dans l'armoire

sommes-nous ?

si tu ne hurles pas

personne ne croira

que tu as mal

 

 

 

 

 


quelques images

doucement ouvrir...

...l'espace de ce lieu,
de l'amour :
viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs :
la louve, Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent :
tout seul, matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades :
une rencontre, un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique :
lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe :
montségur, enfants du pire, jungle de sang,

entrez, vous êtes ici chez vous...


-------------------- 

Samedi 18 mars 2006

je la connais bien cette plaine picarde

terre de labour, de clochers et de bois

ici lorsque l’on ouvre le sillon c’est la mort qu’on y trouve

Beaumont-Hamel, Albert, Péronne et plus loin encore vers l’est

la charrue souvent bute ou fait ressurgir l’horreur du passé

obus d’ypérite encore tout chargés de leur venin, plaques militaires dernières traces du martyr subi, fusils rongés de rouille, grenades latentes

ici mes grands-pères ont donné de leur sang, les monuments aux morts sont patrimoine, anglais, sénégalais, chinois, canadiens viennent s’y recueillir

l’emblème de cet horizon si chargé d’absurde et d’histoire est le coquelicot, la seule plante ayant résisté au déluge de métal, de chair et de destruction

 

Sur le terrain vague, sale et malade, ou de l’herbe desséchée s’envase dans du cirage, s’alignent des morts. On les transporte là lorsqu’on en a vidé les tranchées ou la plaine, pendant la nuit. Ils attendent – quelques uns depuis longtemps – d’être nocturnement amenés aux cimetières de l’arrière. On s’approche d’eux doucement. Ils sont serrés les uns contre les autres ; chacun ébauche avec les bras ou  les jambes un geste pétrifié d’agonie différent. (*)

 

le vent fait se plier les blés et les maïs comme une métaphore du temps

ils ne sont plus que cinq, témoins vivants de ce déluge de mort

cinq survivants, les yeux, le corps et le cœur toujours tatoués de déchirure, de douleurs et d’images terrifiantes

que pouvons-nous entrevoir de ces victimes anonymes, de ces gueules cassées, de ceux tués sciemment par l’ordre établi pour refus de combattre ?

 

Nous sommes là, tous les deux, cet homme et moi, à nous rapprocher et nous heurter sans nous connaître, montrés puis interceptés l’un à l’autre, en brusques à-coups par le reflet du canon ; nous sommes là, pressés par l’obscurité, au centre d’un cycle immense d’incendies qui paraissent et disparaissent, dans ce paysage de sabbat.

- On est maudits, dit l’homme. (*)

 

9 381 551 tués au combat, 23 148 975 victimes du carnage, la guerre des guerres, la Der des Der comme ils dirent, plus de 20 pays en conflit,

Messieurs, vous êtes les derniers savoirs d’un passé qui façonnera l’ère nouvelle, dans la tourmente et le feu, limites humaines, pouvoirs exacerbés, vos mains qui tremblent sont symbole de la fragilité de l’être et des aberrations qu’il porte, vos yeux le miroir de nos erreurs, votre voix l’écho du bruit des canons

je vous retrouve et vous lis au travers ces photos, ces carnets, ces lettres, vestiges échoués, échappés de nouveau à l’enfer des flammes

vous n’êtes plus que cinq

non vous êtes tellement nombreux…

 

(*) extrait du livre : Le feu / Henri Barbusse - 1916 

par daniel souhait publié dans : écriture
Jeudi 16 mars 2006

l’herbe défile et la carlingue s’ébroue,

l’œil alerte, horizon, cadrans et la main toute douce qui tire sur le manche, je tiens ignorant et fébrile la carte sur mes genoux, je suis fier, je m’envole, je quitte cette terre pour maîtriser l’apesanteur, et c’est toi qui pilote

l’ombre des héros qui t’ont nourri, Lindbergh et la traversée de l’Atlantique au travers le bruit et quelques centimètres carrés de vitre, Mermoz et l’Aéropostal, le début des longs courriers, faire parvenir des mots sur du papier, même ta petite amie fait ses albums pour ses rêves, les avions, ceux que tu vis tant de temps, longues traînées blanches de B 17 vers le front allemand,

gamin sous la guerre qui reproduit son désir par le métal et le bois, le papier et l’acétone, sous les ruines tout juste éteintes d’une Allemagne meurtrie, tu apprends l’ordre et choisis la mécanique de l’air,

te voilà à Rochefort, ta main glisse sur l’aile de l’animal, un Spitfire, certainement le plus bel appareil jamais conçu, beau et sensible, tu le démontes, le remontes, l’ombre des héros, toujours, Clostermann, Bader, Saint-Exupéry, drôle de prince, passion et cambouis

concentré mais heureux, tu amorces un virage serré et t’alignes sur l’axe des peupliers qui bordent ta demeure familiale, et là si près des cimes tu mets plein gaz, le bruit du moteur les fait sortir, le bleu azur comme cap, tu souris,

du passage de l’école au métier, tu perds l’aéronautique et découvres l’industriel et toujours pas pilote, Le Bourget, le cri rageur du Drakken, les bouquets d’escadrilles, te voilà muté de nouveau et soudain retraité, dans le sous-sol de la maison, des odeurs d’araldite, un fuselage de planeur comme un sous-marin blessé, tu le caresses, le soignes, tu sais le souffle de l’air saisir la moindre aspérité et c’est là enfin qu’après une vie dédiée à l’envol, brevet en main tu prends le tien

le vent harcèle la toile et la fait insoumise

je tire sur mes lignes, apprivoise l’appareil

je ne suis pas pilote

juste tes initiales sur mon cerf-volant

tu voles toujours, Pa…
par daniel souhait publié dans : écriture
Mardi 14 mars 2006

longer les murs, tituber de dégoût

attention les flics la bas, bon je suis plus tout jeune, j’aurai pas les mains dans le dos et la tête collée au capot, j’suis ni noir ni beur

et puis bon, il reste la justice non ?

couloir des pas perdus ( ?! )

le peace and love a laissé sa place au no futur puis au just do it

l’underground est mort

la régression s’accélère, quelle radio oserait encore passer le sketch Cohen et Bokassa d’Elie et Dieudonné, les derniers survivants de la critique acerbe sont morts et avec eux des pans entiers de liberté, plus de Brassens, Coluche, Desproges ou Gainsbourg

Bizot donne chez les bobos parisiens et on voudrait sournoisement ôter la parole à Karl Zéro, le seul journal d’actu non formaté

le rap, dernier soubresaut de révolte se voit banni des ondes on y préfère les bimbos clonées de la starac, Ferré, Trust, Tékielski au placard ! faut fermer ta gueule et rester politiquement correct

longer les murs, tituber de dégoût

fait gaffe à ce que t’écris sur ton blog, l’hébergeur a l’œil

droits de l’homme bafoués, policiers protégés, prisons surpeuplées le tout dénoncé par la Commission européenne, pas grave, il reste les non-lieux pour les « élites » de tous bords, casier judiciaire vierge pour embaucher une femme de ménage dans une école mais dirigeants baignés d’affaires, allez avale !

qui se souvient de Savan, torturé et tué comme le jeune Ilan il y a quelques semaines ? personne, aucun ministre ni association ne se sont indignés, il n’est pas juif, ni musulman juste quelqu’un comme nous, anonyme

la douleur doit varier au prorata du communautarisme

le quatrième pouvoir se plaint de la chute de ses ventes et audiences, normal, toujours le même discours sous un format différent, tu reprendras bien un peu de Sarko au dessert ?

non faut pas dire ça, on a nos intellectuels, Finkielkraut, Glucksmann, BHL, no comment

mais la relève sera assurée, on baisse l’age de l’apprentissage et du travail de nuit aux moins de 17 ans sans revaloriser les salaires

longer les murs, tituber de dégoût

cette sous-jacente tendance au totalitaire qui rampe et attend, politique ou religieuse

les rues sont pleines en ce moment, drapeaux rouges et noirs, jeunesse exsangue de toutes cultures politiques nourrie au portable et à la télé réalité, qu’en est-il de l’appel au vote ?

dormez tranquille, l’INSERM a fait un beau cadeau au ministre de l’intérieur, nos têtes blondes auront leur cahier comportemental dès 3 ans, même Huxley et Orwell n’y avaient pas pensé, tous délinquants !

reste l’économie, l’actionnaire ventru réjouis de l’adéquation licenciement / cotation

non dis pas ça, le monde n’est pas si noir

non il est blanc aussi, morceaux de banquise à la dérive, écrans masturbants du web, blouses médicales au Darfour ou en Irak, aveuglement de morts sous les flashes

oui, facile c’que tu dis, on fait quoi alors ? des prières, des tracts, des pavés ?

peut-être arrêter de longer les murs de tituber de dégoût,

croire en l’homme c’est encore possible ?

dis moi que c’est encore possible !…
par daniel souhait publié dans : politique
Dimanche 12 mars 2006

c’est aujourd’hui la grande journée de l’hypocrisie, celle ou l’on offre des fleurs dans les assemblées ou l’on affiche des visages sur les grilles des parlements ou l’on fait (encore !) de belles promesses

même les plus machos y vont de leurs discours mensongers et populistes

aujourd’hui c’est la journée de la femme 

dans ce marasme ambiant aux relents de misère et de fric ou la femme est voilée, brûlée, soumise, exploitée me vient le souvenir d’une grande combattante, bien loin d’être pute ou soumise bien loin d’être chienne de garde, non juste humaine, dressée sur les barricades ou croupissante dans une geôle calédonienne

cette femme qui refusant déjà la pensée unique créa ses propres écoles, fût toujours proche des déshérités et porte-parole du monde ouvrier et de la justice

laïque, indépendante et bien qu’on l’affublât d’anarchiste ou de communiste elle n’adhéra toute sa vie qu’à sa propre conscience

cette femme s’appelait Louise Michel

prenez le temps de lire cet extrait de « l’Ere nouvelle » publié en 1887 et tellement d’actualité

Ainsi souffle la brise matinière à la vermeille aurore du Monde nouveau.
Les religions et les États sont encore là, devant nos yeux, mais les cadavres n'ont-ils pas gardé l'apparence humaine quand on les ensevelit pour les confier à la terre ?
La pâleur, la rigidité des morts, l'odeur de la décomposition, n'indiquent-elles pas que tout est fini pour l'être qui a cessé de vivre ?
Cette pâleur, cette décomposition, la vieille société les a déjà dans les affres de son agonie.

Soyez tranquille, elle va finir.
Elle se meurt la vieille ogresse qui boit le sang humain depuis les commencements pour faire durer son existence maudite.
Ses provocations, ses cruautés incessantes, ses complots usés, tout cela n'y fera rien ; c'est l'hiver séculaire, il faut que ce monde maudit s'en aille : voici le printemps où la race humaine préparera le nid de ses petits, plus malheureux jusqu'à présent que ceux des bêtes.
Il faut bien qu'il meure ce vieux monde, puisque nul n'y est plus en sûreté, puisque l'instinct de conservation de la race s'éveille, et que chacun, pris d'inquiétude et ne respirant plus dans la ruine pestilentielle, jette un regard désespéré vers l'horizon.
On a brûlé les étapes ; hier encore, beaucoup croyaient tout cela solide ; aujourd'hui, personne autre que des dupes ou des fripons ne nie l'évidence des faits. -- La Révolution s'impose. L'intérêt de tous exige la fin du parasitisme.
Quand un essaim d'abeilles, pillé par les frelons, n'a plus de miel dans sa ruche, il fait une guerre à mort aux bandits avant de recommencer le travail.
Nous, nous parlementons avec les frelons humains, leur demandant humblement de laisser un peu de miel au fond de l'alvéole, afin que la ruche puisse recommencer à se remplir pour eux.
Les animaux s'unissent contre le danger commun ; les bœufs sauvages s'en vont par bandes chercher des pâtures plus fertiles : ensemble, ils font tête aux loups.
Les hommes, seuls, ne s'uniraient pas pour traverser l'époque terrible où nous sommes ! Serions-nous moins intelligents que la bête ?
Que fera-t-on des milliers et des milliers de travailleurs qui s'en vont affamés par les pays noirs dont ils ont déjà tiré tant de richesses pour leurs exploiteurs ?

La société humaine n'en a plus pour longtemps de ces guerres qui ne servent qu'à ses ennemis, ses maîtres : nul ne peut empêcher le soleil de demain de succéder à notre nuit.
Aujourd'hui nul homme ne peut vivre autrement que comme l'oiseau sur la branche, c'est-à-dire guetté par le chat ou le chasseur.
Les États eux-mêmes ont l'épée de Damoclès suspendue sur leur tête : la dette les ronge et l'emprunt qui les fait vivre s'use comme le reste.

