Présentation

dans l'armoire

c'est là et c'est bon

50 ans
et ce petit cadeau

d'autres ailleurs

mouvances

quand l'image appuie le mot
voyages, rêveries, musiques

diaphane express

Dimanche 26 août 2012 7 26 /08 /Août /2012 00:00

c’était brumeux, je crois, elle dans la pièce à coté qui se tordait, coupée de moi,
j’y voyais rien, un adieu douloureux au monde du murmure étouffé,
premier quai, première partance,
il y avait certains soirs, l’ombre de bombardiers traverser en silence le plafond de la chambre, des chuchotements grésillants, ils écoutaient la radio, se faisaient la lecture, et la trousse remplace le plumier, il m’attend à la récré, veut me buter,
premiers sangs, nouvel embarquement,
sont partis en plein jour, dans la benne, livres et tableaux, trop plein de passé, les descendants tournent la page, bientôt la mienne,
voila la peau, l’entrejambe, tâtonnements et frissons,
j’erre, hume, lèche, bois et ne cesse d’explorer,
c’était doux et tremblant, j’en pleure encore, la pièce d’à coté vide et les autres aussi,
des mots bleus et noirs se cognent aux murs, boire le sable, défier l'ombre,
sur le quai, trainer sa valise, ton museau sur ma poitrine, le reste protégé de toile au creux du bras, toujours des approches de béton et mènent aux soubresauts d’acier, 
il y a encore aux tombées de l’ombre des bouches qui parlent, des réverbères de peur, de cris humides de sucre ou de sel, des nacres coulantes de crépuscules et d’ennui,
et nos gueules au miroir,
c’était moite, j’y voyais toujours rien, mais y’avait-il quelque chose ? l’open-space, les sourires esquissés qui t’évaluent, petits pions prétentieux, et l’écume qui t’emmène vers un autre cri, plus rien au plafond que de bras retombants,
début de houle, vents incertains, l’onde charrie des lambeaux d’amour, des broderies de souvenirs voués à l’échouage aux berges desséchantes,
un vent tiède voudrait balayer l’errance, faire comme si, un doigt essuie une bave tressautante, de lourdes ouates grises qui se jouent de la lune,
voila le replis, la main qui se crispe et le corps embryon,
passerelles fragiles et balancées, caresses de pierre à d’éphémères jetées,
elle est ou la peau? les ongles glissent, cette gluance de cravates et de têtes baissées, ce drapeau mesquin et conspué, toutes ces attentes,
c’était sombre, de la terre ou du marbre, voila la conscience du devenir, l’obligé triste,
seul au maelström et des cohortes enguenillées de visages blafards toutes ces caresses perdues et flottantes aux abysses de l’oubli, fontaine, la pierre n’a de conscience que celle qu’on lui offre au-delà de ses tatouages arrachés à coups d’éclats,
il y aura des couloirs tôt ou tard, des rejets en méandres, tant de visages bienveillants en hologramme, cette fenêtre désormais inaccessible, l’onde frissonne en reflets d’argent, dernier estuaire, le sel sournoisement dévorant, celui du vivre et se met à ronger,
c’était venteux comme ce doit être, j’y errais las et titubant, ce quai tourmenté, heurté d’étraves mendiantes, j’ai tendu la main et bu l’eau de pluie, embruns chuchotés, j’ai veillé sans attendre, ne plus écrire de ces lits radeaux, le fleuve éructe, s’abandonne et se perd à l’éternel salé, désormais sentier ponctué de tombes mais aussi de balbutiements enfantins,
me suis penché, séduit et attiré, l’onde chuchote et son immortalité prétentieuse… 

Par daniel - Publié dans : écriture - Communauté : écrire c'est hurler en silence
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Retour à l'accueil

le temps

Octobre 2014
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

chercher en ce lieu

voyages immobiles

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

city.jpg

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

thailande.jpg

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

et ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

sagesse.jpg

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés d’ailleurs,

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotants,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

auroville.jpg

...

une présence

...un peu de douceur,
dans un monde de brutes...
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés