j’ai pas attendu la caresse sournoise du jour fatigué et qui se recroqueville
aux travers les carreaux les rameaux s’estompent
baiser paresseux, clair et ombre se toisent tandis que se dessinent en courbes dociles des noeuds de douleurs et plaisirs à se romprent
je traverse l’étoffe, la touche sur les yeux
la salle est terrassée, sa voix, des espoirs les notes se tordent avec lenteur ces âmes qui s’abreuvent, c’est le blues des nombreux ceux échevelés, équilibre illusoire et les derniers rebelles aux fantômes des peurs tiens voilà c’est pour toi, c’est juste un peu de bleu
je regarde le laiteux, il se teinte d’obscur
son visage envahi, elle susurre et elle beugle elle donne avec les yeux et s’abroge les cœurs la peau qui transpire sous l’horrible morsure elle chante sans être noire et même pas aveugle ses silences aussi résonnent à l’intérieur
j’ai pas vu que déjà le jour s’était enfui
et des mots posés là à qui veut bien les prendre des serpents de mémoire faufilés du passé retournent aux orifices bientôt voués à l’oubli aux oubliettes embuées d’autres vont pour se pendre étamines couchées et pistils asséchés
je transgresse l’obligé et m’en vais boire ailleurs
aux travers les barreaux les rameaux se flétrissent les peaux sont toutes froides et les regards baissés est-ce dans notre tréfonds d’être tous menteurs d’invisibles tempêtes nous rapprochent et nous tissent pour déposer encore et toujours un baiser…
votre présence