doucement ouvrir...
...l'espace de ce lieu,
de l'amour : viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs : la louve,
Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent : tout seul,
matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades : une rencontre,
un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique : lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe : montségur,
enfants du pire, jungle de sang,
entrez, vous êtes ici chez vous...
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parce que la nuit
fourmillement d’ombres et chemins retrouvés
l’intro qui prend doucement, un piano qui pose là des notes d’automne, glauques et cristallines avant la rage électrique d’une guitare saturée
et puis, Patti, ta voix, rauque, envoutante et tes cris d’écorchée à la face livide du monde
parce que la nuit
drapeaux de peur et de sang, mensonges et monnaies
comme toi, Rimbaud, Ginsberg, Burroughs, Blake
des mots d’éveil et de conscience, des mots nus, de visions éclairées et déchues
alors, Patti, c’est ton étendard que j’ai pris, celui de la paix, de la révolte, flambeau oscillant d’un monde juste aux tempêtes tourmentées de l’histoire souffreteuse
« Jésus died for somebody's sins but not mine... » - Jésus est mort pour les péchés de quelqu'un mais pas les miens...
ton visage androgyne, jean troué, veste trop grande, pythie engagée et lucide, avec des mots à toi si loin des codes et des principes
parce que la nuit
arc jaunâtre du chevet sur les pages que je tourne
toi, Patti, fille d’Arthur, je te relis
rêve de Rimbaud
je suis une veuve. ça pourrait être à charleville ça pourrait être partout. avance derrière la charrue. les champs. le jeune arthur rôde dans la ferme la pompe le puits artésien . jette du verre vert alias cristal brisé. m’atteint à l’œil.
je suis en haut. dans la chambre à bander ma blessure. il entre. s’appuie contre le lit à baldaquin. ses joues rougeaudes. air méprisant grosses mains. je le trouve foutrement sexy. comment cela est-il arrivé demande-t-il négligemment. trop négligemment. je soulève le bandeau révèle mon œil fouillis sanglant ; un rêve de Poe. il reste bouche bée.
je balance vite et dur. quelqu’un l’a fait. tu l’as fait. il tombe prostré. il pleure il enlace mes genoux. je saisis ses cheveux. cela me brûle presque les doigts. épais feu de renard. chevelure jaune et douce. et pourtant cette teinte rousse impossible de s’y tromper. rubiforme. éblouissant rouge. cheveux de l’Elu .
oh bon dieu je le désire. sale fils de pute. il lèche ma main. je me reprends. va-t-en vite ta mère attend. il se lève. il s’en va. mais pas sans le regard, de ses yeux bleus et froids, qui fracasse. celui qui hésite est à moi. nous sommes sur le lit. je pose un couteau sur sa gorge lisse. je le laisse tomber. nous nous étreignons. je dévore son cuir chevelu. poux gras comme des pouces de bébé. les poux caviar du crâne
oh arthur arthur. nous en Abyssinie Aden. faisant l’amour fumant des cigarettes. nous nous embrassons. mais c’est bien plus. azur. piscine bleue. lac d’huile luisante. les sensations se télescopent, animent. golfe cristallin. boules de verre de couleur explosant. la couture de la tente berbère se fend, s’ouvre, ouverte comme une grotte, ouverte plus grande encore. reddition sans condition.
parce que la nuit
comme pour gommer le vide et la peur, je t’écoute
encore, toujours, depuis trente ans je t’écoute, ta voix comme complice, intègre et offerte qui fait les yeux grands ouverts aux confins du nocturne
et puis ces riffs qui ragent ou qui pleurent qui voudraient porter et emporter la dérive de l’humain
défoncée à la révolte
ce que je ressens quand je joue de la guitare est complètement froid et fou. comme si je ne devais rien à personne et c’est juste un essai rien que pour voir jusqu’où je peux me détendre dans l’onde froide d’une note. quand tout sonne juste (juste et droit) la note de noblesse peut se prolonger indéfiniment. je ne me lasse jamais du Mi solitaire et je fais confiance à ma guitare et me moque du reste. parfois j’ai l’impression d’avoir brisé les chaines d’être libre et de pouvoir creuser dans l’éternité à chevaucher l’onde et le royaume du Mi. parfois ça ne sert à rien. je suis là à lutter pleine d’angoisse – craignant de ne jamais pouvoir extraire assez de graphite de mon crâne amoché pour inspirer ou asphyxier les yeux broutant les yeux broutant comme des vaches affamées de l’autre coté de la scène ou de la page. intérieurement je suis tout simplement folle. intérieurement je dois continuer. je la vois, ma muse raide, en saillie dans la forêt comme une statue brisée qui prend de la vitesse. l’année coloniale est morte et les grecs aussi sont finis. le visage d’alexandre demeure non seulement grâce au sculpteur mais grâce au pouvoir au magnétisme et à la prévoyance d’alexandre
l’artiste se préserve. garde l’ai fanfaron. est enivré par le rituel comme par le résultat. regardez-moi je ris. je lape dans la paume brune et dure du boxeur. je fais confiance à ma guitare. par conséquent nous tombons dans les pommes ensemble. par conséquent je pataugerais à travers l’écume pour lui et l’écume est devant mais nous nous contentons de rire. montant avec la montagne creuse j’arrive au sommet. nous nous agenouillons nous rions nous rayonnons enfin. cette révolte est un gaz que nous dépassons
parce que la nuit
la mienne, la tienne, la nôtre
et ce rêve improbable...
dessins :
- autoportrait / Patti Smith
- Arthur Rimbaud / Patti Smith
textes en italique :
Corps de plane – écrits 1970-79 / Patti Smith / Tristram
vidéo :
land : horses / Patti Smith / Horses / live 1976
dans l’indifférence générale se déroule aujourd’hui la 25 ème journée internationale de la Paix, Que nous devions obéir à toutes les lois, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, est une invention récente.
le vol anonyme et étouffé d’une humanité meilleure au dessus des brasiers de violence et de morts
alors, juste pour y croire encore et toujours, quelques phrases de celui qui puisa sa sagesse dans toutes les religions et philosophies, le Mahatma Gandhi
L'amour est la force la plus puissante que possède le monde, et pourtant elle est la plus humble qui se puisse imaginer.
La loi de l'amour se montre plus efficace que ne l'a jamais été la loi de la destruction.
Je cherche à émousser complètement l'épée du tyran, non pas en la heurtant avec un acier mieux effilé, mais en trompant son attente de me voir lui offrir une résistance physique. Il trouvera chez moi une résistance de l'âme qui échappera à son étreinte. Cette résistance d'abord l'aveuglera et ensuite l'obligera à s'incliner. Et le fait de s'incliner n'humiliera pas l'agresseur, mais l'élèvera.
Puisque j'ai rejeté l'épée, il n'est plus rien d'autre que la coupe de l'amour que je puisse offrir à ceux qui se dressent contre moi.
En réalité, il existe autant de religions que d'individus.
Celui qui est parvenu au cœur même de sa propre religion est aussi parvenu au cœur des autres religions.
Là où il y a la peur, il n'y a pas de religion.
Les religions sont comme des routes différentes convergeant vers un même point. Qu'importe que nous empruntions des voies différentes, pourvu que nous arrivions au même but.
A l'instant où l'esclave décide qu'il ne sera plus esclave, ses chaînes tombent.
Je n'aime pas le mot tolérance, mais je n'en trouve pas de meilleur.
Si chacun ne conservait que ce dont il a besoin, nul ne manquerait de rien, et chacun se contenterait de ce qu'il a.
Les systèmes économiques qui négligent les facteurs moraux et sentimentaux sont comme des statues de cire : ils ont l'air d'être vivants et pourtant il leur manque la vie de l'être en chair et en os.
La démocratie devrait assurer au plus faible les mêmes opportunités qu'au plus fort.
- dis papy, comment tu fais pour avoir un si beau jardin ?
- ah petit, la nature tu sais, c’est la plus sage, elle se suffit à elle même, regarde les feuilles mortes que je ramasse ou les épluchures de légumes de mamy et bien elles pourrissent et se décomposent, j’en fais un compost et après je le mélange à la terre pour la nourrir et l’alléger
- mais alors tu mets pas d’engrais comme les autres ?
- et non ! t’as déjà vu les paysans quand ils épandent dans leurs champs le fumier des bêtes, et bien c’est juste de la paille et le caca des vaches et le jus qu’on appelle lisier on le met aussi, il n’y a pas meilleur engrais et c’est naturel, ça redonne à la terre tous les éléments nécessaires pour bien faire pousser les plantes
- et là, tu fais quoi papy, tu vas te piquer avec les orties, ça fait mal !
- regarde, petit quand tu la prends par en dessous et que tu remontes et bien elle pique pas l’ortie, faut juste la connaître, tu sais je n’ai rien inventé, tout ce que je sais on me l’a transmis, on appelle ça la sagesse populaire, la tradition
- et tu vas faire quoi avec l’ortie, pourquoi tu la coupes et t’enlèves les feuilles?
