dans l'armoire

embruns de rock

échevelé, avide
au milieu des accords
Mardi 27 février 2007 2 27 /02 /2007 16:27

- entrez, asseyez-vous, oui, parlez-moi d’elle, comment l’avez-vous rencontré ?
- je ne l’ai pas rencontré, elle a toujours été là, avant que d’être envie et découverte elle était comme cocon, toile qui palpite, d’amour et de possession, elle était source, bouclier et habitat, main qui caresse et apaise, souffle susurré, matrice de cœur, étouffements de tendre, c’est de ce reflet là que soudain est née une autre image, c’est là qu’elle m’est apparue de nouveau, autre et nécessaire
- bien, vous transcendez la mère, ensuite ?
- j’ai toujours eu peur d’aller vers elle, je la trouvais toujours belle, mes mains aveugles effleurent comme un vent cette laitance tendue, serpents coquins au versant de la cuisse, je rougis, je baisse les yeux et me laisse apprendre, oui je crois que c’est toujours elle qui m’a appris, le meilleur comme le pire, tiens je me souviens, le meilleur, on va jouer, allez celui qui gagne sera heureux, j’ai perdu et je la vois qui me regarde, on va partager le gain, aussi je me souviens encore, descente et tourbillons, meubles éventrés, elle était penchée, petit blazer gris, jupe droite et mon trouble destructeur qu’elle déchire en silence, l’air de rien et ma main dans la sienne
- vous parlez d’elle avec beaucoup de véhémence…
- attendez, je me souviens toujours, elle court sous l’orage, la pluie nous perce, l’herbe glacée pénètre nos émois et les confond en plaisir, je la vois encore, elle ramasse une feuille égarée, espiègle au manuscrit et se met à la lire, sa détresse lovée à mes mots et nos manteaux de solitude
- mais elle justement, comment vous percevait-elle ?
- je la pense, je la sais quelquefois se nourrir d’un fragment de moi, je la voudrais avide mais vite repue, je la panse parfois, l’infuse de mon fluide si tiède soit-il, osmose qui palpite, émotions parasites, j’entrevois, je désire, je survole et cherche à me poser, je tremble et je pleure aussi mais toujours avec elle, je la suppose se terrer parfois aux creux de mes ignorances et balbutiements, je ne puis être c’est sur que par elle
- et après, elle, jusqu’ou ?
- elle, toujours, elle, tatouée, organe dans l’organe, elle qui me porte, le pire  aussi, elle qui me regarde, acide, qui s’emporte des fois dans d’étranges orages, et puis qui me donne son crin et prolonge mon souffle aux fibres hérissées, je me souviens tellement, il en est de mon socle, de la brise qui efface, de ma main qui tâtonne et la cherche aux abyssales errances de ces nuits qui traînent et veulent en découdre, je l’aspire, lui mendie, l’écoute et lui cache parfois, je sais qu’elle sait, elle est là, tout prés, petite veilleuse si frêle et si ancrée
- mais qui est-elle vraiment ?
- elle est la veine hoquetante au tissu de ma peau, le ventre qui s’entrouvre aux larmes de la vie, le battement sourd d’un cœur qui mène à l’autre pas, l’abandon moite et suspendu des âmes apaisées,
elle est,…….l’amour

Par daniel souhait - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
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Commentaires

Tout comme vous Daniel, et tout comme chacun d'entre-nous...
Commentaire n°1 posté par Aude le 16/02/2007 à 17h33
ah, Aude, croyez-vous nous tous être amour ? tellement hélas ! ces hommes engoncés, ces femmes de reflets, toutes les peaux sont mêmes quand on erre, aventurier et fébrile, désireux et rêveur, il n'y a qu'un amour ?
Réponse de daniel souhait le 17/02/2007 à 15h24

Ton texte m'a beaucoup émue, il est d'une telle sensibilité, il exalte tant d'amour... pour elle... pour toi... merci Daniel.


"Elle" te souhaite bonne nuit et surtout un bon week-end


 


 

Commentaire n°2 posté par Laudith le 17/02/2007 à 00h49
oh merci Edith, tu es "elle" aussi (http://laudith.canalblog.com/) chez qui je vais chercher par tes mots du simple et du tendre, elle est multiple et une, peut-être chimère ?
je t'embrasse
Réponse de daniel souhait le 17/02/2007 à 15h18
Charme coupant, jusqu'au bout des "larmes de la vie", Daniel. Et que sont-elles ?

Sinon, je crois à une attitude, une présence simple de l'amour, qui s'il s'accepte, ne confond pas les êtres entre eux - percevant leurs mémoires - différences...

Tu crois seulement qu'un homme aussi "est... l'amour". Non ?
Commentaire n°3 posté par Marie Gabrielle le 18/02/2007 à 07h00
oui Marie Gabrielle les amours ne peuvent se confondrent, chacun étant unique mais l'idée même est universelle et oui l'homme peut être aussi l'amour
Réponse de daniel souhait le 23/02/2007 à 09h02
Toutes les "elle" qui ont  croisé ta route, ont lu ces mots ,  ne peuvent que te remercier pour ce texte qui fait exploser le coeur , le mien en tous cas . Un certain ....et sur manque de nourriture , disparus les fragments de toi et ...dénutrition..., c'est la vie ! !!!!
Ce texte est vraiment magnifique , si beau que je l'ai ressenti physiquement , au sens propre du terme , un tsunami de sensations , agréables et moins agréables, mais un grand merci pour ce merveilleux , même si douloureux , moment d'émotionHu man ( si cela a encore un sens )
Commentaire n°4 posté par dysis le 19/02/2007 à 15h28
merci dysis, il est de diaphanes silhouettes qui peuplent nos mémoires après nous avoir porté...
Réponse de daniel souhait le 23/02/2007 à 09h01
J'aime particulièrement les alexandrins immergés
de la fin
ton texte est une ode qui chante à mon oreille.
Commentaire n°5 posté par le bateleur le 09/03/2007 à 13h18
merci Luc, vraiment et je te sais écrire la femme et l'amour... c'est elle pour nous tous juste les reflets qui changent
Réponse de daniel souhait le 11/03/2007 à 21h46

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