dans l'armoire

d'autres ailleurs

embruns de rock

échevelé, avide
au milieu des accords
Dimanche 6 juillet 2008 7 06 /07 /Juil /2008 22:17

je te salue

une fois encore

ton lit trouble frémissant

nos retrouvailles d’ombre

tes brillances verdâtres

en clin d’œil

je tend ma main

invisible caresse

à ta peau liquide

je sais l’humus gonflé

de tes veines argentées

des pianos de feuilles

t’accompagnent,

ces jupes qui s’ouvrent

au crépuscule de bal

c’est le temps qui me penche

qui me courbe

qui me fait chercher ton reflet

fouiller la vase

renaître ces fils brisés

ces filets de sueurs

qui font les nuits torture

je te cherche

encore, toujours,

ton sein nourricier

ton entrejambe ouvert

mon oubli à ton ventre

l’onde se teinte

porte les chuchotements

les mains ressac

qui apaisent et façonnent

et plus loin aux rebords des douleurs

ou du plaisir

ces doigts cris

qui provoquent et tâtonnent

la berge me charme

je la sais attendre mon pied glissant

bisous de clapotis

paupières de lune

patientes et sereines

de lymphes en tourbillons

doigts cloaques

qui toujours enlèvent

aux dermes d’argile

torturés de vents

ma peau qui frissonne

échoué sur la rive

embryon d’incertains au fond des tiroirs

les râles d’antan

écumes de larmes

à des plages d’infortune

je te regarde

ne vois que ramures déchirées

mélopées mourantes

ciels souillés

au creux des puits

et aussi des pupilles

le même vide noirâtre

et nous penchés

à jeter la torche

et mesurer l’attente

viens ma belle

ma larve dénudée

coquilles ou cocons

effondrées les parois

les plus belles courbes n’ont pas de peau

le sournois de l’aiguille

laisse sa caresse de poussière

aux meubles fendus

et nos pas

ne résonnent qu’à nous- même…

juste le clapot,
je t'attends, viens

Par daniel - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
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Commentaires

Toujours cette " femme - absence " , récurrente dans tes lignes d'amour,  qui fait  osciller tes mots entre la nostalgie et l'espoir .
Très beau poème.
Commentaire n°1 posté par Annick SB le 08/07/2008 à 10h08
oui  Annick, tu touches le fond, le bord palpitant de l'orée de l'âme, cette quête façonnée de souvenirs, de vivre et d'utopie ou d'attente, cette femme-absence ni mère ni maitresse ni fille, celle impalpable de l'appel à la vie et le temps marqué aux sursauts du fleuve
merci
Réponse de daniel le 17/07/2008 à 21h34
Je ne sais pas où tu vas chercher l'inspiration, mais les vers nous font doucement suivre ton esprit. Les souvenirs font écho à l'avenir... à moins que ce soit l'inverse... D'un sentiment à l'autre, d'une envie à l'autre...
Commentaire n°2 posté par zebu32 le 15/07/2008 à 11h32
merci zebu, je m'égare parfois, souvent et crains que mes mots ne deviennent incompréhensibles, les doigts sur le clavier vont moins vite que la pensée vagabondante alors on remonte les mots mais toujours préserver le premier jus celui loin des styles et des obligations verbales, celui du coeur
t'embrasse
Réponse de daniel le 17/07/2008 à 21h38
Très beau poème qui peut nous faire voyager dans le temps. J'apprécie le rapport tactile aux différentes matières qui sont suggérées : lisse, rugueux, doux, fluide... Tout ceci stimule l'imagination.
Merci pour ces lignes blanches.
Commentaire n°3 posté par groseil le 15/07/2008 à 18h37
quelqu'un m'a appris à percevoir et de l'oeil au tactile,
les mots aussi, furtivement, suggèrent l'image, toujours...
ils sont liens, non ?
merci groseil de la visite, vraiment
Réponse de daniel le 22/07/2008 à 22h35
Ma promenase matinale dans le jardin de Chrystelyne m'a conduit ici. J'y ai trouvé de belles choses qui méritent une pause plus longue. A bientôt donc pour une visite plus complète. Nicole
Commentaire n°4 posté par nicole coste le 20/07/2008 à 07h58
merci Nicole mais la découverte est réciproque et à bientôt de nous revoir comme on dit autre-part (sourire), le net garde quand même ses avantages, ceux de la découverte,
Réponse de daniel le 22/07/2008 à 22h39
J'aime la magie de cette quête , quête d'une femme, sirène et/ou  muse,   quête de la  "Femme"   idéale et inacessible, mythique  et pourtant taujours rêvée , espérée, presque une prière, un appel , un besoin , un regret  , une espérance, une promesse d'amour,  un univers dense et secret,  tout en images poétiques ,symboliques,  un rêve , enveloppé de brumes  voluptueuses, un univers  mi terrestre mi aquatique ,  qui frôle  le merveilleux !  bravo
amicalement
chrystelyne
Commentaire n°5 posté par chrystelyne le 20/07/2008 à 22h03
que dire après ce que tu me laisses, touché, oui toujours quêter, l'inaccessible, la femme, la mère (qui me manque), celles de mes vivres au fond du drap, ma fille, belle fleur arrogante et tendre et le lit du fleuve qui portera c'est sur nos illusoires aspirations, alors nous savons la terre meuble et gourmande mais il faut avancer et croire encore
merci chrystelyne c'est chez toi que je vais pour croire encore, un peu de douceur dans ce monde de brutes, c'est ce qu'on dit et nous avons ce point commun de douter mais d'aimer et encore et encore...
Réponse de daniel le 23/07/2008 à 22h28
Je me retrouve dans ce texte, toujours la quête de l'autre... on dit qu'à trop se retourner sur son passé, on tourne le dos au bonheur...

