doucement ouvrir...
...l'espace de ce lieu,
de l'amour : viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs : la louve,
Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent : tout seul,
matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades : une rencontre,
un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique : lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe : montségur,
enfants du pire, jungle de sang,
entrez, vous êtes ici chez vous...
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ils marchent, derrière la vitrine du magasin les badauds accrochés à la télévision, ma main dans celle de ma mère qui regardons figés cette marée de drapeaux, les tremblants de l’acquis qui osent à peine baisser les yeux devant ces tas de pavés et traces fumantes
la peur et la répression ont vaincu, libération triste et Pompidou qui sourit
c’était l’époque ou les médias dénonçaient la censure (impensable aujourd’hui), l’ORTF muselée et le 25 mai, les journalistes engagés ignorent leurs lettres de licenciement, les
français sont des veaux puis le 29, pouvoir invisible et l’asphalte fondue au creux des rues dépavées, le grand homme fugue et son retour annihile la vague hurlante et utopiste
mais que s’est-il passé ?
les rues ont toujours porté les vagues à l’âme humain, les murs aussi, soudain tableaux aux gorges des amphis, signes et symboles sur
d’autres grottes, des mots assemblées comme des cris, des espoirs, des larmes, des feuillets épars, et si on s’aimait, un mot désormais absous qui fut pourtant étendard, libre, affranchi,
alors on dit liquider un soubresaut de conscience mais hélas c’est pourtant le dernier avant que le peuple tente de téter jusqu’à plus le biberon bien pensant et nourricier des faiseurs
encravatés d’illusions, dernier boitement des trente glorieuses
c’était l’époque ou la musique et la plume sentaient la sueur et le dire (impensable aujourd’hui), câbles, fibres et autres connexions achèvent la lobotomie et rongent du même coup la pensée initiative, si loin des pavés, désormais une pseudo élite nombriliste se croit porte-parole du devenir et de la conscience et tous ces silencieux de classe moyenne qui la ferment toujours et encore,
il traînait au cœur des révoltes une utopie de brume, le frisson incertain d’une conscience humaniste, des fibres de poésie au tissu de bouches qui craignent le gavage, ils vont s’en repaître tous ces intellos dont l’élan reste au tâtonnement mais avec tellement de suffisance, l’art saignait de lumière, plus fort que transmettre : préserver,
des fleurs plus tard, des mots crachés à la brique et au béton, interdit d’interdire, la vague s’élance, indécise, exacerbée,
juste retenir en cette année, la prise éphémère d’une conscience avant le no futur, les peuples exacerbés ne peuvent qu’engendrer l’éveil, ironie grave de l’histoire, tellement moins de raisons
qu’en ces temps, la guerre, ce ronronnement lénifiant qui entre et inhibe,
ça c’est maintenant, avant l’individualisme, ils disaient : « ce n’est qu’un début », ils disaient aussi : « continuons le combat ! », y a t-il un survivant pour la lutte, la sauvegarde de la conscience et désormais le refus du chacun sa gueule, soumis mais tellement imbu, Janis, Jimmy, vous avez pas vu la suite, tant mieux, ces jours comme derniers sursauts avant l’ultime conditionnement, rappelons-nous, la rue avant les syndicats et les politiques, qui achevèrent l’idée au fond des cabinets , le général défaille, celui là seul qui saura par l’avis du peuple, se retirer (impensable aujourd’hui),
c’était l’époque après le mahatma, et soudain le dernier pacifisme, des tumultes de jungle au fond des radios, comme une prémonition sombre aux dédales d’avenir, des images, les lendemains déchantent, vivez encore !
