doucement ouvrir...
...l'espace de ce lieu,
de l'amour : viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs : la louve,
Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent : tout seul,
matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades : une rencontre,
un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique : lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe : montségur,
enfants du pire, jungle de sang,
entrez, vous êtes ici chez vous...
--------------------
je suis diaphane et aujourd'hui j'ai un an
un an de mots, d'images, de musiques
un an de rencontres, de partages et de découvertes
et c'est à tous ces horizons, ces univers entrevus que je veux rendre hommage, la toile est immense et offre tellement d'éclats
ici, vous le savez vous qui venaient parfois déposer une fleur en verbe, c'est un espace de révolte, d'humanisme, de poésie et de notes d'amour
il y a l'histoire celle de nos déchirements d'humains, de nos pseudo appartenances, nous sommes tous frères de Terre, il y a cette misère sournoise et grandissante, cette aspiration essentielle à un vivre meilleur au delà des horreurs
dans les yeux de l'enfant l'incompréhension, le refus, dans celui de l'adulte comme un besoin de lutte et de décryptage
addict au blog ? non, juste un moyen de l'expression que depuis si longtemps on étouffe au travail mais aussi dans la rue, ne sommes-nous devenus que de la ressource humaine, à produire et à voter
alors au crépuscule on baisse les paupières, son propre temps défile et puis ces chuchotements, on se dit qu'il est l'heure peut-être de faire son bagage à moins qu'on ne préfère celui de l'évasion là tout au fond de l'âme
je suis diaphane et aujourd'hui j'ai un an
je veux juste vous dire merci, les présents sont si rares et ma bougie d'anniversaire ne brille qu'au travers vous
oui j'imagine, cette lueur vacillante qui fait se tordre les cuivres dans de furtifs embrasements mordorés, les yeux de l'enfant perçoivent et intègrent l'espace, l'atelier de chaudronnerie recèle de mille courbes et énigmes, serpentins de métal qui viendront terminer l'alambic
comme la spirale anthracite de l'escargot, comme le cercle tremblant à l'onde figée du lac, ce liseron colon ou ces pépins épars
ces formes, ces couleurs
Antoni n'était pas brillant à l'école, il préférait dessiner et observer les gestes de son père et puis Antoni n'avait pas de chance, sa grande soeur était fragile et deux de ses frères étaient morts, ils n'étaient plus que trois pour ne devenir plus qu'un
élève laborieux avec la complicité de deux amis d'internat, ils entreprirent de reprendre les plans d'un monastère abandonné du XIIème siècle, il avait dix sept ans
romantique, éclairé déjà de cette logique et du talent novateur qui l'habite
oui j'imagine, ce désir grandissant qui fait le jour venir de quitter sa terre d'éveil, terre de vignes, de cyprès, d'usines à briques ou de tissus, et soudain ces dédales de ruelles sales, de gens agglutinés et bruyants, linges pendants aux grilles des balcons, misères et cérémonial urbain
Antoni commence ses études d'architecte à vingt et un ans tout en travaillant comme dessinateur dans un atelier et puis ce maudit été 1876, son frère puis sa mère et trois ans plus tard sa soeur lui laissant du coup une petite nièce s'en iront de ce monde
l'Europe tremble, cette fin de siècle marque l'avènement de la science et le dénie de la religion. Lamartine n'avait-il pas écrit, prémices à ce mouvement : « l'utopie est la réalité anticipée ».
