Diaphanehttp://www.diaphane.info/2005-10-27T12:18:54Zover-blog.com Atom 1.0 Generatorhttp://accel6.fdata.over-blog.com/99/00/00/01/img/avatar.pngEcriture, poésie, politiquehttp://www.diaphane.info/article-21036631.htmlnymphe2008-07-06T22:35:16Z2008-07-06T22:17:00Zdanielhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-475724.html
je te salue
une fois encore
ton lit trouble frémissant
nos retrouvailles d’ombre
tes brillances verdâtres
en clin d’œil
je tend ma main
invisible caresse
à ta peau liquide
je sais l’humus gonflé
de tes veines argentées
des pianos de feuilles
t’accompagnent,
ces jupes qui s’ouvrent
au crépuscule de bal
c’est le temps qui me penche
qui me courbe
qui me fait chercher ton reflet
fouiller la vase
renaître ces fils brisés
ces filets de sueurs
qui font les nuits torture
je te cherche
encore, toujours,
ton sein nourricier
ton entrejambe ouvert
mon oubli à ton ventre
l’onde se teinte
porte les chuchotements
les mains ressac
qui apaisent et façonnent
et plus loin aux rebords des douleurs
ou du plaisir
ces doigts cris
qui provoquent et tâtonnent
la berge me charme
je la sais attendre mon pied glissant
bisous de clapotis
paupières de lune
patientes et sereines
de lymphes en tourbillons
doigts cloaques
qui toujours enlèvent
aux dermes d’argile
torturés de vents
ma peau qui frissonne
échoué sur la rive
embryon d’incertains au fond des
tiroirs
les râles d’antan
écumes de larmes
à des plages d’infortune
je te regarde
ne vois que ramures déchirées
mélopées mourantes
ciels souillés
au creux des puits
et aussi des pupilles
le même vide noirâtre
et nous penchés
à jeter la torche
et mesurer l’attente
viens ma belle
ma larve dénudée
coquilles ou cocons
effondrées les parois
les plus belles courbes n’ont pas de
peau
le sournois de l’aiguille
laisse sa caresse de poussière
aux meubles fendus
et nos pas
ne résonnent qu’à nous- même…
juste le clapot,
je t'attends, viens
http://www.diaphane.info/article-20909082.htmlla révolte des mannequins2008-07-03T08:35:10Z2008-07-02T23:39:00Zdanielhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-475724.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/15/86/22/errances-visuelles/images-articles-2/flaque2.jpg" />
c’est l’heure des aubes tièdes
quand le cœur des villes s’ébroue de son mutisme nocturne pour retrouver le ronronnement piaillant que la clarté fait naître, les
étals se garnissent de viandes ou fruits frais, et les silhouettes de cires ou de plastique aux reflets des vitrines revêtent leurs nouveaux habits,
on éteint les projecteurs, tourne un peu l’immobile modèle pour mieux l’offrir au regard frileux et critique du
promeneur-consommateur,
l’heure du quotidien qu’on ne lira pas, du croissant avalé de travers, du dehors à la clim aseptisée du bureau et de ses rites
ils sont arrivés, discrets, juste visibles à ceux qui ont des yeux, sont restés quelques jours, ont crevé les devantures maquillées et
froides, ont fui par les toits
j’avais rien vu, je vous jure, je n’avais pas remarqué doucement au fil des deux premiers jours ses pieds et ses jambes se fondrent,
si las de ces silhouettes vendeuses et stéréotypées,
ce matin comme un autre, peut-être les yeux plus ouverts, le cœur béat
il est là, impudique nous montrant sa fin à venir, silencieux et ailleurs
flaque de poussières
et j’ai crains le pire
et le pire est arrivé,
naufrage lent et agressif
un visage au fond du seau, non !
