doucement j’ajuste les prismes,
fait tourner avec lenteur la lentille
et en miroir des flots énervés,
des baves écumantes aux crêtes éphémères,
voudraient mordre la pierre,
acharnées et certaines,
elle va venir cette nuit,
des jours que je le sens,
des paquets de pluie qui voudraient aveugler,
les frissonnements du néant,
que finisse l’opaque
aux balbutiements d’aubes sales et tremblantes,
tous ces spasmes de mousse
et ce cercle jaunâtre qui balaie,
de si noires mouvances,
coques égarées, corps convulsifs et inertes,
elle est venue cette nuit
la grève en cimetière
qui éructe nos absurdes,
méandres de laine à strier le sable,
je ramasse aux cristaux de vent,
des sèves avides,
des jus de certitudes aveugles et orgueilleuses
et ce serpent d’étoffe,
la marée suivante je le sais,
à son bon vouloir, déféquera mèches et filaments
en conducteur d’humain,
cette soie qui serpente
au creux des doigts,
l’onde tendue en soubresauts d’appels,
je la cueille ce matin,
mèches d’écumes bavantes,
comme une bouche au creux des remous,
je sais son spectre m’étreindre,
et le phare éteint qui baisse les yeux,
que viennent brumes d’embruns
et chants de sirènes,
nacelle tremblante, fière aux flots autistes,
me ramène à la terre et ses caprices mensongers,
viens,
je romprais tous ces amarres
qui font muet et soumis comme par définition,
une mouche brulée aux chaleurs des lentilles,
ce n’est que lumière et vagues obstinées,




votre présence