dans l'armoire

d'autres ailleurs

embruns de rock

échevelé, avide
au milieu des accords

écriture

Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 23:59

c’est sur il ne restera pas
fuir ses soixante mètres carrés avant le ronronnement lourd de l’hélico,
son projecteur qui balaye la cité, ses voitures incendiées…
il descend, un tag encore frais, des trainées de peinture qui coulent sur l’acier,
l’odeur de pisse et de friture,
dans le hall sous les boites aux lettres, une fille qui lacère sa poupée avec un coupe-ongle,
il longe les barres, prend soin de rester dans l’ombre, se dirige vers le centre-ville,
c’est sur la bas sera plus calme,
derrière l’hyper-marché ils sont une dizaine a fouiller les containers,
le surplus des riches pour festins de pauvres,
une voiture zigzagante, fend le boulevard et vient buter sur un panneau, une guirlande arrachée continue son clignotement rouge et bleu sur le trottoir,
il la contourne, observe au loin l’incandescence indécente de l’hyper centre,
plus de bus, la ville semble paralysée, livrée à elle-même,
le voila aux portes des rues piétonnes, débauches criardes de luminaires,
il les voit, derrière les vitres d’un restaurant huppé, ils sont attablés, champagnes millésimés, homards et gueules d’enterrement,
plus loin titubants qui vomissent, une bande d’égarés au répertoire grivois qui se cognent aux vitrines,
un point presse aux affiches déchirées annonce une crise sans précédent au milieu de poitrines siliconées,
c’est sur prés du parc ce sera mieux,
sous l’auréole jaunâtre d’un candélabre, un mec se pique un chiffon dans la bouche,
et voilà l’heure illusoire, les douze coups fatidiques,
plus tard il le sait ce sera le hall,
et la poupée déchirée dans les bras d’une fille endormie sous les boites à lettres…

*  remake d'un ancien billet

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 17:51

oui un vingt sept octobre

il y a six ans

peut-être pour défier la morosité des jours

j’ai posé mes doigts sur le clavier,

donner, offrir,

rendre à mon tour ce que j’allais puiser chez les autres,

écrire pour le plaisir, le partage,

la thérapie ?

c’était il y a six ans

non ce n’est pas la source qui s’est tarie,

ce sont de gros cailloux qui ont fait l’onde se détourner

creuser doucement d’autres méandres voués à l’étiage,

et tous ces mots mourants

avant même d’être nés,

alors ce blog comme un bateau de papier

frêle et titubant

dérive lente vers une mer de brume

ou c’est sur, d’autres vents

parachèveront l’aventure…

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Vendredi 5 août 2011 5 05 /08 /Août /2011 21:33

Le puits

Curieux, un mot au singulier avec un « s », peut-être parce qu’au fond on y trouve tout ce que l’on veut. Des traces d’histoires, de prisonniers croupissants, des coulées de larmes séchées, des eaux glauques, des cris aux échos de pierre, une roche gravée en signes de désespérance.
Me suis penché vers ce cercle d’ombre, ai juste crié, un jour j’y serais…

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 15 mars 2011 2 15 /03 /Mars /2011 22:47

IMGP0514

 

 

 

 

 

 

 


je suis revenu,

elle est passée pas loin, c’est comme si je la sentais,

je me souviens cette butte,

je vais te retrouver la haut,

dans cette poussière brulante et qui cherche  à me retenir,

le souffle manque et tes yeux au bout,

et je tente à nouveau,

tapis d’huitres qui infiltrent l’onde,

je rampe et creuse cette vague jaune,

 

IMGP0479

 

 

 

 

 

 


 


j’ai trainé de nouveau
 

à nos pas effacés,

tu te souviens, assise sur le banc,

de lourds embruns d’écaille et d’essence,

ce frugal repas et nos pas,

sous ces jambes de bois rongées de sel,

des veilleurs de nuit tissent leurs toiles,

et je tente à nouveau,

ce sable rebelle, caresse froide d’une houle mourante,

je marche prétentieux à l’écume,

 

une dernière vague…

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 23:22

Demain, j’irai face au vent, je garderai grand ouvert les doigts de la main

Et chercherai à saisir tous ces rêves échappés, déchus,

Je les ferai mien,

Demain j’irai boire aux cascades de nos déboires et illusions,

Je ramasserai les pierres en ferai un socle

Non pas pour une statue,

Juste quelques notes frissonnantes,

Des mots cadeau,

Demain je sillonnerai ces arpents de neige,

Aussi ces jungles aux innocences tachées,

Demain on fera mieux, c’est sur,

J’irai offrir ma main au tremblant du trottoir,

J’irai glisser le bulletin, par dépit,

J’irai mander l’évident,

Demain j’irai aux tourments du fleuve, je tenterai de m’échapper,

Et l’âme toute ouverte,

J’irai lécher le vrai s’il en reste,

C’est beau la vie, ça aussi c’est désuet, un slogan,

Au fond de la main,

Un peu de craie et de sable

Demain face au tumulte je garderai tendu les bras vers les clameurs,

Juste l’homme qui se mérite, l’éveil,

Demain ne sera plus mien mais une entrée douce au générique de fin

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 22:06

Hier, je suis tombé sur une émission télé qui retraçait les années 80 et 90.

Hier, j’avais l’impression d’être d’un autre siècle.

Ah oui, on dira les accords désuets, les textes sibyllins mais soudain j’ai senti comme un optimisme aujourd’hui tabou,

Hier il y avait du rythme, de l’espoir, du romantisme même délavé aux regards inquisiteurs du présent, de ces bobos socialos qui communiquent à leurs collègues de bureau par mail,

Mais faut pas louer le passé sinon t’es ringard, un vieux con, n’empêche, on fait rien que fêter des anniversaires de morts, Balavoine, Gainsbourg, Bashung,

Et l’ombre de Coluche à filer à bouffer à des pauvres qui enflent,

C’est trop tard, des jeunes incultes abreuvés de rap primaire et de films horrifiques, gavés d’individualisme à s’en déchirer eux même,

C’est moi le père ?

Putain j’aurai dû aller au cinoche ou me couper la queue, tout ça pour rien…

Quinze ans à chercher à transmettre des valeurs, l’éveil, la tolérance, l’ouverture aux autres, au monde à nos gouvernances,

Faut pas parler comme ça ?

Ben si, t’as beau élever, chercher à donner cet héritage d’humanisme, leur dire c’est ton avenir, écoute, participe, intéresse-toi…  c’est qui le premier ministre ?

Hier comme un con tout seul devant mon écran, j’ai dansé, pleuré, j’me suis dit ma jeunesse avait encore un peu d’humain, on disait bureau du personnel avant qu’on dise ressource humaine,

Hier j’ai pensé que le jour fatal ne me fera pas regretter de ne pas vivre l’avenir…

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 23:25

c’est février, c’est un autre tableau de mille et une

et plein d’horizons passionnés…

marc-chagall-a-tableEugène, souvent quand c’était la moisson coupait le moteur de sa vieille batteuse et contemplait la parcelle.  Il disait toujours : « pourquoi aller ailleurs, regarde la plaine, vois mes grains d’or pas besoin d’images et de mots. »

Eugène, il était  comme ça, c’était la Marthe qui faisait l’intendance, fallait que ce soit prêt au  retour des champs. Les deux mômes, c’était foutu, voila qu’ils voulaient apprendre au lieu de retourner la terre, ben faut bien donner à manger au peuple, « c’est pas des livres qui font le boulot ! »

Eugène, il est aigre, ça le brule de l’intérieur, c’est qu’aucun des rejetons n’est  repris la ferme ou cette douleur au bas du ventre ? La peau s’est ramollie et posés ces méandres crevassés. C’est la coopérative qui ramasse ses blés désormais et ses fils derrière un écran à spéculer et gagner en un jour, une année.
Marthe, penchée à son fourneau sait le temps amener l’impossible,  et voila qu’il peut plus marcher, son dos à fourcher les ballots, relever l’attelage pour ancrer la charrue, la tête face à l’horizon, la binette comme une croix à ce champ de betteraves.

Marthe, elle supporte plus le fauteuil, les vociférations, « tiens prends ça, ça t’occupera », elle lui tend un livre, une histoire de terre, de collines en crête de dragon, d’églises à rénover et le voila soudain de silence, avide à ces mots tremblants sous le feu de l’âtre.

Marthe ce soir, elle en peut plus, elle l’entend encore : « mais laisse moi tranquille, je l’ai lu, la chair est faible mais l’esprit est ardent, c’est de ta faute t’avais qu’a pas me foutre toutes ces idées entre les mains », il s’étouffe, hoquette.

Marthe elle est là, sa main tendue et le bouillon tiède au fond de la cuillère, et lui affamé qui sait son dernier livre, sa  dernière page et le mot fin.  

 

* tableau :  Marc Chagall - à table

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 6 février 2011 7 06 /02 /Fév /2011 23:45

allez, ouvre l’étoffe, replie l’édredon,

vois ces plaines de paille torturées,

va chercher la sueur,

la goutte figée,

pose encore tes lèvres à son cou tendu,

fouille l’orifice et sa moiteur abandonnée,

bois ses yeux,

donne lui des mots pour qu’elle t’en rende

même si tu sais l’éphémère,

plus loin la roche

et la peau en souvenir,

allez, choisis,

le poigné offert

ou le sourire las,…

Par daniel - Publié dans : écriture - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

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