juste une serpillière
et notre gueule claquée au carreau
soudain plus d’échoppes, plus de marques, ils se réveillent ou squattent ces mètres carrés d’exhibition, égoïstes et impudiques, je me
souviens son ventre, je m’étais arrêté, étonné de ce pied indécent qui crève la peau et là, figé, je le vois, avide et démesuré, allez sors, sauves-toi de ce carcan liquide et aveugle, montre ta
tête, fragment d’humain boursouflé, impatient,
il la tire, l’attire et son âme avec, j’en suis sur,
emmènes-là aux crêtes des quartiers loin des vitres et de leurs illusoires passages
ton visage qui mange le sourire de ta mère
et puis, ceux de la rue qui nous font détourner la marche pour les éviter et les ignorer encore, leur caddie fourre-tout, juste le
ramassis de nos projections, pourquoi de l’autre coté,
y déployer son rêve peut-être, terrasser l’indécent au profit du juste, les voiles gonflées même draps, torchons ou plastiques amènent
au bonheur, grimpe, approches-toi du ciel, de la lumière, tu sais déjà l’illusion des valeurs, te reste l’évasion, à la bouche des ports, vaisseaux scintillants, ton envol au travers la ville,
va…
« L'Angélus est un tableau que j'ai fait en pensant comment, en travaillant autrefois
dans les champs, ma grand-mère ne manquait pas, en entendant sonner la cloche, de nous faire arrêter notre besogne pour dire l'angélus pour ces pauvres morts » disait
Millet.
nos aveuglements de rides aux berges des paupières, l’imaginaire nous tire vers le
dérangeant, des sillons de la glaise nos anus en récolte et ces visages de douceur tatoués au métronome des saisons, la buée qui s’estompe, sagesse des plaines, invisible,
piétinée
rêve écolo, épluchés champs et sous-bois, à l’affut comme le chien nourri juste pour ces
jours de traverses, de battues, la mort entre deux verres, plumes et poils battants au dernier souffle, l’œil rouge de l’animal au regard torve du chasseur, et derrière l’habillage guerrier, la
nature qui se venge, tentacule végétale patiente et sure, même le compagnon à quatre pattes mime l’indécence et le folklore meurtrier, c’est bien la terre qui te mangera et tu n’y pourras rien,
allez cherche un refuge, traqueur traqué
il était dans la vitrine opposée, bras tendus, il lui disait « je t’aime » au bout du papier puis il a traversé la rue,
s’est retrouvé prés d’elle, tout prés, à l’embrasser, à lui couper le bras de l’anneau, celui de l’alliance incertaine, à lui dire certainement « attends-moi » avec ces réveils étourdis
et lourds, ils s’étreignent, impudiques, parodies d’espérances, ce lien tranché, rattrapez-vous, oui fuyez, ne reste plus que cela, vous êtes beaux,
garder le lien,…
je marchais vite pour mieux profiter des retrouvailles, pouvais-je les retenir, le rêve et
la dérision n’ont pas de frontière, ils sont partis, la rue s’entrouvre et subit ses mornes apparats, le badaud se nourrit de ces froides illusions, l’aube, les stores qu’on relève, les dernières
laveuses d’un pavé bien scellé, bon je vais boire un café...
