doucement ouvrir...
...l'espace de ce lieu,
de l'amour : viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs : la louve,
Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent : tout seul,
matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades : une rencontre,
un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique : lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe : montségur,
enfants du pire, jungle de sang,
entrez, vous êtes ici chez vous...
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on disait rien dans le village, on savait la lune engendrer sa silhouette près du ruisseau, comme des rires d’enfants derrière le buisson, les rideaux jaunis se fermaient au crépuscule,
j’vous jure monsieur le commissaire, j’ai rien vu, rien entendu
il y a des crapauds de médisance qui gerbent des bouches des biens assis, des serpents enflés de haine et de non-dits à l’ombre des lèvres closes, le vent balaye cette bave nauséabonde, mais l’obstination du temps et de l’hermétisme humain la ramène
à l’épicerie on jasait, au bar on jurait, à l’église on ignorait,
on la connaissait cette ombre marginale, avec son pas titubant, incertain, timide, il est certainement venu pour le chantier,
s’en moquent-ils les elfes, les Mélusine égarées qui veillent aux clairières, des relents de peau, tellement si loin, il écoute le clapotis, et parfois la plainte mouvementée d’un étrange ressac, méandres parfumés,
j’vous jure monsieur le commissaire, j’ai rien vu, rien entendu
la torture liquide serpente et gonfle, ronge la pierre, il ne pleut pas, le flot peut porter l’impossible, des rires oui il y en avait, les ramures près du saule ne frissonnent plus,
mais l’enfant de qui, comme des cris aux creux des reflets, rejets bouillonnants,
il y a tant de mensonges sournoisement distillés aux rectangles bleutés, et la feuille qui se colle au courant qui s’émancipe, les rires enfouis jusqu’au grognement s’inclinent aux caprices de l’onde, et les mots se noient, sang noir aux troubles du temps
à l’aube les rideaux sont restés fermés, l’épicerie, le bar, l’église, tous vides
ils ont dit que c’était lui, il allait toujours aux bords du ruisseau et il paraît qu’il connaissait sa mère, qui vivait au village, j’vous jure monsieur le commissaire, j’ai rien vu
et après ?
on n’a jamais retrouvé ces éclats de vie, de voix
lui, ils l’ont emmené, il pleuvait, …
il paraît qu’il la pleure…
j’ai pas attendu la caresse sournoise
du jour fatigué et qui se recroqueville
aux travers les carreaux les rameaux s’estompent
baiser paresseux, clair et ombre se toisent
tandis que se dessinent en courbes dociles
des noeuds de douleurs et plaisirs à se romprent
je traverse l’étoffe, la touche sur les yeux
les notes se tordent avec lenteur
ces âmes qui s’abreuvent, c’est le blues des nombreux
ceux échevelés, équilibre illusoire
et les derniers rebelles aux fantômes des peurs
tiens voilà c’est pour toi, c’est juste un peu de bleu
je regarde le laiteux, il se teinte d’obscur
son visage envahi, elle susurre et elle beugle
elle donne avec les yeux et s’abroge les cœurs
la peau qui transpire sous l’horrible morsure
elle chante sans être noire et même pas aveugle
ses silences aussi résonnent à l’intérieur
j’ai pas vu que déjà le jour s’était enfui
et des mots posés là à qui veut bien les prendre
des serpents de mémoire faufilés du passé
retournent aux orifices bientôt voués à l’oubli
aux oubliettes embuées d’autres vont pour se pendre
étamines couchées et pistils asséchés
je transgresse l’obligé et m’en vais boire ailleurs
aux travers les barreaux les rameaux se flétrissent
les peaux sont toutes froides et les regards baissés
est-ce dans notre tréfonds d’être tous menteurs
d’invisibles tempêtes nous rapprochent et nous tissent
pour déposer encore et toujours un baiser…
musique : Janis Joplin / what good can drinkin do
aux balbutiements de l’ombre
quand l’obscur se revêt de silence
alors le cœur s’entrouvre
pétales d’écoute et de tendre
et posés là, juste au creux de l’émoi
un piano, une voix
tes yeux brillent tant
es-tu heureux ?
qu’as-tu fait de tes rêves ?
as-tu tiré le trait sur eux ?
du noir dans tes yeux,
la nuit t’a volé ton ciel bleu
ou irons-nous danser
ce soir mon âme s’ennuie
ou irons-nous danser ce soir
emmène-moi je t’en prie
la vie est-elle ailleurs ?
le monde est-il plus beau perché
derrière des masques poudrés
ici et là se meurt chaque seconde emportée
par les horloges en pleurs de te voir les gâcher
es-tu heureux ?
ou irons-nous danser
ce soir mon âme s’ennuie
ou irons-nous danser ce soir
emmène-moi je t’en prie
danser / paroles et musique : Loane
site : Loane
changer les murs
se créer avant les aléas maussades de l’avenir
un chez soi à soi
retrouver les touches du clavier
compagnon de dialogue vers l’invisible
et l’inconnu
une autre pièce, une autre chambre
mais comment
mue par une force obsessionnelle et inconsciente, cette maison a changé d’identité
le papier s’étale et referme la pièce
le bras tremble et l’escabeau craque
les rainures du pinceau qui doivent s’effacer au séchage
un drôle de long voyage
comme porter
une force discrète et puissante
mais d’ou vient ça
fenêtre ouverte et qui s’habille au grattage
après tellement de gestes répétés
le passé de l’édifice
couleurs et matériaux empilés
l’intérêt avant l’entretien
la pierre demande respect

fenêtre ouverte encorede ce coté, petites barres pour retraités
et là, les jardins intérieurs, entrevus
la terre, des couleurs d’homme
des arbres timides qui percent l’horizon
au delà des toits
retrouver les touches du clavier
comme percer la coquille
l’œuvre si modeste soit-elle est en cours d’achèvement
les jours s’enfilent et la fatigue enfle
allez, oublier ce plancher ouvert
ces papiers muraux accumulés
doucement la couleur s’approprie les lieux
le matériau donne une nouvelle peau
au sol, aux murs, aux espaces d’accompagnement
et comme portés d’une énergie jusque là oubliée
sans comprendre vraiment de qui nous sommes les artisans
nous bâtissons l’autre identité
c’est presque l’âme, l’ossature qu’on effleure
même les odeurs changent
ce soir, la danse des oiseaux sur l’herbe humide
le chien soudain propriétaire et qui l’a bien compris
à marquer son territoire
un drôle de long voyage
un texte de Transpoting au mur comme premier affichage
et puis les masques avant les toiles
jours passent, fils, toile numérique coupés
pas encore d’habitudes et comme perdu
allez c’est pour la descendance
tout ce travail, même avec leurs indifférences
ils sauront reprendre l’achevé avec amnésie
c’est rien je l’ai voulu
« la propriété, c’est le vol »
j’suis pas sur, c’est aussi la sueur
la main écorchée, le corps terrassé
d’autres métiers à ébaucher

l’ambition comme un désir aux relents testamentairesrestera des murs et de l’herbe
le vol des chauves-souris au crépuscule naissant
et l’autre moi
peut-être, petite reine affairée qui fait naître les couleurs
les éponges et la ponceuse ont remplacé les mots
même le lit est autre, vert pastel
derniers rangements, épuisé,
plus envie de prendre le recul,
même après avoir coupé les roses mortes
abandonnées depuis si longtemps
voilà, l’aventure ne fait que continuer
oui c’est une aventure
comme chaque souffle de vie et d’envie d’offrir
un drôle de long voyage
bon, m’sieur, j’ai fais c’qu’il fallait ?...


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