doucement ouvrir...
...l'espace de ce lieu,
de l'amour : viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs : la louve,
Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent : tout seul,
matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades : une rencontre,
un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique : lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe : montségur,
enfants du pire, jungle de sang,
entrez, vous êtes ici chez vous...
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je vous chevauche
vos murs sont mes plaines
vos humus azotés
chairs et feuilles
nourrissent hélas vos descendances
et ce perpétuel mouvement
de vers et invisibles
qui nous mangent goulûment
qui nous font continuer,
la matière piétinée
que reste-t-il ?
avant l’âme, l’esprit,
on tête les écrans
bardés de fils et de cubes
noirs de préférence
des bouquets chamboulés
de sable et de pollen
caresses déchues
qui pansent et s’évanouissent
l’abeille titube et se sait en sursis
des assemblées vides
et le votant trahi
un projet, une société
des étendards qui cachent,
une presse à genoux
la boue du fleuve
qui remue et ramène
je vous observe
ai compris ma faiblesse
et votre pouvoir
mon silence ma force
jusqu’au cri
nos brises triomphantes
à vos tempêtes
pardon enfants pour l’héritage
des glaces mourantes
des jungles dénudées
tous ces yeux de méfiance
armés de certitudes,
la bougie allumée
et c’est un autre monde
aux plis de l’étoffe
les miettes de nos abus
et des visages cachés,
ils te tairont c’est sur
un épervier aveugle
s’accroche à la ramure
comme tous ces cœurs affamés
et peureux
je vous fuis
vos idéaux comme barbelés
le réseau de vos yeux
vos atomes et vos gènes
disséqués
des campements miséreux
bordent vos flamboyances
amour, ta peau ton haleine
ton chemin de tendresse
éphémère perdition
nid de couleuvres
écartelé aux lames de vos machines
béton et bitume
illusoires cabanes
obsédées d’ampleur
un scarabée escalade
restants d’os souillés d’argile
et cette sorte de brume
au fond de la fibre
du têtard au panda
l’embryon du déclin
tous ces regards vides
et ces rues observées
des chrysanthèmes comme excuses
l’écume est une langue
qui lèche et séduit
marque le temps
de nos appels perdus
enfoncés à l’oreiller
je vous laisse
des chemins de lait
m’interpellent et m’aveuglent
et mon poids d’humain
devient rebelle
amour, tu es là ?
…
vous qui passez, offrez-moi un titre
ils vont arriver, c'est l'heure, la marée a été gentille et les a ramenés dans l'après midi, les caisses de multitudes tortillées, débarquées sur le quai, les derniers crieurs, l'odeur du sel et de l'écaille fraîche,
je les sais avides, certains qui portent encore les embruns du vivant d'écume et d'autres parfumés à l'asphyxie, je grime les paupières, caresse doucement les hanches, ce sont les miennes, cette courbe comme frontière, je tends la jambe et fait glisser comme timide, le nylon suggestif, au miroir de pupilles si lasses,
déjà les tumultes vocaux, ces voix qui s'élèvent , lavabo, je m'éclabousse avant d'entrer, je regarde mon ventre,
ça pue dans le bar, on s'entend pas, des hommes soudain volcans qui gerbent, éructent et se perdent comme moi si souvent mais sans les flots rongeurs, c'est pour ça que je les aime, je sais leurs regards, de mes yeux à la pointe de mes seins, la vague du bassin et la jambe ondule comme un bras tâtonnant, je suis leur rêve, belle et inaccessible, j'agrandis lentement l'arc de leurs éphémères refuges, tous ces yeux égarés, perdus de solitude,
ça gueule fort ce soir, les temps sont durs, les filets qui se vident et le moteur à nourrir
et rideau traversé, ils me découvrent, m'entrevoient, ils m'aiment brune, mes seins déjà fatigués si naturels, ils m'aiment comme eux, égarés au large si loin de l'inutile bruyant du présent, juste le langage du vent qui nettoie la terre et fait danser l'océan,
- Apsara ! Apsara ! Apsara ! Apsara !
les voiles de crêpes et de soie chutent, je danse et me dévoile pour eux, ne vois que de l'ombre en face et m'offre à l'inconnu, je frissonne de narcissisme et de peur, je suis belle, je le sais, je me venge en courant, trop tard
- eh ! viens là ma belle, j'vais t'montrer l'homme !
l'estrade chancelle, ils le saisissent, ses potes de tempêtes et de filets à trier, et je ferme les yeux, je tangue encore à leurs fantasmes éternels, j'existe, ils m'observent et m'envoûtent de leurs silences et obscurités, ils savent mon téton raidir de par leurs regards, je danse, je m'évade, du bout de mes doigts au profond de mes cuisses, je m'envole ne vous vois même plus, regardez, je suis dépouillée, je n'ai plus rien, je vous offre déjà ça, nos errances et nos quêtes, allez baissez le projo,
ce soir c'était chaud mais pas de bagarre, l'envie engendre la querelle, ils sont c'est sur repus, ils savent l'inaccessible, ne vivent que de ça,
- eh ! pourquoi on t'appelle Apsara ?
