dans l'armoire

sommes-nous ?

si tu ne hurles pas

personne ne croira

que tu as mal

 

 

 

 

 


quelques images

doucement ouvrir...

...l'espace de ce lieu,
de l'amour :
viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs :
la louve, Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent :
tout seul, matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades :
une rencontre, un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique :
lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe :
montségur, enfants du pire, jungle de sang,

entrez, vous êtes ici chez vous...


-------------------- 

Vendredi 26 mai 2006

et si on prenait le temps

toi et moi

viens, n’aies pas peur

laisses toi emporter

le voyage est si cours

et le temps si fragile

tu reviendras ?

 

musique : Bïa / J. Duino

filmé et monté en août 2002

par daniel souhait publié dans : voyages
Samedi 20 mai 2006

ils mirent plus de deux siècles

sueurs écoulées, meurtrissures des paumes, le grincement des poulies, le souffle des bêtes,

les hommes et les voûtes arc-boutés soumis à la démesure du beau

la miche toute de poussière que l’on coupe et partage, le saindoux sur la mie, nourriture terrestre au repas du dépassement

l’œuvre s’élève de patience et de sang, de visions et d’efforts, d’ambition et de morts

sur le pavé, le copeau, la foi et la souffrance

je suis gargouille, je suis née du tourment de vos âmes

pierre arrachée à la terre ou vous vous nourrissez

je suis témoin de roche figé à vos devenirs

je vois vos bougies, vos lanternes, vos ampoules

les chevaux qui meurent et deviennent mécaniques

et pour régler vos guerres, vos armes démoniaques

balafres à l’édifice, de l’épée à la bombe

j’ai vu tant de vos folies

soutanes de torture et confessions forcées

chariots contaminés et bûchés de tourments

bonnets phrygiens hurlants

éclats de ma peau à vos marteaux assassins

le bourg s’est agrandi

et sa misère, ses commerces, son armée

comme devenus vos images

aux fortes nuits de pluie, je crache du rictus de ma gueule éternellement béante et muette au spectacle de votre démesure tendue vers le laid

laideur de fracas

j’ai vu vos bombes, brasiers de chairs et de cris,

écho des uniformes, visages inclinés maquillés de terreur

éclats de destructions et peuples déchirés

je vous ai vu bâtir l’impossible et puis brûler vos œuvres

vos mains tendues aux chimères d’idéaux

votre soif de l’unique et de l’instantané

vos affres illusoires

les hommes et les voûtes toujours arc-boutés soumis à leurs valeurs, au monde qu’ils ont fait

un vent de fin de nuit vient mordre ma matière

je noircis, je m’écaille aux gifles de vos acides

ils n’ont mis que deux siècles pour salir ma lumière

et me laisser pantelante, abîmée et lucide 

parfois,

mais vos yeux invisibles ne peuvent m’apercevoir

de granit je suis argile

je m’étire doucement, me relève

et je laisse entre mes lèvres de pierre

s’échapper l’appel de mon dépit

aux bras du temps

peintures : véronique groseil

(je dédie ce texte à ma mère)

par daniel souhait publié dans : écriture
Mardi 16 mai 2006

courses à faire

- chocolat

(mon antidépresseur)

- eau minérale

(c’est frais et ça lave l’intérieur)

- pommes

(et oui, on reste humain)

- carottes

(glacées au sucre, c’est super)

- parfum

(ça conformise et masque le dégoût et la révolte)

- détartrant

(faute de nettoyer la cuvette politique, je ferais celle de mes chiottes)

- pain

(rien que pour le plaisir du partage)

- menthe fraîche

(pour mon thé et mes souvenirs de sable)

- whisky

(pour les nuits de blues)

- fraises

(parce que c’est bon et j’adore la couleur)

- mouchoirs en papier

(pour les larmes crépusculaires)

- presse

(pour savoir ou en est la cuvette politique et ceux qui la lèchent)

- croquettes pour ma Virgule

(plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien)

- lait

(le dernier produit encore blanc)

- sauce de soja

(pour mes souvenirs de jungle et de pagodes)

- 1984 de Georges Orwell

(le relire encore)

- assouplissant

(molécules de douceur en flacon)

- lessive

(laver le linge sale, c’est toujours d’actualité)

- encre violette

(ma plume est vide parfois)

- boites haricots verts et petits pois

(pour les restos du cœur)

- nettoyant lunettes

(des fois j’y vois plus rien)

- dentifrice

(pour le sourire hypocrite)

- bouquet de fleurs

(caresses colorées et reflets sur la table)

- débouche siphon

(pas pour la cuvette politique, c’est bouché depuis longtemps mais pour la mienne au cas ou)

bon je suis sur que j’en ai oublié, allez en route vers l'enfer…

par daniel souhait publié dans : écriture
Dimanche 14 mai 2006

28 septembre 2142

je m'appelle Voïdec Roukov, je suis le chroniqueur du sultan des Indes, je vous écris du ventre de l'éléphant, cette créature issue de l'imagination de savants fous au service du rêve

laissez-moi vous conter la quête éternelle de mon Maître, hanté depuis si longtemps par le visage de cette petite fille, nos errances dans le temps et l'espace

et puis cette retrouvaille furtive un soir de juin,

il y a un an

allez, reprenez vos yeux d'enfants, venez avec moi

quand la démesure devient enchantement...

 

 

compagnie : Royal de luxe

musique : les Balayeurs du desert  

 

 

 

filmé et monté en juin 2005

par daniel souhait publié dans : poésie
Mercredi 10 mai 2006

suite du texte « le mur »

Samir est debout, il longe le mur, scrute les graffitis qui l’habillent comme des cris silencieux en couleurs de révoltes

Samir a peur, toujours, il repense au père de son copain Elias, lambeaux épars, néant de mort, miettes palpitantes au noir du bitume, pourquoi ? il se rappelle les palabres des anciens et leurs discussions animées en ce mois de janvier, voter pour qui, pourquoi, sortirons-nous un jour de ce cloaque de violence et de guerre ?

tiens voilà Elias justement, assis tous les deux, ils regardent le portrait déchiré du vieux lion, ce sourire de diplomate aux yeux de combattant, Samir ne sait pas la différence entre le Fatah et le Hamas, il sent la haine monter en même temps que le désespoir mais l’un ne va pas sans l’autre et les vieux disent qu’il faut en finir,

Samir ne sait pas qui sont les Frères musulmans ni même qui est Mahmoud Abbas

on a voté aussi de l’autre coté du mur, Sharon le guerrier fatigué désormais silencieux remplacé par Ehoud Olmert au sein d’un parti qui se veut plus centriste

Samir connaît-il le Likoud et Kadima, sait-il leurs différences ? sait-il ce que c’est que le partage unilatéral ?

avec Elias ils sont allés voir les oliviers de son père, au check-point on les connaît et on les laisse passer, deux gamins de douze ans, les pieds qui traînent dans la poussière

à l’hôpital, il paraît que ça va mal, il n’y a plus d’argent pour payer les médecins et acheter les médicaments, on dit que les autres pays ne veulent plus les aider à cause du Hamas

au loin la voix de l’imam qui semble traverser le mur

cet étrange mur de lamentations, d’incompréhension

Samir caresse le tronc de l’olivier, partagera-t-il un jour ce fruit d’amour avec le voisin ?

 

ce texte est dédié au Rabbin Michel Serfati

(pour son action au sein des banlieues et son bus de l’Amitié Judéo-Musulmane)

par daniel souhait publié dans : politique
Mardi 9 mai 2006

du code noir (Colbert 1625) ou l’homme est classé comme «meuble», au 27 avril 1848 ou l’abolition française de l’esclavage est déclarée (dans les colonies), de la pseudo repentance à l’hypocrisie d’aujourd’hui, il n’en reste pas moins que le plus grand génocide de l’histoire humaine fut celui des noirs

juste une phrase

pourquoi suis-je si belle ? 

parce que mon maître me lave

Paul Eluard / Capital de la douleur / Les petits justes / II

musique : Armstrong / Claude Nougaro

par daniel souhait publié dans : politique
Mercredi 3 mai 2006

aujourd’hui, journée internationale pour la liberté de la presse

63 journalistes et 5 collaborateurs des médias ont été tués en 2005, on recense aussi 807 interpellations et 1 300 agressions ou menaces dont ont été victimes les reporters de par le monde (source : R.S.F.)

plus de morts en un an que vingt ans de Vietnam, d’Afrique, d’Afghanistan, ou de Koweit

et puis l’atteinte discrète, celle des démocraties, sournoise et répressive

aujourd’hui, journée de la liberté de la presse

on vire Karl Zéro et son émission : le vrai journal

visible en clair, pertinente et impertinente

l’avant dernier restant de la liberté d’expression

à quand les guignols à l’échafaud ?

on remplace le sourire incisif aux lunettes noires et chaussures jaunes par la plastique policée format TF1 de Laurence Ferrari, je n’ai rien contre la journaliste, je subis béat et figé la lente dégradation du non conforme, ces interdictions, ces formatages vers la pensée unique, c’est peut-être pour le tutoiement ou les questions dérangeantes qu’ils te virent Karl mais c’est  certainement pas pour une éthique de la pluralité et de la liberté

pour un si petit texte je l’ai écrit souvent liberté, vous trouvez pas ?

par daniel souhait publié dans : politique
Mardi 2 mai 2006

comme une douce mélopée

ta voix m’insuffle le tendre et l’attendre

ils se penchent sur toi

austères et mécaniques

tellement absents à tes souffrances

ils vont t’ouvrir le ventre

c’est ta vie contre la mienne

ils te le répètent sans cesse

dans ce couloir monacal

au blanc macabre

comme devin aux affres du monde

je ne veux pas la lumière

si chaud, si bien au creux de tes entrailles

si près de ton cœur

dix jours de retard

je n’ai plus de visage ne suis que forme

ils me cacheront à toi

et te laisseront pantelante et avide

 

comme un cri de rage

ta voix m’offre la voie

errant désabusé, bouffi d’artificiel

égoïste et perdu

et ta main tendue

qui m’extirpe du cloaque

je crains toujours la lumière

attiré tellement

aux abysses de l’illusion

je sens ton cœur

et tes peurs au travers mon cœur

je t’aime et ne te le dis pas

les mots, les tiens, les miens

substitués au langage

on se cachera tous deux

torturés et si vides

 

comme un chant susurré

ta voix me nourrit

tu as donné la vie

et moi j’ai tué

je puise en ta main et tes yeux

cet amour salvateur

je m’agrippe à ce cordon de chair

notre cordon, celui du sang et de l’amour

celui de mon besoin et de mon manque

de toi

ou est la lumière ?

c’est toi, toujours, pour toujours

ce café aux prémices d’aurore

et nos bras confondus

toujours cachés, toujours

ou donc est cette chaleur limpide ?

 

comme une ode partagée

ma voix comme prélude

ils se penchent sur toi

à l’affût de ton souffle

cette balafre à ton ventre

ma signature de tourments

tu ne me vois plus

tu perds la lumière

tu vas me quitter

je peux bien serrer ta main

et te dire des mille «je t’aime»

ta substance de vie

s’éloigne et s’estompe

je te perds

et me perds avec

mon socle, mon refuge

 

ils t’ont ouvert le ventre

pour me laisser naître

c’était un deux Mai

et c’est la première fois

que j’ai pas mon baiser

à Maman

par daniel souhait publié dans : cris de coeur

le temps

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