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échevelé, avide
au milieu des accords
Jeudi 1 novembre 2007 4 01 /11 /Nov /2007 22:05


- quatrième ok ! au sol le mécano fait un grand signe
le métal vibre et s'ébroue doucement, le vrombissement des hélices et du souffle des cylindres emballés, la nuit est claire, propice au vol, Paul salue pour la photo, l'avion glisse sur la piste, trente quatre tonnes d'acier et quarante trois mètres d'envergure, ses ailes démesurées et son nez de verre se prépare à l'élan et après la pause vérificatrice, l'envol,
la nuit est claire, il s'appelle Paul Tibbets, il est  trois du matin, les prémices d'une aube grise et rougeâtre, on est en plein océan, Paul tire doucement sur le manche, direction Hiroshima
l'équipage n'est pas causant, les heures de vol si lourdes, tous cobayes, ceux des airs, du bout de la radio et ceux innocents,
Paul n'imagine même pas ce dont il est le dernier instrument, il est huit heures quinze, le B 29 stabilisé à neuf mille mètres, Paul déclanche l'ouverture de la soute, on est le six août 1945, Little boy fend les airs, quarante trois secondes de chute libre, et l'explosion à 580 mètres au dessus du sol dans l'axe de l'hôpital au coeur de la ville, Paul doit maintenir le cap
- eh les gars on fait un demi-tour et on regarde

Paul ne repassera pas au dessus de ce  désert d'horreur accouché et qui enfle, tout l'équipage de la Superfortress mettra ses lunettes de protection et reprendra, hébété le cap du retour, plus de cinq cents kilomètres avec cette emprise monstrueuse qui s'étale et monte et détruit, en deux minutes le monstre atteint dix mille mètres d'altitude,  encore six heures de vol, le premier sommeil de Paul, cette vision et cette médaille au sortir de l'appareil,
Paul Tibbets est mort ce jour, ce jour de mort, de cimetières retrouvés, il fit sa carrière au service de l'armée, fut rejeté de certains et soutenu par d'autres et même s'il se taisait pour d'obscurs arguments, puisse-t-il s'apercevoir aujourd'hui qu'il ne fût que l'articulation ténue du bout du fil aux grimaces empiriques des gouvernants,
un homme, juste un instrument de l'histoire...
'
photo 2 : Mémorial / merci Edith
Par daniel souhait - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
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