dans l'armoire

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embruns de rock

échevelé, avide
au milieu des accords
Vendredi 10 février 2006 5 10 /02 /Fév /2006 12:36

café tiède,

lentilles de pain dérivantes sur fond noir

petites rigoles translucides qui serpentent au carreau

une aube sale et traînante

sur le divan un tricot écartelé, une écharpe en boule

un livre entrouvert

lavabo

peau blafarde

et des yeux trop rouges

au renvoi du miroir

filet de sang

à la gueule du robinet

crachat de dégoût

dilué au savon

ce silence de morgue

échos livides aux parois du logis

devenu prison

les gestes mécaniques

ranger le bol et le pain

éteindre la lumière, fermer la porte à clé

ne pas regarder

ce lit trop bien bordé

dehors ronronnements sourds

la cité s’ébroue

se retrouver aux autres, ne rien montrer

lassitude au fond du mouchoir

et refus étouffés

un sourire, un mot doux

un fragment de voix

une fleur entrouverte

chercher, attendre

juste un signal

Par daniel souhait - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
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Commentaires

Cette souffrance du vide, cette peur de l'absence, ce manque de l'étreinte tendre, affectueuse voir même rassurante ! je connais bien, je connais par coeur ! Mais pourtant je sais aussi que parmi les autres, tous ces autres devant lesquels on doit toujours paraître, il y a toujours une main, une épaule....une écoute. Mais toi, derrière ton mur tu as peut être une fois de trop voulu te protéger, te préserver ! Tu en penses quoi ?

Commentaire n°1 posté par smala le 06/02/2006 à 15h17

aaaahhhhh! ça y est : en lisant ton texte j'avais dans la tête un poème de baudelaire qui lui fait écho: (et que je n'arrivais pas à retrouver)


Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle


sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis


et que de l'horizon embrassant tout le cercle


il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ...


C'est "spleen" bien sûr !


Il est des matins, comme ça...


Amitiés


 

Commentaire n°2 posté par baramine le 06/02/2006 à 17h24

je peux glisser un plaisanterie, pas méchante, juste comme ça ? :


A mon avis, tout est parti du café trop tiède...


A la prochaine rencontre!

Commentaire n°3 posté par baramine le 06/02/2006 à 17h28

"  sur le divan un tricot écartelé, une écharpe en boule


un livre entrouvert "


 


Tu n'es pas seul ; le désordre t'accompagne, t'entoure, te protège .




"les gestes mécaniques"




Ouvre les yeux ; ne cherche pas plus loin ; les objets deviennent émotions  ; les gestes précision, pour que tu t'en échappes . Tu sors ; obligation  ; désarroi et espoir ...




"un sourire, un mot doux


un fragment de voix


une fleur entrouverte "




Le voilà le signal .


Le signal te protège .


 


Bonsoir .


 



Commentaire n°4 posté par Annick SB le 06/02/2006 à 17h46

smala, baramine, Annick, merci à vous !

Réponse de daniel le 06/02/2006 à 18h10
Il y a toujours des signes, des petites lucioles qui dansent et brillent au plus noir de la nuit.
Amitiés
Commentaire n°5 posté par Cristal le 07/02/2006 à 04h43

Ce poème est fait de matière
il m'a écorché le dos de la main


à le lire
je sais que je suis encore vivant


et même parfois
silencieusement amical
(silence que je romp impudiquement ici)


Merci

Commentaire n°6 posté par Le bateleur le 07/02/2006 à 12h05
Bip bip bip ...que de signaux envoyés dans une vie mais combien restent sans réponse?Merci pour cette douceur. Le quotidien , le vide des absences  agrémentés par tous ces souvenirs de sourire , ces voix a jamais gravées , et l'idée d'avoir toujours de l'espoir .
Commentaire n°7 posté par dysis le 07/02/2006 à 17h42
Que de souffance et comme  je la recois....
Commentaire n°8 posté par Viviane le 08/02/2006 à 11h07

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