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embruns de rock

échevelé, avide
au milieu des accords
Dimanche 27 août 2006 7 27 /08 /Août /2006 12:24

les murs sont sales certainement
murs de passion, murs de mort
le temps s’approprie les battements du cœur
celui qui reste
trouant ce silence pénitentiaire
les mots-amour, les mots-colère
résonnent toujours
aux parois de lait comme une peau froide
effleurements de corps et souvenirs
fantômes hirsutes de regrets
la couche est tombeau
à celui qui reste
purgatoire peut-être
à celle partie
au bout des nuits traînantes
le goût des haleines et la sueur torturée
tellement loin des luttes
et des notes échangées
le ciel est sale certainement
ciel de pourpre et de bleu
déchirant les barreaux
d’un départ sans adieu
et qui perce l’image
et qui perce le son
des figures, des visages
une vie et deux noms
les couloirs de l’absence mènent aux portes murées
camera sans bobine, une guitare oubliée
et l’étreinte inachevée des amants séparés
qu’un destin capricieux a voulu emporter

à Marie, à Bertrand

Par daniel souhait - Publié dans : poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires
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Commentaires

De très beaux mots comme toujours .


Les murs sont-ils  pas sales ou  probablement usés ?

Commentaire n°1 posté par Annick SB le 25/08/2006 à 15h02
je ne sais Annick si les murs sont sales mais les prisons sont sales en elles même de par ce qu'elles engendrent et je pense à ce poète et le drame qu'il porte...
Réponse de daniel souhait le 25/08/2006 à 22h48
En amour, un plus un est toujours plus que deux, mais plus que deux moins un est-il toujours plus qu'un? Il le faudrait pourtant en memoire du moins un...
Commentaire n°2 posté par Aude le 25/08/2006 à 21h23
oui Aude, mais plus que deux moins un n'est plus rien, reste une ombre qui arpente le pavé - mais peut-être ne savez-vous pas à qui je fais allusion ?
Réponse de daniel souhait le 25/08/2006 à 22h45
Je crains en effet de ne pas avoir compris l'allusion, daniel, pardon...
Je veux tout de meme croire que plus que deux moins un redevient plus qu'un, un jour ou l'autre. En fait, avec mon optimisme naif, j'en suis meme sure...
Commentaire n°3 posté par Aude le 25/08/2006 à 23h23
il y a Aude des absences irrémédiables qui défient l'arithmétique et la passion... je donne l'explication plus bas en réponse à zebu32
Réponse de daniel souhait le 26/08/2006 à 09h45
Ton texte a ceci de formidable que, selon notre vécu, on peut lui donner différents éclairages. Que doit-on mettre derrière "labsence" ? Un amour cassé ? Un enfant parti de la maison ? Un être cher disparu. En ce moment, c'est à papa que je pense. L'Absent pour toujours. Heureusement que je n'ai pas lu ton texte hier. Peut-être ne serais-je pas arrivée au bout...
Commentaire n°4 posté par zebu32 le 26/08/2006 à 07h05
bonjour zebu32, je vais tout te dire, ce texte est dédié à Marie Trintignant et Bertrand Cantat mais le sujet est tellement délicat et engendre tant de passions que j'ai voulu le traiter avec pudeur et parcimonie, au début je voulais l'appelait Bertrand (je suis un grand fan de Noir Désir) puis j'ai modifié un titre de Noir Désir (à ton étoile) pour réunir ces deux êtres que la passion excessive a dissolu - je suis étonné mais j'apprécie que le lecteur ne fasse pas tout de suite le rapprochement
Réponse de daniel souhait le 26/08/2006 à 09h42
Merci daniel,
je comprends mieux.
Dans ce cas, me semble-t-il, il y a des abus qui depassent l'abus de passion.
De plus, je ne sais pas si la passion est l'amour. Dans une relation passionelle, un plus un n'est pas plus que deux, un plus un est un, et un moins un plus rien en effet...
Pendant longtemps, je croyais que Belle du Seigneur representait l'absolutisme amoureux auquel j'aspirai. Aujourd'hui, je ne crois qu'en l'amour qui grandit et qui contruit ses protagonistes.
Commentaire n°5 posté par Aude le 26/08/2006 à 16h33
Aude, la passion est l'amour transcendé c'est pour cela qu'il n'est  qu'éphémère, j'y ai survécu avec une violence moindre c'est pour cela que mes pensées vont vers bertrand et sa souffrance
Réponse de daniel souhait le 27/08/2006 à 00h08
La passion

Quand la passion est forte
Alors tout elle emporte
 En gestes incontrôlables
On donne sa vie au diable
De toutes les passions
Celle de tous les démons
Est la passion d'amour
Qui ronge jour après jour
Le physique, le mental
Jusqu'à se faire du mal
Commentaire n°6 posté par Laudith le 26/08/2006 à 18h49
oui Laudith, plus que du mal...
Réponse de daniel souhait le 26/08/2006 à 23h52
joli texte, très émouvant........
Commentaire n°7 posté par sylvie marie le 31/08/2006 à 19h02
merci sylvie marie, je voulais traduire avec pudeur et respect la passion dévorante de ces deux êtres, j'aime beaucoup la sensibilité poétique de Cantat
Réponse de daniel souhait le 01/09/2006 à 10h01

j'aime beaucoup ce texte


dans son fond et dans sa forme


même si je lui trouve un petit quelque chose d'automal...

Commentaire n°8 posté par laparhasard le 31/08/2006 à 22h48
à l'amour à la mort lit-on parfois, oui laparhasard quelque chose de finissant avec tous les regrets et la nostalgie qui traînent après l'histoire
Réponse de daniel souhait le 01/09/2006 à 10h03

Magnifique texte Daniel....