j’étais petit, je crevais le derme et découvrais l’ailleurs, cette année comme accouchement, mes yeux et ma vision de gamin de treize ans, ma prof de français nous encadre au grondement de la rue, aux infos, des chars à l’Est, j’entrevois un souffle de sueur et de cœur, plus d’étendard simplement des bras qui se tendent, pas d’hélico et leur projo au dessus des cités, l’imagination au pouvoir, les boucliers sont restés les mêmes
j’suis fils d’après mai, les tuniques et les Stones, le pouvoir frileux s’est engouffré sous la couette du populisme, et l’héritier de garder ses biens, sur les murs « la forêt précède l’homme, le désert le suit », si loin des gueules affamées du vingt heure, des une aux incestes pour cacher la vague qui va les dévorer,
au bout de la rue, l’utopie, les enfants d’Israël ou de Gaza et leurs dédicaces aux bombes, d’autres horreurs devenues indifférentes, ses peaux ouvertes et noires d’un continent hésitant à quitter ses tribus, tous ces assujettis qui manipulent et tirent les ficelles, ceux qu’on dit démocrates,
ils étaient conscients (impensable aujourd’hui), ils rêvaient d’un monde meilleur, pas écrit sur un badge, encore moins sur une pub, ils disaient « la nouveauté est révolutionnaire, la vérité aussi », ils vivaient bien, Coluche n’aurait pas raison d’être, la lucidité dissoute les transcendait aux rêves, derrière le frigo des caresses et du sable, je vous avale plus, je baise, mes mains, mes mots et mes idées ou je veux, derniers spasmes communautaires avant le communautarisme, des bouts d’humain piétinés aux barricades, fragments d’illusions à la gueule de la dévoreuse temporelle, un pavé pour faire quoi ? ni jeter, ni construire, ni même hurler, les temps changent et l’âme s’y égare, il disait « j’ai eu un rêve » et le bruit des chenilles aux pavés gris et soumis, sur les murs de Nanterre « camarades vous enculez les mouches », au bout du mois, les chaussures cirées ont remplacé les clarks, la bonne conscience défile sans fête sur les ruines d’une utopie mort-née, le général prépare son départ
presque plus de pavés désormais, des voies noires et lisses, cet hoquettement planétaire s’éteindra quelques années plus tard, avant que l’individualisme n’opère, et déjà les prémices sur le hall de sciences Po. « un bon maître, nous en aurons dès que chacun sera le sien »,
mais ce bébé prématuré , discordant, vivra une décennie, y fleuriront les jupes, des acquis sociétaires, des
luttes partagées au-delà des frontières bien avant l’indifférence et le repus (impensable aujourd’hui), les mots en fanzine, aux grilles d’entrée puis en notes au cœur gonflé des festivals,
j’avais vingt ans, les pieds dans la boue devant le robinet, ces villages furtifs et utopiques être bien dans la masse nos mains et partages aux accords insolents d’une guitare mourante et tous
ces mondes rêvés,
il y eu : sous les pavés la plage, faites l’amour pas la guerre, no futur et do it yourself,
et tellement d’autres naissances et de guerres, depuis
et de révolutions avortées…
Lennon l’avait prédit : « dream is over »
« Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus. »
La Marseillaise
photos : Télérama hors série / Mai 68, l'héritage / avril 2008
une frontière déclarée, bafouée trois jours après
plusieurs centaines de milliers de fuyards devant les massacres
la shoah comme excuse, oui toujours
et le monde au début tellement coupable même victime
puis plus tard dépendant d’intérêts financiers
tabou, ne pas écrire le mot sionisme
sous peine d’antisémitisme
reste à regarder le choc d’une pierre sur le métal d’un char
d’un roquette perdue contre un marché détruit
une vie en vaut sept ou plus
retrait de gaza, extension en Cisjordanie
et les ruines du Liban
pas d’atome en cet orient moyen
sauf ceux cachés et tût par l’occident
en mal de repentir
pourtant une telle richesse, un tel amour
fini les kibboutz, l’espoir communautaire
s’est transformé en dictature de la kippa,
la richesse du pays pour dix pour cent de la populace
comme reproduction de nos faiblesses,
mais surtout le refus de l’autre
certitude de la terre acquise et redevable
derrière l’écran du radar ou du viseur
l’ignorance du voisin et la défense du chez soi
plus loin la bas, dans leurs camps
leur exodus aussi mais anonyme
bateaux interdits même de misère
robinets coupés aux propres sources
de leurs montagnes nourricières
mais quand s’écouteront-ils ?
