doucement ouvrir...
...l'espace de ce lieu,
de l'amour : viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs : la louve,
Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent : tout seul,
matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades : une rencontre,
un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique : lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe : montségur,
enfants du pire, jungle de sang,
entrez, vous êtes ici chez vous...
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coupe de France
Olympique de Marseille contre Paris St Germain
des hordes de supporters abrutis d'alcool déferlent sur la capitale, 2300 policiers veillent à ce qu'ils ne se rencontrent pas, même en Afrique les troupeaux d'animaux sauvages n'ont pas cette violence, et plus encore, il faut aussi séparer les supporters d'une même équipe, les tribunes sont aux noms des clans, ils se bouffent entre eux !
sorte de gaulois analphabètes, tonitruants et bornés, des transports en commun spéciaux sont mis en place toujours pour éviter les affrontements
on a rarement fait pire dans la connerie et la déchéance humaine
Marx écrivait : « la religion est l'opium du peuple », au moins il fallait réfléchir, trop dur pour ces fanatiques aux beuglements éthyliques
non faut pas être méchant, retenez vos larmes
Zidane arrête, après la coupe du monde en juin, modèle de « réussite sociale » qui a fait vibrer la France en 1998, on se serait cru à la libération
tout un peuple gavé à la sauce médiatique, ah bon les français ne sont plus racistes ?
mais le ballon fait rêver, on tape dans les boites plutôt que d'aller à l'école et des rabatteurs barbares viennent trier la future élite
dans ma ville on a construit un stade avant une salle de concert, la connerie l'emporte sur la culture, il faut occuper le bon peuple, surtout ne pense pas mec, bois ta bière et c'est pas fini du 9 au 23 juin on va en bouffer, télé, radio, presse
pauvre Zizou avec ses 13 M€ annuels, dont 6.4 M€ de salaire, 200 000€ de primes et 6.4M€ de contrats publicitaires et d'opérations diverses
et pour accueillir la barbarie mondiale on crée le plus grand bordel d'Europe
quelle honte ! c'est cela peut-être la décadence ?
l'article 1 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen dit : « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune »
ah bon ? parce que moi j'ai certainement plus besoin d'un chirurgien, d'un éboueur, d'un prof, d'un artiste ou d'un mécanicien que d'un footballeur
c'est la rencontre d'un texte et d'une chanson
merci Annick de nous prêter ce poème si fort et de m'autoriser à y mettre du son
laissez-vous prendre la main par ces deux joyaux
C'est l'agonie d' une mouette qui n'est plus au bord de la mer .
La vie lui a cassé les ailes .
Elle a été chassé en quelque sorte ...
... à moins qu'elle ne se soit enfuie ...
Elle ne sait pas très bien .
Son malaise envahissait les autres et elle a compris qu'il fallait qu'elle s'éclipse pour ne pas gêner, comme toujours .
La mer, c'est fini pour elle ...
plus de vagues,
plus de vent,
plus de bleu, ni de gris,
plus de rochers,
plus de petits poissons frais à se mettre dans le bec,
plus d'eau salée à aspirer,
plus de danse avec ses congénères,
plus de marin à enchanter,
plus rien de tout cela .
Elle est mourante la mouette et les seules nourritures qu'elle trouve sont celles des décharges publiques loin de la côte .
Elle a l'impression désormais de se nourrir d'immondices .
Ce n'est plus la mer qui la porte, la vie qui l'émeut .
Elle grelotte .
Elle est vide .
Elle ne peut plus déployer ses grandes ailes, et ses pattes sont ridicules .
- les pattes chez les volatiles c'est ce qu'il y a de plus pitoyable -
elle n'arrive plus à avancer .
C'est l'agonie d'une mouette qui n'est plus au bord de la mer . poème : Annick Brillant chanson : Lucid Beausonge
ceci est une expérience
allez, je me défoule, attention…, partez !
connard ! salope ! raclure ! ectoplasme ! branleur ! pauv’con ! putain ! abruti ! pipi ! bâtard ! va mourir ! grosse vache ! enculé ! sale gosse ! racaille ! moule à gaufres ! ordure ! taré ! caca ! ta gueule ! …
bon, qu’est-ce que ça fait ?
je vais vous dire, rien,
un petit plaisir peut-être d’avoir écrit ces mots, quoique…là bas le square, non plus tard, je tourne à gauche, je longe les murs du collège, cartel d’intelligences, laboratoire d’embryons, transfuges lénifiés et satisfaits, devant le portail d’entrée de cette institution, vous deux les filles que je remarque, opposées, convaincues du caprice des modes, plus loin tout ignorants et si certains, une bande de mecs, caprices d’identité, besoin de puissance, ta bouche que je bouche, je marche encore, je retrouve la grille noire du musée, tu es belle, tu ressembles aux miennes, je m’appelle sapiens et toi néandertal, pourquoi notre impossibilité ? c’est toujours comme ça, - oui, qu’est-ce que tu veux ? – non, j’ai pas de monnaie, excuse moi, j’arrive vers la place, préfecture et mairie, le poivre et sel de mes cheveux m’enlève partiellement des placages aux murs et des frappes en sourdine, quelques encravatés imbus et pitoyables, rien que l’édifice fait froid, fauteuils, ceux ou absents, vous votez quand même, ta bouche qui me hanche, la pierre est dure comme nos intérieurs honnis d’apparences, prétentieux et frêles, un uniforme m’interpelle – vous cherchez quoi ? – rien, monsieur je regarde le monument, le monument ?! plus loin, c’est chez Chloé, un bar d’humains, de Nombreux, je vais me laisser traîner, je vais me laisser boire aux âmes des autres, me perdre sans excès juste balbutiements de certitudes, éclosions avortées de rencontres, tristes tropiques, c’est le rayon de lune qui me guide, taches d’urine aux pâleurs de réverbères, je retrouve le square, la cellule végétale a une membrane de plus que l’animale, elle a aussi la beauté et le temps, mauve ourlé de fleur, silence figé, ardente patience, sur le banc, aux abysses du nocturne, leurs silhouettes qui s’embrassent, je me lève, il faut que je marche encore et j’entrevois soudain la statuaire granitique de la cathédrale, - eh mec, t’as rien ? file tes tunes et on te lâche – tiens regarde, je suis sec moi aussi, c’est même galère ! ma bouche qui se ferme, la tienne envolée, je vous regarde, ombres tremblantes, courbées de foi, fragments de peaux aux éclats de cire, caprices de peur et l’autel comme un gouffre, je sors, je veux errer encore, loin de vos symboles écrasants et dominateurs, je tourne à gauche, c’est le fleuve, sa perpétuelle insolence et son chuchotement nourricier, je glisse ma main en l’onde glacée et je la secoue, ouvert aux perles transparentes, sang d’être
donne moi ton sein
laisse moi retrouver le geste du tout petit
le touché demi aveugle
l’odeur perlée de ta moiteur
turgescence du cadeau
qui nous fait exister
je tâtonne, je retrouve le frisson
du don et de l’avide
soudain je te bois
chaude et lourde
filet sirupeux et apaisant
jus d’amour et de vie
blancheur de lait