Merci pour tes mots, il m'est toujours agréable de venir flâner dans ton espace Daniel.

Bonne fin de journée, je t'embrasse.
Commentaire n°6 posté par Laudith le 25/07/2008 à 17h00
tu sais Edith, il y a forcément du passé mais surtout la quête de l'éternel, cette muse innaccessible, en fait juste de l'amour, encore et toujours...
bises
Réponse de daniel le 30/07/2008 à 23h03

Je ne te parlerai que de cette écriture qui me délasse, et qui n'est pas rentable, que je perds aussitôt, que tu peut brûler comme il te plaît. Tu ne m'as rien demandé et voilà que je te catapulte des mots, dans l'attente de tes mots à toi, qui ne me parviennent pas.
                                                     
Hervé Guibert,
                                                   
Les Aventures singulières.

Ce sont les mots qui ont commencé cet exercice qui avait pour but d'exorciser ma douleurs lorsque j'ai ecrit ces pages qui sont destinés a celle qui m'as quitté il y'a quatres ans pour les bras d'un autre, car pourquoi lui ecrire me diras-tu? Mais parce-que des paroles sans destinataire ne sont pas vraiment des paroles. Sans échos, elles se perdent. C'est comme si elles n'avaient jamais existé. C'est écrire au vent, au désert, à l'abîme. Si personne ne m'écoute, autant continuer a me taire. Alors un jour je leur ferai parvenir ce cahier ou j'ai gerbé mes douleurs (à CHRISTINE et à ma fille CLEMENCE).

Commentaire n°7 posté par jerome le 25/07/2008 à 18h35
"C'est écrire au vent, au désert, à l'abîme."
oui Jérôme c'est ça, faut faire avec, le but est de survivre, pas le choix
on garde le vécu mais faut maintenant penser au présent et à soi
des fois faut dire "je", y'a tellement d'égoïsme déjà,
mais aussi tant de solitudes dérivantes,
pas le choix, drôle de monde
je t'embrasse Jérôme
te dis, cherche ta route, la tienne
celle qui va vaincre
et admettre que l'on est que témoin...
Réponse de daniel le 30/07/2008 à 23h19
juste muette d'admiration et d'émotion face à ces mots 'et maux)
merci
Commentaire n°8 posté par Dysis le 15/08/2008 à 07h48
merci Dysis, peut-on renaître du reflet évanescent des visages aux plis du fleuve,
je t'embrasse
Réponse de daniel le 07/09/2008 à 15h58
Loooooongues vacances ou manque d'inspiration ? J'espère te relire bientôt, en tout cas...
Commentaire n°9 posté par zebu32 le 19/08/2008 à 18h49
pardon zebu pour ce long silence, il y avait un peu de tout, vacances, problèmes de connexion et asséchement aussi, c'est drôle de dire que le bonheur nuit à l'inspiration, et pourtant tous les artistes diront ça, mais quelle joie de retrouver ses enfants réunis même si ce n'est que quelques jours,
bises
Réponse de daniel le 07/09/2008 à 16h01
"aimer un être c'est le rendre transparent" (Jean Racine)
T'M
Commentaire n°10 posté par lyd le 08/09/2008 à 12h01
oui, la transparence c'est le don vers l'autre, l'offrande de soi même, c'est plonger sa main dans l'onde et attendre l'être qui viendra s'y blottir, t'embrasse
Réponse de daniel le 13/09/2008 à 22h48

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