dans l'armoire

sommes-nous ?

si tu ne hurles pas

personne ne croira

que tu as mal

 

 

 

 

 


quelques images

doucement ouvrir...

...l'espace de ce lieu,
de l'amour :
viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs :
la louve, Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent :
tout seul, matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades :
une rencontre, un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique :
lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe :
montségur, enfants du pire, jungle de sang,

entrez, vous êtes ici chez vous...


-------------------- 

Lundi 31 octobre 2005
la mort,
cette seule certitude
et puis le vide
qu’elle engendre,
ce manque égoïste,
le présence aimée
soudain absoute
la mort
notre unique projection
le reflet d’un avenir
qui nous terrorise
c’est nous
sous la tombe
sous les chrysanthèmes
que la première gelée
va détruire
la mort
fête pour tant d’autres
qui savent l’au delà
meilleur peut être que le présent,
forcément,
ce sont les pauvres

ce pseudo paradis

qui plutôt que nous réjouir,

nous attriste
la mort
ceux qui se la donnent
qui la décident
trop fatigués
trop usés
et ceux qui la subissent
couloir blanc
perfusion
douleurs ultimes
attente désirée
la mort
 

 
aujourd’hui
j’ai sorti mon cerf-volant
j’ai fait
comme dans le pacifique
comme en amérique du sud
ou en Asie
j’ai fait voler
l’âme des défunts
plus près de l’inconnu
plus près de l’ignorance
si près du souvenir
 
la mort est subjective
la mort est un concept
Samedi 29 octobre 2005

  le rêve éphémère

qui se meurt en silence

avec ce goût amer

cette étrange indulgence

ce cri au désespoir

cet appel incertain

la pluie dans ton regard

et du sang dans tes mains

par daniel publié dans : poésie
Samedi 29 octobre 2005

ils te pourchasseront pour un oui pour un non

pour avoir voulu décorer ta prison

et cet ordre souillé qui te fait des barreaux

saura bien te bouffer jusqu'à tes derniers os

tu voulais seulement le droit d'imaginer

t'isoler quelque peu, pouvoir te reposer

ils t'ont pris tes désirs, t'ont battu jusqu'au sang

il te faudra apprendre à rester dans les rangs

par daniel publié dans : poésie
Samedi 29 octobre 2005

2000

2000 vies perdues, rouge sang sur jaune sable

combien d'orphelins, de veuves, d'âmes esseulées au nom d'un homme et d'une pseudo démocratie

la mort jaillissante au fracas d'une bombe

et puis celle des occupés qui n'interresse plus la presse et dont on se garde bien de donner un nombre

comme dit no one is innocent : "la bible dans la poche revolver"

et le monde, éternel témoin muet et complice

Samedi 29 octobre 2005
cuisses humides, mollesse et vide
membres rougis sur les draps blancs
les yeux hagards, visage livide
tu te vois te regardant
 
elle se rhabille, fausse pudeur
et tu la fuis comme écœuré
avec l’angoisse au fond du cœur,
l’indifférence du condamné
 
une cigarette et du dégoût
elle te regarde comme hébétée
tu veux partir mais tu t’en fous
et tu la vois se recoucher
 
alors jaillissent dans ta tête
les tremblements du désespoir
et dans la nuit ta silhouette
qui va se fondre au dérisoire
par daniel publié dans : poésie
Samedi 29 octobre 2005
premier jour
j’ai lavé la gamelle avec l’eau propre qu’il restait
l’enfant a dormi toute la journée,
des râles dans son sommeil
je sens mes yeux qui piquent
il me faut me débarrasser de toute cette poussière
le temps est devenu trop long
deuxième jour
l’enfant s’éveille, il traîne à quatre pattes dans les détritus, l’air étonné mais serein
j’ai fais cuire un peu de viande que j’ai mélangé avec des biscuits
il a peu mangé et moi je n’ai pas encore faim
troisième jour
l’enfant est beau quand il rit
il me reste ça
j’ai trouvé un miroir, il ne reflétera plus jamais d’image
j’ai quand même vu mes yeux
rouges sur ma peau trop blanche
j’ai compté mes réserves, quelques jours encore
le nécessaire pour l’enfant
quatrième jour
l’enfant n’arrête pas de gémir, il se roule par terre, il n’a pas chaud
paraît normal
je l’ai emmené sur la plage
l’eau est noire
l’air reste jaunâtre
onzième jour
j’ai creusé dans le sable
j’ai mis des planches calcinées pour maintenir la fosse
j’agirai ce soir
j’ai jeté le miroir
l’enfant pleure et moi fort mal à la tête depuis ce matin
douzième jour
je n’ai pas pu agir hier, pas oser
c’est pour après midi
le sable glisse déjà dans le trou
l’enfant torturé me suit partout
l’air devient brun, la mer reste noire
encore ces maux de tête
treizième jour
l’enfant et maintenant,
moi…………….
Vendredi 28 octobre 2005

Voici quelques citations d'hommes politiques, philosophes, religieux ou médiatiques.