deux peuples appeler à se reconnaître
si loin des intégrismes,
allez, partez avec votre flamme,
vos relents nauséeux de communisme capitalisé
ici dans mon propre pays je viens de voir ce jour la police à votre service, rampante comme elle l’a déjà fait, nos forces de « l’ordre » arracher les drapeaux tibétains aux profit des vôtres,
être collabo pour avoir dit « nos amis chinois » lorsque l’on est ministre des affaires étrangères, oui, ici chez nous (sans sectarisme) vos nains prétentieux sortir des limousines, donner des ordres, et nos politiques muets sous l’envie de leur seul devenir, argent, pouvoir, vous obéir aveugles et transis,
on fait quoi des cinq cents à mille exécutions par an, de vos enfants soldats ou ouvriers, de vos armes au nom du Darfour, de votre puissance discrète et prévoyante, le sein des Amériques, nous ne buvons déjà que trop votre impérialisme rougi,
mais qui chez vous parlera ? certainement pas le million de pékinois que vous allez éjecter avant les jeux, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, ceux des chaînes et du petit chef bleu, la longue marche débouche sur quel palier ? et ceux qui s’opposent pour trois années de prison juste un papier,
le judoka pleure, on lui a éteint la flamme et c’est un chinois qui l’a fait, il ne comprend plus rien, vaut peut-être mieux sécher les sports…
pour de plus amples renseignements s’adresser à l’Afrique, le rythme de la musique passe à celui du rendement, et ce pauvre actionnaire american way of life qui guette l’œil humide les investissements de l’œil bridé, on en oublierait les temples écroulés, les croisements forcés pour effacer le sourire et la peau, génocides sournois mais orgueilleux, et toujours ce sang, celui de l’ombre et de l’obscurantisme,
deux cent cinq pays au jeux olympiques, oui au sport et au rassemblement des peuples mais pas là ou on a bien lavé pour cacher les traces…
et si lassés de ces millions d’euros, balafres à l’éthique, perfusions gavées d’outrances et de piétinement de l’humain, on revenait au réel, loin des bourses et des montres, celui sournois qui nous échappe et nous emprisonne, celui du quotidien
l’histoire de deux fils
fils de président
Deux poids, deux mesures. La famille Sarkozy semble conçue pour valider l’adage. Louis, 10 ans, fils de Nicolas et Cécilia, a récemment été victime de menaces téléphoniques sur son portable : «Tu vas mourir !» Comme l’a révélé le Point, deux hommes ont promptement été arrêtés et seront jugés en correctionnelle dès le mois prochain. M’Hamed Bellouti, 37 ans, ne bénéficie pas d’une telle sollicitude judiciaro-policière. Lui-même fait l’objet de menaces téléphoniques : «Tu as bien trois enfants ?» Mais sa main-courante déposée en décembre auprès de la gendarmerie reste lettre morte.
Quel rapport entre les deux affaires ? M’Hamed Bellouti semble avoir eu le tort de porter plainte contre Jean Sarkozy, 21 ans, fils cadet de Nicolas (Libération du 11 septembre 2007), suite à un banal accident de la circulation : en octobre 2005, le scooter de Sarkozy junior aurait embouti la BMW de M’Hamed, place de la Concorde. Les dégâts matériels ne sont pas énormes : 260 euros pour réparer le pare-choc.
L’assureur a très vite retrouvé l’identité de l’illustre scootériste, dont la plaque d’immatriculation avait été relevée. Lequel ne répond pas. M’Hamed se résout à porter plainte, mais le commissariat égare le bout de papier… Par contre, la police fait preuve d’une remarquable célérité lorsque, en janvier 2007 à Neuilly, Sarkozy fils se fait dérober son scooter. Au moyen d’un dépistage ADN, l’engin est retrouvé en moins de dix jours.
