dans l'armoire

d'autres ailleurs

embruns de rock

échevelé, avide
au milieu des accords
Jeudi 30 octobre 2008 4 30 /10 /Oct /2008 21:48

les dettes aux pauvres,

les bénéfices aux riches,

et ma morve sur ta pisse

mon dédain à tes canons

et tes billets

mon crachat à ton sang,

élite mourante,

et traine tes méandres de mort

ce monde légué,

infesté,

bruissements immoraux,

palper toujours,

les grands encravatés bouffis d’orgueil

peureux mais toujours imbus,

soudain mendiants

l’état démon, l’état obstacle

désormais salvateur

le boy d’or costard, lécher le communisme,

les erreurs aux pauvres,

les certitudes aux riches,

et ma gerbe sur ta bave

mon refus à tes spéculations,

et tes idéaux

de mensonges et d’intérêts,

suceurs d’égoïsme, prêcheurs narcissiques,

ce monde condamné,

contaminé,

des brassées d’oubli

balayent la masse,

j’fais pipi, après j’m’efface,

ici gronde le souffle maudit

des bouches affamées,

des espèces en perdition,

et toute cette eau souillée,

boursoufflés aux aguets de pouvoir,

les voila amnésiques

et toujours donneurs,

… de leçons !

fuir vers la rocaille des sommets

de la racaille des buffets,

au souffle manquant,

si loin des écrans cannibales

qui assèchent vies

aux intérêts notables,

les miettes aux moyens,

d’abord le palais et les guerres,

je marche, enjambe le peuple du rejet,

prends appui à des membres mourants,

balbutie sous messages et mensonges,

et ris parfois

comme un hoquet,

bulle de refus,

les pansements au peuple

les onguents aux requins

de telles mâchoires

qu’ils se mangent entre eux

et se craignent,

vous chier dessus,

non, pas gaspiller ma merde

je la préfère humus

à dévorer vos cadavres enrichis,

le pressing n’ôtera pas

vos sueurs prétentieuses,

vos reniements,

gonflés d’orgueil,

vous œuvrez pour les murs,

l’autre m’emmerde s’il ne me sert pas,

sourire, éloquence comédienne,

hypocrite et certaine,

des bannières et feuillets,

digérer le vous-même votre capitalisme !

vos poches trop gonflées,

ne vous alourdissent même pas,

las de tous ces constats,

une main sur la pierre,

l’autre au sein du fleuve,

vous subir,

garder l’âme et l’essentiel de l’humain,

si loin de vos salons et mains serrées,

l’angle est bon, le micro sature pas,

clap,

comme une claque,

surtout tais-toi,

les illusions aux incultes,

les trahisons aux pensants,

tant pis pour eux,

tant pis pour nous,

ils courent et tendent le bras

non pour l’étreinte mais pour le titre,

les valeurs du cœur ne se spéculent pas,

mais vous êtes jusqu’à les ignorer,

les dernières grimaces à vos remparts

s’éteignent ou se lassent

empereurs déchus sur de mornes plaines,

une tache à vos costumes,

une brèche à votre prétention,

vous titubez, piétinez

votre holocauste d’appauvris

et les sucez encore,

vous rappelez-vous de vous-même,

l’acajou du bureau,

ce sourire colonial

à l’ignorance béate de votre clientèle,

vous restez les forts

du moins le pensez-vous,

la masse se rétracte,

attend peut-être l’excès avant de se déployer,

la propagande aux muets,

les valises aux invisibles,

la bouche au robinet

si loin des sources,

et ma couette

comme dernier bouclier
-----


utopia / B. Lavilliers / live en mars 1978
écoutez, rien ou presque n'a changé

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Retour à l'accueil

le temps qui passe

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

fouiller en ce lieu

des mots qui dénotent

des mots pour dire, rêver

des mots esquisse

des mots espoirs

des pages à tourner

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés