dans l'armoire

sommes-nous ?

si tu ne hurles pas

personne ne croira

que tu as mal

 

 

 

 

 


quelques images

doucement ouvrir...

...l'espace de ce lieu,
de l'amour :
viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs :
la louve, Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent :
tout seul, matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades :
une rencontre, un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique :
lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe :
montségur, enfants du pire, jungle de sang,

entrez, vous êtes ici chez vous...


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Vendredi 30 mai 2008

ils marchent, derrière la vitrine du magasin les badauds accrochés à la télévision, ma main dans celle de ma mère qui regardons figés cette marée de drapeaux, les tremblants de l’acquis qui osent à peine baisser les yeux devant ces tas de pavés et traces fumantes

la peur et la répression ont vaincu, libération triste et Pompidou qui sourit 

c’était l’époque ou les médias dénonçaient la censure (impensable aujourd’hui), l’ORTF muselée et le 25 mai, les journalistes engagés ignorent leurs lettres de licenciement, les français sont des veaux puis le 29, pouvoir invisible et l’asphalte fondue au creux des rues dépavées, le grand homme fugue et son retour annihile la vague hurlante et utopiste

mais que s’est-il passé ?

les rues ont toujours porté les vagues à l’âme humain, les murs aussi, soudain tableaux aux gorges des amphis, signes et symboles sur d’autres grottes, des mots assemblées comme des cris, des espoirs, des larmes, des feuillets épars, et si on s’aimait, un mot désormais absous qui fut pourtant étendard, libre, affranchi,
alors on dit liquider un soubresaut de conscience mais hélas c’est pourtant le dernier avant que le peuple tente de téter jusqu’à plus le biberon bien pensant et nourricier des faiseurs encravatés d’illusions, dernier boitement des trente glorieuses

c’était l’époque ou la musique et la plume sentaient la sueur et le dire (impensable aujourd’hui), câbles, fibres et autres connexions achèvent la lobotomie et rongent du même coup la pensée initiative, si loin des pavés, désormais une pseudo élite nombriliste se croit porte-parole du devenir et de la conscience et tous ces silencieux de classe moyenne qui la ferment toujours et encore,

il traînait au cœur des révoltes une utopie de brume, le frisson incertain d’une conscience humaniste, des fibres de poésie au tissu de bouches qui craignent le gavage, ils vont s’en repaître tous ces intellos dont l’élan reste au tâtonnement mais avec tellement de suffisance, l’art saignait de lumière, plus fort que transmettre : préserver,

des fleurs plus tard, des mots crachés à la brique et au béton, interdit d’interdire, la vague s’élance, indécise, exacerbée,
juste retenir en cette année, la prise éphémère d’une conscience avant le no futur, les peuples exacerbés ne peuvent qu’engendrer l’éveil, ironie grave de l’histoire, tellement moins de raisons qu’en ces temps, la guerre, ce ronronnement lénifiant qui entre et inhibe,

ça c’est maintenant, avant l’individualisme, ils disaient : « ce n’est qu’un début », ils disaient aussi : «  continuons le combat ! », y a t-il un survivant pour la lutte, la sauvegarde de la conscience et désormais le refus du chacun sa gueule, soumis mais tellement imbu, Janis, Jimmy, vous avez pas vu la suite, tant mieux, ces jours comme derniers sursauts avant l’ultime conditionnement, rappelons-nous, la rue avant les syndicats et les politiques, qui achevèrent l’idée au fond des cabinets , le général défaille, celui là seul qui saura par l’avis du peuple, se retirer (impensable aujourd’hui),  

c’était l’époque après le mahatma, et soudain le dernier pacifisme, des tumultes de jungle au fond des radios, comme une prémonition sombre aux dédales d’avenir, des images, les lendemains déchantent, vivez encore !