Dès le titre j'ai su de qui tu parlais, j'adore Noir dez aussi et je suis tellement triste de tout ce qui s'est passé..


Le sombre héro de l'amer est aujourd'hui enfermé loin de son étoile, il me tarde qu'il sorte et fasse encore sonner les guitares!!


Merci Daniel d'avoir eu cette pensée pour eux, les mots choisis sont en effet plein de pudeur et de respect, c'est vraiment très beau!


A bientôt


Domi

Commentaire n°9 posté par Domi le 01/09/2006 à 12h22
merci domi au début j'avais appelé ce texte : "à votre étoile" en référence à un de leur titre alors je pourrais pour ceux qui entendent encore la voix du poéte et revoient les yeux de l'actrice : "we're lost", le temps n'efface pas tout...
Réponse de daniel souhait le 02/09/2006 à 18h22
Absolument beau, pur, je reste sans mot, mais avec beaucoup de maux..
Nanou
Commentaire n°10 posté par Nanou le 01/09/2006 à 21h49
juste pour l'envie d'écrire ces mots de bertrand, écoute Nanou : "nous n'avons fait que fuir, nous cogner dans les angles..."
Réponse de daniel souhait le 02/09/2006 à 18h35

S'il s'était appelé Robert, sa femme Ginette, qu'ils aient tous deux habité la Courneuve, que ce soir-là ils se soient pochtronnés comme bien souvent, qu'il l'ait tabassé, qu'elle y ait laissé sa peau, on n'écrirait pas que c'était un truc passionnel...


Je retiens juste le tabac que ça a fait! Et cette profonde (et stupide) question: qui était la victime? On aime ça dans notre pays les questions philosophiques à la mords - moi le  noeud! Sans compter le pathos (et le fric) que ça engendre ces histoires sinistres...


Dites, au fait, la passion est-ce un truc qui vous laisse systématiquement sur le carreau? Parce que si une passion ça doit se vivre sur le mode mortifère (et aller jusqu'à l'homicide), alors je préfère "rouler" pépère.


 


 

Commentaire n°11 posté par merbel le 01/09/2006 à 23h53
bonjour merbel, content de votre retour mais quel retour révolté, acide et criant !
il ne s'appelait pas Robert, il s'appelle Bertrand il est un de nos plus grand poète sur la trace de Ferré, Lautréamond ou Verlaine
elle ne s'appelait Ginette, elle s'appelle Marie, elle crevait les écrans avec ce regard, cette douceur qui la rendait si belle
ils avaient tout quitté pour se retrouver, le reste demeure leur histoire, je ne suis ni flic ni dieu, je ne juge pas
ils font partie de ceux qui ont offert quelque chose à l'humanité par leur talent au delà des murs de la Courneuve
oui merbel la passion laisse sur le carreau, j'en témoigne, le Larousse la décrit comme : mouvement violent de l'âme résultant d'un désir intense, d'un penchant irrésistible ; affection si intense qu'elle peut paraître déraisonnable
dites-moi merbel, vous n'aimez pas Noir désir ? amitiés
Réponse de daniel souhait le 02/09/2006 à 18h54
Tu dis si bien le drame de la rencontre et de la perte
que chacun connait
mais dont nous ignorons pourtant
tout

merci
Commentaire n°12 posté par le bateleur le 02/09/2006 à 18h21
" t'oublie or not t'oublie, les ombres d'opaline, au rendez-vous suivant, j'attends, au fond d'une autre limousine qui ne vaut pas plus cher que ce bouquet de nerfs "
juste envie de citer cet extrait, étrange symbôle mais il y en a tant d'autres dans l'oeuvre et comme tu le dis Luc, la rencontre et la perte que l'on connait mais que l'on ignore
merci de ta visite
Réponse de daniel souhait le 02/09/2006 à 19h11
salut daniel comme souhaité je te lache un commentaire,  furtif et lisse car le temps me manque en ce moment pour approfondir la lecture de ton site.Pour le peu que mon regard en a vu je pense bien fréquenter ta plume et te dire une foi la chose faite mon avis aussi modeste soit il.voila mr . Que la plume ne sèche jamais  
Commentaire n°13 posté par nico le 11/09/2006 à 19h14
merci Nico et si l'envie te prenait de te servir d'un de mes modestes textes pour y poser ta voix et ta guitare je serai un homme heureux - on peut rêver
Réponse de daniel souhait le 12/09/2006 à 12h38

J'ai aiméla beauté tragique  de cette poésie  pour évoquer une passion destructrice,  sans jugements de valeur, sans condannation mais  avec humanité et pudeur !bien loin des remous médiatiques et du scandale, un regard différent que j'ai apprécié !


chrystelyne

Commentaire n°14 posté par chrystelyne le 15/06/2007 à 11h37
merci chrystelyne (quel joli nom), j'ai évolué avec Noirs Désirs et j'ai rêvé avec Marie, je n'ai pas aimé l'ouvrage de sa mère (elle était sous la douleur), j'ai aimé le livre du frère de Bertrand qui avec respect analyse la machine médiatique, la passion a ses risques et ses excès, je le sais j'en suis une "victime" et ne regrette rien...
Réponse de daniel souhait le 18/06/2007 à 21h36
je n'ai jamais cessé, en fait, de penser à eux deux...
quel poids pour celui qui reste.
Commentaire n°15 posté par Viviane le 15/06/2007 à 16h49
 oui, quel poids pour celui qui reste surtout lorsque l'on connait sa sensibilité, son écriture et cette voix qui pleure ou qui clame - Viviane "quand reviendrs-tu ?"
Réponse de daniel souhait le 18/06/2007 à 21h43

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