dans l'armoire

sommes-nous ?

si tu ne hurles pas

personne ne croira

que tu as mal

 

 

 

 

 


quelques images

doucement ouvrir...

...l'espace de ce lieu,
de l'amour :
viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs :
la louve, Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent :
tout seul, matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades :
une rencontre, un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique :
lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe :
montségur, enfants du pire, jungle de sang,

entrez, vous êtes ici chez vous...


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Dimanche 12 mars 2006

s’asseoir, regarder le ciel

se laisser prendre d’une conscience universelle

se vouloir unité humaine nourrie de toutes diversités

élever le spirituel, individuel et communautaire

absoudre le lourd testament des politiques et des religions

devenir citoyen du monde

être libre, en mouvement avec la connaissance

ouvert à toute évolution qui serve l’homme 

 

le 28 février 1968, quelque part en plein désert au sud-est de l’inde plus de 5000 personnes sont rassemblées autour d’une étrange urne de marbre en forme de lotus et là sous les yeux de la Mère, les représentants de 124 nations vont déposer un peu de terre rapportée de leurs pays

le ville de l’aurore vient de naître

la Mère en est l’essence première

Mira Alfassa qu’Auroville appellera la Mère est née à Paris, grande voyageuse elle s’établira en Inde et deviendra disciple de Sri Aurobindo philosophe et homme politique dont elle créa par la suite un ashram à son nom

Mira rêve, elle veut créer une ville laboratoire ouverte au progrès mais aussi à l’individu, une ville de paix, de concorde, d’expressions artistiques, de liberté au dessus de toutes croyances, de toutes politiques et de toutes nationalités

en 1963 elle fait appel à un architecte français, Roger Anger pour lui modéliser ce que sera la cité de l’aurore puis viendra la recherche d’aides et d’autorisations diverses 

 

ce 28 février, la Mère est debout devant la foule et elle délivre le message et la charte d’Auroville :

Salut d’Auroville à tous les hommes de bonne volonté. Sont conviés ici ceux qui ont soif de progrès et aspirent à une vie plus haute et plus vraie. 

Voici la charte de la ville :

1 – Auroville n’appartient à personne en particulier. Auroville appartient à toute l’humanité dans son ensemble. Mais pour séjourner à Auroville il faut être le serviteur volontaire de la conscience Divine.

2 – Auroville sera le lieu de l’éducation perpétuelle, du progrès constant et d’une jeunesse qui ne vieillit point.

3 – Auroville veut être le pont entre le passé et l’avenir. Profitant de toutes les découvertes extérieures et intérieures, elle veut hardiment s’élancer vers les réalisations futures.

4 – Auroville sera le lieu de recherches matérielles et spirituelles pour donner un corps vivant à une unité humaine concrète.

 

là dans ce désert rouge accablé de chaleur, la ville-cellule, la ville-galaxie va grandir

sur une idée première de cercles concentriques, l’urbanisme va la façonner en spirales

la Mère s'est inspirée, comme modèle, du symbole représentant la puissance créatrice du Divin à l’œuvre dans la matière

 

 

 

le noyau de la cité s’appelle le Matrimandir, énorme sphère couverte de pétales dorées ou se trouve la chambre de méditation, grande salle de marbre blanc avec en son centre un lotus d’ou émerge une flamme symbolisant le pouvoir illuminateur de la conscience de Vérité

une zone de silence assez vaste, appelée le Parc de l'Unité, composé de douze jardins prolonge l'emplacement du sanctuaire

et la ville s’étale, elle va se fondre en quatre zones :

- la zone industrielle, petites fabriques, artisanats divers, ateliers de recherche, complexe agricole, la production doit se faire selon les besoins de la collectivité, la concurrence est proscrite et aucun droit n’est accordé au profit et à la surproduction

- la zone résidentielle devenue un melting-pot architectural ou l’on croise toutes sortes de constructions, de la hutte de paille traditionnelle aux villas écologiques et à la pointe du recyclage, ici règne l’imagination tant sur la conception que sur le matériau

- la zone culturelle, qui se voudrait aux travers diverses académies, reflet de l’innovation scientifique et artistique complétée d’installations sportives

ici artistes et chercheurs ne doivent pas tendre aux avantages personnels ni subir de contraintes extérieures économiques ou politiques juste servir la communauté humaine

- la zone internationale, offrant via de nombreux pavillons la diversité de tous les pays, culturelle, linguistique, intellectuelle, traditionnelle

et puis comme pour ceinturer, protéger ce paradis utopique, cette vision sublime du genre humain, Auroville s’entoure d’une immense couronne de verdure, des milliers d’arbres ont été planté, la terre se verdit, la faune revient, l’écosystème renaît

 

Auroville traverse le temps

en 1966 la Mère obtient le soutien de l’UNESCO et l’aval du gouvernement indien sur son statut d’autonomie, l’Union Européenne y contribue depuis plusieurs années, en 1999 Auroville est encore un village avec environ 1600 habitants, plus de 35 nationalités y demeurent, de nos jours, spéculations foncières apparaissent, 3000 touristes par jour et puis ce besoin sous-jacent et peut-être obligatoire d’une unité centrale, d’un « gouvernement »,

Auroville fait venir chaque jour en son sein 5000 Tamouls, paysans pauvres et en guerre pour leur reconnaissance, Auroville se construit, se dévoile

- Mère, tu n’es plus là, as-tu réussi ton rêve échevelé d’un monde d’amour et d’éveil, de bienfaisance et de sagesse ?

Auroville, ses piscines éclairées, ses cantines, son business, ses bougies et son encens

ou est donc « l’Etre Supramental » de Sri Aurobindo, le serviteur volontaire de la conscience que Mère désirait ? Auroville n’est pas morte, elle tâtonne, elle doit veiller à qui veut la prendre, elle doit rester espoir

 

 

s’asseoir, regarder le ciel

devenir citoyen du monde

se laisser prendre d’une conscience universelle

se vouloir unité humaine nourrie de toutes diversités

je pense à Myra la femme

qu’ils ont voulu déifier

jusqu’à l’emmurer, l’empoisonner pour en faire leur symbole

Mère mourut en 1973.

Auroville lui réserva des funérailles de Déesse

la ville de l'aurore

par daniel souhait publié dans : écriture

le temps

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