La révolte ! c'est le soulèvement des consciences, c'est l'indignation, c'est la revendication des droits violés... Qui donc se révolte sans être lésé ?
Plus on aura pesé sur les misérables, plus la révolte sera terrible ; plus ceux qui gouvernent commettront de crimes, plus on verra clair enfin, et plus implacablement on fera justice...

Si l'amour de l'humanité est impuissant à faire sonner l'heure libératrice à l'Horloge fraternitaire -- heure où le crime n'aura plus de place -- l'indignation s'en chargera.

 

féministe avant l’heure, éclairée d’une utopie humanitaire inébranlable, elle refusera les discriminations, cette justice au service des pouvoirs, elle cherchera aussi sur le terrain de la psychiatrie avec toujours au cœur le besoin de transmettre et la notion d’égalité pour tous

déportée en Nouvelle Calédonie, elle dénoncera le colonialisme et se fera à nouveau enseignante auprès des indigènes

Verlaine la nommera « la presque Jeanne d’Arc » et Victor Hugo sera à ses cotés dans nombre de luttes

Louise, l’écorchée, la juste, qui répondra au Président du tribunal lors de son procès en 1871 :

« Si vous n'êtes pas des lâches, tuez-moi ! » 

Louise si tu pouvais revenir…  

"Ce n'est pas une miette de pain, c'est la moisson du monde entier qu'il faut à la race humaine, sans exploiteur et sans exploité."

"La tâche des instituteurs, ces obscurs soldats de la civilisation, est de donner au peuple les moyens intellectuels de se révolter."
(Louise Michel / 1830-1905 / Mémoires / 1886)

par daniel souhait publié dans : cris de coeur
Dimanche 12 mars 2006

s’asseoir, regarder le ciel

se laisser prendre d’une conscience universelle

se vouloir unité humaine nourrie de toutes diversités

élever le spirituel, individuel et communautaire

absoudre le lourd testament des politiques et des religions

devenir citoyen du monde

être libre, en mouvement avec la connaissance

ouvert à toute évolution qui serve l’homme 

 

le 28 février 1968, quelque part en plein désert au sud-est de l’inde plus de 5000 personnes sont rassemblées autour d’une étrange urne de marbre en forme de lotus et là sous les yeux de la Mère, les représentants de 124 nations vont déposer un peu de terre rapportée de leurs pays

le ville de l’aurore vient de naître

la Mère en est l’essence première

Mira Alfassa qu’Auroville appellera la Mère est née à Paris, grande voyageuse elle s’établira en Inde et deviendra disciple de Sri Aurobindo philosophe et homme politique dont elle créa par la suite un ashram à son nom

Mira rêve, elle veut créer une ville laboratoire ouverte au progrès mais aussi à l’individu, une ville de paix, de concorde, d’expressions artistiques, de liberté au dessus de toutes croyances, de toutes politiques et de toutes nationalités

en 1963 elle fait appel à un architecte français, Roger Anger pour lui modéliser ce que sera la cité de l’aurore puis viendra la recherche d’aides et d’autorisations diverses 

 

ce 28 février, la Mère est debout devant la foule et elle délivre le message et la charte d’Auroville :

Salut d’Auroville à tous les hommes de bonne volonté. Sont conviés ici ceux qui ont soif de progrès et aspirent à une vie plus haute et plus vraie. 

Voici la charte de la ville :

1 – Auroville n’appartient à personne en particulier. Auroville appartient à toute l’humanité dans son ensemble. Mais pour séjourner à Auroville il faut être le serviteur volontaire de la conscience Divine.

2 – Auroville sera le lieu de l’éducation perpétuelle, du progrès constant et d’une jeunesse qui ne vieillit point.

3 – Auroville veut être le pont entre le passé et l’avenir. Profitant de toutes les découvertes extérieures et intérieures, elle veut hardiment s’élancer vers les réalisations futures.

4 – Auroville sera le lieu de recherches matérielles et spirituelles pour donner un corps vivant à une unité humaine concrète.

 

là dans ce désert rouge accablé de chaleur, la ville-cellule, la ville-galaxie va grandir

sur une idée première de cercles concentriques, l’urbanisme va la façonner en spirales

la Mère s'est inspirée, comme modèle, du symbole représentant la puissance créatrice du Divin à l’œuvre dans la matière

 

 

 

le noyau de la cité s’appelle le Matrimandir, énorme sphère couverte de pétales dorées ou se trouve la chambre de méditation, grande salle de marbre blanc avec en son centre un lotus d’ou émerge une flamme symbolisant le pouvoir illuminateur de la conscience de Vérité

une zone de silence assez vaste, appelée le Parc de l'Unité, composé de douze jardins prolonge l'emplacement du sanctuaire

et la ville s’étale, elle va se fondre en quatre zones :

- la zone industrielle, petites fabriques, artisanats divers, ateliers de recherche, complexe agricole, la production doit se faire selon les besoins de la collectivité, la concurrence est proscrite et aucun droit n’est accordé au profit et à la surproduction

- la zone résidentielle devenue un melting-pot architectural ou l’on croise toutes sortes de constructions, de la hutte de paille traditionnelle aux villas écologiques et à la pointe du recyclage, ici règne l’imagination tant sur la conception que sur le matériau

- la zone culturelle, qui se voudrait aux travers diverses académies, reflet de l’innovation scientifique et artistique complétée d’installations sportives

ici artistes et chercheurs ne doivent pas tendre aux avantages personnels ni subir de contraintes extérieures économiques ou politiques juste servir la communauté humaine

- la zone internationale, offrant via de nombreux pavillons la diversité de tous les pays, culturelle, linguistique, intellectuelle, traditionnelle

et puis comme pour ceinturer, protéger ce paradis utopique, cette vision sublime du genre humain, Auroville s’entoure d’une immense couronne de verdure, des milliers d’arbres ont été planté, la terre se verdit, la faune revient, l’écosystème renaît

 

Auroville traverse le temps

en 1966 la Mère obtient le soutien de l’UNESCO et l’aval du gouvernement indien sur son statut d’autonomie, l’Union Européenne y contribue depuis plusieurs années, en 1999 Auroville est encore un village avec environ 1600 habitants, plus de 35 nationalités y demeurent, de nos jours, spéculations foncières apparaissent, 3000 touristes par jour et puis ce besoin sous-jacent et peut-être obligatoire d’une unité centrale, d’un « gouvernement »,

Auroville fait venir chaque jour en son sein 5000 Tamouls, paysans pauvres et en guerre pour leur reconnaissance, Auroville se construit, se dévoile

- Mère, tu n’es plus là, as-tu réussi ton rêve échevelé d’un monde d’amour et d’éveil, de bienfaisance et de sagesse ?

Auroville, ses piscines éclairées, ses cantines, son business, ses bougies et son encens

ou est donc « l’Etre Supramental » de Sri Aurobindo, le serviteur volontaire de la conscience que Mère désirait ? Auroville n’est pas morte, elle tâtonne, elle doit veiller à qui veut la prendre, elle doit rester espoir

 

 

s’asseoir, regarder le ciel

devenir citoyen du monde

se laisser prendre d’une conscience universelle

se vouloir unité humaine nourrie de toutes diversités

je pense à Myra la femme

qu’ils ont voulu déifier

jusqu’à l’emmurer, l’empoisonner pour en faire leur symbole

Mère mourut en 1973.

Auroville lui réserva des funérailles de Déesse

la ville de l'aurore

par daniel souhait publié dans : écriture
Samedi 11 mars 2006

(*)

 