Eh ! Vous savez pas s'il y a un remède contre l'amnésie ?

Rappelez aux diginitaires : le soin de l'humain.

Jean Paul Sartre

Il n'y a qu'une seule race : l'humanité.

Le courage c'est de chercher la vérité et de la dire.

Jean Jaurès

Les gouvernements sont les premiers à violer les droits de l'homme. Si l'on veut être du coté juste, il faut être avec le peuple.

Shirin Ebadi

Prix Nobel de la Paix 2003 / Première femme musulmane qui accéde à un prix

Sur ma tombe, je voudrais que l'on écrive : "Il a essayé d'aimer."

L'Abbé Pierre (1er février 2004, 50 ans pile après son appel sur le logement - hiver 1954)

Le terme "service public" est remplacé par "service d'intérêt économique général"

Extrait de la constitution eurpéenne (non appliquée à ce jour:11/2005)

Il n'y a de façon de lutter contre le pouvoir que d'en créer un autre.

Montesqieu

Faute de fortifier la justice, ils ont justifié la force.

Pascal

 Le jour ou les terriens prendront figure humaine,

j'enléverai ma cagoule pour entrer dans l'arène.

H. F. Thiéfaine

Ce n'est pas moi qui clame

c'est la terre qui tombe.

Noir Désir

et d'autres vont suivre...

Vendredi 28 octobre 2005
emmène moi
sort moi de ce cloaque nauséabond
donne moi ta chaleur nourricière
nous irons cueillir quelques brises de vent
je t’habillerai d’embruns
et l’écume grisâtre
du jour finissant
sera notre édredon
emmène moi
aux confins du réel
donne moi l’abysse de tes yeux
nous tisserons des méandres de rêves
je déposerai sur toi
des perles de larmes
et la brume ouatée
de l’aube évanescente
sera notre horizon
par daniel publié dans : poésie
Jeudi 27 octobre 2005

au moment du départ, je n'ai qu'une valise,

un lambeau de quai me conduit à ce train

issu de ma mémoire à jamais insoumise,

je fuis avec mes rêves incrustés de chagrin

toujours sur mon chemin, j'ai laissé ma détresse

tel une marque stérile, étrange maladresse

et fuyant mon destin comme délaissé des autres,

j'ai préché l'incertain étant mon seul apôtre

par daniel publié dans : poésie
Jeudi 27 octobre 2005
Raphaël était très pâle.
Prostré sur le bord du canapé, il me jeta dans un demi sourire forcé, avant que je ne prenne congé:
- T' inquiètes pas Pierrot, ça va aller. Tu sais tout est transitoire et passager dans la vie, ça n' est qu' une question de patience. Allez, salut, et merci d' être venu.
Je le regardais encore en fermant la porte, figé, immobile, comme atteint d' une paralysie naissante. Raphaël mon pote, mon ami de toujours. C' est Tine, sa compagne qui m' avait prévenu. Tine, nous l' avions connu ensemble, Raphaël et moi. Une de ces nuits ou l' on voudrait reculer l' aube, ou la fumée et le vin deviennent les tremplins de la complicité et du rêve, du délire et du désespoir. Raphaël était timide, parfois désemparé. Et c' est le hasard qui nous fit la rencontrer. La même table, les mêmes solitudes égarées, le même mal intérieur peut-être. Raphael était de ces gens, qui une fois les vannes de l' amour ouvertes, laissait jaillir sa tendresse et sa douceur à qui voulait s' en abreuver. Tine et lui se rapprochèrent trés vite, et je les trouvais bien ensemble, l' un paraissant subvenir aux carences de l' autre, et réciproquement. Déjà trois ans qu' ils avaient décidé d' unir leurs douleurs et leurs espoirs. Moi, Pierrot, témoin silencieux de leur union, j' étais resté prés d'eux, complice et ami, regardant le temps qui passe.
Et puis il y eu ce soir. Le soir de la visite de Tine, la première.
- Pierrot, tu devrais passer voir Raphaël. Il est étrange. J 'ai comme l' impression de ne plus le reconnaître. Il est drôle.
- Malade, non? Il couve peut-être quelque chose?
- Non, c' est pas ça, d' ailleurs il est passé voir le toubib avant hier. Juste un p' tit traitement vitaminé. Non, c 'est différent. Lui si jovial, si expressif d' habitude, tu le connais, et bien il devient silencieux, taciturne, maussade. Il ne parle plus, sourit à peine, et surtout, ce qui m'alarme le plus, c' est que parfois il reste des heures, comme hébété, recroquevillé sur lui même à regarder je ne sais quoi, l' air à demi absent. Je sais pas, j' ai un peu peur. Passe le voir, tu veux? Tu me diras ce que tu en penses.
Pauvre Tine, en descendant l' escalier qui mène à la sortie, je ne pouvais m' empêcher de penser à elle. Je venais de quitter Raphaël, et j' avais l' impression confuse que quelque chose d' étrange s' était produit en lui. Quelque chose d' inexplicable. Deux heures passées ensemble, à chercher la faille, l'explication. Il n' avait pas bougé, pas même pour m' offrir à boire, geste qu'il faisait toujours. J' avais dû le harceler pour lui faire sortir quelques phrases. Des phrases ambiguës, comme des symboles, prononcées avec lenteur, comme étant le fruit d' une profonde réflexion. Que se passait-il? Ou que s' était-il passé?
 Les mêmes mots revenaient toujours dans ses propos: transitoire, évolution, aboutissement, patience.
Raphaël mon frère, que deviens-tu? Il paraissait posséder une vérité qu' il voulait préserver aux yeux des autres, ou ne dévoiler qu' a demi mots, qu' en sous-entendus.
--------------------
Les fleurs desséchées avaient laissé choir leurs pétales meurtris, dessinant sur la table une arabesque terne et désordonnée. Dehors, le vent livrait bataille contre les éléments. C' était l' heure d' avant la nuit, l' agonie douce du jour. Le téléphone déchira la torpeur.
- Pierrot, c' est Tine, excuse moi.
- Raphaël ?
- Oui, ça s' aggrave. Depuis quand es-tu passé ?
- Avant-hier, je comptais venir ce soir.
- Oui viens ! Ecoute, il ne mange plus, il est hagard, il reste immobile, c' est à peine s' il me parle, il dit qu' il est bien, qu' il faut le laisser tranquille, qu' il sait ce qu' il a, que c' est momentané. T' es le seul qui peut m' aider, viens.
- J' arrive.
Le froid du dehors m' avait surpris, et c' est en courant que j' atteignis ma voiture. Raphaël que t' arrivait-il ? Combien de fois avions nous remodelé le monde ? Le verbe, tu savais t' en servir mieux que quiconque, tu savais bâtir, détruire, dompter les mots à ta convenance. Combien de visages silencieux t' avaient écouté, regardé, traverser les nuits, nous emmenant dans ton sillage et tes fulgurances. Tu étais l' expression même de la vie, la pensée enfin mise a nue, dépouillée de tout ce qui hantait notre conscient.
Lorsque Tine m' ouvrit, ce qui me frappa d' abord, ce fut l' odeur. Une odeur un peu âcre, de bombyx, de papier desséché, tenace et agressive. Raphaël était sur le canapé, au même endroit que lors de ma dernière visite. Il était roulé sur lui même, tel un fœtus gigantesque.
- Salut,.....rot,..tu viens voir le malade. C' est rien tu sais, juste le début de la métamorphose....un passage en quelque sorte.
Assis prés de lui, je le regardais. Il était blême, les yeux presque fermés. Ses doigts repliés ne semblaient plus irrigués par le sang. Il avait maigri, ses joues creusées lui donnaient un aspect cadavérique.
- Pierrot, surtout si tu m' aimes, n' alerte personne. Je te le demande. Tu vois j' ai tous mes esprits. Je crois savoir ce que j' ai, j'peux pas t' en dire plus. Occupes toi de Tine, au cas ou. Maintenant s' il te plait laisse moi seul, laisse moi continuer, et merci pour ton silence.
A peine avait-il fini de parler, que je le vis se replier un peu plus, retombant dans le mutisme qu' il observait depuis plusieurs jours.
Raphaël, Raphaël. Ou vas-tu? Tu sembles vouloir te couper du monde, volontairement. Quitter cet horizon contraignant que tu paraissais pourtant avoir accepté. Tu voudrais nous quitter, peut-être, en douceur? Retourner à la source de vie, remonter le temps?
Traversant de nouveau la ville, je voulais comprendre. Toutes ces solitudes grouillantes, dirigées par je ne sais quel farce, ardente fourmilière, nimbée de la lueur pâle des néons. Et là bas, perdue entre quatre murs, une femme qui s' interroge et un homme silencieux, vision obscurcie d' un présent en transit.
--------------------
Deux nouveaux jours s' étaient écoulés. Tine était passée me voir. Elle était perdue, désemparée. Elle me disait que ce n' était même plus la peine d' aller le voir, ses yeux s'étant définitivement fermés. Il parlait de moins en moins, ne buvait plus, et ne demandait qu' une seule chose, garder le secret, ne faire intervenir personne. Indécis, je ne savais que faire. Fallait-il que je le revois, ou devais-je respecter ses désirs, ne rien dire. J' attendais.
Et puis vint le surlendemain.
Je revenais du travail, lorsque gravissant les escaliers, j' entendis du bruit. Tine était assise au pas de ma porte, elle pleurait.
- Pierrot, Pierrot, Raphaël n' est plus à la maison. Je suis rentrée tout à l' heure, et il n' était plus là. Il a pris la voiture. Il ne m' a même pas laissé un message. Dans l' état de faiblesse ou il est, j' ai vraiment peur! Qu' est-ce qu' on fait? Il faut que tu m' aides Pierrot !
Une partie de la nuit nous servit à téléphoner. L' hôtel de police, les hôpitaux, les amis, personne ne l' avait vu. Raphaël avait disparu. Introuvable. Nous étions Tine et moi, comme deux enfants indécis, paumés. Que faire? Attendre? Attendre un fatidique coup de téléphone, nous informant brièvement et froidement du devenir de Raphaël. L' attente se transforma en angoisse, et l' angoisse en peur.
--------------------
Quatre jours après la disparition de Raphaël, je découvris un soir dans ma boite aux lettres, un curieux message. C' était une feuille de cahier, arrachée, sur laquelle était dessinée grossièrement une carte. Une écriture maladroite indiquait le nom d' une grande route, ou, de là partait un chemin plus petit, visiblement enfoui dans une forêt. Et quelque part, au milieu de cette esquisse confuse, on y voyait une croix. Pas un mot, pas d' autre indication, rien.
Une heure plus tard, Tine était là. Par je ne sais quelle intuition, j' étais sur que ce message venait de Raphaël. Tine le pensait aussi. L' incertitude des traits, l' inachevé du dessin, laissait à penser que Raphaël avait dû éprouver certaines difficultés à le faire. Les cartes dépliées sur la table, la plus grande partie de la journée se passa à chercher, à repérer le lieu ou il pourrait se trouver. Nous ne voulions pas nous égarer, il nous fallait nous servir du peu de renseignements que le dessin nous livrait pour localiser précisément l' endroit.
La nuit commençait à se poser sur la ville.
La voiture roulait sous ce crépuscule. Nous étions fébriles. Tine était anxieuse, esquissant un sourire forcé et triste. On ne parlait pas. Le temps semblait s' être arrêté, nous donnant une impression de longueur et d' appréhension insoutenable.
- C' est là, chuchota Tine, tourne à droite, on ne doit plus être loin.
Nous étions maintenant sur un chemin de terre, cahoteux. Les phares éclairaient difficilement les bas-cotés. La végétation venait griffer la tôle du véhicule, et la progression se faisait de plus en plus lente. Combien de minutes passèrent ? Nous avions l' impression d' être hors du temps, enfoncés dans cette nuit froide, toutes vitres baissées, à scruter attentivement le moindre indice qui nous indiquerait l' aboutissement de notre étrange quête.
- Pierrot, regarde là bas.
J' arrêtais la voiture, éteignis les lumières. Un peu plus loin, on pouvait déceler la silhouette d' une automobile. Une étrange lueur, diffuse, blanchâtre, s' en émanait. Doucement, comme pour ne pas troubler le silence des lieux, nous approchions. C' était bien la voiture de Raphaël. A demi cachée par les bosquets, nul doute que personne n' eut pu la découvrir. Sans un mot, nous nous penchâmes vers le carreau de la portière. Stupeur et incompréhension.
Au travers de la lumière, maintenant vive, nous le vîmes.
Il était là, couché sur la banquette, immobile, plié sur lui même, embryon démesuré, nu, avec pour seul vêtement, la carapace diaphane et spongieuse d' un cocon en formation.

le temps

Octobre 2005
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31            
<< < > >>

vos réactions

sommes-nous ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

s'il te plaît… apprivoise-moi! 

 


 

Contact - C.G.U. - Signaler un abus