j’étais petit, je crevais le derme et découvrais l’ailleurs, cette année comme accouchement, mes yeux et ma vision de gamin de treize ans, ma prof de français nous encadre au grondement de la rue, aux infos, des chars à l’Est, j’entrevois un souffle de sueur et de cœur, plus d’étendard simplement des bras qui se tendent, pas d’hélico et leur projo au dessus des cités, l’imagination au pouvoir, les boucliers sont restés les mêmes

j’suis fils d’après mai, les tuniques et les Stones, le pouvoir frileux s’est engouffré sous la couette du populisme, et l’héritier de garder ses biens, sur les murs « la forêt précède l’homme, le désert le suit », si loin des gueules affamées du vingt heure, des une aux incestes pour cacher la vague qui va les dévorer,

au bout de la rue, l’utopie, les enfants d’Israël ou de Gaza et leurs dédicaces aux bombes, d’autres horreurs devenues indifférentes, ses peaux ouvertes et noires d’un continent hésitant à quitter ses tribus, tous ces assujettis qui manipulent et tirent les ficelles, ceux qu’on dit démocrates,

ils étaient conscients (impensable aujourd’hui), ils rêvaient d’un monde meilleur, pas écrit sur un badge, encore moins sur une pub, ils disaient « la nouveauté est révolutionnaire, la vérité aussi », ils vivaient bien, Coluche n’aurait pas raison d’être, la lucidité dissoute les transcendait aux rêves, derrière le frigo des caresses et du sable, je vous avale plus, je baise, mes mains, mes mots et mes idées ou je veux, derniers spasmes communautaires avant le communautarisme, des bouts d’humain piétinés aux barricades, fragments d’illusions à la gueule de la dévoreuse temporelle, un pavé pour faire quoi ? ni jeter, ni construire, ni même hurler, les temps changent et l’âme s’y égare, il disait « j’ai eu un rêve » et le bruit des chenilles aux pavés gris et soumis, sur les murs de Nanterre « camarades vous enculez les mouches », au bout du mois, les chaussures cirées ont remplacé les clarks, la bonne conscience défile sans fête sur les ruines d’une utopie mort-née, le général prépare son départ

presque plus de pavés désormais, des voies noires et lisses, cet hoquettement planétaire s’éteindra quelques années plus tard, avant que l’individualisme n’opère, et déjà les prémices sur le hall de sciences Po.  « un bon maître, nous en aurons dès que chacun sera le sien »,

 mais ce bébé prématuré , discordant, vivra une décennie, y fleuriront les jupes, des acquis sociétaires, des luttes partagées au-delà des frontières bien avant l’indifférence et le repus (impensable aujourd’hui), les mots en fanzine, aux grilles d’entrée puis en notes au cœur gonflé des festivals, j’avais vingt ans, les pieds dans la boue devant le robinet, ces villages furtifs et utopiques être bien dans la masse nos mains et partages aux accords insolents d’une guitare mourante et tous ces mondes rêvés,


il y eu : sous les pavés la plage, faites l’amour pas la guerre, no futur et do it yourself,

et tellement d’autres naissances et de guerres, depuis

et de révolutions avortées…

Lennon l’avait prédit : « dream is over »

 

« Nous entrerons dans la carrière

Quand nos aînés n'y seront plus,

Nous y trouverons leur poussière

Et la trace de leurs vertus. » 

La Marseillaise

photos : Télérama hors série / Mai 68, l'héritage / avril 2008

Mercredi 14 mai 2008

une frontière déclarée, bafouée trois jours après

plusieurs centaines de milliers de fuyards devant les massacres

la shoah comme excuse, oui toujours

et le monde au début tellement coupable même victime

puis plus tard dépendant d’intérêts financiers

tabou, ne pas écrire le mot sionisme

sous peine d’antisémitisme

reste à regarder le choc d’une pierre sur le métal d’un char

d’un roquette perdue contre un marché détruit

une vie en vaut sept ou plus

retrait de gaza, extension en Cisjordanie

et les ruines du Liban

pas d’atome en cet orient moyen

sauf ceux cachés et tût par l’occident

en mal de repentir

pourtant une telle richesse, un tel amour

fini les kibboutz, l’espoir communautaire

s’est transformé en dictature de la kippa,

la richesse du pays pour dix pour cent de la populace

comme reproduction de nos faiblesses,

mais surtout le refus de l’autre

certitude de la terre acquise et redevable

derrière l’écran du radar ou du viseur

l’ignorance du voisin et la défense du chez soi

plus loin la bas, dans leurs camps

leur exodus aussi mais anonyme

bateaux interdits même de misère

robinets coupés aux propres sources

de leurs montagnes nourricières

mais quand s’écouteront-ils ?

deux peuples appeler à se reconnaître

si loin des intégrismes,

des maisons et des oliviers abattus…

deux richesses égarées engoncées d’impasses,

inégales et porteuses

des deux barbelés ils sont nombreux
à se dépendre à nécessiter l'autre
n'est-ce pas le Dieu, le trait ?

allez, la Paix !


retrouvez Samir, ses oliviers et son mur

le temps

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