donne moi ton sein
laisse moi retrouver
le geste de l’amoureux
la bouche qui erre
goût de peau de plaisir
rocher de chair en fusion
je touche et je lèche
je suce le désir
soudain je me noie
chaud et lourd
serpentins timides
éclats furtifs
peaux confondues
blancheur de sperme
donne moi ton sein
laisse moi retrouver le geste du vivant
effleurements cotonneux
le sentir demi aveugle
le tendu et l’attente
relents de froid, corps fendu
démesure blottie
je devine et me cache
soudain je me perds
glacé et voletant
gouttes de lave distillées au lien
aube de brouillard
blancheur de mortles mots, ces entités furtives qu’on accouche et qui comme des enfants nous échappent avec le temps, les mots ces défécations de l’esprit, miroir de peurs et de rêves, narcissisme en cadeau, jouissance solitaire avec au fond de l’âme tellement d'envies potentielles, l’autre invisible
désir d’être lu
ou écouter
Fabien me parle, appelez le « Grand Corps Malade », c’est lui qui le dit,
il est midi vingt
les mots, c’est en les assemblant qu’il nous emmène, qu’il nous dérange nous fait pleurer
des mots simples, de la rue, du quotidien, des yeux qui observent et posent sur la feuille
notre reflet, notre rejet, notre projet
il ne fait pas comme il se doit,
de la masturbation intellectuelle pour intello-caviar, non il prend sa substance dans le vrai, le langage parlé et il en fait une symphonie d’émotions
Fabien il slame,
allez, juste un bref retour
le slam, l’envie de dire, de prononcer, de faire entendre la poésie du mot
tu sais les go-go girls qui enfilent les billets dans le slip
là ce sont des nanas ou des mecs qu’ont trois minutes pour déclamer leur cœur,
le verre en récompense
et les mots s’égrènent graves ou rieurs, timides ou criards
des mots sans contrainte, libres, dernier refuge d’expression puisque non catalogués
le slam c’est la douleur du naître
le retour au premier souffle, le vent des yeux
à cappella
seulement pour la beauté du texte et du message susurré
l’artiste est celui qui prononce et aussi celui qui écoute
la voix engendre les ambiances, les univers
les rêves et les constats
elle paralyse d’effroi ou de questions
elle dérange et séduit
le slam est un hymne à la poésie,
la survie de l’écriture, miroir sensible aux affres de notre monde
à prendre sans orgueil seulement avec le cœur
dernier espace de liberté verbale

Fabien est Grand Corps Malade
enfant de la banlieue
il nous y projette,
sa grande silhouette appuyée sur sa béquille
son regard d’azur et cette voix profonde et apaisante
et puis ces mots tous ces mots
qui nous ouvrent le cœur et les tripes
nous prennent par la main
et nous lavent les yeux
Fabien nous offre le quotidien, l’amour
la souffrance et le rêve
il est midi vingt
le son de sa voix, l’envoûtement de ses dires
juste se laisser emporter, toucher l'instant
musique : S Petit Nico / textes : Grand Corps Malade


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