Pendant ce temps, M’Hamed Bellouti persiste à réclamer ses 260 euros. Faute de diligence policière, il se résout à citer Sarko junior en correctionnelle. Une audience de procédure se déroule en septembre dernier, objet d’un premier tapage médiatique.
Une semaine plus tard, premier appel anonyme - le numéro de portable de M’Hamed Bellouti figurant sur sa plainte. «Une voix métallique, déclinant des informations détaillées qui m’ont refroidi.» Après avoir évoqué un rendez-vous avec son avocat, nouveau coup de fil : «Ce sera l’occasion de se voir.»Le procès Bellouti contre Sarkozy devait avoir lieu le 4 décembre. Me Thierry Herzog, avocat de Sarkozy père et fils, obtient alors un report de six mois, le temps de diligenter une expertise, la BMW ayant subi un autre accident.
Extravagante audience, pour une simple affaire de 260 euros, généralement expédiée en dix minutes. Jean Sarkozy : «Je ne reconnais pas les faits qui me sont reprochés.» Le président : «Le tribunal estime qu’une expertise contradictoire s’impose, dans le souci d’une manifestation de la vérité.» Le procureur : «Je m’en remet à la sagesse du tribunal.» La défense de M’Hamed Bellouti avait alors fait venir un témoin de l’accident.
Peu après, la mère de ses enfants reçoit à son tour un appel anonyme : «On s’occupera de vous.» Elle habite pourtant en Suède… «C’est la preuve qu’ils ont des moyens, s’inquiète M’Hamed Bellouti. Je n’accuse personne, le destin s’est simplement abattu sur moi depuis qu’un connard m’est rentré dedans.» Mais que fait la police ?
Renaud Lecadre / Libération / mardi 22 janvier 2008 - source
fils de policier
Un professeur, qui a reconnu avoir giflé en classe un élève de 6e qui l'avait insulté, lundi à Berlaimont (Nord), près de Maubeuge, a été placé pendant 24 heures en garde à vue.
Il sera jugé fin mars pour "violence aggravée sur mineur", a-t-on appris mercredi de source judiciaire.
Lundi matin, le professeur de technologie au collège Gilles-de-Chin, âgé de 49 ans, aurait poussé par terre les affaires de l'élève âgé de 11 ans après lui avoir demandé de ranger une table en désordre au fond de la classe, a-t-il expliqué à un correspondant de l'AFP.
Mais l'élève lui aurait demandé une explication et le professeur l'aurait poussé contre la porte du fond. L'enfant, le regardant dans les yeux, aurait alors soufflé "connard" à l'adresse de l'enseignant qui l'a giflé à ce moment.
En fin de matinée, le père du mineur, lui-même gendarme, est arrivé en uniforme au collège pour demander des explications au professeur avant de déposer plainte. Plus tard, des policiers sont venus chercher l'enseignant chez lui et l'ont placé en garde à vue 24 heures.
"En 30 ans de carrière, on ne m'avait jamais parlé comme ça. Mon sang n'a fait qu'un tour, et je l'ai giflé", a expliqué le professeur qui reconnaît avoir un "tempérament autoritaire" et être "un peu maniaque". "On ne peut pas accepter qu'un professeur gifle un enfant quelles que soient les circonstances", a commenté le rectorat.
L'enseignant a été suspendu jusqu'à son jugement pour "violence aggravée" le 27 mars devant le tribunal correctionnel d'Avesnes-sur-Helpe.
