doucement ouvrir...
...l'espace de ce lieu,
de l'amour : viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs : la louve,
Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent : tout seul,
matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades : une rencontre,
un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique : lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe : montségur,
enfants du pire, jungle de sang,
entrez, vous êtes ici chez vous...
--------------------
vous partez monsieur, vous quittez le ministère de l’intérieur,trois ans de règne, suffisant pour faire de la police des intouchables, si loin de la protection des individus, juste des flics trésoriers, racistes, faut pas jouer au basket avec les mecs de
vous avez divisé
vous partez monsieur, vous revendiquez la présidence
pour mieux satisfaire votre ambition démesurée, je, je, je, je… la presse juste entre vos jambes s’occupe du silence, et votre police fait le reste, j’ai le souvenir, monsieur, deux jours avant votre fin ministérielle de l’arrestation d’un grand père avec gaz lacrymo devant des enfants d'une maternelle, et la directrice médiatrice, en garde à vue, oui je vous refuse monsieur, vous représentez la même police que celle qui obligeait à porter l’étoile mais ce n’est pas votre histoire, vous êtes de souche hongroise je crois, je dis ça cause à l’identité nationale dont vous vous repaissez jusqu’à la bave, dans ma famille des morts pour

vous partez monsieur, vous quittez le ministère de l’intérieur,
vous voulez être président de la république,
je vous fuis… et plus encore, vous voyez, je vous crains, c’est que le mal est fait
puisse l’intelligence et le destin nous épargner,
de vous
25 mars 1957, le traité de Rome est signé,
l’ébauche de l’Europe, d’une entité symbole de paix, un coup d’éponge sur ces trois guerres meurtrières, l’espoir d’une force face aux Etats unis, et une Chine qui s’éveille
et puis maintenant, les reliquats d’un référendum négatif, orchestré par un Fabius qui aspirait aux présidentielles, depuis longtemps oublié le sang qui lui coule sur les manches, la gauche
caviar et même les bobos de droite main dans la main avec l’extrême droite et la gauche systématique, le rêve humain d’une lutte et d’une éthique commune s’évapore, tous ceux qui n’ont pas lu la
constitution se réjouissent et la France perd ses postes clé en même temps qu’elle casse avec les Pays bas l’idée même d’un rassemblement
aujourd’hui campagne présidentielle, indenté patriotique de presque tous les candidats comme l'héritage aveugle des théories nationalistes du borgne, toujours la montée au niveau d’un pays comme
ce qu’il se passe pour l’individu, fais pas chier, touche pas à ma porte, chacun pour sa gueule, Sarko, le Pen et leur identité nationale, Ségolène et son drapeau pour rattraper tristement
l’idéologie rétrograde, et pas un mot des treize guignols candidats sur l’Europe, le mal est fait
mais le mal, n’est-ce pas aussi et surtout ces technocrates encravatés qui s’inquiètent du sort de l’huître et du camembert, qui avant même d’avoir solidifier les fondations laissent entrer l’est
et ses lècheries américaines, l’argent a pris le dessus faute de citoyens et de vrais politiques, touche pas à ma banque, les rêves ont leur limite et croire en l’homme demeurera une utopie,
alors on dresse de beaux podiums et tapis, on se réunit pour faire la fête, faute d’avoir réussi à faire l’unité, une bande de marionnettes dont les intérêts sont désormais affichés comme
nationalistes si loin d’une construction commune
les fondateurs ne sont plus, les artisans encore vivants se taisent, terrassés devant tant d’oubli et de destruction, consternés, on va perdre notre culture si l’Europe émerge, fais gaffe y vont
te piquer ta femme, les yeux béats des politiques qui servent le bénéfice plutôt que le social, et la masse soumise et sous influence qui suit connement le mouvement
bon anniversaire l’Europe, un quart de siècle, et juste une statue de verre aux stries égoïstes posées sur un socle branlant
Corba de Lantar était femme de Raymond de Perella, seigneur du château. Ce soir là comme tous les autres, elle avait franchi les hauts remparts de pierre et venait rendre visite aux parfaits miséreux dont les huttes de bois accrochées à l’édifice faisaient face au vide. Au bas, les feux des campements des troupes de Hugues de Arcis faisaient comme d’étranges lucioles, prémonition au drame à venir. Combien étaient-ils depuis dix mois, chevaliers et soldats de fortune à patienter au pied du roc ?
