Diaphane
Samir est assis, il regarde la poussière soulevée par une légère brise et qui tournoie au milieu de la rue, cette terre ocre et rouge si peu fertile mais tellement convoitée
Samir a le cœur gros du haut de ses douze ans, Samir est triste et ne comprend pas
avant, de sa fenêtre il voyait les quelques oliviers que son père a planté et qui sont si lents à offrir leur récolte, il aimait le gris des feuilles se découper sur le bleu azur
et puis il y eut ce jour
de gros bulldozers sont arrivés et ont creusé comme une ligne monstrueuse,
une longue tranchée au travers l’horizon
Samir ne connaît pas la résolution 181 du 29 novembre 1947
les jours se sont écoulés, tout le village s’était rassemblé et avait crié sa colère mais rien ne changea et c’est alors que d’autres engins arrivèrent, ils semblaient traîner derrière eux une longue chenille de grands blocs de béton, couchés à terre un peu comme toutes ses ruines éventrées aux abords du village
le soir quand les militaires et les ouvriers étaient partis, Samir grimpait sur les pans de béton et allait voir ses oliviers tout imprégnés de poudre de ciment
Samir n’était pas né entre le 5 et 10 juin 1967
à l’école ses copains disaient qu’on allait couper le pays en deux que c’était pour plus de sécurité et que de toutes façons on avait pas le choix
les cailloux n’ont jamais vaincu les tanks
un matin, Samir n’est pas allé à l’école
il est resté assis toute la journée et entre deux larmes il a observé de grandes grues relever et poser les uns contre les autres les lourds éléments préfabriqués
et devant ses yeux ébahis il a vu disparaître sa parcelle d’oliviers
Samir ne sait pas les arrêtés du 9 et 20 juillet 2004
le soir venu, il erre le long de ce mur avec ses copains, toujours il se rappelle les crêtes jaunâtres du paysage et c’est le visage baissé, en silence qu’il franchit le check-point pour aller retrouver ses oliviers
(ce texte est dédié à Leila Shahid)
un matin, Samir n’est pas allé à l’école
il est resté assis toute la journée et entre deux larmes il a observé de grandes grues relever et poser les uns contre les autres les lourds éléments préfabriqués
et devant ses yeux ébahis il a vu disparaître sa parcelle d’oliviers
Samir ne sait pas les arrêtés du 9 et 20 juillet 2004
le soir venu, il erre le long de ce mur avec ses copains, toujours il se rappelle les crêtes jaunâtres du paysage et c’est le visage baissé, en silence qu’il franchit le check-point pour aller retrouver ses oliviers
(ce texte est dédié à Leila Shahid)
Mer 16 nov 2005
5 commentaires
Triste de voir les tanks ainsi qu'un mur pour affirmer la folie des hommes , triste de voir autant de souffrances dans la petite vie des hommes , qui sommes nous pour donner, oui donner autant de malheur et de tristesse, posons nous la question et le monde sera meilleur !!!!!!!
jean-louis - le 17/11/2005 à 11h08
deux peuples qui cohabitent difficilement (pour des raisons que je ne souhaite pas approcher ici) et pour maintenir une certaine sécurité, une ligne physique.
sam - le 20/11/2005 à 19h55
oui sam mais cette ligne, n'atait-elle pas celle fixée par l'ONU ?
daniel - le 06/12/2005 à 22h20
On a détruit un mur à Berlin il ya 15 ans, pour en reconstruire un en Palestine en 2005... les leçons de l'histoire n'ont pas été tirées.
Narcoz - le 22/12/2005 à 15h26
à Berlin on l'appelait le mur de la honte! et pouquoi celui-ci n'a pas l'air de choquer autant le monde???
laval - le 30/08/2008 à 13h57
il reste le fardeau du génocide qui anéantit toute objectivité, l'horreur ne doit pas engendrer le mutisme et puis tellement de murs, tous ceux invisibles de nos égos, merci pour la visite et aussi
pour la découverte d'un autre univers, à bientôt j'espère
daniel