Maubeuge - AFP / jeudi 31 janvier 2008 - source
et si on se réveillait, tous ceux qui se taisent, pas même pour une révolution, c’est trop tard juste pour nous préserver, on en est là, puis-je encore écrire « justice » ou ce mot déjà
est condamnable ? je suis certainement réac et aveugle pour oser dire que l’on doit payer ses amendes et respecter les profs, mais la morale gouvernementale, policière et médiatique
voit l’intérêt de l’homme d’une autre façon
l’histoire c’est vrai nous a montré que les gouvernements et leurs forces de l’ordre ont su œuvrer pour le
pire…
on vous vante l’alcool sous toutes les formes et par obligation, on vous met à la fin de l’harangue à consommer avec modération
on vous vend les barrettes alimentaires pour jeunes avec en conclusion pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé
déjà petit, aux fenêtres du train do not lean out of the window
bien sur, faut des règles mais pour l’épanouissement
pas pour la restriction
j’suis fumeur, alors j’suis poursuivi par la loi de celui là
même qui me vend le poison et ramasse l’argent
et celui qui récolte le produit financier de cette drogue, le buraliste, paye plus fort pour le grand argentier pétri de corruptions,
mais c’est pas de ma santé dont je m’inquiète en 2008, c’est de l’avenir de nos libertés
aux Etats unis on en est à l’entêtement des parfums,
et puis on vous vend l’alcool celui du rouge pour les troupes, celui des tables hautaines et outrancières, on gerbe avec cravates aux bâtis des fenêtres, do not lean out of the window
un amer décadent qui fascine et ligote nos marionnettes éphémères
à consommer avec modération ? pas marqué sur les grands crus de toutes couleurs et terroirs, pas non plus sur ces alcools aux légendes oubliées, mémoires interdites
manger trop gras, trop sucré, trop salé, je sais pas, j’ai jamais mangé aux mêmes tables de ceux qui édictent, les errants de l’hémicycle ne manifestent pas d’anorexie
nous ne sommes pas de la même cuvée
ces limousines noires qui transgressent l’interdit,
et nous, potentiels délinquants, transparents et payeurs
des reflets de volutes nous renvoient à notre ignorance
souffle, donne ta veine, c’est jamais le droit, allez, tais-toi,
pareil qu’aux aubes, juste des serments qui dégoulinent
décline tes numéros d’obligations sociétales, garde ceux de tes secrets
jamais d’urnes ou de prières, les parasites s’en nourrissent
ne te penches pas out of the window, juste là, les murs outrepassés
derrière la fenêtre tellement d’horizons
la modération sur les trottoirs, grappes de rejetés
après avoir cohabité depuis des millénaires,
mais une position ostentatoire aux pied d’un caniveau est elle même condamnable, une loi du grand gouvernant
salope tu racoles
je mange comme je veux et préfère la terrine à vos sandwichs, le sel qui m’imprègne est celui de l’amertume, hoquetant, celui de l’utopie mourante, éternels rêves brisés
et tout ce sucre en baves lénifiantes, l’engouement piétiné qui nous sert d’évasions, le gras de vos dires et certitudes
là ! là ! des volutes l’entourent, la mort pour sur mais pas la votre
n’oublie pas ta ceinture, ferme ta gueule quand ils t’arrêtent, vote, même si t’as pas envie, paye, tu fais pas partie du cercle fiscal, offre à l’arrache ton cerveau aux marchands,
fumer tue
mais vivre aussi et de plus en plus
« Fais pas ci, fais pas
ça
Viens ici, mets toi là
Attention prends pas froid
Ou sinon gare à toi
Mange ta soupe, allez,brosse toi les dents
Touche pas ça, fais dodo
Dis papa, dis maman
Fais pas ci fais pas ça
A dada prout prout cadet
A cheval sur mon bidet
Mets pas tes doigts dans le nez
Tu suces encore ton pouce
Qu'est-ce que t'as renversé
Ferme les yeux ouvre la bouche
Mange pas tes ongles vilain
Va te laver les mains
Ne traverse pas la rue
Sinon panpan cucul
Fais pas ci fais pas ça
A dada prout prout cadet
A cheval sur mon bidet
Laisse ton père travailler
Viens donc faire la vaisselle
Arrête de t'chamailler
Réponds quand on t'appelle
Sois poli dis merci
A la dame laisse ta place
C'est l'heure d'aller au lit
Faut pas rater la classe
Fais pas ci fais pas ça
A dada prout prout cadet
A cheval sur mon bidet
Tu me fatigues je n'en peux plus
Dis bonjour dis bonsoir
Ne cours pas dans le couloir
Sinon panpan cucul
Fais pas ci fais pas ça
Viens ici ôte toi de là
Prends la porte sors d'ici
Ecoute ce qu'on te dis
Fais pas ci fais pas ça
A dada prout prout cadet
A cheval sur mon bidet
Tête de mule tête de bois
Tu vas recevoir une beigne
Qu'est-ce que t'as fait de mon peigne
Je ne le dirai pas deux fois
Tu n'es qu'un bon à rien
Je le dis pour ton bien
Si tu ne fais rien de meilleur
Tu seras balayeur
Fais pas ci fais pas ça
A dada prout prout cadet
A cheval sur mon bidet
Vous en faites pas les gars
Vous en faites pas les gars
Moi aussi on m'a dit ça
Fais pas ci fais pas ça
Fais pas ci fais pas ça
Et j'en suis arrivé là
Et j'en suis arrivé là
Et j'en suis arrivé là
La la la la la la la la la la...»