En ces temps de pénitences, Rome ne supportait plus ces hommes de noir vêtus traversant les villages et ce courant mystique qui défiait l’assise des prélats au ventre rebondi. Le clergé acoquiné à la noblesse et cette richesse souterraine au détriment du peuple, les dérives d’une église si loin des textes laissaient au cœur des âmes l’impression d’une foi à la dérive.
C’est le 10 mars 1208 que le pape Innocent III va lancer la première croisade d’une armée chrétienne contre un peuple chrétien. Il faut anéantir ces hérétiques qui se revendiquent d’un dieu non conforme à celui du dogme. Le sanglant Simon de Montfort et le prêcheur Saint Dominique vont par l‘épée ou la force du verbe tenter de ramener ces brebis rebelles sous le giron de la domination. C’est le 22 juillet 1209 au pied des fortifications de Béziers, qu’Arnaud Amaury dira à l’un de ses chevaliers lui demandant comment distinguer l’hérétique du catholique : - Tuez les tous, Dieu reconnaitra les siens. Il y eu les jours suivant prés de 20 000 morts sous les décombres d’une ville détruite.
Corba retrouve sous l'ombre des murs, Pierre-Roger de Mirepoix son gendre et chef de la garnison. Presque 250 hommes, dévoués et habités mais si peu nombreux face à l’armée du roi qui patiemment attend la reddition de ces infidèles. Depuis mai 1243, les croisés avaient entamé ce qui sera le siège le plus long de cette guerre génocidaire, cette forteresse dressée à 1208m de hauteur et pratiquement inaccessible. Il faut anéantir le dernier bastion de l’hérésie.
Mais pourquoi cette violence, ces morts, ces destructions systématiques ? C’est un moine allemand qui en 1163 emploiera pour la première fois le mot Cathare (catharsis : pur) mais aussi en allemand ketter (hérétique).
La papauté a peur devant l’ampleur de cette idéologie qui s’étend comme une épidémie et est si bien accueillie du paysan au penseur. Mais que disent donc ceux que l’on nomme bons-hommes ou parfaits ? Ils parcourent les campagnes, débattent avec les prélats, se mettent au service des pauvres et créent des communautés d’entraide. Transmettre la connaissance. Pour eux pas de manichéisme, c’est l’église qui entretenant si bien cette notion de Satan finit par le servir. Les démons ont détruit l’œuvre de Jésus et la doctrine enseignée s’éloigne de l’originelle. Chez les parfaits, pas de croix, le rejet des institutions religieuses qui servent l’homme plus que la foi. Ne vivant que de dons, ils ne mangent pas de viande, refusent toute relations charnelles tout en niant la différence des sexes et font leurs dévotions chez qui veut bien les recevoir. Après trois années d’initiation dans une communauté, le postulant reçoit le baptême spirituel ou consolament. La cérémonie est simple, après une simple imposition des mains, on y lit et décrypte le notre père et le nouvel entrant promet de ne plus mentir et de suivre les règles enseignées. De là, devenu un parfait, il pourra porter les habits noirs du converti.
L’été 1243 fut dure pour les assiégés. Les citernes se vidaient et les pluies se faisaient rares. Aux contrebas du Pog on eut pu entendre Hugues de Arcis hurler à ses hommes : - nous détruirons Montségur et ses impies. Les 500 hommes terrés dans la citadelle tenaient bon. La nuit, parfois, quelques habitués chevronnés et connaissant les secrets de la roche parvenaient à amener nouvelles et nourritures. Et puis vint ce jour de novembre, aidés du renfort de troupe venue avec l’évêque d’Albi, les assiégeants parvinrent à grimper sur une étroite plate-forme située sur la crête orientale à quatre vingt mètres en contrebas du château. Ils y hissèrent madriers, poutres et pendant que les tailleurs de pierre façonnaient les boulets, ils construisirent leur machine. La barbacane de bois qui avançait sur la crête fut rapidement détruite par les bombardements mais l’accès au château restait impossible. L’après Noël fut pire encore, d’autres croisés avaient réussi à s’emparer de l’autre barbacane de la forteresse, des montagnards basques au péril de leur vie et sous les ordres sans pitié de Guillaume de Puylaurens étaient parvenus à gravir les précipices escarpés de la montagne et engagèrent le combat. Le souvenir de l’assassinat de l’inquisiteur Guillaume Arnaud à Avignonet était plus qu’offense.
