diaphane 
bienvenue dans ce no man's land
ce transit de la vie vers le coeur
avance, vois cette terre d’odeur, capricieuse et sereine
elle se joue de toi
avance, sent comme elle te mange, les chevilles et l’âme,
l’humus,
en tapis d’existences oubliées
le foyer et son essence âcre de tourbe
elle essuie en silence le comptoir
tandis qu’une voix s’élève d’une banquette usée
son pote édenté laisse des serpents d’harmonica
pour flirter avec le timbre rauque
qui fait se taire même les plus remuants
comme un dernier souffle
ce chant testamentaire du tréfonds des révoltes
avance, vois ce ciel comédien qui fait l’horizon crâneuse
aux sentes traversées de troupeaux
avance, plisse les yeux aux éclats
des veines argentées vomies de la montagne,
le ciel,
en pénombres languissantes se couche sur la roche
les ocres crépusculaires tapis au fond de la chope
et des rides hilares qui dessinent d’autres monts
là, les brumes de la côte
et leurs chimères toutes accoudées au bar
avance vers l’ailleurs et laisse-toi disparaître
tous ces regards de nuit vont t’aider à renaître
une croix sur la plaine, tatouage de pierre
nimbée d’accords d’une harpe solitaire
abandonne aux presque morts
ces luttes ancestrales tapissées de sang
et d’étreintes fraternelles
l’épée et le fusil fondus au fond de l’âtre
la grève balayée d’embruns folkloriques
cette rousseur hérissée si tendre et sauvage
la terre,
en gardienne précieuse et impudique
et des vagues tueuses qui s’ébrouent et martèlent
qui façonnent le courage et puis aussi la peine
ce trèfle conquérant, porteur de mémoire
avance, regarde ces ruines ancestrales
peut-être portent-elles nos futurs stigmates
on façonne, on détruit et la glaise
silencieuse et témoin, recueille et panse nos plaies
sur l’aride ou le marécage
une cornemuse égarée égrène le fil du temps
avance vers l’ailleurs et laisse-toi disparaître
tous ces regards de nuit vont t’aider à renaître…
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des mots pour dire, rêver
des mots esquisse
des mots espoirs
mais pas seulement ... (sourire de voyageur immobile)²
est une bonne nouvelle
...
"avance vers l’ailleurs et laisse-toi disparaître
tous ces regards de nuit vont t’aider à renaître…"
comme un placebo, ce pays m'a tellement emporté, j'aurai voulu être breton, irlandais ou galicien
deux années de suite sans tour orginasateur, des barbelés de Derry aux champs de tourbe, et cette côte écharpée battue de vent, quelque chose d'humain qui remonte aux racines et le paysage comme deux mains offertes
bon, sept heures de rush pour quarante minutes de film, les choix sont durs...!
Très joli, j'aimerai bien un jour, visiter l'Irlande, quand je pense à ce pays, je le vois aux tons de l'automne.
Bisous et douce soirée Daniel.
bises à toi
oui Thierry, il faut y aller, s'arrêter au milieu des tourbières, voir la roche sculptée de mer, se laisser porter par le tumulte de vagues déchirées sur d'impassibles rocs, porteurs de mémoires, et puis le ciel en éternel ballet de couleurs et de souffles
merci de cette visite et j'en aspire d'autres et merci aussi pour la découverte d'un autre espace, j'y ai rêvé aux ruelles d'IIstanbul, toujours l'homme au fond...
le souffle de l'histoire, le souffle de l'homme...
tes mots font rouiller ce fils de fer barbellé qui menance la colombe de la paix
merci Luc de ce "coup de pied", il m' est nourricier et me stimule
l'histoire va si vite, et l'écoeurement avec
si loin du dialogue avec les restants d'humains,
pourra-t-on encore dire de nombreux ?