dans l'armoire

sommes-nous ?

si tu ne hurles pas

personne ne croira

que tu as mal

 

 

 

 

 


quelques images

doucement ouvrir...

...l'espace de ce lieu,
de l'amour :
viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs :
la louve, Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent :
tout seul, matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades :
une rencontre, un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique :
lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe :
montségur, enfants du pire, jungle de sang,

entrez, vous êtes ici chez vous...


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Samedi 25 août 2007

regardez le visage jovial et rougeoyant de cet homme
il s’appelle Georges Mothron, on reconnaît facilement le profil du notable, bien assis, mes amis sont avocats, notaires ou chirurgiens
cet homme est député UMP et maire de la ville d’Argenteuil
en 2005 il promulgue un arrêté à l’encontre de la « gêne olfactive provoquée par les SDF », la préfecture rejettera cet amendement digne de théories dont l’histoire se souvient
alors monsieur Mothron, député UMP récidive quelques années plus tard
c’est insupportable, il faut éradiquer ce nuisible humain qui ne demande qu’un abri
alors il achète du Malodore, des bidons à diluer et à pulvériser, un produit irritant et toxique (c’est écrit sur le carton) qui a la particularité d’être nauséabond, on se plaint de la soi-disante odeur on dissuade et on fait pire
monsieur Mothron veut chasser l’humain comme on chasse le termite, le cafard ou le rat
il a oublié que ses employés si loin des préoccupations d’un député ont une conscience et que le respect et l’humanisme deviennent alors l’obligation du refus, ils ne sont qu’éboueurs ou agents de voirie, ils disent que ce geste est condamnable
elle est pas drôle cette histoire,
monsieur Mothron continuera d’occuper son fauteuil parlementaire occasionnellement, les rues d’Argenteuil seront pestilentielles mais vierges d’ombres couchées
et ce grain odieux d’intolérance et plus même est déjà oublié

 

 photo : AFP

 http://www.ville-argenteuil.fr/

à lire : le billet de Michel Giliberti

par daniel souhait publié dans : élections 2007
Mercredi 22 août 2007




et alors
oui j’étais tout jeune, treize quatorze et alors, il y avait peu de télés, j’en avais pas, juste le transistor, plus que complice, dépendance, un voix, de la musique, avec les livres, la seule ouverture vers l’ailleurs
déjà ils avaient pris le sac et glissé sur l’astre, l’encens et l’herbe en bouquets utopiques et fraternels, déjà on consommait c’était la même désespérance avide et le socle du refus, être, avant de produire et d’avaler, se savoir commun, partie du nombre, les pavés en témoignent et les encravatés bousculés, perdus face à l’élan de ceux qui se couchent devant les canons et posent des fleurs à leurs gueules, vos gueules
et alors
mes vingt ans fleuraient bon ces embruns humanistes même si le no futur se voulait justement le futur, quatre heures du mat quand le rêve s’éparpille et là derrière cette glace de restaurant le geste des parents qui nous désignent, surtout fils ne sois jamais comme ça, c’est quoi cette tunique, ces cheveux longs et cet air béat, c’est pas avec ça qu’on redressera le pays, rien n’a changé si ce n’est l’intolérance, la même étroitesse hermétique et dangereuse, celle qui aime la peur parce qu’elle la rassure
et alors
peace and love, je sais ça fait marrer, oh l’autre, hé ! Lennon envoyait un épis de blé à tous les dirigeants de la planète, et écrivait : « war is over », le summer of love a laissé des petits avant que Lennon n’écrive : « dream is over », tous ces héritiers désormais muets, l’attaché-case, le bureau ou derrière la machine avec cette logique désuète de l’homme uni, se taire par dépit, lucidité, désespoir, en tous cas se taire, ils s’aiment et s’embrassent, flirtent avec la source, baiser de boue et de son, d’échos larvés de silences et d’écoutes bientôt de râles et de cris,
laisse-moi t’étreindre et t’offrir les mots qui suivent




