diaphane 
bienvenue dans ce no man's land
ce transit de la vie vers le coeur
café tiède,
lentilles de pain dérivantes sur fond noir
petites rigoles translucides qui serpentent au carreau
une aube sale et traînante
sur le divan un tricot écartelé, une écharpe en boule
un livre entrouvert
lavabo
peau blafarde
et des yeux trop rouges
au renvoi du miroir
filet de sang
à la gueule du robinet
crachat de dégoût
dilué au savon
ce silence de morgue
échos livides aux parois du logis
devenu prison
les gestes mécaniques
ranger le bol et le pain
éteindre la lumière, fermer la porte à clé
ne pas regarder
ce lit trop bien bordé
dehors ronronnements sourds
la cité s’ébroue
se retrouver aux autres, ne rien montrer
lassitude au fond du mouchoir
et refus étouffés
un sourire, un mot doux
un fragment de voix
une fleur entrouverte
chercher, attendre
juste un signal
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des mots pour dire, rêver
des mots esquisse
des mots espoirs
Cette souffrance du vide, cette peur de l'absence, ce manque de l'étreinte tendre, affectueuse voir même rassurante ! je connais bien, je connais par coeur ! Mais pourtant je sais aussi que parmi les autres, tous ces autres devant lesquels on doit toujours paraître, il y a toujours une main, une épaule....une écoute. Mais toi, derrière ton mur tu as peut être une fois de trop voulu te protéger, te préserver ! Tu en penses quoi ?
aaaahhhhh! ça y est : en lisant ton texte j'avais dans la tête un poème de baudelaire qui lui fait écho: (et que je n'arrivais pas à retrouver)
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis
et que de l'horizon embrassant tout le cercle
il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ...
C'est "spleen" bien sûr !
Il est des matins, comme ça...
Amitiés
je peux glisser un plaisanterie, pas méchante, juste comme ça ? :
A mon avis, tout est parti du café trop tiède...
A la prochaine rencontre!
" sur le divan un tricot écartelé, une écharpe en boule
un livre entrouvert "
Tu n'es pas seul ; le désordre t'accompagne, t'entoure, te protège .
"les gestes mécaniques"
Ouvre les yeux ; ne cherche pas plus loin ; les objets deviennent émotions ; les gestes précision, pour que tu t'en échappes . Tu sors ; obligation ; désarroi et espoir ...
"un sourire, un mot doux
un fragment de voix
une fleur entrouverte "
Le voilà le signal .
Le signal te protège .
Bonsoir .
smala, baramine, Annick, merci à vous !
Amitiés
Ce poème est fait de matière
il m'a écorché le dos de la main
à le lire
je sais que je suis encore vivant
et même parfois
silencieusement amical
(silence que je romp impudiquement ici)
Merci