diaphane 
bienvenue dans ce no man's land
ce transit de la vie vers le coeur
café tiède,
lentilles de pain dérivantes sur fond noir
petites rigoles translucides qui serpentent au carreau
une aube sale et traînante
sur le divan un tricot écartelé, une écharpe en boule
un livre entrouvert
lavabo
peau blafarde
et des yeux trop rouges
au renvoi du miroir
filet de sang
à la gueule du robinet
crachat de dégoût
dilué au savon
ce silence de morgue
échos livides aux parois du logis
devenu prison
les gestes mécaniques
ranger le bol et le pain
éteindre la lumière, fermer la porte à clé
ne pas regarder
ce lit trop bien bordé
dehors ronronnements sourds
la cité s’ébroue
se retrouver aux autres, ne rien montrer
lassitude au fond du mouchoir
et refus étouffés
un sourire, un mot doux
un fragment de voix
une fleur entrouverte
chercher, attendre
juste un signal
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des mots pour dire, rêver
des mots esquisse
des mots espoirs
votre présence