photos prises lors du spectacle de rue "la révolte des mannequins" de la Compagnie Royal de
Luxe
à venir, une autre balade avec d'autres mannequins, nous ne sommes pas seul
http://www.diaphane.info/article-20571770.htmlces gens là2008-06-19T21:35:17Z2008-06-18T22:47:00Zdanielhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-475724.html
ils ont trouvé leur terre, de naissance ou de fuite, qu’importe, ils l’ont
aimé et ont œuvré pour elle, pour le paysage au travers l’œil de l’autre, pour l’homme encore et tant mieux, c’est surement ceux du terroir qui fauchés de temps n’ont plus de frontières, mais
palpent les racines tous comptes faits d’une même âme, l’humain
en 1990 je participe à un concours de vidéastes amateurs pour le conseil régional dont le but est
« promouvoir la région » sous toutes les formes soient-elles, je choisis le mot et l’image
des rencontres avec la brume frileuse des prairies, ce souffle invisible d’identité qui laisse
rêveur et songeur, un mot commun et unificateur : la passion, le reflet d’être investi d’un autre nous-mêmes, qui préserve, qui transmet, qui donne…
verrues d’écorce, bave de boue au travers le sillon, la terre, ses apparats de sable ou de roche et
ceux qui l’aiment, au fond de l’humus, les âmes, et vivre au décor du derrière le rideau c’est passer les frontières, corrompre les lignes, les différences comme étendards, du sentier à
l’horizon, leurs yeux scintillent, ils ont le souvenir, la passion, l’amour
ils ont la mémoire, celle du fracas des chars ou d’antiques bateaux délivrant épices et étoffes,
celle de la plume aussi, de l’atelier au fond du fleuve jusqu’aux astres voilés,
alors je sais le voyage du visiteur sur le net trop furtif, et là, deux films de seize
minutes
mais pourquoi pas ?
à la remise des prix, le président du conseil régional n’avait rien vu, il aurait même serrer la patte de mon chien, il reste la réaction des enfants dans les classes, ils ont rêvé, ont effleuré
l’histoire et rencontré des gens
ces gens là 1
- il s’appelle Jean Pierre, son atelier était au cœur de la vieille ville, avec patience et talent,
il sculpte le bois et fait naître Lafleur, notre Guignol à nous Picard
- Nisso, il est des hommes que l’on écoute, l’horreur des camps et lui seul survivant, échoué à
Amiens qui pour survivre va faire renaître ce que les gens de la cité avaient oublié : les hortillonnages, ce marais veiné de brume et rieux comme on dit chez nous
- et puis Michel, qui sorti de sa blouse blanche d’infirmier plonge au creux des fleuves pour y
chercher nos traces
Ces gens là
1
envoyé par diaphane
ces gens là 2
- elle a voulu rester anonyme, elle nous rappelle un siècle d’histoire avec les mots de la rue et
du cœur et ce passé si récent tellement oublié, nos socles invisibles et pour elle toujours les mêmes façades
- il s’appelle Armel, et pour écouter la ruralité dramatique de son poème, sa voix, et ce patois
tout porteur, bottes terreuses qu’on secoue, calvaire comme balise au ressac figé de la plaine, son établi, son étau, le narrateur se confond peut-être
- Cécile était gardienne de la maison d’un des plus grands écrivains de cette boule qu’il avait
exploré, inventé et bien plus loin encore, on l’à viré quand on a décidé de rendre la maison du Maître rêveur, kitch et piège à touristes, oubliées des années de passion et de pédagogie
- et puis François-Xavier, l’architecte, dont le projet projeté dans le film a été réalisé et très
bien perçu par l’entité urbaine, et ces mots testamentaires : « je crois en l’avenir »
Ces gens là
2
envoyé par diaphane
j’espère que vous prendrez ou avez pris le temps de faire comme moi, rencontrer ces gens là et il y
en a tellement d’autres, anonymes et portés, par delà le soi, saisir la terre, étreindre la peau, dénuder nos regards et y voir le reflet d’un monde unique, de pupilles
siamoises et d’étreintes universelleshttp://www.diaphane.info/article-20271704.htmlparloir2008-06-08T18:50:17Z2008-06-08T15:09:00Zdanielhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-475724.html
alors vous gueulez fort la dictature des grands frères,
pardonnez-moi mais ça n’existe que chez vous
d’ailleurs ou sont les vôtres ?
ah oui ils vendaient de la drogue et braquaient les épiceries
ils ont une tôle dorée ? (*)
99,99% des français de toutes couleurs et obédiences soient-elles n’ont pas de frangins derrière les barreaux
mais dites-moi, vous êtes la première garde des sceaux avec neuf démissions en moins d’un an, un budget explosé en moins de six mois,
les cocktails ça coûte cher et les robes aussi
merci Match pour vos jambes
votre charme guindé et froid ne m’émeut pas, vos jambes non plus
voila que vous remplacez les lieux de justice que vous avez supprimés comme un dictateur, par des maisons, de
justice ?