- Apsara ? je sais pas, peut-être parce que l'on m'a gravée sur la pierre devenue végétal, que l'on m'a façonnée au fil de tant de peurs et d'aspirations, que l'on m'a faite déesse, c'est dur d'être dérive pour l'homme, gouffre à ses faiblesses, peut-être aussi pour danser et t'emmener vers d'autres rives
toujours pareil, la magie éteinte, juste un désir, je les vois autres, je veux mes draps même froids, lasse, et ces filaments rampants de remords qui rongent mes restes de pudeur, une autre fille a pris le relais sur cette scène de bastringue, mon éphémère illusion qui tremble, qui soudain se cache aux autres
- ils m'appellent Apsara...
la flamme chancelle
les mots tremblent sur le pupitre, peureux et qui se jouent à l’ombre de ma main
l’encre rougit parfois
est-ce la source froide et figée du nid de porcelaine tout taché de sombre ou l’éclat écarlate des épées dans la plaine, le vent du combat traverse la cuirasse de pierre et fait danser les corps
sur les tentures, l’encrier se vide, les boucliers s’abaissent
les chants des couvents n’y pourront rien ni la terre chaude et encore fumante ni le regard du ménestrel face aux hagards attablés aux bribes de rots et de rires gras
les places et les façades chancelantes sous les torches essoufflées, les robes qui tournoient, des bouches qui s’effleurent et des enfants envoûtés aux lèvres des anciens, tellement loin des
remparts,
des traits de lumière
elle est le visage de la forêt
lui celui du vieux loup
l’encre étincelle, s’échappe et brûle mes doigts
est-ce cette foule comme un balancement moite, le réconfort dans la multitude, les cordes distordues lancent leurs cris de métal et savent se faire caresses, l’armure en étoffe transpirante et
offerte, iris ternes, d’accords en échos, le lieu est clos mais l’ivresse de l’oubli demeure sous les riffs saturés,
la flamme chancelle
les mots veulent danser, s’abreuver encore de rires et d’innocence, se perdrent vers la nuit…
merci à Ritchie Blackmore et Candice Night
c’est avec tellement de délice
que le rock m’a amené à remonter le temps
vidéos : Minstrel hall, Child in time / Blackmore’s night
c'était encore l'époque de l'espoir, du vote,
un clip de l'udf, les notes et les mots de damien saez
un vote qui n'a pas fait vraiment réfléchir
l'udf, vous savez, le parti des sans consciences
non faut pas dire traitres, c'est tout comme chez les socialos,
l'argent et le pouvoir, ça corrompt
plus de capitaine, plus de vaisseau,
il est ou, le quotidien rongeur pour vous, égarés en cravate ?
oui, français, c'est pas moi qui ai fait les conneries
et j'aime bien mon pays
ce clip comme avertissement pas bien compris
quand il eut fallu, il y a si peu
il est là, omniprésent et la nation c'est pas lui !!!
écoutez le texte et offrez-vous aux arpéges
fils de france
fini enfants de l'amour ?
fils de la résistance ?
et puis comme il faut dire, la version live
ce sont mes cinquantes balais
qui chancellent et pourquoi pas vous,
les jeunes-jeunes-jeunes ?
quand ma canne se brisera
qu'aurez-vous acquis ?
fini enfants de l'amour ?
fils de la résistance ?
fils de france / paroles et musique : damien saez

- quatrième ok ! au sol le mécano fait un grand signe
le métal vibre et s'ébroue doucement, le vrombissement des hélices et du souffle des cylindres emballés, la nuit est claire, propice au vol, Paul salue pour la photo, l'avion glisse sur la piste, trente quatre tonnes d'acier et quarante trois mètres d'envergure, ses ailes démesurées et son nez de verre se prépare à l'élan et après la pause vérificatrice, l'envol,
la nuit est claire, il s'appelle Paul Tibbets, il est trois du matin, les prémices d'une aube grise et rougeâtre, on est en plein océan, Paul tire doucement sur le manche, direction Hiroshima
l'équipage n'est pas causant, les heures de vol si lourdes, tous cobayes, ceux des airs, du bout de la radio et ceux innocents,
Paul n'imagine même pas ce dont il est le dernier instrument, il est huit heures quinze, le B 29 stabilisé à neuf mille mètres, Paul déclanche l'ouverture de la soute, on est le six août 1945, Little boy fend les airs, quarante trois secondes de chute libre, et l'explosion à
- eh les gars on fait un demi-tour et on regarde
Paul Tibbets est mort ce jour, ce jour de mort, de cimetières retrouvés, il fit sa carrière au service de l'armée, fut rejeté de certains et soutenu par d'autres et même s'il se taisait pour d'obscurs arguments, puisse-t-il s'apercevoir aujourd'hui qu'il ne fût que l'articulation ténue du bout du fil aux grimaces empiriques des gouvernants,
un homme, juste un instrument de l'histoire...
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photo 2 : Mémorial / merci Edith


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