a peur, qui lâche ma main, il n’est plus le ronronnement raisonnant des crapauds, nous deux assis à contempler les ombres tremblantes de la foret sur l’onde glauque et figée

et puis le temps du désir

la découverte, le refus volontaire et partagé

toi, douce, tendre et attentive, c’est ton mélange d’homme et de femme qui te rends si parfaite qui me fait n’avoir jamais été aussi bien

on se regarde, on se sourit, on s’embrasse toute la beauté impossible de nous deux aux abysses de nos yeux

tu m’as brossé les cheveux ce dernier matin, tu as même voulu porter mon sac,

les vitres du train ont pleuré, elles sont toutes marbrées, une dernière fois qui défile, la jungle, les rizières, ces maisons de paille qui surplombent ces grands miroirs d’eau

je serre mon dragon de laine, je t’emmène Sao, on ne meurt pas chez toi on se réincarne, je te retrouverai

j’ai effacé de l’histoire mes flashes de mékong (3) et tes tubes de colle éventrées, j’ai enlevé mes tremblements et tes poumons qui saignent, j’ai gardé le goût des ananas et de tes lèvres, de ta main dans mes cheveux et la mienne aux vagues de tes hanches

le fleuve continuera de couler sous les sophoras

et l’image d’un banc sur la berge qui ondule

porte le souvenir, le temps et des pétales de cœur… 

 

(1)   français

(2)   tricycle motorisé faisant office de taxi

(3)   whisky local

par daniel souhait publié dans : voyages
Jeudi 9 février 2006

comme un enfant

je dessinais sur la buée du carreau

des visages

des soleils

et je riais des yeux de l’autre

au travers la vitre

comme un grand

je laissais des mots

sur le blanc de l’écran

des mots noirs, des mots bleus

et j’exultais

des traces numériques

que m’offrait l’autre

et promeneur

à mon tour

j’allais me nourrir de dessins ,

de mots

des mots noirs, des mots bleus

de rêves offerts

bouquets de cœur

aujourd’hui

sur cette toile invisible

tissée de tellement d’appels

de partages anonymes

un fil semble se détacher

j’aimais tellement m’y accrocher

y puiser du beau

du simple, de la quiétude

 

merci, Viviane

pour ces heures à te lire

à me perdre

dans les limbes

de tes errances poétiques

par daniel souhait publié dans : cris de coeur
Jeudi 9 février 2006

l'absence, toujours, trop...

merci baramine

par daniel souhait publié dans : écriture
Vendredi 3 février 2006

L’étranger

 

- Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?

- Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.

- Tes amis ?

- Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.

- Ta patrie ?

- J’ignore sous quelle latitude elle est située.

- La beauté ?

- Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.

- L’or ?

- Je le hais comme vous haïssez Dieu.

- Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?

- J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… les merveilleux nuages !

 

Charles Baudelaire
par daniel souhait publié dans : poésie

le temps

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