doucement ouvrir...
...l'espace de ce lieu,
de l'amour : viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs : la louve,
Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent : tout seul,
matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades : une rencontre,
un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique : lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe : montségur,
enfants du pire, jungle de sang,
entrez, vous êtes ici chez vous...
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Quand tous les affamés
Et tous les opprimés
Entendront tous l'appel
Le cri de liberté
Toutes les chaînes brisées
Tomberont pour l'éternité
On peut chanter tous les poèmes des sages
Et on peut parler de l'humilité
Mais il faut s'unir pour abolir injustice et pauvreté
Les hommes sont tous pareils
Ils ont tous le même soleil
Il faut, mes frères, préparer
Le jour de clarté
Quand tous les affamés
Et tous les opprimés
Entendront tous l'appel
Le cri de liberté
Toutes les chaînes brisées
Tomberont pour l'éternité
On peut discuter sur les droits de l'homme
Et on peut parler de fraternité
Mais qu'les hommes soient jaunes ou blancs ou noirs
Ils ont la même destinée
Laissez vos préjugés
Rejetez vos vieilles idées
Apprenez seulement l'amitié
Pour que les affamés
Et tous les opprimés
Entendent tous l'appel
Le cri de liberté
Toutes les chaînes brisées
Tomberont pour l'éternité
On ne veut plus parler de toutes vos guerres
Et on n'veut plus parler d'vos champs d'honneur
Et on n'veut plus rester les bras croisés
Comme de pauvres spectateurs
Dans ce monde divisé
Il faut des révoltés
Qui n'auront pas peur de crier
Pour que les affamés
Et tous les opprimés
Entendent tous l'appel
Le cri de liberté
Toutes les chaînes brisées
Tomberont pour l'éternité
Graeme Allwright / le jour de clarté
il me regarde, me dit doucement :
- ouvre la porte
timide, curieux et anxieux, je m’approche et tend la main
un léger craquement ou est-ce le fruit de mes interrogations ?
- allez, avances, vas vers le devenir, le tien, celui de ton espèce, tu as créé le temps, une échelle à ton évolution, regardes-le s’écouler et te renvoyer à ta propre image
oui curieux, j’avais un peu peur car n’est-ce pas elle, cette angoisse éternelle qui nous terrasse et sur laquelle certains en font leurs profits ?
au début, je n’ai rien vu, puis doucement, j’ai observé la mouvance sournoise et tellement multiformes qui s’opérait, changeait les cœurs et les âmes, et j’en étais complice obligé
- alors, tu dis quoi, tu vois quoi ?
sous l’immobilité de l’arbre battu de vents, l’étiage automnale du fleuve, le jaillissement d’embruns aux murailles des villes, la brume et le refus se sont dissipés
et la porte grande ouverte, j’ai entrevu,
murs de solitude avec écran plasma, corporatismes exacerbés, tu fumes, t’es juif, t’es musulman, arabe, noir, immigré, l’œil numérique veille à ta sécurité et le pouvoir veut ton intérêt, signes là
il y avait aussi des cris et corps défendants, des bouches qui se touchent et des moiteurs sensuelles, des étendards épars aux couleurs de l’espoir et comme toujours le vacarme des canons, il y avait encore l’aridité des terres et la vengeance des flux, la pensée tentacule et les saisons rebelles, et des artères gonflées de billets comme dérisoire recours à ceux qui prétendent maintenir la planète
- allez avances !
- attends, laisses-moi observer
j’avais envie d’espoir, de cris de bébés, de traités de paix,
de l’alcôve moite aux assemblées demi vide de ceux qui traitent le monde,
allez donnez-moi des raisons d’espoir au delà du narcissisme ambiant
vous pendez les dictateurs sans regard au miroir de vos horreurs,
vous jouez sur le derme de cette boule folle,… bleue ?
vos pions sont des humains et vos cibles la misère,
enlèves le drap, fous-toi à poil
secoues-toi comme le chien après la pluie
désenglues-toi, redeviens embryon
ces premiers yeux, source, transparents et purs
après le blanc aseptisé, le rouge du cloaque
et le tremblement qui devient virtuel
j’en suis
au sable soulevé d’un vent sec et propriétaire
des ombres décharnées, des cylindres d’acier
plus loin d’autres chars et d’autres armes
oui, caresses-moi, l’érectile de l’instant fait oublier l’obligé
et encore, faut-il faire croire
- alors, tu fais quoi ?
