dans l'armoire

sommes-nous ?

si tu ne hurles pas

personne ne croira

que tu as mal

 

 

 

 

 


quelques images

doucement ouvrir...

...l'espace de ce lieu,
de l'amour :
viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs :
la louve, Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent :
tout seul, matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades :
une rencontre, un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique :
lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe :
montségur, enfants du pire, jungle de sang,

entrez, vous êtes ici chez vous...


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Mercredi 16 novembre 2005
Samir est assis, il regarde la poussière soulevée par une légère brise et qui tournoie au milieu de la rue, cette terre ocre et rouge si peu fertile mais tellement convoitée
Samir a le cœur gros du haut de ses douze ans, Samir est triste et ne comprend pas
avant, de sa fenêtre il voyait les quelques oliviers que son père a planté et qui sont si lents à offrir leur récolte, il aimait le gris des feuilles se découper sur le bleu azur
et puis il y eut ce jour
de gros bulldozers sont arrivés et ont creusé comme une ligne monstrueuse,
une longue tranchée au travers l’horizon
Samir ne connaît pas la résolution 181 du 29 novembre 1947
les jours se sont écoulés, tout le village s’était rassemblé et avait crié sa colère mais rien ne changea et c’est alors que d’autres engins arrivèrent, ils semblaient traîner derrière eux une longue chenille de grands blocs de béton, couchés à terre un peu comme toutes ses ruines éventrées aux abords du village
le soir quand les militaires et les ouvriers étaient partis, Samir grimpait sur les pans de béton et allait voir ses oliviers tout imprégnés de poudre de ciment
Samir n’était pas né entre le 5 et 10 juin 1967
à l’école ses copains disaient qu’on allait couper le pays en deux que c’était pour plus de sécurité et que de toutes façons on avait pas le choix
les cailloux n’ont jamais vaincu les tanks
 
 
un matin, Samir n’est pas allé à l’école
il est resté assis toute la journée et entre deux larmes il a observé de grandes grues relever et poser les uns contre les autres les lourds éléments préfabriqués
et devant ses yeux ébahis il a vu disparaître sa parcelle d’oliviers
Samir ne sait pas les arrêtés du 9 et 20 juillet 2004
le soir venu, il erre le long de ce mur avec ses copains, toujours il se rappelle les crêtes jaunâtres du paysage et c’est le visage baissé, en silence qu’il franchit le check-point pour aller retrouver ses oliviers
 
(ce texte est dédié à Leila Shahid)

le temps

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