doucement ouvrir...
...l'espace de ce lieu,
de l'amour : viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs : la louve,
Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent : tout seul,
matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades : une rencontre,
un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique : lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe : montségur,
enfants du pire, jungle de sang,
entrez, vous êtes ici chez vous...
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il est des villes
aux âmes chargées d’humains et d’histoires
aux porches de pénombres ou les mains tâtonnent et
s’étreignent,
des larmes en dentelles, du granit à l’étoffe, au clapotis du canal,
reflets d’épées et puis derrière les murs, des yeux de pinceaux habillent les édifices,
une ville valise qui porte et se nourrit de ces noirs clochers, urbain veiné de bleus,
battements de messages à ceux qui veulent y voir,
Brugge, lumière des Flandres,
les toiles frémissent aux regards qui se posent et les voûtes s’abreuvent de nos émerveillements, anonymes caresses au noir des hôtels,
une mouette s’est posée qui scrute la cité, et nous voit si petit aux normes édictées,
allez, juste un petit voyage ensemble, nos pas et nos yeux confondus,
et la ville qui s’offre,
on y va…
ces limaces translucides
au fond de ton mouchoir
quand le préau fratricide
vient lacérer tous tes espoirs
alors déjà tout embrouillé
tu entrevois ton devenir
caché, muet, prêt à hurler
ta main si avide à saisir
et voilà ces larves de sel
qui sournoises à ton chemin
bave de sang, bave de miel
effaceront tous tes chagrins
et puis, frémissements de peaux
constat de froid, nouvelles aubes
creux d’étoffe, premiers sanglots
l’indifférent qui nous enrobe
ces escargots du bout du cœur,
mon aimée l’épée suinte
se colorent au gré d’humeurs
susurrées comme des plaintes
et tu frottes tes paupières
comme un tableau qu’on efface
fini le temps des prières
filets furtifs, douces traces,
ces cocons de vie serpentent
brises froides et si lasses
se languissent, se lamentent
cris confondus et trépassent
tes bras mangroves ensablés
fouillent la terre qui t’attend
bientôt les sursauts asséchés
l’œil maussade et les absents
et ces larmes chrysalide
de marbre et puis de pollen
tous ces doigts tendus au vide
croulants au poids de nos chaînes
vient, c’est sur, l’heure du miroir
te regarde, ne te vois plus
tâtonne jusqu’au désespoir
bientôt le vent se sera tu...
merci à Viviane pour son poème et le chemin qu'il m'a entrouvert
elles sont comme érables et chênes, ponctuent le paysage, dessinent d’étranges silhouettes au ciel chargé qui se prépare à nourrir la terre
chez moi, le moindre hameau aux bâtisses en torchis porte son monument et ces noms inscrits sur la pierre
l’histoire et l’âme des hommes balayent l’argile et le calcaire
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il n’est pas parti la fleur au fusil, il avait lu, n’aimait pas les guerres, ils revenaient morts ou cassés, était-il encore boulanger ou déjà fermier, mon père ne me l’a pas dit,
il faisait froid ce jour là, la terre creusée s’effondrait en charpies de boue et de
sang
et ce gradé qui gueulait, emmuré certainement dans ce cahot d’incohérence, de fracas
- vous trois, retournez à votre poste, ils ont des tireurs d’élite, descendez les ! allez !
blottis au fond de ce trou qui n’en finit pas avec juste le silence ponctuellement souillé de râles, ils reprirent la position et c’était chacun son tour, il avait été le dernier, juste relever la tête, chercher rapidement l’ombre qui dépasse et tirer,
peut-être se sont-ils regardés longuement, le premier a essuyé son fusil de la manche, l’a armé et s’est redressé à demi, l’œil collé au viseur, l’écho d’une balle meurtrière sur la plaine qui suinte, et son corps qui tombe lourdement sur celui du suivant
- merde, tuez-moi ce boche ou j’m’occupe de vous !
