diaphane 
bienvenue dans ce no man's land
ce transit de la vie vers le coeur
je te salue
une fois encore
ton lit trouble frémissant
nos retrouvailles d’ombre
tes brillances verdâtres
en clin d’œil
je tend ma main
invisible caresse
à ta peau liquide
je sais l’humus gonflé
de tes veines argentées
des pianos de feuilles
t’accompagnent,
ces jupes qui s’ouvrent
au crépuscule de bal
c’est le temps qui me penche
qui me courbe
qui me fait chercher ton reflet
fouiller la vase
renaître ces fils brisés
ces filets de sueurs
qui font les nuits torture
je te cherche
encore, toujours,
ton sein nourricier
ton entrejambe ouvert
mon oubli à ton ventre
l’onde se teinte
porte les chuchotements
les mains ressac
qui apaisent et façonnent
et plus loin aux rebords des douleurs
ou du plaisir
ces doigts cris
qui provoquent et tâtonnent
la berge me charme
je la sais attendre mon pied glissant
bisous de clapotis
paupières de lune
patientes et sereines
de lymphes en tourbillons
doigts cloaques
qui toujours enlèvent
aux dermes d’argile
torturés de vents
ma peau qui frissonne
échoué sur la rive
embryon d’incertains au fond des tiroirs
les râles d’antan
écumes de larmes
à des plages d’infortune
je te regarde
ne vois que ramures déchirées
mélopées mourantes
ciels souillés
au creux des puits
et aussi des pupilles
le même vide noirâtre
et nous penchés
à jeter la torche
et mesurer l’attente
viens ma belle
ma larve dénudée
coquilles ou cocons
effondrées les parois
les plus belles courbes n’ont pas de peau
le sournois de l’aiguille
laisse sa caresse de poussière
aux meubles fendus
et nos pas
ne résonnent qu’à nous- même…
juste le clapot,
je t'attends, viens
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