doucement ouvrir...
...l'espace de ce lieu,
de l'amour : viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs : la louve,
Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent : tout seul,
matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades : une rencontre,
un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique : lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe : montségur,
enfants du pire, jungle de sang,
entrez, vous êtes ici chez vous...
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je sens la main balayer en semeuse aveugle cette ombre d’ouate
au travers le volet, l’écho du chargement des bennes sur le camion
et la main qui tâtonne
ici pas de bouteille de lait au seuil des portes
ou de bols de riz à des moines oranges au sourire béat
le compteur qui grésille
et la couche glacée de solitude
peut-être
la moiteur peureuse du fond des jungles aux abysses du drap
tous ces cris étouffés accrochés à la glaise
je tire la main vers l’appui potentiel
ici l’intemporel, l’édredon du fantasque
un chien aboie qui crève les murs de la métropole
toute cette brume
et la main qui cherche
des paquets de temps chutent des remparts
un soleil flasque déformé aux vitrines
et les naseaux fumants d’égouts nauséabonds
sur ces trottoirs liquides, reflets de nos boitements
j’aperçois l’insipide de nos leurres et manquements
ici le frissonnement des dermes effleurés
les promesses chuchotées et cet abandon furtif
qui fait de l’autre une nécessité
peut-être
toute cette brume
je fais la main qui touche, qui palpe l’élément
on est tous tellement les yeux crevés, aveuglés de nous même
un peu beaucoup passionnément
des écharpes lascives tissent leurs méandres
l’info comme des minutes qui observent l’enfoncement
et la main qui caresse, les bouches qui se touchent
accouché de l’étoffe, du cocon sensoriel
je me hisse vers le bruit
les regards formatés, les mots de circonstance
une peau de froideur s’enroule et puis m’enserre
ici l’indécent de l’être parallèle
toute cette brume
oui lave-moi, ôte toutes ces souillures
laisse-moi juste les rides
celles gravées en cicatrices d’argile et de silex, des sillons d’infortune
gynécée de labo aux graines mutilées
et celles du miroir comme l’unique escalier
peut-être
je tends la main, l’offre à l’étreinte et au recevoir,
et verse silencieux le café dans le bol


visiteurs se sont posés ici, merci