il lui a dit, n’y va pas, et l’autre de répondre, j’ai pas l’choix
comme un hommage à son compagnon, lui aussi a caressé le canon puis la crosse et s’est accroupi avant d’entrevoir l’horizon sans être aveuglé par la balle qui lui perce le front
puis ce fut le silence, il est resté muet à fixer bêtement les corps de ses deux potes
mon père ne m’a dit la suite, juste qu’il a survécu
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ça gueulait pour couvrir le fracas de la mitraille
éleveur puis vendeur de bestiaux il se retrouvait là, à ramper, à surveiller la progression de ses compagnons d’enfer, ma mère ne m’a pas tout dit, mais lui avait-il tout dit ?
des volcans de terre jaillissaient impromptus avec leurs éclats de chair et le sifflement des balles comme chant funèbre, puis le néant
quand il ouvrit les yeux, c’est la douleur qui le sauva, cette main bouillante et informe et
sa bave de sang, il a rampé jusqu’à sortir péniblement de ce bourbier de mort, ramper, faire le mort, dissimuler sous une indicible douleur l’inerte pour mieux fuir cet apocalypse,
puis en titubant, ne sachant ou aller dans cette brume d’abandon, il a marché, hébété et absent
- monsieur, monsieur, viens, t’es blessé, je sais ou aller
doucement, dans ce coma d’impasse, il a tourné les yeux et cette petite fille qui le tire et le dirige soudain le régénère, son pas résiste et le redresse, sous le préau de l’école, l’enfant ouvre le robinet et lave cette main et ces peaux éclatées et pose sur son visage la fraîcheur d’une caresse humide et salvatrice
ma mère ne m’a dit la suite, juste qu’il a survécu
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il s’appelait Lazare
pas d’immigration en ces temps, pas besoin d’être français pour défendre la pays, vingt cinq ans et deux guerres pour obtenir la carte de la nation, lui qui voulait retrouver la dernière fosse dans l’anonymat aux usures diplomatique a dit oui au symbole mais seulement pour tous ces camarades d’horreur et pour la mémoire
laissons lui les derniers mots : « Nous avons fait une guerre sans savoir pourquoi nous la faisions. Pourquoi se tirer dessus alors qu'on ne se connaît pas ? Il y avait des gens qui avaient des familles à nourrir ». « Si vous faites un hommage, qu’il soit sans tapage important et sans défilé militaire ».
illustrations : Franck Biancarelli, Adrien Floch, Juan Giménez - extraites du collectif : Paroles de Poilus / Librio / les plus belles lettres en BD
là devant ce clavier
la résultante du moment de solitude,
de réflexion,
et noyé d’isolement furtif,
le retour à soi même
avec des thèmes qui défilent
au gré des aberrations humaines,
je vous laisse le constant, le constat
blogs frileux, autocensurés,
commentaires épars et timides
toujours les souffles de liberté,
qui s’essoufflent
alors en deux, trois années
le fleuve est à l’étiage,
une chape aux relents d’oppression
nous mure et nous aphone,
je suis au bas du tremplin
juste avant la chute
j’ose plus me retourner
mes errances avides
n’ont même plus de miettes,
à conduire l’illusion
mais c’est l’espoir qui vainc,
c’est un baiser à la science
quand elle sert l’homme
avant que ces préceptes
n’aveuglent leurs pouvoirs,
c’est un hymne au cœur,
celui des écorchés offrants,
qui voient cette nouvelle liberté menacée,
juste revendiquer et défendre l’homme,
juste aimer…
alors, j’ai voulu remettre en ligne le texte qui a ouvert mon blog,
juste un p’tit poème
et merci à ceux qui me suivent
puissions-nous survivre décemment
nous,
les présents et à venir,
sherpas d’idées si modestes soient-elles,
les Nombreux…
"Jeudi 27 octobre 2005
au moment du départ, je n'ai qu'une valise,
un lambeau de quai me conduit à ce train
issu de ma mémoire à jamais insoumise,
je fuis avec mes rêves incrustés de chagrin
toujours sur mon chemin, j'ai laissé ma détresse
tel une marque stérile, étrange maladresse
et fuyant mon destin comme délaissé des autres,
j'ai prêché l'incertain étant mon seul apôtre"archives : blog, blog (2) , blog (3)

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