doucement ouvrir...
...l'espace de ce lieu,
de l'amour : viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs : la louve,
Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent : tout seul,
matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades : une rencontre,
un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique : lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe : montségur,
enfants du pire, jungle de sang,
entrez, vous êtes ici chez vous...
--------------------
suite du texte « le mur »
Samir est debout, il longe le mur, scrute les graffitis qui l’habillent comme des cris silencieux en couleurs de révoltes
Samir a peur, toujours, il repense au père de son copain Elias, lambeaux épars, néant de mort, miettes palpitantes au noir du bitume, pourquoi ? il se rappelle les palabres des anciens et leurs discussions animées en ce mois de janvier, voter pour qui, pourquoi, sortirons-nous un jour de ce cloaque de violence et de guerre ?
tiens voilà Elias justement, assis tous les deux, ils regardent le portrait déchiré du vieux lion, ce sourire de diplomate aux yeux de combattant, Samir ne sait pas la différence entre le Fatah et le Hamas, il sent la haine monter en même temps que le désespoir mais l’un ne va pas sans l’autre et les vieux disent qu’il faut en finir,
Samir ne sait pas qui sont les Frères musulmans ni même qui est Mahmoud Abbas
on a voté aussi de l’autre coté du mur, Sharon le guerrier fatigué désormais silencieux remplacé par Ehoud Olmert au sein d’un parti qui se veut plus centriste
Samir connaît-il le Likoud et Kadima, sait-il leurs différences ? sait-il ce que c’est que le partage unilatéral ?
avec Elias ils sont allés voir les oliviers de son père, au check-point on les connaît et on les laisse passer, deux gamins de douze ans, les pieds qui traînent dans la poussière
à l’hôpital, il paraît que ça va mal, il n’y a plus d’argent pour payer les médecins et acheter les médicaments, on dit que les autres pays ne veulent plus les aider à cause du Hamas
au loin la voix de l’imam qui semble traverser le mur
cet étrange mur de lamentations, d’incompréhension
Samir caresse le tronc de l’olivier, partagera-t-il un jour ce fruit d’amour avec le voisin ?
ce texte est dédié au Rabbin Michel Serfati
(pour son action au sein des banlieues et son bus de l’Amitié Judéo-Musulmane)


visiteurs se sont posés ici, merci