ça fait quoi d’hurler à se cogner la tête sur la pierre de tombe
d’être muet au dernier quai, mugissement de rails
de baver l’écume portée de vent à l’horizon de brume
de froisser le papier et ses mots d’organe
ça fait quoi de voir l’enfant, le frère, l’ami, tous amnésiques
de s’apprendre à devenir ombre
de n’être que service, silence et discrétion
d’effleurer le plaisir et d’apprendre à faire semblant

excusez-moi, je me réveille seulement
il y a juste une porte en face et je ne sais ce qu’elle réserve
laissez-moi, avant de l’ouvrir, jeter au souvenir ce qui fut mon présent
je marchais, l’hyper centre se prélassait, une guitare au coin du magasin, une basse et un batteur au bas du beffroi, une chorale au pied de la cathédrale, anonyme et distordue, il était fini le temps des devoirs mais ils m’avaient appris Prévert et Baudelaire, Arrabal et Gogol, quelques néons discrets, mon père discourir une fois de plus sur l’inutilité des cheveux longs et moi déjà absent – c’était quoi, je sais derrière la porte, les impatients sceptiques, c’était le temps de vivre avant l’individualisme qui vous régit désormais, Leary, Watts, Lancelot, Prévert nous portaient verbalement alors que les Stones, Young, Joplin, le Zep ou Crimson. nous offraient la musique, une culture, oui des femmes posaient des bouquets aux bouches des fusils, dans les festivals les flics prêtaient leur casque pour la photo et vous guidaient lorsque vous étiez perdus, l’âme de la rue et du cœur encore vivante
et pourtant,
toujours les conflits, les guerres, parties intégrantes de la connerie humaine et l’espèce coupable s’abreuve d’alibis, il n’empêche que l’humain était encore la norme…
alors qu’en périphérie la ceinture de révolte se bâtissait, les artères urbaines naissantes se façonnaient aussi au nom d’un nouveau mot : l’urbanisme
les fleurs fanent tôt ou tard et les pétales comme d’éphémères espoirs chutent au sol, plus que mourantes, villes  vertes, on disait déjà ça, alors vélo et tramway, c’est à la mode
un autre monde arrive, et c’est encore moins le mien

ça fait quoi de voir se bâtir, baigné de profits et d’inconscience

un décor qu’on rejette, juste un miroir, nos égarements distordus mais c’est l’âme qui manque, les cris étouffés ne seront même plus souvenirs,
le sang du pauvre désormais renié
ça fait quoi de se voir absent, bientôt, déjà fardeau aux engrenages
on vous demande pas d’être humain ou réfléchi
juste obéissant, t’as compris on s’en occupe
d’effleurer le plaisir et d’apprendre à faire semblant
alors j’ai ouvert la porte, celle du temps qui file
j’étais bien éveillé à la sagesse et l’humilité
laissez-moi, laissez-moi encore hurler ce vide naissant et désormais irrémédiable, ce je dictateur, de l’état au lambda,
je marchais, l’hyper centre sécurisé, caméras, verrues délatoires aux façades, aux carrefours, aux angles des couloirs, et puis des uniformes de couturiers et des primes au rendement, police qui traverse la ville comme dominatrice et intouchable, manque que les chars, on y viendra peut-être, portique électronique comme bienvenue en magasin, un piano muselé au fond de la ruelle, l’aspiration et le constat écrits en désespoir sur les murs, derniers rappels aux bienfaits des couleurs, ultimes signes de vie, la pierre toujours en parchemin comme ceux des grottes, une voiture arrêtée frissonne aux résonnements saccadés d’un slam, témoin et soumis, ou sont les fédérateurs, les assembleurs, des tags hirsutes, quels noms pouvoir dire, quel but sociétal afficher aux panneaux, à l’encontre de la consommation pure, dites, ou sont les poètes ?
et pourtant,
toujours la chair volontaire et celle anonyme et meurtrie, Orwell l’avait dit, le scan au fond de l’iris, les Pistols l’ont hurlé, le rap des caves s’en nourrit, les périphéries victimes d’elles même s’enflammaient, avenues grouillantes, silhouettes aveugles qui monologuent, boites noires greffées à l’oreille, regards-défis, baisser les yeux comme taire son refus, c’est la paye qui dirige, allez zap…, des jonquilles, des géraniums et au caniveau des lambeaux de chiffon, enfants de laine pardon de l’haine, la casquette comme drapeau, des mots et de la peinture en gueulantes ultimes et puis des uniformes comme des frontières…

ça fait quoi de se voir poser des mots sur un clavier aux intimes de la nuit, ce sont certainement des larmes déjà toutes sèches, des souvenirs devenus hiéroglyphes, des actes et des visages au détour de l’écume, une goutte sur le pavé, il y a des notes que la voûte renvoie et qui caressent nos douleurs,
 

 

 

 

 

 

 

 

et alors
ça fait quoi de décrire, et de conter
juste continuer d’être

we are one

par daniel souhait publié dans : écriture
Dimanche 12 août 2007

là tout seul
cette table vide, juste mon assiette,
salut Léo
tu viens voir ma gamelle, tu viens me voir, sous les pavés y’a plus rien, ma révolte se meurt, suis-je encore, des enfants qui vendent leur âme pour se modéliser, se fondre à l’anonyme, je regarde le ciel et ses traces qui enflent, tatouages furtifs de ceux qui s’envolent vers d’autres horizons et ma bouffe froide que je me force à ingurgiter, on dit que c’est pour survivre, comment t’es là haut ?

là tout seul
cette maison, juste une escale
salut Jacques
toi tu sais peut-être , ce pays tout plat ou le ciel est si grand, ces clochers de fortune ce mesquin habillé d’alibis et ces castes d’occident que personne n’entache, plus ça devient vieux, plus je me sens seul, t’as pris les îles, les bateaux ne voguent pas sur l’asphalte, le cri des gamins aux pieds des tours et mon assiette figée, festin d’insectes, on dit bien qu’il faut vivre même si on sait pas pourquoi, tu vas bien là haut ?

là tout seul
ce lit froid, juste une passerelle
salut Daniel
tes cris se sont fondus aux miens mais la bouteille s’est cassée, même incompréhension même solitude, les vagues nous balancent leur écume d’égoïsme et l’on fend le flot sans savoir ou l’on va, oui la vie ne nous apprend rien, juste à s’y faire, planter là et s’adapter avec patience et aveuglement, mutisme et lucidité, ou sont les bons et les méchants ? dans l’assiette, restants d’excès, miettes larvées d’écoeurement, c’est supportable là haut ?

là tout seul
cet encrier tari, juste un manque
salut Claude
tes mots m’agrippent, ma ville n’est pas de pierres roses mais sa banlieue embrasse les favelas, sans la fête, sans les couleurs, et c’est bien un ring qui nous encercle, la brique  redessine l’horizon si loin du bleu lavande et du chant des grillons, juste une plume d’ange qui cherche à se poser, un sax qui traîne et mon assiette  soudain blanche, dis, on s’y fait là haut ?

là tout seul
avant que les doigts ne se figent, juste un sursaut
salut Edith
les mots n’osent venir, tu as tout dit, au fond de ton timbre, tout l’humain qui s’abreuve, méat avide, saignements d’amour piétinés sous la foule, l’hymne à l’ego s’enfle et se répand aux dédales de consciences asséchées, les amants se consument sous une lune souillée et les notes dépourvues se brisent aux matins froids, ils te laissent chanter là haut ?

là tout seul
l’assiette posée au sol, juste un chien qui s’approche…

par daniel souhait publié dans : écriture

le temps

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