c'est à ce moment là que l'idée d'un prêtre Josep Manyanet aidé de l'appui d'un promoteur Josep Bocabella prit forme avec l'appui d'une population pauvre mais animée d'espoir, construire une cathédrale universelle au nom de la sainte famille
oui j'imagine, les commandes affluaient, de riches industriels barcelonais avaient remarqué le talent de l'architecte, Antoni commença par la création de maisons ouvrières pour un riche industriel mais son projet ne pût aboutir, on ne loge pas un tâcheron dans une maison cossue, puis ce furent des demeures de riches bourgeois de la ville et de quelques édifices religieux
Antoni avait suivi les courants anarchistes de 1900 puis opté pour une libre pensée loin des doctrines et mensonges politiciens, fragile de santé, bourru dans ces gestes il était remarquable orateur lorsque sa passion l'animait, il tomba amoureux de la belle Josepha, fille de son premier client mais celle-ci bien qu'appréciant son érudition et son audace le refusa pour son coté rustre et trop sincère peut-être
mais le message de l'homme était autre
à coups de crayons, de mortier et de pierres il façonnait son imaginaire, matérialisait ces visions nocturnes et esquissées sur papier et cette folie humble, impensable aux biens pensantsmaisons d'elfes, dragons et gargouilles de serpent, et puis l'épuration des formes, courbes originelles, spirales encore, calice de couleurs, cheminées clown
le 3 novembre 1883, reprenant l'embryon du projet de Bocabella, Antoni s'engage alors dans ce qui, comme transcendé, motivera son oeuvre, créer et bâtir le temple de
oui j'imagine, les echecs aussi, l'un des projets d'Antoni était la création d'un parc habité ou la nature aurait fait corps à l'urbain dans une harmonie paysagère et construite, il n'y eu que trois maisons, celle de son client, de l'avocat du client et la sienne, personne n'y vînt
combien furent-ils d'architectes, d'hommes d'état, d'artistes à dénigrer ce jaillissement d'inventions et d'audace, visionnaire, fou, le temps a transformé ce rejet en contemplation et l'ignorance en admiration
en octobre 1906 le père d'Antoni disparaît, celui-ci s'enferme doucement dans un mutisme observateur et reculé, l'oeuvre telle une toile en rosace se tisse patiemment, l'édifice est vivant, les travaux balbutient et le souffle de cette utopie n'est financé que par les pauvres de la ville et quelques rares cabots endimanchés, il en est toujours ainsi les pauvres étant désormais touristes
Antoni va honorer encore quelques commandes mais le temps, les nuits, cette humilité attentive vont l'amener à n'être plus que foi et bâtisseur
non je n'imaginais pas au travers ces couloirs inclinés, ces plafonds en vague, ces fenêtres de poupées, ces toitures de dinosaures sentir une telle sérénité, comme transporté hors du temps et des normes, des acquis régressants, des lignes droites imposées
non je n'imaginais pas, les yeux levés vers l'ailleurs, cette joie transcendante, là, muet, cette nef béante, colonnes tubulaires comme poumons, échos de marteaux et de scie sous un transept écorché, je suis petit, je suis universel, je touche la pierre
je suis dans le ventre du temple, je me sens être, l'utopie nourricière, agnostique ou porté de foi, soudain humain
dans cette après-midi du 7 juin 1926, personne ne reconnût l'homme renversé par un tramway et que la vétusté des vêtements envoya à l'hôpital des pauvres, dans ses poches, des graines de tournesol, une bible et le dessin d'une façade du temple, celle de la passion
Antoni Gaudi mourut le 10 juin et sa tombe est dans la crypte de
plus sur l'homme et son oeuvre : Gaudi
-----
alors si le survol de la vie de Gaudi vous a plu, venez, entrez dans le ventre de l'édifice,
venez voir bâtir un temple...
viens, entre
je te vois si trouble
des violons d’argile, des cuivres d’écumes
t’accompagnent
j’ai caressé l’encre verdâtre du bord des fleuves
bu la sanguinolence des bouches
masturbé la folie
viens, tu peux rester
je te vois si trouble
doucement nous écarterons le pétale
au fond des brumes, ces cris d’enfants
je te sens tellement même
loin de l’étoffe et du contraint
penchés tous deux en nos chimères
méandres échevelés, cœurs béants
viens, reste encore
je te vois si trouble
des mots blancs et enchantés, des aubes d’ouate
t’accompagnent
j’ai vomi le noir des sanglots aux parois des ombres
croqué l’étincelle et mendié vos regards
étriqués d’ondes aux fracas de vos roches
on pourrait, bercés de nos mains
piétiner nos angoisses et briser les épées
maison d’amour
viens, ne pars pas
je te vois si trouble
des houppiers en doigts tendus, des fleurs de lèvres
t’accompagnent
j’ai parjuré l’opprobre aux portes des citadelles
fondu les sceaux à vos filets de lymphe
et crié l’anathème
je te sens tellement même
enserrés, corps de pluie aux astres lacrymaux
aux fonds de nos iris nos rêves de livide
nous tomberons les portes
et tairons les canons
nos peaux parcheminées retrouveront les mots
maison d’espoir
viens
avant que le trouble ne gagne…
peut-être que t’aime
je dis tu puisque tu le dis à ceux que tu feins de côtoyer devant les caméras
je dis tu mais je vais dire vous, je veux pas aller en tôle pour manque de respect, je sais ça coûte trois mois fermes pour équivoque à votre personne
et je vous détache des autres, c’est ce que je ressens, attristé de par la lénifiance du peuple, tiercé, foot, faits divers et people, votre public favori qui n’imagine même pas vos conditions de vie,
ou est votre quota de logements sociaux dans votre ville, la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain), non y’a du fric chez vous, vaut mieux payer et ne voir que de la peau blanche
j’ai le haut le cœur monsieur, vous bafouez
vous avez vendu nos autoroutes, nous sommes tributaires désormais de nos déplacements pour engraisser quelques retraités d’outre océan, mais ce sont vos amis,
entre 2 et 4% d’augmentation au 1er septembre (Le Parisien),
vous vendez maintenant notre énergie
vous savez, oui vous savez, quelqu’un qui se déshabille et se vend comme ça on appelle cela de la prostitution, vous l’avez combattue, combien paierons-nous notre gaz et bientôt notre électricité, oui c’est vrai vous ne faites pas de chèques pour payer vos factures d’énergie, on le fait pour vous
là juste en dessous, ce que vous avez dit
et puis vous avez dit cela aussi, mais vous dites tant de choses…
Je ne suis candidat à rien. – Nicolas Sarkozy - Prix Press club humour et politique (2005)
parce que j’ai des enfants et pour ceux que j’aime, ceux qui forment l’humanité
qu’ils ne me disent pas un matin comme j’ai eu envie de le dire jadis, la terrible phrase de Lamartine : « on m’a infligé la vie »
parce que je suis citoyen
que j’appartiens à cette boule bleue qui s’assombrit et que je voudrais sereine et juste de paix et d’équité
parfois porter les couleurs, je ne dis pas prendre les armes ou alors celles du baiser, non, porter les couleurs, c’est le mot qu’il faut, tous à la mamelle de Lucie, c’est quoi les races,
je veux croire encore sachant très bien qu’il est trop tard,
alors, puisque l’on en est désormais au stade du sauvetage de la démocratie, je comprends ce que citoyen veut dire : membre d’un Etat libre (Larousse), membre d’un Etat du point de vue de ses droits et devoirs politiques (Universalis),
parce que je suis anonyme, observateur, sans cartes ni contraintes, ou celle de la peur
et justement on vote si souvent contre au lieu de pour
c’est si difficile, Messieurs d’aspirer à la liberté, au respect et l’égalité, c’est marqué partout au lieu de piétiner le débat idéologique au profit du narcissisme assoiffé
je suis témoin, halluciné devant tant d’égards
mais je comprends aussi, il est des partis de débats et d’autres du culte de l’homme
et là c’est dangereux
le Pouvoir et ce qu’il engendre comme pouvoirs
j’ai peur parce que je ne reconnais plus la presse, les médias
et l’information distillée n’est forcément perçue que comme référence, il y a un nom pour ça
en fait à coups de sondages jusqu’au vomissement, il y a ce manichéisme primaire, gauche / droite, la bouteille à moitié vide, la bouteille à moitié pleine et si le contenu c’était les deux moitiés, le milieu de la bouteille, l’accord raisonné d’une réalité qui a besoin des deux notions ? et puis je me dis que notre Etat a échappé une fois au pire et que ces messieurs récidivent si loin des occupations du pays et du monde, si loin de l’avertissement reçu,
savoir que ces élections sont vraiment fondamentales et que l’on ne parle pas de l’homme et de l’aspiration ou du projet
parce que je veux rester libre et non pas sans couleur mais avec toutes les couleurs
un peu trop d’uniformes et d’excès, les droits de l’homme qui dénoncent nos forces de l’ordre et nos prisons et ce totalitarisme ou cette dépravation grotesque et lamentable de la course au pouvoir
une assemblée nationale toujours au quatre cinquième vide alors qu’il en est du vote de lois fondamentales !
allez avales ! ben non, je prendrais ma cuillère tout seul, je suis citoyen
et l’enjeu cette fois me paraît décisif
parce que je suis anonyme, observateur, sans cartes ni contraintes, ou celle de la peur
parce que je suis moitié jeune à l’image et à l’esprit de mes enfants
parce que je suis moitié cadre et remplis bien mon devoir de productivité
les moitiés sont des tous
alors j’ouvre une catégorie : « élections 2007 » car elles concernent deux élections :
élections présidentielles : dimanche 22 avril 2007 et dimanche 06 mai 2007
élections législatives : prévues au 10 et 17 juin 2007
j’ai juste souvenir qu’au travers la rue il y a si peu, les donneurs de leçons mobilisés pour ce terrible deuxième tour n’étaient plus là sur le même asphalte aux législatives, jeunes et « vieux » compris
parce que je suis anonyme, observateur, sans cartes ni contraintes, ou celle de la peur…
je voudrais garder l'espoir en l'homme, je ne veux pas qu’on m’inflige la vie…


visiteurs se sont posés ici, merci