Mais Montségur demeurait imprenable et tous ses accès impraticables. Le moral des assiégés fondait comme la neige aux prémices de ce printemps de tourments. Corba ne vit pas un soir son mari et Mirepoix, donner à Matheus et Pierre Bonnet, simples hérétiques, deux gros sacs contenant, or, argent et monnaie. Ceux-ci disparurent dans la nuit et certainement aidés de la complicité de quelques soldats du roi allèrent cacher le modeste trésor de l’utopie cathare désormais agonisante et mander d’éventuels soutiens.
Au dernier jour de février, Perella décida d’effectuer une sortie nocturne pour s’emparer de l'autre barbacane et d’en déloger les croisés. La tentative échoua et un grand nombre d’assiégés moururent ou se traînèrent blessés vers l’enceinte. Corba et toutes les femmes encore valides apaisèrent les souffrants pendant que les parfaits donnaient les derniers sacrements. L’ombre de la mort enserrait l’édifice. Le 1er mars 1244, les 6000 chevaliers et soldats qui depuis tant de mois levaient les yeux vers cet éperon de pierre insoumis et rebelle entendirent résonner du haut du château le son d’un cor. Les derniers cathares se rendaient. Perella et Mirepoix demandèrent une trêve de quinze jours, le château de Montségur sera rendu au roi et à l’église, les soldats et civils seraient libres et n’auraient que de légères pénitences après comparaison devant les inquisiteurs et les hérétiques et parfaits auraient la vie sauve s’ils abjuraient leur foi sinon ils seraient livrés au bûcher.
Deux semaines s’écoulèrent, les écrits de l’inquisition rapportent que les biens furent donnés aux laïcs et aux hommes d’armes, qu’une étrange et sereine communion humaine régnait au château et que certains demandèrent le consolament. Du haut des remparts on voyait tout en bas les soldats bâtir une grande palissade de bois arrosée de résine. L’avant soir avant l’échéance, Corba alla embrasser ses deux filles et son fils infirme, puis elle descendit la sente qui mène à la vallée et alla se livrer.
Au crépuscule du 16 mars, Hugues de Arcy et ses croisés entrèrent dans la citadelle. Les non croyants descendirent les premiers, puis les malades et blessés tirés comme de vulgaires fardeaux et enfin les parfaits et les fidèles. Lorsque les hérétiques sortirent du château, Mirepoix, réussit à en cacher trois, Amiel Aicart, Hugo Poitevin et un troisième anonyme, il les fit évader dans la nuit avec pour consigne de protéger le trésor caché dans la foret.
Au pied de la montagne au lieu dit : champs des Gram
atchs, des pieux et des pals retiennent les innombrables bûches et fagots de bois déposés sur un lit de paille. Guillaume de Puylaurens écrivit :
- on les invita vainement à se convertir. Mais aucun ne le fit. Cette nuit là, 225 parfaits et hérétiques périrent dans les flammes. Une aube de cendres odorantes et de visages hagards donnait à l’église de Rome et au roi de France le reflet de l’horreur et de l’intolérance. Les derniers hérétiques fuirent le pays vers
j’avais tout froid, ce soir
engoncé sous l’étoffe
les draps suintent cette rage lasse
et les nuits perlées à se tordre
frissonnant, titubant
dans ces rêves crevés
j’ai eu encore besoin de t’entendre
merci Lola
C’est solitaire
Un petit peu la guerre
On grandit mal mal mal
Et si on grandit
C’est qu’il fallait le faire
Pour avoir l’air normal mal mal
On passe des tas d’heures banales
A tutoyer le désert
Le ciel a l’air malade
De l’atmosphère
C’est solitaire
Un petit peu la guerre...
Et c’est même pas l’enfer
C’est juste les jours qui manquent d’air
Ca donne envie de faire taire
Cette personne quelle conne
Qui grandit mal mal
Mal anesthésiée locale
Ce matin comme hier
Ca y est
Tu obtempères
Et c’est l’emploi du temps
Accès à l’espace client
Des mots qui rendent sale sale sale
Et tomber sous le sens
S’allonger dans le silence
Grandir à l’envers de rien
C’est solitaire
Comme un plaisir délétère
J’finirai mal mal mal...
J’m’en tape pas mal mal mal...
Lola Lafon / Le bilan de compétence


visiteurs se sont posés ici, merci