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embruns de rock

échevelé, avide
au milieu des accords
Lundi 24 mars 2008 1 24 /03 /Mars /2008 17:10

ces limaces translucides

au fond de ton mouchoir

quand le préau fratricide

vient lacérer tous tes espoirs

alors déjà tout embrouillé

tu entrevois ton devenir

caché, muet, prêt à hurler

ta main si avide à saisir

et voilà ces larves de sel

qui sournoises à ton chemin

bave de sang, bave de miel

effaceront tous tes chagrins

et puis, frémissements de peaux

constat de froid, nouvelles aubes

creux d’étoffe, premiers sanglots

l’indifférent qui nous enrobe

ces escargots du bout du cœur,

mon aimée l’épée suinte

se colorent au gré d’humeurs

susurrées comme des plaintes

et tu frottes tes paupières

comme un tableau qu’on efface

fini le temps des prières

filets furtifs, douces traces,

ces cocons de vie serpentent

brises froides et si lasses

se languissent, se lamentent

cris confondus et trépassent

tes bras mangroves ensablés

fouillent la terre qui t’attend

bientôt les sursauts asséchés

l’œil maussade et les absents

et ces larmes chrysalide

de marbre et puis de pollen

tous ces doigts tendus au vide

croulants au poids de nos chaînes

vient, c’est sur, l’heure du miroir

te regarde, ne te vois plus

tâtonne jusqu’au désespoir

bientôt le vent se sera tu...

 

merci à Viviane pour son poème et le chemin qu'il m'a entrouvert

Par daniel - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
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Commentaires

c'est magnifique ce chemin d'émotion que tu as pris,
cette image des larves
des limaces
ce mélange de bave et de miel, quel superbe écho à mon petit poème
toute l'enfance est là entre tes mots
merci merci
Commentaire n°1 posté par Viviane le 25/03/2008 à 11h05
bon, toujours en retard pour répondre et je m'en excuse,
Viviane, tant de coeur et de vérité chez toi, des légendes sorties des jungles au partage du manger, chez toi tant de coeur
c'est moi qui te dis : merci!
Réponse de daniel le 30/03/2008 à 21h16
Pas évident de bâtir tout un poème en filant la métaphore, mais tu l'as fait, et brillamment : bravo ! Si l'on voulait une note d'espoir, on pourrait songer à ces traces que laisse la bave des limaces et qui, sous les rayons du soleil, brillent et laissent apparaître des dessins tourmentés. Il y a toujours un soleil après la pluie, il y a toujours du bonheur après des larmes...
Commentaire n°2 posté par zebu32 le 25/03/2008 à 13h10
mais c'est vrai zebu, tu me connais, ici plane la mélancolie mais aussi l'espoir
et je le garde tu sais,
je vais te faire une confidence d'amis, je me retiens, sur que je serai plus sombre encore, mais je ne transmets pas assez, c'est sur aussi, les envies qui m'habitent
j'en prends un peu chez toi,
bises
Réponse de daniel le 30/03/2008 à 21h21
Très beau poème...
Commentaire n°3 posté par Valentine le 25/03/2008 à 19h08
merci Martine
quand je voyage en ton univers, je suis trés intimidé et n'ose laisser des comms
tes visites sont cadeaux et merci pour le smiley, il n'y a que toi qui les poses
Réponse de daniel le 30/03/2008 à 21h24
Très beau comme toujours, savoir avancer même lentement...

Bonne nuit Daniel qu'elle te soit sereine.

Bisous.
Commentaire n°4 posté par Laudith le 25/03/2008 à 22h58
merci Edith
parfois les rimes loin des contraintes
juste comme des perles de coeurs
petites lucioles même pas éteintes
les mots pour transcender les peurs
bises et bonnes nuits
Réponse de daniel le 30/03/2008 à 21h31

Pourquoi, en lisant ces mots, ai-je l'envie de prendre dans mes bras ce petit garçon resté tout seul sous le préau ?!
Pourquoi me revient l'histoire racontée par ma mère de ces escargots prisonniers le soir ayant repris leur liberté le lendemain matin en laissant sur les murs la bave luisante qui retraçait leur fuite ?
Voilà comment des mots avec leur belle sonorité éveillent des souvenirs.
Bel ouvrage d'écriture !
Bravo !
Bonne soirée !

Commentaire n°5 posté par Marianne le 25/03/2008 à 23h15
je suis trés touché par tes mots Marianne, vraiment,
ces jeunesses proscrites qui hantent et ressurgissent, parfois,
et en haut de l'escabeau
les marches du passé qui voudraient s'échapper
Réponse de daniel le 30/03/2008 à 22h02
Quelle solitude, quelle désespérance , quel avenir sombre pour cet enfant , on a envie de sécher ses larmes et de faire renaiître  l'insouciance , le sourire , le bonheur  perdu de l'enfance  !
 
Commentaire n°6 posté par chrystelyne le 28/03/2008 à 23h39
c'est drôle tu sais chrystelyne, je n'ai presque pas de souvenirs de ma petite enfance mais dès le primaire, les images se sont ancrées aux lambeaux de ma mémoire, et si la famille est là, les cours de récré restent des jungles...
Réponse de daniel le 30/03/2008 à 22h05
Tu te souviens, ça devait se passer dans une cour de récréation, sous un préau peut-être ou sous un grand platane
on se serait rejoins
on l'avait évoqué
un des nous deux aurait eu un genou écorché
qui l'aurait pansé avec son mouchoir ?
l'autre ?
une dame ?
qu'importe !

les petites blessures laissent de petites cicatrices apparentes ...

Là, je me souviens de nous deux en lisant ton poème ... et l'écriture hésitante et promise qui elle aussi s'est tue comme le vent ...

Chut, ne réveillez pas l'écrivain qui dort : il rêve encore ...
Commentaire n°7 posté par Annick SB le 09/04/2008 à 12h58
oui je me souviens, ce préau, mon envie d'ailleurs
ce bobo qu'on cache et l'oeil du coeur qui le descelle,
même que la maîtresse, j'étais sur qu'elle me panserait
elle était belle et autoritaire, juste et douce
alors comme un lâche, j'ai fui le préau, marre d'être coincé
lâche certainement, et mes pas soudain lourds se sont écroulés
c'est une petite cicatrice que le coeur mémorise,
mais des mots inachevés, une histoire borgne,
forcent et nourrissent à revenir au préau
l'histoire naissante de nos deux plumes avortées
mais non, tout est à écrire
"l'écrivain ne dort, juste titube au rêve,
pose sa main au miroir"
Réponse de daniel le 10/04/2008 à 23h12
C'est toujours un plaisir de visiter ton blog.
Bises
Commentaire n°8 posté par sarah le 27/04/2008 à 10h37
merci sarah et toi j'espère que ça va ?!
bises
Réponse de daniel le 28/04/2008 à 14h41
Beaucoup de choses ont été dites sur ce poème, alors au risque de me répéter, il est vraiment très beau.
Nanou
Commentaire n°9 posté par nanou le 30/04/2008 à 17h06
merci Nanou, tes visites sont si rares
Réponse de daniel le 19/05/2008 à 11h26

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