- attends, laisses-moi comprendre
appuyé sur l’encadrement de porte,
des bruits sourds me parviennent
les chuchotements du tendre quand le cœur se plait à se laisser aller, salive animale et frissons égoïstes, vaisselles, bureau et sourires entretenus, et le fond des nuits, drap tiède et repliement, elle est ou ta bouche ? et le grondement du fleuve, lambeaux d’histoire charriés au courant, échoués sur d’improbables rives qui seront juges et coupables
au fond des nuits, les astres, allez, Orion sera ma belle
- bon, tu entres, je dois fermer la porte
- oui, j’y vais
ce n’est pas moi qui ai fait le pas, c’est le temps et son impertinence, petite molécule de moi au tissu de l’humain, tourbillons d’infinis, j’ai passé la porte mais nous n’avons pas le choix, j’ai pensé c’est une chance au regard des absents qui voulaient poursuivre, je crois, je pense, j’espère,
et j’ai tendu la main, à tâtons et pour étreindre…
si je l’ai encore là
le souvenir des ampoules aux reflets des fenêtres
cette brume grisâtre et ces grandes silhouettes de bois toutes engluées de givre
papa faisait revenir ces éternelles St Jacques alors que maman hachait le persil,
mon frère, ma sœur et moi, fébriles et bien trop sages
le froid de l’église, ces voix unies aux affres des hivers et assis, debout sur ce banc, l’attente des cadeaux au retour
oui je le garderai toujours
le souvenir, la fête de l’école, les miens désormais
petits d’homme tout nimbés d’innocence
et leurs regards attendris tellement las et porteurs
papy elles sont bonnes tes St Jacques
ils sont passés ces Noël, clignotements de toutes les couleurs
lumière, pas lumière
le temps, l’espace séparent toujours ceux qui s’aiment
ce fragile et éphémère bonheur du vivre famille
oui je préserverai à jamais
le souvenir d’avant
d’avant votre départ
d’avant ce vide qui fait les fêtes amputées désormais
bien sur on meurt ailleurs et dans d’autres conditions
bien sur, bien sur…
j’aimerai toujours les St Jacques
et je crève cette putain de toile
comme pour vous effleurer dans l’au delà
d’un doux baiser et d’un je t’aime
bon je les vois qui me regardent, les deux miens
en attendant de me faire un jour,
papy à mon tour…
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allez c'est un jour magique pour les enfants, voici quelques propos rapportés par ma fille qui travaille en petite et moyenne section :
- pourquoi le père Noël en dessous de sa barbe blanche, elle est noire ?
- le père Noël il a du faire un régime, l'année dernière il était plus gros
- t'as de la chance le père Noël c'est ton mari
- est-ce que c'est le vrai père Noël qui engage les autres qu'on voit partout ?
bonnes fêtes à tous !
on déposait nos cartables et on enlevait notre manteau
toujours elle disait
- allez dépêchez-vous et asseyez-vous
elle savait si on allait écouter
avec son sourire et ses cheveux bouclés
j’suis sur que peut-être elle préférait être avec nous
comme une douceur pudique
attentive et patiente
elle va encore me dire
- arrête de gratter ton genou, comment tu veux que ça guérisse !
sous la table, avec la lame dévissée du taille crayon
y’a personne qui le sait
j’écris quelque chose
bon j’ai onze soixante quinze de moyenne
c’est pour ça qu’elle me lâche pas
je vais vous dire, tant qu’elle sait pas...
elle m’a bougé de place
loin de la vitre
sans le savoir elle m’a privé de le voir
c’est mon secret, il s’appelle Gabriel
tu verrais sa tête
son front ouvert et ses longs cheveux blancs
on dirait une sorte de druide
de vieux fou mais devenu sage
j’ai pas à souligner les mots avec ma règle
à faire des calculs qui servent à rien
avec lui, je me tais, je l’écoute
tu verrais tout ce qu’il a vu
d’ailleurs tu peux même pas imaginer
du pôle nord à l’amazonie
du cap horn à surabaya
ouai c’est des voyages
et tu sais, il en a vécu des aventures
ça se voit à sa peau pis ses cicatrices
- eh oh, reviens avec nous, tu es en cours de français en ce moment
- excusez-moi madame
Gabriel, il parle lentement
si son souffle peine, ses yeux pétillent
moi je l’aime bien
au début il voulait même pas me parler
un jour, il faisait trop soleil
je lui ai amené un chapeau de paille et il l’a mis
voilà à force de tourner la mine en appuyant à fond
c’est la tâche, j’vais encore me faire appréhender
quand elle crie ou t’envoie au tableau
elle a beau être cool je sais qu’elle pourrait être méchante
on la sent fatiguée comme lasse
j’ai toujours peur qu’elle me suive quand je vais voir Gabriel
en plus il va pas bien et j’ai que des fruits à lui donner
un jour, j’ai pas pu me retenir
- mais tu dors ou Gabriel ?
