dans l'armoire

embruns de rock

échevelé, avide
au milieu des accords

écriture

Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /2010 00:40

doucement j’ajuste les prismes,

fait tourner avec lenteur la lentille

et en miroir des flots énervés,

des baves écumantes aux crêtes éphémères,

voudraient mordre la pierre,

acharnées et certaines,

elle va venir cette nuit,

des jours que je le sens,

des paquets de pluie qui voudraient aveugler,

les frissonnements du néant,

que finisse l’opaque

aux balbutiements d’aubes sales et tremblantes,

tous ces spasmes de mousse 

et ce cercle jaunâtre qui balaie,

de si noires mouvances,

coques égarées, corps convulsifs et inertes,

elle est venue cette nuit

la grève en cimetière

qui éructe nos absurdes,

méandres de laine à strier le sable,

je ramasse aux cristaux de vent,

des sèves avides,

des jus de certitudes aveugles et orgueilleuses

et ce serpent d’étoffe,

la marée suivante je le sais,

à son bon vouloir, déféquera mèches et filaments

en conducteur d’humain,

cette soie qui serpente

au creux des doigts,

l’onde tendue en soubresauts d’appels,

je la cueille ce matin,

mèches d’écumes bavantes,

comme une bouche au creux des remous,

je sais son spectre m’étreindre,

et le phare éteint qui baisse les yeux,

que viennent  brumes d’embruns

et chants de sirènes,

nacelle tremblante, fière  aux flots autistes,

me ramène à la terre et ses caprices mensongers,

viens,

je romprais tous ces amarres

qui font muet et soumis comme par définition,

une mouche brulée aux chaleurs des lentilles,

ce n’est que lumière et vagues obstinées,

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /2010 23:21

diaphane, qui transmet la lumière,

mais n’est pas transparent,

 

et qui ne s’est pas transcrit, ce jour pluvieux,

comme intrus devant ce dédale,

la terre béante à recevoir un autre corps,

et Lydie, présente à ce constat protocolaire a écrit ce qui suit :

 

C’était un jour de printemps, le ciel menaçant…

Assise dans cette église abîmée, personne à côté d’elle.

Juste face à elle, lui.

 

Elle l’avait connu à l’adolescence, le premier amour,

Celui qui vous fait tourner la tête, et sur ce bout de papier le calcul des jours ensemble échangés à travers la grille du lycée.

 

Mais très vite la relation fut agitée, lui courant après la vie, elle beaucoup plus posée s’essoufflait à le suivre. Pourtant toujours, par amour elle essayait,  jamais elle n’aurait voulu laisser échapper l’homme qu’elle aimait… C’était clair dans sa tête elle ferait tout pour lui, tout…

Parfois, et au fil du temps, elle devenait sa poupée, il pouvait être à la fois tendre et ignoble, comme un enfant qui joue… Il aimait beaucoup sa poupée…

-----

Elle était là, assise, seule, face à lui mais ne pouvait pas voir son visage.

A sa gauche, une petite fille avec un nounours, la ressemblance est flagrante, les mêmes cheveux, le même sourire, le même visage… A côté d’elle cette petite femme, en basket et cuir démodé, elle la reconnaît, déjà vue sur une photo qu’elle avait trouvé chez lui. Ce doit être la maman de la petite…

Devant, une femme blonde, touchant sans cesse son alliance, les yeux remplis de larmes, inconsolable…

Fin de la messe, sortie d’église, elle y retrouve la famille, qu’elle a bien connue. Chacun se rappelle à ses souvenirs… Et une seule question en tête, comment a-t-il pu en arriver là ?

Si jeune, un tel vécu derrière lui, un écorché vif, toujours à la quête de soi, et cette lente déchéance…

-----

C’était un jour de printemps, une éclaircie dans ce ciel menaçant…

Ultime marche pour l’accompagner jusqu’à sa dernière demeure.

Elle laissa passer la famille et les amis, et derrière ses lunettes noires, elle laissa s’échapper une larme. Des années qu’elle ne l’avait pas vu, ils s’étaient quittés sans violence, juste quelques mots balbutiés au téléphone, et pour lui le regret de l’avoir laissé partir, elle lui avait glissé des mains, il n’avait jamais cherché à la rattraper…

Et comme pour signaler le clap de fin, d’un geste lourd elle attrapa la rose et lui offrit, sous le regard étonné de la petite fille au nounours qui se demandait qui elle était…

-----

Quelques années plus tôt, sur un lit d’hôpital, réveil difficile, l’homme à ses côtés la rassure « ne t’inquiètes pas, je suis là maintenant ».

Ces mots en écho, dans ce cimetière, la rassure. Elle prend son téléphone, l’homme à l’autre bout du fil, « j’arrive mon amour… ». Et cette envie de le serrer si fort, dans ses bras elle n’est plus poupée, elle est femme.

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /2010 22:49

alors elle se sauvait,

toujours,

elle savait l’asphalte et la prairie,

six minutes à courir,

du bas d’immeuble

à la friche industrielle,

semblant de nature,

étoilé de papiers gras,

fleur de pissenlit,

alors elle se rêvait,

toujours,

elle se griffait cœur et âme,

des rêves qui suintent,

qu’elle éponge et s’invente,

au creux des genoux

cet infini désiré,

et la brouille salée

d’un attendu mort-né,

il est tant de silences,

alors elle a crié,

toujours,

elle guettait ses ombres

si promptes à bondir,

six minutes c’est trop long

et trop loin peut-être,

petits méandres figés

et battements d’écarlate,

alors,…

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Vendredi 16 avril 2010 5 16 /04 /2010 22:50

viens petit

suis-moi, on va s’approcher de l’aube,

tu sais, quand le matin s’éveille,

s’étire sous les brumes des plaines fumantes,

toutes gorgées de nuit,

viens voir ce monde renaissant,

tu sais, je mange ton innocence

autant que tu croques mon vécu,

regarde la brume éparse,

nos méandres de troubles,

et toi, tout tremblant de savoir,

viens petit

pose ton baiser timide

je m’en fous du faux, heureusement,

tu sais, viennent le pourpre et l’ocre,

pions rivés au muet,

tout comme toi,

en attente d’humanisme,

oublié sous l’égo

juste les bientôt morts qui veillent au futur,

qu’importe

toi, soumis, ignorant,

et si la pluie attentait ton écran ?

t’as oublié les couleurs,

si tu savais les brumes éclatantes

et les rougeurs de révolte,

viens petit

te reste juste à éclairer ton chemin,

ton matin entre les mains,

trop tard pour prendre, furtives étincelles,

de marbre et de poussière,

les traces d’âmes génitrices,

un vent médiateur balaie les principes

et t’as rien vu

viendront les contraintes,

illettrés, experts en dérisoire numérique,

ta face sait même pas les larmes,

ah l’antalgique de l’ignorance,

bien-pensance du vide

et aveugle

docteur, je télécharge et mange bio

j’ai peur d’avoir bobo,

viens petit

penches-toi

vois ton ombre qui tremble,

essaie d’apprendre  l’autre,

d’autres images,

celles de ceux qui te ressemblent

et qui meurent,

il est des terres de brumes,

qu’un barreau de lumière

comme impudeur éphémère

voudrait l’universel

et toi, tout seul et imbu,

des sables de sang et de cris,

ces lianes de peur qui ligotent,

et encore ton moi comme témoin

viens petit,

t’inquiète, j’enlèverai pas

ton appendice connecté,

sauras-tu jamais

le frisson des jambes dans l’eau froide ?

imagine l’au-delà,

mais celui du présent,

antipode à tes artifices narcissiques,

ce bout d’horizon

que tellement baigné de paraître,

même pas entrevoir,

aveugle, tu chevauches,

doigts tendus et crève l’invisible,

oui viens,

c’est inscrit ainsi,

on est tous petits…

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Samedi 3 avril 2010 6 03 /04 /2010 00:06

visage 1-copie-1 visage 2-copie-1

 

