Diaphane
c’était l’instant des grillons, quand le crépuscule porte la brise brûlante du jour et des sueurs, les enfants sautillent, le pavé incandescent comme grève asséchée, ces moments d’août paresseux, soudain cette lenteur nourricière et on est bien
sur la placette de ce petit bourg de la côte aux murs ceinturés d’eau, nonchalant et souriant aux badauds, croquis de terrasses, il a rejoint ses potes, son jeu de boules à la main et nous on s’est assis à l’ombre des bougainvillées pour dîner en cette tiédeur naissante
et j’aimais l’homme alors j’ai chantonné doucement à l’oreille des enfants « petite souris, chanson douce, Zorro » et même « Syracuse » ils les connaissaient tous et puis on a rigolé encore quand son rire traversait la pierre jusqu’au fond de l’assiette,
doucement les draps de nuit, l’instant des murmures et d’accords étouffés aux travers les cours, le cri des enfants regards perdus aux brillances saumâtres des canaux, hébétés aux astres insolents, les mains des grands qui traînent sur la pierre et leurs yeux égarés
au cocon de nuit dans ces temps figés, il est passé devant nous, seul, on a rien dit, on l’a salué et il nous a gratifié d’un grand sourire, petite silhouette blanche balancée de musiques intérieures,
de cette nuit, on se souvient encore
son : le rire - Henri Salvador - en publicà consommer sans modération
Je t'embrasse et te souhaite une agréable semaine.
oui ce type était un des rares qui me faisait rire ou rêver
c'est si rare
les meilleurs sont partis...
bises
Merci pour lui
l'émotion, le rire, ce qui fait la vie et l'efface
des bouts de temps qui pénètrent et s'estompent
c'était aussi l'homme qui avait renier un fils
qui solitaire se laisser dériver
si loin de l'image...
et nous avons comparé nos souvenirs, et nos vues légérement différentes ont gardé la magie, ces moments aussi je lui dois
j'aimerai tant voir Syracuse...