un froid pluvieux qui cingle
ce fourgon noir qui fait les ornières
avant le trou, après la vie
mort d’amour, mort de guerre
ou mort fait-divers
Norbert, il poursuivait les cambrioleurs
il en est mort au service
Nelson, il traversait sa rue
il est mort pour le service
Norbert de ses trente huit ans laisse une famille
Nelson de ses quatorze ans laisse une famille
catafalque et puis mille personnes, un président de la république, une ministre de l’intérieur et le ministre de la défense au pied de l’estrade, je n’ose citer les propos
et puis deux cents personnes ceux du quartier, le gris n’est pas le même, des pétales blancs sans gardes du corps
merci monsieur le président (mais de quoi si ce n’est de vous même) vous témoignez,
ainsi que vos sbires, d’une notion de l’être qui m’horrifie et me provoque…
policier ou gamin, c’est pas pareil !!!?
comment on appelle ça déjà ?
à Norbert, à Nelson
René Lamps est né en 1915, instituteur, il est communiste et s’engage comme nombre d’entre eux dans la résistance sous l’occupation, puis de 1945 à 1973 il sera membre de l’assemblée nationale et député de 1962 à 1967, son action est sociale et le voilà maire d’une grande ville,
il le sera de 1971 à 1989, trois mandats à combattre pour le droit de vote des immigrés aux municipales, pour une société plus juste et l’aide aux plus pauvres, je le sais, mon ticket de cantine scolaire étant plus élevé ayant un emploij’ai combattu cet homme, son idéalisme utopique et puiis j'ai compris sa vision, je n’ai jamais été communiste, Marx et Aragon peuvent se torcher mais cet homme, je le sais depuis longtemps avait dans sa timidité une volonté et un humanisme de fer, inébranlable, il était juste avec ses excès, il était homme
celui qui l’a remplacé n’a pas d’étiquette, il lèche la plus grosse, de centriste il est devenu comme les autres, sarkosiste, il est ministre et il y a un mois a fait démissionner le maire pour reprendre sa place, des fois que, à
ce soir dans ma ville, personne ne pleure René même ceux qui s’en souviennent, y’a trop de relents de répression
ah oui, j’oubliais de vous dire le nom de l’amnésique, du traite, de celui qui vire l’autre pour reprendre sa place : Gilles de Robien
René Lamps vient de partir, il emporte avec lui un peu de l’homme, et certainement un peu de vérité,
il en reste si peu
voila, ce soir cet homme s'éteint dans l'indifférence la plus totale, les requins du pouvoir ayant perdu même toutes notions d'histoire
25 mars 1957, le traité de Rome est signé,
l’ébauche de l’Europe, d’une entité symbole de paix, un coup d’éponge sur ces trois guerres meurtrières, l’espoir d’une force face aux Etats unis, et une Chine qui s’éveille
et puis maintenant, les reliquats d’un référendum négatif, orchestré par un Fabius qui aspirait aux présidentielles, depuis longtemps oublié le sang qui lui coule sur les manches, la gauche
caviar et même les bobos de droite main dans la main avec l’extrême droite et la gauche systématique, le rêve humain d’une lutte et d’une éthique commune s’évapore, tous ceux qui n’ont pas lu la
constitution se réjouissent et la France perd ses postes clé en même temps qu’elle casse avec les Pays bas l’idée même d’un rassemblement
aujourd’hui campagne présidentielle, indenté patriotique de presque tous les candidats comme l'héritage aveugle des théories nationalistes du borgne, toujours la montée au niveau d’un pays comme
