Diaphane

je parle tout seul

peut-être pour palier l’absence

je m’engueule, me sermonne

les mains dans l’évier

la vaisselle à finir

je parle tout seul

des fois même dans la rue

et les gens me regardent

drôles, compassionnels

je parle tout seul

gouttes blanchâtres

à rêver un amour

assis, animal

revers de porcelaine

je parle tout seul

je crois à des choses

pouvez même pas savoir

même si c’est pas vrai

c’est bon quand même

je parle tout seul

et suis pas toujours d’accord

avec moi même

ce que j’espère

des qui disent que c’est impensable

c’est de l’amour

partout

de l’amour

je parle tout seul

les mains aux dossiers

le boss qui observe

la banque avide

l’épicier soupçonneux

je parle tout seul

le matin au miroir

la peau qui craquelle

et le bras dans la nuit

qui se tend et tâtonne

je parle tout seul

l’autre qui s’endort

aux vagues de coton

le corps qu’on replie

comme un besoin foetal

Sam 21 jan 2006 5 commentaires
Tu parles tout seul...c'est plus facile de se faire comprendre...même si parfois/souvent, on n'est pas d'accord avec soi-même, en effet ...

Je relis à voix haute, à voix basse ton poème, et une petite chose me " tracasse"...le besoin d' embryon à la fin ?
annick SB - le 21/01/2006 à 09h03
annick, comme un besoin de retour aux prémices de l'existence corps adulte, faetal, source, je sais pas si j'arrive bien à transcrire, une sorte de remontée vers l'originel     merci
daniel - le 21/01/2006 à 18h59

Je ne me permettrai pas sur ton blog de lancer un débat sur les prémices de l'existence !!!


Mais si j'osais, entre embryon et faetal , je choisirai faetal ; et comme je n'en fais qu'à ma tête, je relis tout une fois, à voix haute et très délicatement à la fin je dis :


Le corps que l'on replie


dans un besoin  faetal .


 

Annick SB - le 21/01/2006 à 22h31
tu as raison annick, je change et je suis ravi qu'un texte puisse évoluer grace à la perception du lecteur
daniel
Nous en sommes tous là: parler tout seul , se replier .
dysis - le 23/01/2006 à 16h42
Véritablement VISCERAL, le besoin de dire, hein?. Je te comprends oh combien! Celui qui ne parle pas tout seul est celui qui n'a rien à se dire, et celui-là est vide.
baramine - le 29/01/2006 à 08h36