- je vais te le dire mon enfant pour que tu le saches et le transmettes à ton tour et pour t’avoir expliqué ce que je vais faire, je risque 75 000 € d’amende et 2 ans de prison – tu vois je mets 1 kg de feuille dans 10 litres d’eau de pluie et je laisse le mélange pendant 8 jours environ, cela devient du purin, ensuite je récolte le liquide, tu sais ça pue, et je le mélange dans l’eau que je projette sur les feuilles de mes légumes pour tuer les pucerons et les maladies ou alors j’en mets plus et j’arrose la terre et ça fait de l’engrais, tu comprends ?
- dis papy, tu vas pas aller en prison pour m’avoir dis ça ?
- si petit, je risque d’y aller, un décret en date du 1er juillet interdit de transmettre toutes connaissances, enseignement ou livre sur le recyclage de produits naturels non homologués, tu vois on modifie les gènes des plantes dans des laboratoires sans en prévoir les réactions et les conséquences, on donne à manger de la viande en poudre à des herbivores, on souille la terre de produits artificiels mais on a plus le droit de faire les choses naturellement – tiens rappelle toi cette phrase d’un grand chimiste qui s’appelait Lavoisier : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », c’est ça la nature
- si ils viennent papy, je te défendrais !
- tiens mon enfant, prends un oignon et trois pommes de terre avec le reste des orties on va se faire une bonne soupe tant qu’on peut encore…
pour en savoir plus :
le décret, la pétition, la réaction du spécialiste
11 septembre 2001
attentats contre les Etats unis d’Amérique : 2749 morts
11 septembre 2006
Irak : Du 20 mars 2003 au 26 août 2006, les Etats-Unis ont perdu 2592 militaires, dont 2025 par fait de guerre. Ces chiffres résultent d'une exploitation des données détaillées publiées par le Washington Post (le 1er septembre 2006, ce journal indiquait un total de 2614 tués. Ce nombre inclut des militaires dont le nom n'a pas encore été révélé, ainsi que des employés civils du Pentagone)
et puis les civils : Bagdad : 1584 morts violentes en août
100.000 civils irakiens sont morts à la suite de l'intervention US en 2003
certains chercheurs estiment à plus de 200 000 le nombre de civils morts sur les deux conflits
Afghanistan : militaires ou civils, il est impossible de connaître
un nombre approximatif des victimes, on sait juste que la guerre reprend, plus de 200 morts samedi 26/08/2006
voilà si ce n’est pas déjà fait maintenant, M. Bush aura tué à lui seul autant et plus d’américains que ne l’aura fait l’acte terroriste du 11 septembre 2001
11 septembre 2012
inauguration officielle de
541 m de haut, le plus grand édifice au monde, l’orgueil américain perdure, la leçon n’a pas été comprise
je n’aurai pas l’indécence de faire des additions
le lecteur est libre de penser comme il l’entend
à lire :
- Pouvoir et terreur - entretiens après le 11 septembre / Noam Chomsky / Le serpent à plumes
- L'autre Amérique - les Américains contre la guerre / compilation d'auteurs américains / textuel
de toutes façons là ou ailleurs
les nuits sont toujours les mêmes,
si je baise ce soir ce sera toujours ça de gagner contre la mort
à l’entrée d’Hidden hills ça puait l’urine, il y avait du verre cassé comme tapis rouge
Paul m’a dit que c’est un mec bien, qu’on allait s’entendre
le son était pourri mais c’est du blues alors j’ai rien dit
je l’ai vu tout de suite
déjà il tapait la bouteille
sa chemise entrouverte sur son torse de colosse
je voyais la sueur en filaments glisser de sa nuque et s’accrocher à l’étoffe
oui, je vais me le faire, j’aime ces types qui en ont qui en dégagent
- hey mec c’est moi, Janis
Jim s’est retourné, je l’ai vu dans ses yeux, je faisais l’affaire
sur les sofas auréolés de taches de gerbes et d’alcool séchées, une bande de freaks apeurés devaient jardiner le peyolt sur Mars ou Neptune
- tu sais on m’appelle Pearl aussi, c’est le nom qu’on donne aux putes par chez nous
Jim éclusait, son visage rougissait sous l’effet du liquide, moi j’attaquais ma première de Southern, on était comme deux cons un peu timide et impressionnés par l’autre,
il est beau ce type, putain il en met
Paul s’est mis à l’écart, je le voyais nous mater trop heureux de réunir deux grandes gueules du rock peut-être aussi parce qu’il craignait la suite
