dans l'armoire

sommes-nous ?

si tu ne hurles pas

personne ne croira

que tu as mal

 

 

 

 

 


quelques images

doucement ouvrir...

...l'espace de ce lieu,
de l'amour :
viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs :
la louve, Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent :
tout seul, matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades :
une rencontre, un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique :
lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe :
montségur, enfants du pire, jungle de sang,

entrez, vous êtes ici chez vous...


-------------------- 

Dimanche 30 juillet 2006

écrire, c'est offir, partager, les mots sont malléables et impersonnels et chacun peut les prendre et en jouer
ci-dessous le texte d'origine

 

sur la grève,

elle semble si frêle, cristal d’ombre, immobile,

avec au fond des yeux des élans avortés d’étreintes aux mugissements martelés d’un océan de sueur

le dernier chalut a saisi le port, s’est porté vers la jetée comme essoufflé,

elle a vu ces hommes titubants déposer leur maigre récolte sur un quai transpirant d’embruns et de vent et se fondre aux brumes assoiffées du roulis de l’ivresse

elle s’avance vers ce ventre mouvant ne relève pas sa robe que l’écume acharnée vient lui souiller en flocons de bave et gifles salées,

elle tend le bras, voudrait saisir ces confins d’horizon pour y cueillir l’esquif qui ne veut pas rentrer, et le chant du ressac comme unique prière

l’arc jaune du phare se cogne au rideau d’éléments, confondus, éperdus, gouffre de tourmentes et sirènes déchues

elle s’avance à nouveau et les flots égoïstes se jouent de sa personne, bouclier de chair, récif de vivant, elle laisse ce grouillement lui mordre les entrailles

sur la grève

comme des cercles d’étoiles, cadeau de l’océan

la brume qui se lève
et l’horizon tout blanc

et puis un matin, une autre version du texte déposée dans la boite à commentaires, même trame mais les mots s'échappent et nous emmènent ailleurs
merci Merbel pour cette sensuelle variation

 

Rêve fluide

Dans son rêve,
elle semble si frêle, cristal d’ombre, immobile,
avec au fond des yeux des élans affirmés d’étreintes aux mugissements martelés d’un océan de sueur
le dernier homme a saisi son corps, s’est porté vers la jetée comme essoufflé,
elle a vu ces hommes titubants déposer leur lactance sur ses quais transpirant d’embruns et de vent et se fondre aux brumes assoiffées du roulis de l’ivresse
elle s’avance vers cette lame rigide et mouvante ne relève pas sa robe que l’écume acharnée vient lui souiller en flocons de bave et gifles salées,
elle tend le bras, voudrait saisir ces confins d’horizon pour y cueillir l’esquif qui ne veut pas rentrer, et le chant du ressac comme unique prière
la colonne flamboyante du phare se cogne au rideau de ses éléments, confondus, éperdus, gouffre de tourmentes et extases déchues
elle s’avance à nouveau et les flots égoïstes se jouent de sa personne, bouclier de chair, récif de vivant, elle laisse ce grouillement lui mordre les entrailles
Dans son rêve
comme des cercles d’étoiles, cadeau de l’océan
la brume qui se lève
et le soleil miroitant

par daniel souhait publié dans : écriture
Lundi 24 juillet 2006

c'est l'heure des analyses, du voyeurisme, le sang derrière l'écran, les constats et les déclarations, les opinions, les fanatismes, c'est l'heure de l'horreur,
et ça il faut le dénoncer
tout peuple qui souffre doit mériter compassion et aide
je veux juste à ma modeste façon rappeler que l'on ne peut laisser mourir les hommes, les femmes, les enfants quels qu'ils soient

Paix :
Nom féminin invariant en nombre
1 - situation d'un pays qui n'est pas en guerre
2 - fin d'une guerre
3 - accord, entente entre personnes qui ne sont pas en conflit ou qui se sont réconciliées
4 - absence de trouble social
5 - tranquillité physique d'une personne vivant dans le calme, dans un lieu calme
6 - quiétude morale, sérénité
7 - caractère calme d'un lieu, d'un moment
© Encyclopædia Universalis 2005, tous droits réservés

quelques sites à voir : Nadia Tueni, poétesse Libanaise /
                              chez Kalima
                              le coeur du Liban
                              la revue du Liban
par daniel souhait publié dans : politique
Vendredi 21 juillet 2006

c’était l’année 1968, petit banlieusard je traînais déjà mes rêveries au fond de la classe près de la fenêtre, la cour de récré ne mélangeait pas les gars et les filles et les livres étaient notre télévision

sur les murs fleurissaient d’étranges phrases :

l’imagination au pouvoir,
la dictature c’est ferme ta gueule, la démocratie c’est cause toujours !

la rue grondait, de la fac à l’usine comme un parfum d’utopie et le général balbutiait

cette année là Montand faisait de la bicyclette et Dutronc regardait Paris s’éveiller et puis de l’autre coté des mers, Joplin sortait son premier album, les Beatles un double blanc, les Moody blues rêvaient de nuit en satin blanc et les Rolling Stones enfin compositeur déposaient sur les platines une galette nommée Beggars Banquet

ce n’est que plus tard presque religieusement que je découvris le morceau phare du groupe, celui d’un meurtre à Altamont en 1969, celui qui accompagne leurs tournées depuis le début :

Sympathy for the Devil

S'il vous plaît, permettez-moi de me présenter 
Je suis un homme riche et distingué 
Ca fait bien longtemps que je rôde 
J'ai volé l'âme et la foi à beaucoup d'hommes 
Je rôdais déjà quand Jésus Christ a eu ses moments de doute et de douleur 
Et je me suis assuré que Ponce Pilate se lavait les mains et scellait son destin 
Enchanté de vous rencontrer, j'espère que vous savez qui je suis 
Mais ce qui vous perturbe, c'est la nature de mon jeu 
J'étais coincé à St Petersbourg quand j'ai vu que l'heure du changement était venu 
J'ai tué le Tsar et ses ministres, Anastassia a hurlé en vain 
J'ai conduit un tank et obtenu le grade de général pendant que la blitzkrieg faisait rage et que les corps puaient 
Enchanté de vous rencontrer, j'espère que vous savez qui je suis 
Mais ce qui vous perturbe, c'est la nature de mon jeu 
J'ai observé ravi quand vos rois et vos reines 
Se sont battus pendant dix décennies pour les Dieux qu'ils avaient fait 
J'ai crié : "Qui a tué les Kennedy ?" 
Alors qu'après tout, c'est vous et moi 
S'il vous plaît, permettez-moi de me présenter 
Je suis un homme riche et distingué 
Je tendais des pièges aux troubadours 
Qui ont été assassinés avant d'atteindre Bombay 
Enchanté de vous rencontrer, j'espère que vous savez qui je suis 
Mais ce qui vous perturbe, c'est la nature de mon jeu 
De même que tous les policiers sont des criminels, tous les pêcheurs sont des saints 
Et pile est face, appelez-moi simplement Lucifer 
Car j'ai besoin d'une certaine modération 
Donc si vous me rencontrez, soyez gentils 
Soyez aimables, attentionnés, conduisez-vous bien 
Servez-vous de l'éducation que vous avez reçue 
Sinon je perdrai votre âme 
Enchanté de vous rencontrer, j'espère que vous savez qui je suis 
Mais ce qui vous perturbe, c'est la nature de mon jeu

on était bien loin de la chansonnette guimauve, les Stones par ce titre marquait le début de leur légende, celle d’enfants maudits, rebelles

les années sont passées et le Diable est resté, on dirait même qu’il fait de plus en plus d’adeptes, quand aux Stones, ils arrivent, 38 ans plus tard avec le même chant et le message est hélas toujours d’actualité

écoutez, regardez, la vidéo qui suit est sauvegarde d’une époque ou la liberté de dire et d’être existait encore

Vidéo extraite du Rock And Roll Circus / enregistré le 11 décembre 1968 / inédit jusqu’en 1996 / sortie DVD 2004 – montage graphique et remix sur cette version
Merci à Serge pour la traduction