ce qu’il se passe pour l’individu, fais pas chier, touche pas à ma porte, chacun pour sa gueule, Sarko, le Pen et leur identité nationale, Ségolène et son drapeau pour rattraper tristement
l’idéologie rétrograde, et pas un mot des treize guignols candidats sur l’Europe, le mal est fait
mais le mal, n’est-ce pas aussi et surtout ces technocrates encravatés qui s’inquiètent du sort de l’huître et du camembert, qui avant même d’avoir solidifier les fondations laissent entrer l’est
et ses lècheries américaines, l’argent a pris le dessus faute de citoyens et de vrais politiques, touche pas à ma banque, les rêves ont leur limite et croire en l’homme demeurera une utopie,
alors on dresse de beaux podiums et tapis, on se réunit pour faire la fête, faute d’avoir réussi à faire l’unité, une bande de marionnettes dont les intérêts sont désormais affichés comme
nationalistes si loin d’une construction commune
les fondateurs ne sont plus, les artisans encore vivants se taisent, terrassés devant tant d’oubli et de destruction, consternés, on va perdre notre culture si l’Europe émerge, fais gaffe y vont
te piquer ta femme, les yeux béats des politiques qui servent le bénéfice plutôt que le social, et la masse soumise et sous influence qui suit connement le mouvement
bon anniversaire l’Europe, un quart de siècle, et juste une statue de verre aux stries égoïstes posées sur un socle branlant
parce que les mots ou les dessins n’ont jamais tué personne
parce que démocratie n’est pas culte
parce qu’on ne muselle pas l’expression quand elle refuse l’excès
parce qu’on ne confond pas la politique avec la foi
parce que les dogmes n’engagent que ceux qui le désirent
parce que la tolérance devrait honorer toutes idéologies
parce que dire et dénoncer c’est préserver l’humain
parce que l’unique croyance devrait être l’amour…
dessins de Cabu - Charlie Hebdo du 08/02/2006
11 septembre 2001
attentats contre les Etats unis d’Amérique : 2749 morts
11 septembre 2006
Irak : Du 20 mars 2003 au 26 août 2006, les Etats-Unis ont perdu 2592 militaires, dont 2025 par fait de guerre. Ces chiffres résultent d'une exploitation des données détaillées publiées par le Washington Post (le 1er septembre 2006, ce journal indiquait un total de 2614 tués. Ce nombre inclut des militaires dont le nom n'a pas encore été révélé, ainsi que des employés civils du Pentagone)
et puis les civils : Bagdad : 1584 morts violentes en août
100.000 civils irakiens sont morts à la suite de l'intervention US en 2003
certains chercheurs estiment à plus de 200 000 le nombre de civils morts sur les deux conflits
Afghanistan : militaires ou civils, il est impossible de connaître
un nombre approximatif des victimes, on sait juste que la guerre reprend, plus de 200 morts samedi 26/08/2006
voilà si ce n’est pas déjà fait maintenant, M. Bush aura tué à lui seul autant et plus d’américains que ne l’aura fait l’acte terroriste du 11 septembre 2001
11 septembre 2012
inauguration officielle de
541 m de haut, le plus grand édifice au monde, l’orgueil américain perdure, la leçon n’a pas été comprise
je n’aurai pas l’indécence de faire des additions
le lecteur est libre de penser comme il l’entend
à lire :
- Pouvoir et terreur - entretiens après le 11 septembre / Noam Chomsky / Le serpent à plumes
- L'autre Amérique - les Américains contre la guerre / compilation d'auteurs américains / textuel


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