- t’inquiète petit, le sommeil est une source, tu vas boire là ou elle coule
c’est vrai, j’comprenais pas toujours ce qu’il disait mais grâce à lui j’ai connu les inuits, les jivaros, les dogons, et même les nullités de notre peuple,
j’vais vous dire, j’ai pas la pêche, ça craint pour moi
c’est la fin du trimestre, le bulletin va tomber
je sais qu’elle m’aime bien
elle a vu, peut-être même qu’elle est la seule
à mon cœur être attentive
mais pas les obligations pourtant si nécessaires
j’avais deux oranges pour lui
je voyais bien qu’il était mal
j’ai pas compris quand une passante s’est arrêtée, qu’elle a appelé
il m’a pris la main
- fais pas le con gaby, te barres pas, t’as encore plein de trucs à me dire, attends, j’ai besoin de toi, tu m’as pas dit un secret de tout ton vivre !
je voyais ses mèches teintées grises se poser à mon épaule, il s’est penché
vous pouvez pas savoir comme j’avais peur
mes paupières, elles étaient lourdes
la passante accroupie nous regardait, attendrie
et déjà au murmure de la ville, le cri des ambulances
- petit… Gabriel c’est le nom d’un ange… et mon secret le voici, je n’ai jamais voyagé, je n’ai fait que lire…..
je sais plus après parce que j’ai pleuré
j’ai vu des gens courir, et j’ai fermé les yeux
les siens sont éteints désormais
pourquoi elle était là quand j’me suis réveillé
elle sortait d’une réunion
et ma vue soudain sur ce regard tendre
comme un autre éveil
- merci madame, vous le direz pas à mes parents…
au creux de son épaule j’ai senti la chaleur du monde
et j’ai compris aussi
la connaissance et la nécessité de transmettre…
sous la table, j'vous le dis en douce
il me manque plus que le "e" et le "l"
il est des livres d’histoire bien agréable à lire et tellement instructif d’autant que bien qu’ayant des sources tout à fait officielles il se présente sous la forme d’une bande dessinée
l’histoire d’un homme, un certain Nicolas, de son ascension, ses trahisons, de cette ambition démesurée, de ses reniements et maniements ascensionnels qu’il opère sur ses proches et les médias
à lire de toutes urgences
dessins extraits de : La face karchée de Sarkozy / Vent d’Ouest / Fayard Philippe Cohen / Richard Malka / Riss

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vu à la télé (par moi-même, de mes yeux vu)
émission Ripostes animé par Serge Moati, invité Sarkozy
- excusez-moi Monsieur le Ministre de vous interrompre, on m’annonce la mort de Pinochet, Monsieur Sarkozy, vous avez un commentaire ?
- non
Moati comme terrassé
- vous n’avez pas de commentaires ?
- non
et c’est un inspecteur du travail de l’opposition qui dira :
- moi, M. Moati, j’ai quelque chose à dire
et qui résumera en quelques mots la vie d’un des plus « grands » dictateurs de la planète
il vous manquait quoi M. S. pour réagir, un papier écrit ou juste de l’humain ?
votre sens de justice ou le courage face à vos amis étoilés ?
ou simplement le cœur ?
ils sont tout de silence
avec comme seul langage
ces geste figés ou si lents
qu'ils en bafouent le temps
ils sont notre miroir
le tréfonds de nos angoisses
nos rêves éclaboussés
le constat de nos démesures
ils envoûtent et dérangent
ils sont la peau de l'art
anonyme et sans copyright
est-ce le poids de la terre
qui me fait conscience ?
ou ne suis-je que particule
molécule soumise au tout ?
princesse échouée
limons et sable du fleuve
paillettes d'histoire
la glaise des temples respire encore
le vois-tu ?
ferme tes yeuxécoute la sagesse muette
et flamboyante
du craquement de l'écorce
du souffle susurré
de la feuille qui danse
petite fée
tombée sur l'asphalte
couleur d'humeur
couleur de coeur
que fais-tu donc dans cette horreur ?
tu m'as tendu la carte
et je l'ai embrassé
comme pour recevoir, avide
un peu de ta grâce
Luciferon t'a dit traître
toi le bel enfant
ne perd pas ton temps
à nous singer
nous le faisons très bien nous même
et ton oeuvre t'occupe tellement
plonge doucement
ta main
dans l'onde froide
attends la caresse
océan amniotique
pendule de ressac
ta main
la caresse
je te savaisaux brumes laiteuse des aubes
déesse debout
de boue
au delà des clairières
beauté de fange
et moi
éphémère palpitant
oui tu nous rattraperas
madame la mort
tu le sais
alors prend ton temps
laisse-nous encore
le cri de l'enfant
le doux des enlacements
l'utopie de nos âmes
photos : la Rambla / Barcelona / un après-midi d'octobre

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