il s'achève, il me recoud,

ce filet de sang sur le drap, notre pourpre,

je te vois, enfin

mon mien

et mon autre

oui, laisse moi te toucher

me vider et t'offrir

sens ma peau

tu la sais du dessous

et là tu la bois

mon fardeau d'amour

mon cri moite

tes doigts, prémices diaphanes

mon ventre mou

tous ces yeux faux-semblants

qui te regardent, te comparent

ce spasme douloureux, notre souffle conjoint

ton cri et le mien

le blanc des murs et des blouses

ton cri encore

je t'embrasse, je te lèche

substances communes et partagées

mon fragment, mon tout

je t'aime désormais

(*) je dédie ce texte à toutes les femmes qui ont ou ne peuvent l'enfant

par daniel souhait publié dans : poésie
Samedi 11 mars 2006

j’ai erré si longtemps

insatiable, curieux,

voyeur et gourmand,

j’ai bu tes perles d’effroi,

dermiques et secouées,

l’écho de nos râles

en mémoire tatouée,

saignée béate,

exacerbée,

j’y recueille l’émoi

les moi  

je me suis perdu brièvement,

absout d’angoisse,

avide et innocent,

j’ai mangé tes laves organiques,

souffle osmotique,

colostrum d’amour,

bras en croix,

membre raidi,

annihilé,

lavé d’émoi

des moi   

j’ai rêvé hors du temps

romantique et désuet,

témoin coupable, condamné,

affamé et lucide

j’ai vomi le furtif

illusions avortées

ta peau comme souvenir

en socle de survie

terrassé

nimbé d’émoi

c’est moi

paroles et musique : Mama Béa Tékielski - la fenêtre

par daniel souhait publié dans : poésie
Samedi 11 mars 2006

la Sorbonne, samedi 11 mars, 3h45

300 étudiants,

ils occupent la fac, ils refusent le CPE (Contrat Précaire Economique, non pardon Contrat Première Embauche), décision prise sans aucune concertation, discriminatoire, facteur d’incertitude, vectrice d’intérêts financiers et de paupérisation  

200 CRS

matraques, gaz lacrymaux, portes et bureaux défoncés, étouffer le refus dans l’œuf , réprimer et faire taire contre toutes écoutes populaires et politiques (remarque au moins les CRS auront mis leurs pieds dans une FAC faute d’y avoir étudié), 

surtout ne pas voir ressurgir l’écho d’un printemps de révolte, pourtant celui là avait certainement bien moins de raisons d’être que cette déliquescence actuelle qui mériterait peut-être de sortir de son narcissique ego pour se rappeler à l’homme et aux sources de ses valeurs

2007, le trou ?
par daniel souhait publié dans : politique
Vendredi 10 mars 2006

la page est blanche

trop d’afflux de mots, d’idées

ou vais-je sombrer ?

dans mes rêves

avec des mots bleus

des pétales perdus et colorés

décrochés au gynécée de l’espoir

d’un homme plus pur

embryon d’humain

brindilles tordues et mouvantes

au vent de l’aube

ou vais-je vivre ?

sous les cris affamés

coulées de sang sur la steppe

fumées rougeâtres

au bout des canons

discours sordides

aux regards des souffrances

silhouettes tordues, spasmes de victime

au pas de ma porte

ou vais-je ?

dans ce marais de brume

sans soleil

et mains qui se touchent et se serrent

au ventre de la terre

au profond des larmes

du souffle manquant

et du regard brouillé

la page est blanche

je tente un pas, un mot

je fais comme on devrait faire

je dépose doucement

le nucléique nécessaire

le devoir imposé

la goutte à la source

ou allons-nous ?

aux éclats de vacarme

aux sourires hypocrites

aux paroles caressantes

aux pupilles dilatées

de promesses, de dérives mégalomanes

de nécessité de croire

dans cette jungle disloquée

sans soleil

des cœurs qui ne se cherchent plus

plus d’attente aux quais de gare

plus de peaux qui frémissent

aux premiers contact

la page est blanche

manque de mots, d’illusions

ou irons-nous ?

aux confins de rêves en écharpe

méandres salés

au goût de vent

loin du sable et du marbre

prémices d’horizon

à peine entrevu

boire encore

le miel et l’absinthe

esquisser encore

l’aquarelle d’un sourire

tendre son cœur au soleil

et crayonner sur les âmes

le souvenir de l’humain
par daniel souhait publié dans : poésie
Vendredi 10 mars 2006

j'ai vu, je vois

j'sais pas pour toi

mais c'est bien notre histoire

 

 

 

 

 

(extrait du mensuel "Actuel - 1969)

 

 

VOUS FAITES

PARTIE

OU BIEN

DE LA SOLUTION

OU BIEN

DU PROBLEME 

(Adbusters - casseurs de pub / Vancouver / 2001)

t'as vu, on voit

j'sais pas pour toi

j'me sens être moins

 

 

par daniel souhait publié dans : politique

le temps

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