dans l'armoire

sommes-nous ?

si tu ne hurles pas

personne ne croira

que tu as mal

 

 

 

 

 


quelques images

doucement ouvrir...

...l'espace de ce lieu,
de l'amour :
viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs :
la louve, Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent :
tout seul, matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades :
une rencontre, un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique :
lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe :
montségur, enfants du pire, jungle de sang,

entrez, vous êtes ici chez vous...


-------------------- 

Mardi 30 octobre 2007

au bout du quai, je voyais le fanal onduler doucement, une araignée de brume tissait sa toile aux réverbères et aux façades dépecées, d’étranges fantômes grisâtres déambulaient en silence ne me voyaient même pas, oui c’était la nuit ou le jour transformé, entaché d’éclaboussures, de rouge et de couleur d’invisible, en marchant je me laissais hypnotiser au chant répétitif des traverses de la voie et ces deux lignes d’acier fuyant vers l’horizon, juste le halot trouble et incertain du fanal comme guide, les caméras ne voient pas au noir, les gyrophares traînent aux quartiers riches, les égouts canalisent nos écoeurements, je vous sentais, vous mes hantises, mes vides, mon ombre alanguie, porteuse de ces amours muets et pieuvre, si rapides et avides toujours, silhouettes de rats, du labo au fond de l’homme, le candélabre comme un gros œil triste, échos mourants de révolte et papiers gras voletant aux caprices d’un reflet d’âmes, soudain l’obscur, à tâtons, sans repères et ficelles, tremblotant, peureux, le fanal se rebelle, le quai n’en finit pas et pour quel train ? j’avance un peu à l’écart du cœur torturé de la rue gavée de racoles et d’hymnes à l’individu, les masques ont pris le dessus, des lits comme cercueils, l’égoïsme qui se perd le temps d’un orgasme ou d’un simili, des ados comme cocons écrasés aux ailes naissantes déjà amputées, des adultes bêtifiés nourris aux baves nauséabondes des médias et du jeu, mes pas résonnent sur ce quai silencieux, le fanal titube comme las, donne-moi l’éther du silence et de l’amnésie, les hordes désespérées descendront tôt ou tard vers l’hyper centre, les pastels au bitume ne seront pas ceux attendus, chacun se meuble comme il veut, et la haine suintant de misère, un jour c’est sur crèvera la rue en cicatrices cramoisies aux échos renvoyés du seuil aux fenêtres des façades de morne et d’identiques, j’ai soif, de souffles, d’haleines aux relents de gerbe, celle écarlate du fond du cri et celle du corps convulsé, fragmentaire, des brumes en paravents pour cacher la goutte blanche en méandres sur l’émail, du bois craque quelque part, le fanal si proche mais qui le tient et pour quel train ? au bout du quai sûrement l’attente, des lentilles voyeuses et délatrices, dérisoire, tu veux ma photo, t’as déjà tout, ce froid ne suffit pas à l’étouffement des flammes, des une en surnombre et tous ces sourires narquois, derrière les monuments, des billets cachés, des protocoles primitifs qui s’étendent en gouvernance et manipulations, plus loin des ombres qui scrutent les poubelles et des veines ouvertes sur des canapés de velours, reste encore une peau, une pupille tremblotante et le froid de cœurs figés et aveugles, dis, reste encore un peu, j’entrevois le fanal timide et chancelant, les limites du quai, des nervures de métal qui trouent la ville, issues fragiles et débordantes, là bas, des ruisseaux hoquetants, l’araignée de brume façonnait un mur, j’étais là, immobile, les yeux rivés sur cette entaille de graviers et de fer,
un train allait venir…

par daniel souhait publié dans : écriture
Vendredi 26 octobre 2007

madame,
permettez-moi d'abord de rendre hommage à votre père qui eut la chance de travailler avec l'un des plus grands présidents africain,
Léopold Sédar Senghor
et oui, la suite, même si vous ne me le permettez pas, je l'écris
vous êtes belle madame, très belle
un jour vous comprendrez que c'était la raison de votre embauche
vous êtes pitoyable aussi
votre ambition n'a d'égale que votre soumission et vos amnésies
vous avez dit à propose de l'immigration, qu'ils inspiraient : « la pitié plutôt que le respect »
vous choisissez la droite c'est vrai qu'historiquement la gauche n'a jamais rien fait vers l'extérieur et la porcelaine n'est pas pour tout le monde, vous êtes la Michael Jackson de l'ump, toute blanche, bien formatée et qui cherche ses mots quand le par-coeur est oublié
vous avez tenté une incursion, ils vous ont dit : « ferme-la ! »
et c'est pas le successeur de l'abbé qui vous aidera !
vous avez très sauté aux appels de l'histoire, l'oubli du patrimoine, d'un continent,
tellement de peuples, de cultures et savoirs, du fond du fleuve aux grumeaux de béton
- madame le ministre que pensez-vous des tests ADN (canal +, un dimanche midi)
- écoutez, l'assemblée doit se prononcer et le sénat ratifier, je vous dirais ma réponse après
- oui mais cela tous les français pourront le faire (daniel -, un dimanche midi d'observation)

l'argent, le luxe, soudain ces gens qui vous regardent têtes baissées, ça doit vous porter vers un ailleurs si différent du réel alors que l'on est sensé transmettre la parole
mais quand même, se faire filmer à porter des enfants de misère et soutenir le renvoie ou la taule, le minimum d'humanisme est-il vraiment interdit chez monsieur S, l'Alzheimer de rigueur ? oui vous êtes belle, madame
honorez votre contrat, c'est vrai que l'opulence n'a pas de couleur
mais avant de parler, apprenez votre texte, pour le look rien à dire
le reste c'est votre conscience, vous ne vous appelez pas Fadela
ils ont voulu sortir des gamins avec des parents qui ne peuvent les nourrir, ils ont brisé les marges, mais un enfant écarté du travers des balles n'est-ce pas l’essentiel, la porcelaine n’est pas pour tout le monde ?
bon, y'a pas de fric à garder, fond de tiroir
vous voyez madame,
ici je revendique toutes les couleurs
sauf celle du reniement
veuillez recevoir madame, ma méfiance et mon dégoût
c’est si peu à vos biens et honoraires
par daniel souhait publié dans : élections 2007
Lundi 15 octobre 2007

c’était une rue normale
une rue quoi, avec ses échoppes, ses couleurs,
ce grouillements d’ethnies pacifistes
je m’y sentais bien, ma peau et mes cheveux
enfin confondus
et ces effluves rebelles
qui font le sourire aux visages,
l’ailleurs on ne l’aime qu’aux étals
- tes papiers !
je me retourne, surpris et innocent
ils sont deux, un grand un petit
comme au cinéma
non, pas comme au cinéma
la suite ne se dit pas, la suite se tait
- alors ! ça vient ! t’es pas dans la jungle ici,
on a d’autres choses à foutre !
je lui tend ma carte en attente de confirmation,
juste une signature,
- ouais, tu nous suis et tu fermes ta gueule, négro !
il m’agrippe, me bouscule, me donne une frappe sur la nuque,
et d’un coup de pied au genou me fait choir
je me recroqueville sur cet asphalte puant la pisse,
relents de parfum et d’échappement
le bateau tremble, secoué d’ondes maléfiques
- écoutez-moi, vous avez vu, ici on prend pas les fardeaux
un corps de trop c’est une charge à exclure,
vous la voulez la côte ? alors fermer vos gueules !
parfois les mots sont bien vains
la mer s’est occupée de nous, la vague a fait le juge
et  l’orgueil du passeur si désuet soudainement
son regard me déchire
il est hautain et de haine
c’est ma couleur qui lui déplait
je dois le penser si fort qu’il m’assène son poing au visage
- bon, donne tes papiers et baisse les yeux !
c’est pas un black qui va faire la loi !
on a chaviré, j’entends encore les cris
que l’océan veut faire taire, le remous comme une gomme,
plus de capitaine, d’autres esclavagistes m’attendent
et que je ne soupçonne pas
ils sont démocrates et porteurs d’uniformes
et puis ceux de l’écran avec leurs belles cravates
ma terre tu me manques, c’est pas le paradis ici
- alors tu fais quoi ?
- je travaille dans le bâtiment, monsieur, je suis maçon
- arrête de me regarder, t’entends p’tit branleur !
- ben c’est juste pour vous répondre, m’sieur
j’ai pas fini ma phrase, j’ai juste entrevu
le pied botté se projeter vers moi
…………….       ………….
on a marché, des jours et des jours
parfois accrochés au toit d’un bus
souvent terrés à mendier l’essentiel,
une route de peur et de corruption,
de mort et de peur encore
- allez, tires-toi, c’est bon pour cette fois
je vais vers la sortie, doucement
- eh, négro, tu comptes ramener la famille ? !
au fond de ses yeux toute la puissance
de l’analphabète glorifié et soumis
j’ai retrouvé la rue
dans l’ombre et la nuit
pas de différence de peau
et ceux de ces heures si loin de l’intolérance
égarés sans pays non plus
même pas celui de l’âme
comme d’étranges fantômes
au front des refusés ils avancent, naïfs
leurs cris comme des pétales
flétris aux trottoirs et aux matraques
allez je vrille le texte, les mots
je suis français désormais
j’ai ma carte dûment signé
je suis toujours noir
et j’observe et subis
délit de couleur, mes proches plus jeunes
toujours suspects
mes amis du maghreb, tuméfiés et hostiles
à l’ignominie
et ces relents perpétuels
de racisme et de différences
les biens blancs du pays et ceux d’ailleurs
forcément agresseurs
je sui français ben j’aurai pas dû
j’ai honte,
des patrons propriétaires de presses, d’industries
qui jouent avec l’équivalent du budget de mon pays,,
le maniement sournois d’une icône omniprésente
et dangereuse
ma terre d’origine toujours en suspend
et des rues policées aux faciès comme passeport
comme droit de vivre,
le vent tiède et chargé serpents et gazelles
vous tomberez
il leur faut sonder le sang, ils n’en ont pas assez versé !
ils fonts des grenelle et des commissions
et les cris étouffés
sont loin d’aveugler une presse ronronnante
même leurs syndicats s’abreuvent au patronat
pour compenser le manque d’engagés,
l’argent, celui de l’ombre
et de la trahison
là, j’étais à vélo quand ils m’ont arrêté
j’ai rien grillé, je suis pas sorcier ni cannibale
je suis noir
gentil, lucide et fier
- j’ai rien fait de mal m’sieur !
encore la même peur, regrets zébrés
aux affres des présents
j’ai couru, mon cœur en souffles demandeurs
ce soir c’était mon jour
certainement
au filet du caniveau ma bave et mon sang
et le reflet des badauds
j’ai senti l’haleine de la terre
et le pouvoir des hommes,
le long du canal
des tentes alignées…

par daniel souhait publié dans : écriture

le temps

Octobre 2007
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

vos réactions

sommes-nous ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

s'il te plaît… apprivoise-moi! 

 


 

Contact - C.G.U. - Signaler un abus