par daniel souhait publié dans : cris de coeur
Dimanche 16 juillet 2006

la nuit, je le sais

ils murmurent

ils ne sont pas l’homme singé

apparat de comédie

miroir d’ornement

non,

ils ont fait la route avec moi

au fond de mon sac

et de mon cœur

ils vivent ici

dans mon antre

ils portent leurs histoires

les traces de mains

de ceux qui les conçurent

la nuit, je le sais

ils susurrent

dialecte du fond des jungles

incantations divinatoires

reflets chantants au marbre des canaux

mélopées douces au creux des temples

fragment d’être et de croire

parfois, je le sens

ils me sourient

ils ne sont pas stuc, bois poli, argile, pierre, métal

non

juste peau d’hommes

visages du monde

porteurs d’âme

la nuit, je le sais

ils m’appellent
par daniel souhait publié dans : écriture
Mercredi 12 juillet 2006

je fermerai tes yeux

au champ des assoiffés, j’irai tordre la terre

et elle te reniera

les fleurs de pluie que je détrousserai

suffiront pour avorter les flammes

je fermerai tes yeux

puisque se furent les miens

de nos reflets brisés

je détruirai les liens

momie clouée aux échos de chagrin

je fermerai tes yeux

fulgurance du demain

et puis main retrouvée aux sources du lactée

j’irai crier l’étoile

et elle te reniera

je fermerai tes yeux

aux aboiements hirsutes

et glauques des humains

je ferai taire l’onde mièvre des matins

et leurs mots voletants papillons d’incertain

viendront choir en nos corps

loin de tout, loin de rien

je fermerai tes yeux

puisque se furent les miens

je nous enfermerai au dedans de nos ruines

petites perles de sang

desséchées, confondues

au temps blême qui passe

nous resterons statue

je fermerai tes yeux

je n’ai plus rien à voir

à voir et à aimer

ombre de l’ombre, j’attendrai par dépit

 qu’on vienne me renier
par daniel souhait publié dans : poésie
Lundi 10 juillet 2006

la ville suintait, des coulées de lumière ocre serpentaient sur les façades,  les pétunias, corolles flétries ne flirtaient plus avec les géraniums, un tapis prématuré de feuilles desséchées nappait les trottoirs ou tourbillonnait follement aux passages des véhicules

le temps paressait, des paquets de silhouettes silencieuses se dissolvaient mollement aux arcs des bâtis et toujours ces effluves d’égout et de pollen

je marchais, observateur et absent, je savais ce poids aux épaules et au ventre autre que celui de cette moiteur estivale

avais-je un but, un désir blotti au creux de mon errance ?

une mouette rieuse perchée sur le gris brûlant d’une gouttière me guettait, observatrice et absente, je la sentais complice presque compassionnelle, j’ai souri, j’ai chuchoté

aux pavés de la ruelle qui menait au parc, de gros scarabées bleus filaient aux entrelacs de pierre, de lourds papiers gras frissonnaient comme d’étranges draps au caniveau, un fruit éventré s’offrait, agonisant aux essaims affamés

je marchais sans même l’écho de mes pas, je sentais ce temps comme figé ne jamais desserrer son étreinte dansante, observateur et absent

j’ai trouvé un banc et m’y suis assis que pouvais-je faire d’autre ?

j’inventais une bruine, un crépuscule clairet, le jus éclaté d’une framboise aux hérissements papillaires, la marque d’un baiser en taches luisantes sur l’onde de chair

- fiches le camp, bonne à rien, tu nous fais honte

les stridences hystériques et possessives d’une mère par erreur, l’approbation béate et soumise d’un père par erreur, une petite fille sortie de derrière le bouquet de spirées et de tamaris est allée s’asseoir, visage baissé et poings serrés sur un autre banc

les ramures se refusaient à transmettre ce ressac d’affligeante violence, une libellule ou une fée a traversé mes yeux de son vol éthylique et s’est posée discrète face à l’enfant, observatrice et absente , complice presque compassionnelle

une mèche furibonde s’est collée à sa joue, engluée de sueur et de larmes et puis de refus et de promesses, celles enfantines à ne jamais être identique au géniteur

je me suis levé, me suis approché, me suis assis au bout du banc, au bout d’une vie, au bout de cette détresse que j’aurais voulu arracher aux épaules trop jeunes et fragiles de ce cocon si mal ouvert aux dérisions mauvaises des semblants d’hommes

moi aussi le sel sous les cils, libellule, mouette rieuse ou êtes-vous ?

des frissons de banquise comme oripeaux dermiques, j’ai senti l’aura de son regard me traverser, se poser, chercher mon âme, crier en souffles muets, croire encore, complice presque compassionnelle

une brise peureuse arrache la mèche au chagrin et à la peur et nous ôte à tous deux un peu de lourd et de subi, un crapaud brise en ondulations alanguies l’éclat lisse du lac

là, sur ce banc de silence, portés, transcendants aux spirales cramoisies

 nous deux, observateurs et absents
par daniel souhait publié dans : écriture
Dimanche 9 juillet 2006

je suis souvent surpris à la lecture de certains blogs, d’y déceler une idéologie de la liberté d’expression mais d’y voir « fleurir » parallèlement le logo du copyright et la publicité, pour je suppose avoir un signe de reconnaissance et de revenus face à ces créations

mais ne sommes-nous pas éphémères et notre besoin d’expression n’a-t-il d’autres raisons d’être que celles d’être vu et partagé ?

connais-t-on l’auteur des fresques khmers d’Angkor ou des figurines Massaï sorties de la glaise ? et puis que l’on soit Michel-Ange, Einstein, Luther King, Spielberg, Lautréamont ou un simple bloggeur anonyme, notre dessein n’est-il pas de servir l’humanité ? si modestement soit-il…

Malraux, Hossein, Savary voulaient faire descendre l’art dans la rue, gratuitement sans élitisme ni droit d’auteur, juste pour ouvrir ou garder un temps soit peu de conscience universelle…

c’est dans cet esprit de culture/ propriété de chacun que je fais le lien entre ces artistes de rues et notre écran d’ordinateur, puisse cette petite promenade vous surprendre et vous plaire

Du fond de cette caverne qui fascine, les artistes anonymes, effacés de Lascaux nous invitent à nous souvenir d’un temps ou les êtres humains ne se voulurent de supériorité que sur la mort.

G. Bataille 

Rien ne nous empêche de dire que, comparée à la réalité, l’apparence de l’art est illusoire ; mais l’on peut dire avec autant de raison que ce que nous appelons réalité est une illusion plus forte, une apparence plus trompeuse que l’apparence de l’art. Hegel

L'Art est long et le Temps est court. Baudelaire

L'oeuvre d'art naît du renoncement de l'intelligence à raisonner le concret. Camus

L'art est toujours le résultat d'une contrainte.Croire qu'il sélève d'autant plus haut qu'il est plus libre, c'est croire que ce qui retient le cerf-volant de monter, c'est la corde. Gide

Au fait, tout cela est inutile. La grande affaire est de vivre, de vivre par l'imagination et la poitrine, de savoir, de jouer. L'art est un jeu. Tant pis pour celui qui s'en fait un devoir. Max Jacob

toutes ces œuvres sont issues d’un lieu de liberté d’expression ou l’espace est à tout le monde et la créativité encore tolérée

merci à tous ces créateurs

(la Briqueterie / Amiens)

par daniel souhait publié dans : écriture
Samedi 8 juillet 2006

9 juin 1969

les Rolling Stones expulse Brian Jones du groupe, guitariste et fondateur

3 juillet 1969

Brian Jones meurt,

5 juillet 1969

Londres, Hyde Park, Mick Jagger s'avance un livre de Percy Shelley à la main et devant quelques 500 000 présents, se met à lire :

Silence, silence

Il n'est pas mort, il ne dort pas

Il s'est réveillé du songe de la vie

C'est nous, qui perdus dans des visions orageuses

Menons contre des fantômes une lutte stérile

Et, dans une transe maladive, frappons du couteau de nos esprits

Des riens invulnérables

Nous pourrissons tels des cadavres en un charnier

La terreur et le chagrin nous bouleversent

Et nous consument jour après jour

Espérances glacées fourmillant tels des vers dans nos chairs

L'Etre unique perdure, la multitude ne fait que passer

La lumière du ciel pour toujours luira

L'ombre terrestre s'envolera

La vie, tel un dôme multicolore

Teinte l'éclat blafard de l'éternité

Jusqu'à ce que la mort la réduise en miettes

Meurs

Et si tu dois rejoindre ce à quoi tu aspires

Suis le cours de tout ce qui fuit

10 juillet 1969

inhumation de Brian Jones

 

Percy Bysshe Shelley / poète / (1792-1822)

Brian Jones / guitariste / (1942-1969)

Portrait de Shelley / Curran / 1819

à voir : the Stones in the park

par daniel souhait publié dans : cris de coeur

le temps

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