 

comme ça, t’es là,

tu tiens l’appareil,

ton reflet de spectre

au terne strié du miroir,

t’entrevois

 

 

visage 3

comme l’écrou d’un symbole

l’élan amnésique des âmes,

la mécanique du profit,

visage 4

que naissent les idéaux

ou les dogmes,

ne servent que nos caniveaux de conscience,

et ta gueule, là

au fond du reflet

visage 5 

 

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /2010 22:44

terres usées, délabrées,

ne te sauve pas lecteur

aveugle aux simulacres

tu sauras aux sangs versés

ce que façonne la peur

ces larmes de massacre

paroles et mots furtifs

t’accommoder au quotidien

et soumis et silencieux

étouffés souffles plaintifs

toujours certains d’être le bien

si loin de tous ces gueux

écrire notre âme en testament

t’as pas le choix, t’es bien dedans

 

et moi j’voudrais qu’au fond des urnes

comme une clarté comme un chemin

on soit si loin du tout ou rien

et casse moi pas les burnes

toutes ces bises numériques

toutes ces visages de gerbe

à vendre d’idéologies puantes,

étouffés vos actes iniques,

t’as pas le choix, été en herbes,  

et puis tous ces quais d’attentes,

 

c’était juste pour dire

si loin des imposés

ne règne que l’aspire

à d’autres sociétés…

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /2010 22:09

Ana

d’un velours de nuit ou de pourpre,

aux accords du doigt croché à la corde,

de ses hanches devinées

sous des notes volages,

tantôt sombres et de crépuscule

et soudain qui tressautent et bondissent,

des fragrances d’humus

chevaux éclaboussants

aux clichés de testament

 

une femme dépose

ce chemin d’amour




Izia

il y a la sueur, des yeux de brume, parfois

puis ceux voyeurs, nos acides morales,

rongent nos âmes et peaux

et voila que soudain

la rage encore

toute scintillante d’aura

et de beauté,

le rythme s’emballe à s’écrouler au sol,

des feux de vide tournoient en artefacts,

 

une femme donne

ce chemin de partage




Tarja

le métal cogne aux parois de pierre

cathédrales électriques

qui résonnent de démesures

dérisoires outrages

blafards et qui coulent

et soudain loin des riffs,

litanies lourdes,

le cristal d’un timbre

aux battements de vitraux

 

une femme offre

ce chemin divin



merci, merci encore...

 vidéos :
- Ana Vidovic: Valses Venezolanos 2 y 3 - Antonio Lauro
c'est
ici
- IZIA - Let Me Alone - Nouveau Casino
envoyé par IziaOfficiel 
- Tarja Turunen - Ave Maria
juste
Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 29 décembre 2009 2 29 /12 /2009 15:40


- allez rajoutes un peu de lumière, c’est triste tout ça !

et le cadrage, putain, j’ai dis les yeux,

les deux pour pas qu’y ait de mensonge

et toi bordel, t’arrêtes ta gueule de cocker,

tu fais quoi ?  

ici c’est comme la vie,

si tu sais pas jouer la comédie, vas mourir

et fais pas chier,

bon on reprend, remets lui un peu de couleurs,

il est trop pâle,

merde c’est pas compliqué de faire semblant,

ils font quoi les prolos aux hurlantes du p’tit chef,

les pantins-cravate derrière leur guichet,

les blouses blanches de couloirs

aux gémissements des morts,

comment ? ça va pas ?

ta gonzesse t’aime plus, t’as le cancer ?

ben tires-toi mec,

si tu tombes un autre sort de l’ombre à ta place,

c’est pas moi qui le dit,

bobine de film

- bon, moteur !

quoi ? tu peux pas, t’as lu le scénar ?

tu connais la scène de fin ?

ben on va la faire tout de suite,

tu seras libre après,

 

- moteur !


musique : Philippe Léotard / demi-mots amers / à l'amour comme à la guerre / Saravah 

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

le temps qui passe

Juillet 2010
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

votre présence

fouiller en ce lieu

des mots qui dénotent

des mots pour dire, rêver

des mots esquisse

des mots espoirs

des pages à tourner

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés