dans l'armoire

sommes-nous ?

si tu ne hurles pas

personne ne croira

que tu as mal

 

 

 

 

 


quelques images

doucement ouvrir...

...l'espace de ce lieu,
de l'amour :
viens, deux coeurs, ta peau, tu n'es pas là,
des visages sur des coeurs :
la louve, Mira, Henri,
des mots qui tâtonnent :
tout seul, matin blême, humanomimes,
d'étranges promenades :
une rencontre, un parc, des larmes de pierre,
un peu de musique :
lola, keny, mick,
des images qui bougent : une cathédrale, un éléphant, du vent,
et ce monde qui s'emballe :
montségur, enfants du pire, jungle de sang,

entrez, vous êtes ici chez vous...


-------------------- 

Dimanche 6 juillet 2008

je te salue

une fois encore

ton lit trouble frémissant

nos retrouvailles d’ombre

tes brillances verdâtres

en clin d’œil

je tend ma main

invisible caresse

à ta peau liquide

je sais l’humus gonflé

de tes veines argentées

des pianos de feuilles

t’accompagnent,

ces jupes qui s’ouvrent

au crépuscule de bal

c’est le temps qui me penche

qui me courbe

qui me fait chercher ton reflet

fouiller la vase

renaître ces fils brisés

ces filets de sueurs

qui font les nuits torture

je te cherche

encore, toujours,

ton sein nourricier

ton entrejambe ouvert

mon oubli à ton ventre

l’onde se teinte

porte les chuchotements

les mains ressac

qui apaisent et façonnent

et plus loin aux rebords des douleurs

ou du plaisir

ces doigts cris

qui provoquent et tâtonnent

la berge me charme

je la sais attendre mon pied glissant

bisous de clapotis

paupières de lune

patientes et sereines

de lymphes en tourbillons

doigts cloaques

qui toujours enlèvent

aux dermes d’argile

torturés de vents

ma peau qui frissonne

échoué sur la rive

embryon d’incertains au fond des tiroirs

les râles d’antan

écumes de larmes

à des plages d’infortune

je te regarde

ne vois que ramures déchirées

mélopées mourantes

ciels souillés

au creux des puits

et aussi des pupilles

le même vide noirâtre

et nous penchés

à jeter la torche

et mesurer l’attente

viens ma belle

ma larve dénudée

coquilles ou cocons

effondrées les parois

les plus belles courbes n’ont pas de peau

le sournois de l’aiguille

laisse sa caresse de poussière

aux meubles fendus

et nos pas

ne résonnent qu’à nous- même…

juste le clapot,
je t'attends, viens

par daniel publié dans : poésie
Lundi 24 mars 2008

ces limaces translucides

au fond de ton mouchoir

quand le préau fratricide

vient lacérer tous tes espoirs

alors déjà tout embrouillé

tu entrevois ton devenir

caché, muet, prêt à hurler

ta main si avide à saisir

et voilà ces larves de sel

qui sournoises à ton chemin

bave de sang, bave de miel

effaceront tous tes chagrins

et puis, frémissements de peaux

constat de froid, nouvelles aubes

creux d’étoffe, premiers sanglots

l’indifférent qui nous enrobe

ces escargots du bout du cœur,

mon aimée l’épée suinte

se colorent au gré d’humeurs

susurrées comme des plaintes

et tu frottes tes paupières

comme un tableau qu’on efface

fini le temps des prières

filets furtifs, douces traces,

ces cocons de vie serpentent

brises froides et si lasses

se languissent, se lamentent

cris confondus et trépassent

tes bras mangroves ensablés

fouillent la terre qui t’attend

bientôt les sursauts asséchés

l’œil maussade et les absents

et ces larmes chrysalide

de marbre et puis de pollen

tous ces doigts tendus au vide

croulants au poids de nos chaînes

vient, c’est sur, l’heure du miroir

te regarde, ne te vois plus

tâtonne jusqu’au désespoir

bientôt le vent se sera tu...

 

merci à Viviane pour son poème et le chemin qu'il m'a entrouvert

par daniel publié dans : poésie
Mercredi 21 novembre 2007

je vous chevauche
vos murs sont mes plaines
vos humus azotés
chairs et feuilles
nourrissent hélas vos descendances
et ce perpétuel mouvement
de vers et invisibles
qui nous mangent goulûment
qui nous font continuer,
la matière piétinée
que reste-t-il ?
avant l’âme, l’esprit,
on tête les écrans
bardés de fils et de cubes
noirs de préférence
des bouquets chamboulés
de sable et de pollen
caresses déchues
qui pansent et s’évanouissent
l’abeille titube et se sait en sursis
des assemblées vides
et le votant trahi
un projet, une société
des étendards qui cachent,
une presse à genoux
la boue du fleuve
qui remue et ramène
je vous observe
ai compris ma faiblesse
et votre pouvoir
mon silence ma force
jusqu’au cri
nos brises triomphantes
à vos tempêtes
pardon enfants pour l’héritage
des glaces mourantes
des jungles dénudées
tous ces yeux de méfiance
armés de certitudes,
la bougie allumée
et c’est un autre monde
aux plis de l’étoffe
les miettes de nos abus
et des visages cachés,
ils te tairont c’est sur
un épervier aveugle
s’accroche à la ramure
comme tous ces cœurs affamés
et peureux
je vous fuis
vos idéaux comme barbelés
le réseau de vos yeux
vos atomes et vos gènes
disséqués
des campements miséreux
bordent vos flamboyances
amour, ta peau ton haleine
ton chemin de tendresse
éphémère perdition
nid de couleuvres
écartelé aux lames de vos machines
béton et bitume
illusoires cabanes
obsédées d’ampleur
un scarabée escalade
restants d’os souillés d’argile
et cette sorte de brume
au fond de la fibre
du têtard au panda
l’embryon du déclin
tous ces regards vides
et ces rues observées
des chrysanthèmes comme excuses
l’écume est une langue
qui lèche et séduit
marque le temps
de nos appels perdus
enfoncés à l’oreiller
je vous laisse
des chemins de lait
m’interpellent et m’aveuglent
et mon poids d’humain
devient rebelle
amour, tu es là ?

vous qui passez, offrez-moi un titre

par daniel souhait publié dans : poésie
Lundi 17 septembre 2007

juste un peu te caresser
sentir aux reflets de nos naïfs étourdissements
ton tissu de chair qui frissonne et qui ment
qui voudrait s’abandonner
oh ma bouche à tes crevasses moites
mes iris percés et leur suave liqueur
laisse tes larmes d’aurore
et moi toutes mes ombres de peur
cet inconscient stérile aux apparats de ouate
juste t’effleurer
cheminer à tes courbes, ton abandon voilé
et puiser en ton toi ma substance à subsister
la sueur et ma langue découvreuse
crever la nuit, arrogants et saturés
je cueille la couleur éphémère
de luxures craintives et d’oublis salivaires
donne-moi tes seins
laisse-moi errer aux arches de tes cuisses
de ça je me console aux aveugles palpés
à ne pas oublier, ces râles à la criée
juste un peu te toucher
nos dedans apprivoisés, te boire, te sucer
chercher comme l’ultime refuge
deux ombres sur le mur
ma belle
donne-moi l’errance et la quête et ce goût de source
et encore et encore
et toujours…

musique : saez / clandestins / debbie 
écoutez, c'est la suite...

par daniel souhait publié dans : poésie
Samedi 8 septembre 2007

Moi je suis de la race ferroviaire qui regarde passer les vaches.
Léo Ferré

par daniel souhait publié dans : poésie
Mardi 12 juin 2007


j’ai pas attendu la caresse sournoise
du jour fatigué et qui se recroqueville

aux travers les carreaux les rameaux s’estompent

baiser paresseux, clair et ombre se toisent
tandis que se dessinent en courbes dociles
des noeuds de douleurs et plaisirs à se romprent

je traverse l’étoffe, la touche sur les yeux

la salle est terrassée, sa voix, des espoirs
les notes se tordent avec lenteur
ces âmes qui s’abreuvent, c’est le blues des nombreux
ceux échevelés, équilibre illusoire
et les derniers rebelles aux fantômes des peurs
tiens voilà c’est pour toi, c’est juste un peu de bleu

je regarde le laiteux, il se teinte d’obscur

son visage envahi, elle susurre et elle beugle
elle donne avec les yeux et s’abroge les cœurs
la peau qui transpire sous l’horrible morsure
elle chante sans être noire et même pas aveugle
ses silences aussi résonnent à l’intérieur

j’ai pas vu que déjà le jour s’était enfui

et des mots posés là à qui veut bien les prendre
des serpents de mémoire faufilés du passé
retournent aux orifices bientôt voués à l’oubli
aux oubliettes embuées d’autres vont pour se pendre
étamines couchées et pistils asséchés

je transgresse l’obligé et m’en vais boire ailleurs

aux travers les barreaux les rameaux se flétrissent
les peaux sont toutes froides et les regards baissés
est-ce dans notre tréfonds d’être tous menteurs
d’invisibles tempêtes nous rapprochent et nous tissent
pour déposer encore et toujours un baiser…

musique : Janis Joplin / what good can drinkin do
par daniel souhait publié dans : poésie
Samedi 6 janvier 2007

depuis quand le commencement ?
il faisait noir
soudain le mouvement, soudain le murmure
l’ébauche distordue, spasmes d’évolution
emportée, entraînée
opaque horizon
crevée soudain de lumière
je jaillis
vomissement de terre
purifiée de roche
hystérique, transparente
les mots font ce qu’ils veulent
je suis éclat tourbillonnant
soudain confondue, anonyme
et ce flot grandissant
serpent de bave
qui chuchote et dévale
veines fragiles,
et cette peau de planète laminée, finissante
aux gueules des gouffres, au profond des gorges
effigies d’ombre qui obstruent et façonnent
parfois l’accalmie
je suis au tout
cellule palpitante d’un être sans visage
le reflet de l’onde soudain reposée
les berges sont vertes et paissent
les nourricières
je glisse au vent caresse
mes reflets comme baisers
pourquoi soudain l’arrêt, l’atrophie de l’obstacle
c’est l’homme insatisfait, qui oblige et mutile
au bout de la chute
des vallées desséchées, un torrent renaissant
il faut tout recréer, du ruisseau à l’étang
et me voilà complice d’un nouvel affluent
les mots font ce qu’ils veulent
je suis miroir frisson
vos visages en exergue
je glisse, m’étale, recouvre toutes les terres
fleuve condamnée à n’être qu’une mer
au fond de l’étamine
plus rien que l’asphyxie
le flux qui contamine
et l’enfant démuni
déjà le sel s’immisce et c’est l’immensité
les mots font ce qu'ils veulent
si petite que je sois
il me faut bien l’avouer
après tout c’est mon droit
que d’être transportée
je rejoindrai bientôt
ces écharpes cotonneuses
qui font le ciel de gris de brumes vaporeuses
et habillent vos âmes en volutes chagrin
pour finir silencieuse
en édredon crachin

par daniel souhait publié dans : poésie
Dimanche 31 décembre 2006

Quand tous les affamés
Et tous les opprimés
Entendront tous l'appel
Le cri de liberté
Toutes les chaînes brisées
Tomberont pour l'éternité


On peut chanter tous les poèmes des sages
Et on peut parler de l'humilité
Mais il faut s'unir pour abolir injustice et pauvreté
Les hommes sont tous pareils
Ils ont tous le même soleil
Il faut, mes frères, préparer
Le jour de clarté


Quand tous les affamés
Et tous les opprimés
Entendront tous l'appel
Le cri de liberté
Toutes les chaînes brisées
Tomberont pour l'éternité


On peut discuter sur les droits de l'homme
Et on peut parler de fraternité
Mais qu'les hommes soient jaunes ou blancs ou noirs
Ils ont la même destinée
Laissez vos préjugés
Rejetez vos vieilles idées
Apprenez seulement l'amitié


Pour que les affamés
Et tous les opprimés
Entendent tous l'appel
Le cri de liberté
Toutes les chaînes brisées
Tomberont pour l'éternité


On ne veut plus parler de toutes vos guerres
Et on n'veut plus parler d'vos champs d'honneur
Et on n'veut plus rester les bras croisés
Comme de pauvres spectateurs
Dans ce monde divisé
Il faut des révoltés
Qui n'auront pas peur de crier


Pour que les affamés
Et tous les opprimés
Entendent tous l'appel
Le cri de liberté
Toutes les chaînes brisées
Tomberont pour l'éternité

Graeme Allwright / le jour de clarté
par daniel souhait publié dans : poésie
Samedi 11 novembre 2006

penchés, assis sur la berge
et le fleuve qui coule
allons plus loin mon frère
au delà des plaies et des jungles terrassées

serres ma main, on le fera ce voyage
au fond du verre tout un paysage
allez on marie nos maux
colorez l’uniforme
quoi frérot je sais que c’est impossible
c’est bien le fond de l’être qui importe
allez on se donne tous les droits
nos droits
la lèche de l’angoisse, la fellation politique
on s’en tape
enfin les mots, les vrais
accessibles et humains si loin des images
et des chiffres
on paraphrase, on métaphore
et on fait caca
la berge est une peau
et le fleuve un afflux
et je vois
ces gonflements qui crient
ces tourbillons qui se figent
et la mémoire des aubes
on ne sait pas, on ne sait jamais
l’histoire et la science
acquis oubliés et vécus dirigés
au bout des mots
y’a t-il toujours la main qui relève du trottoir
l’oreille comme puits de détresse
le souffle qui fait montrer les jambes
et se jouer des incendies
les yeux écarquillés, repus et fatigués
et l’horreur plein ta gueule
ma bouche qui t’embrasse
ça gronde aux flancs des limites
les flots s’emplissent
gourmands et destructeurs
faut bien croire à quelque chose
il y a la peau, la couleur
et quelque soit,
l’éternelle solitude
c’est toi c’est moi
et la mémoire des aubes
ma sœur, mon frère de paix
on pose les armes
penchés, assis sur la berge
et l’onde qui tournoie
nous renvoie et se moque
au creux du nombre
nos âmes si fragiles
y’a t-il toujours la main qui panse
bisous au creux d’oreille
toutes ces haleines mélangées
et ta voix, la nôtre avec ces mots
onguents et placebo
viens frangine
loin des filaments ternes
charriés de sang
les beuglements du fleuve
comme des chants d’impuissance
allez compagnon blafard
ma main plaquée à tes lèvres
surtout ne pas vomir
cette bile d’écœurement
qui fait crever la terre
allez on se donne tous les droits
nos droits
ceux que les goules de la morale
ont sucé en nos chairs
viens
un jour peut-être on sera foule
on piétinera la haine
et nos poings fleuris
partageront la lumière…

par daniel souhait publié dans : poésie
Dimanche 8 octobre 2006

viens, entre
je te vois si trouble

des violons d’argile, des cuivres d’écumes
t’accompagnent
j’ai caressé l’encre verdâtre du bord des fleuves
bu la sanguinolence des bouches
masturbé la folie
viens, tu peux rester
je te vois si trouble
doucement nous écarterons le pétale
au fond des brumes, ces cris d’enfants
je te sens tellement même
loin de l’étoffe et du contraint
penchés tous deux en nos chimères
méandres échevelés, cœurs béants
viens, reste encore
je te vois si trouble
des mots blancs et enchantés, des aubes d’ouate
t’accompagnent
j’ai vomi le noir des sanglots aux parois des ombres
croqué l’étincelle et mendié vos regards
étriqués d’ondes aux fracas de vos roches
on pourrait, bercés de nos mains
piétiner nos angoisses et briser les épées
maison d’amour
viens, ne pars pas
je te vois si trouble
des houppiers en doigts tendus, des fleurs de lèvres
t’accompagnent
j’ai parjuré l’opprobre aux portes des citadelles
fondu les sceaux à vos filets de lymphe
et crié l’anathème
je te sens tellement même
enserrés, corps de pluie aux astres lacrymaux
aux fonds de nos iris nos rêves de livide
nous tomberons les portes
et tairons les canons
nos peaux parcheminées retrouveront les mots
maison d’espoir
viens
avant que le trouble ne gagne…

par daniel souhait publié dans : poésie

le temps

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