je suis même sur que vous n’avez plus grâce auprès de l’empereur, vous n’êtes pas Simone Veil ni Laetitia Casta, vous devenez soudain
la seule contre un pays et en plus ministre de la justice, alors vous dansez sur nos têtes, vous virevoltez sans même d’amour propre,
que faites-vous là ?
même derrière le parloir, je n’ai rien à vous dire qui soit proche, vous n’avez montré que mépris et indifférence, la beauté ne dure
pas, prenez garde, peut-être ne vous reste-t-il que cela, dans votre dérive carnavalesque et destructrice,
mais il s’agit de l’âme d’un pays, de sa laïcité et de sa tolérance
ici la femme est libre, sans voile avec ou sans hymen
ah j’oubliais le respect si loin de ces dogmes castrateurs,
juste l’idée d’un monde avec un minimum de bienséance hors de tous principes, tellement ailleurs à vos contraintes de
salon,
madame votre aveuglement bouffi d’orgueil, cette froideur qui contraste à votre peau, et cette surdité, je n’irais pas au parloir, je
n’ai à dire qu’hors d’un juge s’il cautionne vos écarts
mais je sais ma république quelque part se sauvegarder
madame, juste un mot, nous sommes laïque, sortez votre dictionnaire
(*) et pourquoi ne pas le dire ?
http://www.diaphane.info/article-20052944.htmlmais le 30 mai ?2008-06-01T00:08:16Z2008-05-30T16:10:00Zdanielhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-475724.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/15/86/22/errances-visuelles/images-articles-2/68-pendant.jpg" />
ils marchent, derrière la vitrine du magasin les badauds accrochés à la télévision, ma main dans celle de ma mère qui regardons figés
cette marée de drapeaux, les tremblants de l’acquis qui osent à peine baisser les yeux devant ces tas de pavés et traces fumantes
la peur et la répression ont vaincu, libération triste et Pompidou qui sourit
c’était l’époque ou les médias dénonçaient la censure (impensable aujourd’hui), l’ORTF muselée et le 25 mai, les journalistes engagés ignorent leurs lettres de licenciement, les
français sont des veaux puis le 29, pouvoir invisible et l’asphalte fondue au creux des rues dépavées, le grand homme fugue et son retour annihile la vague hurlante et utopiste
mais que s’est-il passé ?
les rues ont toujours porté les vagues à l’âme humain, les murs aussi, soudain tableaux aux gorges des amphis, signes et symboles sur
d’autres grottes, des mots assemblées comme des cris, des espoirs, des larmes, des feuillets épars, et si on s’aimait, un mot désormais absous qui fut pourtant étendard, libre, affranchi,
alors on dit liquider un soubresaut de conscience mais hélas c’est pourtant le dernier avant que le peuple tente de téter jusqu’à plus le biberon bien pensant et nourricier des faiseurs
encravatés d’illusions, dernier boitement des trente glorieuses
c’était l’époque ou la musique et la plume sentaient la sueur et le dire (impensable aujourd’hui), câbles, fibres et autres connexions
achèvent la lobotomie et rongent du même coup la pensée initiative, si loin des pavés, désormais une pseudo élite nombriliste se croit porte-parole du devenir et de la conscience et tous ces
silencieux de classe moyenne qui la ferment toujours et encore,
il traînait au cœur des révoltes une utopie de brume, le frisson incertain d’une conscience humaniste, des fibres de poésie au tissu
de bouches qui craignent le gavage, ils vont s’en repaître tous ces intellos dont l’élan reste au tâtonnement mais avec tellement de suffisance, l’art saignait de lumière, plus fort que
transmettre : préserver,
des fleurs plus tard, des mots crachés à la brique et au béton, interdit d’interdire, la vague s’élance, indécise, exacerbée,
juste retenir en cette année, la prise éphémère d’une conscience avant le no futur, les peuples exacerbés ne peuvent qu’engendrer l’éveil, ironie grave de l’histoire, tellement moins de raisons
qu’en ces temps, la guerre, ce ronronnement lénifiant qui entre et inhibe,
ça c’est maintenant, avant l’individualisme, ils disaient : « ce n’est qu’un début », ils disaient
aussi : « continuons le combat ! », y a t-il un survivant pour la lutte, la sauvegarde de la conscience et désormais le refus du chacun sa gueule, soumis mais tellement imbu,
Janis, Jimmy, vous avez pas vu la suite, tant mieux, ces jours comme derniers sursauts avant l’ultime conditionnement, rappelons-nous, la rue avant les syndicats et les politiques, qui achevèrent
l’idée au fond des cabinets , le général défaille, celui là seul qui saura par l’avis du peuple, se retirer (impensable aujourd’hui),
c’était l’époque après le mahatma, et soudain le dernier pacifisme, des tumultes de jungle au fond des radios, comme une prémonition
sombre aux dédales d’avenir, des images, les lendemains déchantent, vivez encore !
j’étais petit, je crevais le derme et découvrais l’ailleurs, cette année comme accouchement, mes yeux et ma vision de gamin de treize
ans, ma prof de français nous encadre au grondement de la rue, aux infos, des chars à l’Est, j’entrevois un souffle de sueur et de cœur, plus d’étendard simplement des bras qui se tendent, pas
d’hélico et leur projo au dessus des cités, l’imagination au pouvoir, les boucliers sont restés les mêmes
j’suis fils d’après mai, les tuniques et les Stones, le pouvoir frileux s’est engouffré sous la couette du populisme, et l’héritier de
garder ses biens, sur les murs « la forêt précède l’homme, le désert le suit », si loin des gueules affamées du vingt heure, des une aux incestes pour cacher la vague qui va les
dévorer,
au bout de la rue, l’utopie, les enfants d’Israël ou de Gaza et leurs dédicaces aux bombes, d’autres horreurs devenues indifférentes,
ses peaux ouvertes et noires d’un continent hésitant à quitter ses tribus, tous ces assujettis qui manipulent et tirent les ficelles, ceux qu’on dit démocrates,
ils étaient conscients (impensable aujourd’hui), ils rêvaient d’un monde meilleur, pas écrit sur un badge, encore moins sur une pub,
ils disaient « la nouveauté est révolutionnaire, la vérité aussi », ils vivaient bien, Coluche n’aurait pas raison d’être, la lucidité dissoute les transcendait aux rêves, derrière le
frigo des caresses et du sable, je vous avale plus, je baise, mes mains, mes mots et mes idées ou je veux, derniers spasmes communautaires avant le communautarisme, des bouts d’humain piétinés
aux barricades, fragments d’illusions à la gueule de la dévoreuse temporelle, un pavé pour faire quoi ? ni jeter, ni construire, ni même hurler, les temps changent et l’âme s’y égare, il
disait « j’ai eu un rêve » et le bruit des chenilles aux pavés gris et soumis, sur les murs de Nanterre « camarades vous enculez les mouches », au bout du mois, les chaussures
cirées ont remplacé les clarks, la bonne conscience défile sans fête sur les ruines d’une utopie mort-née, le général prépare son départ
presque plus de pavés désormais, des voies noires et lisses, cet hoquettement planétaire s’éteindra quelques années plus tard, avant
que l’individualisme n’opère, et déjà les prémices sur le hall de sciences Po. « un bon maître, nous en aurons dès que chacun sera le
sien »,
mais ce bébé prématuré , discordant, vivra une décennie, y fleuriront les jupes, des acquis sociétaires, des
luttes partagées au-delà des frontières bien avant l’indifférence et le repus (impensable aujourd’hui), les mots en fanzine, aux grilles d’entrée puis en notes au cœur gonflé des festivals,
j’avais vingt ans, les pieds dans la boue devant le robinet, ces villages furtifs et utopiques être bien dans la masse nos mains et partages aux accords insolents d’une guitare mourante et tous
ces mondes rêvés,
il y eu : sous les pavés la plage, faites l’amour pas la guerre, no futur et do it yourself,
et tellement d’autres naissances et de guerres, depuis
et de révolutions avortées…
Lennon l’avait prédit : « dream is
over »
« Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus,
Nous y trouverons leur
poussière
Et la trace de leurs vertus. »
La Marseillaise
photos : Télérama hors série / Mai 68, l'héritage / avril 2008
http://www.diaphane.info/article-19566620.html60 ans2008-05-15T09:06:26Z2008-05-14T22:27:00Zdanielhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-475724.html
une frontière déclarée, bafouée trois jours après
plusieurs centaines de milliers de fuyards devant les massacres
la shoah comme excuse, oui toujours
et le monde au début tellement coupable même victime
puis plus tard dépendant d’intérêts financiers
tabou, ne pas écrire le mot sionisme
sous peine d’antisémitisme
reste à regarder le choc d’une pierre sur le métal d’un char
d’un roquette perdue contre un marché détruit
une vie en vaut sept ou plus
retrait de gaza, extension en Cisjordanie
et les ruines du Liban
pas d’atome en cet orient moyen
sauf ceux cachés et tût par l’occident
en mal de repentir
pourtant une telle richesse, un tel amour
fini les kibboutz, l’espoir communautaire
s’est transformé en dictature de la kippa,
la richesse du pays pour dix pour cent de la populace
comme reproduction de nos faiblesses,
mais surtout le refus de l’autre
certitude de la terre acquise et redevable
derrière l’écran du radar ou du viseur
l’ignorance du voisin et la défense du chez soi
plus loin la bas, dans leurs camps
leur exodus aussi mais anonyme
bateaux interdits même de misère
robinets coupés aux propres sources
de leurs montagnes nourricières
mais quand s’écouteront-ils ?
deux peuples appeler à se reconnaître
si loin des intégrismes,
des maisons et des oliviers abattus…
deux richesses égarées engoncées d’impasses,
inégales et porteuses
des deux barbelés ils sont nombreux
à se dépendre à nécessiter l'autre
n'est-ce pas le Dieu, le trait ?
allez, la Paix !
retrouvez Samir, ses oliviers et son mur
http://www.diaphane.info/article-18543444.htmlailleurs la flamme2008-04-15T14:03:30Z2008-04-07T22:06:00Zdanielhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-475724.html
allez, partez avec votre flamme,
vos relents nauséeux de communisme capitalisé
ici dans mon propre pays je viens de voir ce jour la police à votre service, rampante comme elle l’a déjà fait, nos forces de
« l’ordre » arracher les drapeaux tibétains aux profit des vôtres,
être collabo pour avoir dit « nos amis chinois » lorsque l’on est ministre des affaires étrangères, oui, ici chez nous (sans
sectarisme) vos nains prétentieux sortir des limousines, donner des ordres, et nos politiques muets sous l’envie de leur seul devenir, argent, pouvoir, vous obéir aveugles et transis,
on fait quoi des cinq cents à mille exécutions par an, de vos enfants soldats ou ouvriers, de vos armes au nom du Darfour, de
votre puissance discrète et prévoyante, le sein des Amériques, nous ne buvons déjà que trop votre impérialisme rougi,
mais qui chez vous parlera ? certainement pas le million de pékinois que vous allez éjecter avant les jeux, tout le monde il est
beau, tout le monde il est gentil, ceux des chaînes et du petit chef bleu, la longue marche débouche sur quel palier ? et ceux qui s’opposent pour trois années de prison juste un
papier,
le judoka pleure, on lui a éteint la flamme et c’est un chinois qui l’a fait, il ne comprend plus rien, vaut peut-être mieux sécher
les sports…
pour de plus amples renseignements s’adresser à l’Afrique, le rythme de la musique passe à celui du rendement, et ce pauvre
actionnaire american way of life qui guette l’œil humide les investissements de l’œil bridé, on en oublierait les temples écroulés, les croisements forcés pour effacer le sourire et la peau,
génocides sournois mais orgueilleux, et toujours ce sang, celui de l’ombre et de l’obscurantisme,
deux cent cinq pays au jeux olympiques, oui au sport et au rassemblement des peuples mais pas là ou on a bien lavé pour cacher les
traces…
http://www.diaphane.info/article-18250748.htmlVenise du Nord2008-03-30T17:45:17Z2008-03-30T17:14:00Zdanielhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-475724.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/15/86/22/errances-visuelles/images-artivles/brugge-3.jpg" />
il est des villes
aux âmes chargées d’humains et d’histoiresaux porches de pénombres ou les mains tâtonnent et
s’étreignent,
les pavés emportent le pas des êtres et leurs traces sur la pierre,
des larmes en dentelles, du granit à l’étoffe, au clapotis du canal,
reflets d’épées et puis derrière les murs, des yeux de pinceaux habillent les édifices,
une ville valise qui porte et se nourrit de ces noirs clochers, urbain veiné de bleus,
battements de messages à ceux qui veulent y voir,
Brugge, lumière des Flandres,
les toiles frémissent aux regards qui se posent et les voûtes s’abreuvent de nos émerveillements, anonymes caresses au noir des hôtels,
ici tout appelle à l’amour,
une mouette s’est posée qui scrute la cité, et nous voit si petit aux normes édictées,
allez, juste un petit voyage ensemble, nos pas et nos yeux confondus,
et la ville qui s’offre,
on y va…
http://www.diaphane.info/article-18054572.htmltu ne sais plus pleurer2008-03-24T17:45:21Z2008-03-24T17:10:00Zdanielhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-475724.html
ces limaces translucides
au fond de ton mouchoir
quand le préau fratricide
vient lacérer tous tes espoirs
alors déjà tout embrouillé
tu entrevois ton devenir
caché, muet, prêt à hurler
ta main si avide à saisir
et voilà ces larves de sel
qui sournoises à ton chemin
bave de sang, bave de miel
effaceront tous tes chagrins
et puis, frémissements de peaux
constat de froid, nouvelles aubes
creux d’étoffe, premiers sanglots
l’indifférent qui nous enrobe
ces escargots du bout du cœur,
mon aimée l’épée suinte
se colorent au gré d’humeurs
susurrées comme des plaintes
et tu frottes tes paupières
comme un tableau qu’on efface
fini le temps des prières
filets furtifs, douces traces,
ces cocons de vie serpentent
brises froides et si lasses
se languissent, se lamentent
cris confondus et trépassent
tes bras mangroves ensablés
fouillent la terre qui t’attend
bientôt les sursauts asséchés
l’œil maussade et les absents
et ces larmes chrysalide
de marbre et puis de pollen
tous ces doigts tendus au vide
croulants au poids de nos chaînes
vient, c’est sur, l’heure du miroir
te regarde, ne te vois plus
tâtonne jusqu’au désespoir
bientôt le vent se sera tu...
merci à Viviane pour son poème et le chemin qu'il m'a entrouvert
http://www.diaphane.info/article-17722636.htmlhistoires2008-03-15T14:10:13Z2008-03-15T13:49:00Zdanielhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-475724.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/15/86/22/errances-visuelles/images-artivles/14-18--3-.jpg" />chez moi, l’horizon porte des croix
elles sont comme érables et chênes, ponctuent le paysage, dessinent d’étranges silhouettes au ciel chargé qui se prépare à nourrir la
terre
chez moi, le moindre hameau aux bâtisses en torchis porte son monument et ces noms inscrits sur la pierre
l’histoire et l’âme des hommes balayent l’argile et le calcaire
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il n’est pas parti la fleur au fusil, il avait lu, n’aimait pas les guerres, ils revenaient morts ou cassés, était-il encore boulanger ou déjà fermier, mon
père ne me l’a pas dit,
il faisait froid ce jour là, la terre creusée s’effondrait en charpies de boue et de
sang
et ce gradé qui gueulait, emmuré certainement dans ce cahot d’incohérence, de fracas
- vous trois, retournez à votre poste, ils ont des tireurs d’élite, descendez les ! allez !
blottis au fond de ce trou qui n’en finit pas avec juste le silence ponctuellement souillé de râles, ils reprirent la position et c’était chacun son tour, il
avait été le dernier, juste relever la tête, chercher rapidement l’ombre qui dépasse et tirer,
peut-être se sont-ils regardés longuement, le premier a essuyé son fusil de la manche, l’a armé et s’est redressé à demi, l’œil collé au viseur, l’écho d’une
balle meurtrière sur la plaine qui suinte, et son corps qui tombe lourdement sur celui du suivant
- merde, tuez-moi ce boche ou j’m’occupe de vous !
il lui a dit, n’y va pas, et l’autre de répondre, j’ai pas l’choix
comme un hommage à son compagnon, lui aussi a caressé le canon puis la crosse et s’est accroupi avant d’entrevoir l’horizon sans être aveuglé par la balle
qui lui perce le front
puis ce fut le silence, il est resté muet à fixer bêtement les corps de ses deux potes
mon père ne m’a dit la suite, juste qu’il a survécu
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ça gueulait pour couvrir le fracas de la mitraille
éleveur puis vendeur de bestiaux il se retrouvait là, à ramper, à surveiller la progression de ses compagnons d’enfer, ma mère ne m’a pas
tout dit, mais lui avait-il tout dit ?
des volcans de terre jaillissaient impromptus avec leurs éclats de chair et le sifflement des balles comme chant funèbre, puis le
néant
quand il ouvrit les yeux, c’est la douleur qui le sauva, cette main bouillante et informe et
sa bave de sang, il a rampé jusqu’à sortir péniblement de ce bourbier de mort, ramper, faire le mort, dissimuler sous une indicible douleur l’inerte pour mieux fuir cet apocalypse,
puis en titubant, ne sachant ou aller dans cette brume d’abandon, il a marché, hébété et absent
- monsieur, monsieur, viens, t’es blessé, je sais ou aller
doucement, dans ce coma d’impasse, il a tourné les yeux et cette petite fille qui le tire et le dirige soudain le régénère, son pas résiste
et le redresse, sous le préau de l’école, l’enfant ouvre le robinet et lave cette main et ces peaux éclatées et pose sur son visage la fraîcheur d’une caresse humide et salvatrice
ma mère ne m’a dit la suite, juste qu’il a survécu
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il s’appelait Lazare
pas d’immigration en ces temps, pas besoin d’être français pour défendre la pays, vingt cinq ans et deux guerres pour obtenir la carte de la nation, lui qui
voulait retrouver la dernière fosse dans l’anonymat aux usures diplomatique a dit oui au symbole mais seulement pour tous ces camarades d’horreur et pour la mémoire
laissons lui les
derniers mots : « Nous avons fait une guerre sans savoir pourquoi nous la faisions. Pourquoi se tirer dessus alors qu'on ne se connaît pas ? Il y avait des gens qui avaient des familles
à nourrir ». « Si vous faites un hommage, qu’il soit sans tapage important et sans défilé militaire ».
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illustrations : Franck Biancarelli, Adrien Floch, Juan Giménez - extraites du
collectif : Paroles de Poilus / Librio / les plus belles lettres en BD