diaphane 
bienvenue dans ce no man's land
ce transit de la vie vers le coeur
c’était en 1973, seul au cœur de l’amphi, sur son estrade,
il parlait et tournait dans sa main une pomme comme un symbole. Il parlait d’industrie, d’agriculture et de démographie, d’urbanisme aveugle et de recyclage
c’était bien avant Dany le vert ou Nico le converti, bien avant les bobos à vélo et le snobisme bio, la démesure et l’intérêt tiraient déjà les ficelles, et l’amphi silencieux
il s’appelait René Dumont
qui avait senti l’herbe humide tremper ses chevilles ?
ils ont pris moult formes les utopistes de la chloro,
plus d’un quart de siècle à se faire entendre,
comme les radios libres comme désormais le net
le costard cravate s’accapare le concept y rajoute quelques taxes et se fait avocat,
c’est presque foutu
jardinier je taillais des pruniers vétustes et mourants, enfermés d’asphalte au trottoir éventé et sombre lorsqu’ils vinrent, le parenchyme vous connaissez pas ? Le vert est passé de la barbe à la limousine, les forêts restent piétinées et les puits avides, faire payer le pet des bovins et subventionner l’industrie des 4X4 ?
et les voila, sélectifs comme leurs poubelles,
qui a palper ce grain aride de l’écorce ?
porte nos cendres et nos âmes,
terrassées de degrés asséchants, de regrets, pas même,
s’effilochent les valeurs et se perdent les sagesses ancestrales,
ils font la morale ne savent comment prendre un sécateur,
dessinent sur leur planche les couleurs de nos villes, finis géraniums, œillets d’inde, sauge,
de la vivace et du graminée coutent moins chère à l’entretien et des pistes cyclables en béton là ou il n’y a pas de vélo,
Bertrand reverse pour l’Afrique, Hulot cautionne les shampoings,
jardinier je défends l’impossible mais avec respect et contraintes,
des arbres sur un pont, un mètre cube de survie juste pour plaire
c’est beau sur la planche à dessin ou en projection 3 D,
le culte des archis et des paysagistes,
ceux là qui nous font des tours et des jardins aseptisés,
comme les pontes politiques, hospitaliers ou d’industries,
ils ont raison…
en humant la rose, je me suis fait piquer et j’ai ris de mes rougeoyantes boursouflures, l’oiseau sur le greffon, du gris sur l’azur,
c’est en 2010, le seul est dogme au fond de la rue, sur son écran,
ils parlent, incultes ambassadeurs, une pilule salvatrice posée à l’éphémère de poussière jaune, sous le bleu glauque et muet, partout,
poubelle rose qui se met à chanter, du lisier aux préfectures et du lait aux caniveaux,
de prophase en télophase, çà grouille au fond de la lentille, mais que savent-ils de la sève montante et de photosynthèse ?
on tue les mauvaises herbes en chauffant le gaz ou l’eau, on réveille d’autres graines en latence, et laisse la fumée colorer l’horizon,
c’était en 1973, sur les bancs, des yeux et oreilles tissés au discours,
il disait c’est presque trop tard, comprennent toujours pas…
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