c’était de ces nuits de ouate brune et troublée, de fines tentures psychédéliques étaient accrochées pour cacher la lèpre plâtreuse des murs et les néons délavés injectaient des reflets criards aux volutes sombres de la fumée
la voix de l’ogre s’amplifiait à mesure que les verres se vidaient, je ne saisissais pas tous ces propos, il me parlait de lézard, d’aura et de contre-culture, je le sentais partir dans un désespoir ou grandissait l’agressivité
merde je veux juste baiser, j’veux pas de pseudo délire orgasmique, non, rien qu’une bonne queue pour oublier ma peur et cette putain de solitude qui me ronge
c’est foutu pour ce soir, j’en ai marre de ce bastringue de ringards friqués et je vois soudain Jim commencer à cogner un mec, il en impose avec sa carrure de géant, ses mèches frisées qui lui poissent le visage, le type à terre s’est relevé et s’est tiré
- lâche-moi, mec, t’es trop speed, prend un truc ça te calmera, non c’est foutu, fais pas chier
plus je le repoussais plus il en demandait, appuyé sur le bar, titubant il cherchait encore à saisir des bribes de vie comme des bouées avant les voiles torturées du délire
j’ai traversé la salle, suis allé voir Paul
- tirons-nous, j’en peux plus
dehors sous le halot du réverbère, deux junkies se faisaient un fixe, on est monté dans la voiture et j’ai entendu Jim qui beuglait en cognant sur le carreau, il a ouvert la porte m’a tiré par les cheveux, merde mes plumes
tu sais quoi, j’ai pris la bouteille de Southern et je lui ai fracassé sur la gueule, j’ai vu Jim osciller et s’écrouler sur l’asphalte, j’ai regardé Paul, inquiète
- t’en fais pas, il va s’en remettre, la violence, il connaît, il aime ça
le lendemain, Paul m’a appelé, il était allé voir Jim en répétition
- tu sais ce qu’il m’a dit, Janis, que t’étais une femme géniale, grandiose, qu’il voulait te revoir mais quand il m’a demandé ton numéro de téléphone, je lui ai dit que c’était peut-être préférable de laisser tomber et je l’ai senti anéanti
( librement inspiré de Break on through : The Life And Death of Jim Morrison / Riordan James et Prochnicky Jerry )

« Je suis un être humain, sensible, intelligent, affligé de l'âme d'un clown qui me force toujours à tout gâcher aux moment les plus importants » - Jim Morrison
« Sur scène, je fais l'amour à 25 000 personnes. Après, je rentre à la maison, seule. » - Janis Joplin
il est des moments de pertinence nécessaire
de frissons à la voix conscience
qui nous éveille, nous réveille
un piano comme béquille
et des mots qui résonnent
toi que j'aime
je n'étais rien ou bien quelque chose qui s'en rapproche...
s'il te plait, écoutes, écoutez
juste deux minutes quarante cinq secondes
il y a plus que des discours
il y a les mots
et tellement d'amour
merci Abd Al Malik
musique : Abd Al Malik / l'alchimiste / Gibraltar
allez viens,
je veux juste faire un bout de chemin
avec toi
je dis tu même si je pense vous
tu es plus proche
que ces ombres assoiffées
qui tous nous hantent et nous rongent
je veux respirer, je veux vivre et voir des yeux rieurs m’observer, des accents, cris de bouches, semer encore la terre et les couleurs du monde, et cette voie de rocaille parsemer le désert, nuages translucides, cocon liquide, l’effort salé du désespoir, le souffle du naseau
viens, me lâches pas
faut digérer le trop plein
gueulements de flics et d’ambulances
des carrés, des cubes, l’indécence urbaine
agressive et criarde
au fond des couloirs ou sur canapé frileux
coincé, engoncé au survivre narcissique de l’espèce
on s’argumente, on s’alibi
naufragé obligé aux cycles du remous
viens, nous lâchons pas
on aspire tous les deux à cette aube plus bleue
un plus un égale deux
je veux croire encore aux tourments de la peau,
aux messages de la pierre et de ses oripeaux
le canon étouffé
sous le chant de l’oiseau
et le mot liberté
tatoué sur nos peaux
viens, me dis pas que je suis seul
il y a l’autre affamé
et celui sous le fer
et l’enfant déchiré et le travail des mères
le soldat obligé et le sang, la misère
non,
on reste pas muet devant tant de colères
dessinons tous les deux
des couleurs sur les ruines
c’est maintenant ou jamais
semer ou récolter
je m’égare, m’illumine
sous l’éclat du programmé populaire, j’erre et j’observe, jungle apeurée, courbée et silencieuse, comme ces tournesols fatigués de soleil, j’entends leurs voies vengeresses et cruelles, je suis dedans,
t’es avec moi…


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