Diaphane
oh qu’il est beau, tout fripé, ça y est, regarde, il sourit
il ressemble à qui ?
oh c’est son père tout craché, non c’est sa mère regarde les yeux et la bouche
toutes façons il fera parti de ceux qui disent pas bonjour dans les ascenseurs qui te claquent la porte au nez, t’ont même pas vu ou pire t’ignorent, de ces requins imbus d’eux même ou de ces errants smicards avec comme unique choix que celui de survivre
la France, meilleur taux de natalité en Europe, sans parler de l’Afrique ou l’Asie, plein de petits affamés lutteurs, les biens des parents s’assèchent et l’aide se raréfie, n’empêche, sous les promesses baveuses des encravatés, les utérus se dilatent, laissant au monde un héritage voué à l’incertitude et la misère,
je sais je suis pas dans la bien-pensance ni le politiquement correct,
ça y est, fait caca sur le pot, qu’il est mignon, écoute, il gazouille, l’a dit maman,
c’est quoi ? c’est jouer à la poupée, se faire responsable sans même l’être, la société va s’en occuper de ton gamin, toutes façons tu bosses, faut la laisser quelque part la progéniture,
à peine sorti déjà séparé, la télé et la cour de récré se chargeront du reste,
un jour les gènes qui gênent, non faut produire, assurer une descendance d’incertitude et de misère, la délivrance et l’amour chétif au creux des bras tellement jouissif,
transmettre non pour un avenir de promesses aux yeux qui s’ouvrent mais pour se faire plaisir, faire son devoir à la race,
il marche, regarde, qu’il est chou, attention il va tomber, l’a dit papa
il tombera de toutes façons, prévoir des bougies et de la farine, les parents meurent un jour, c’est dans l’ordre établi, suis-je fier de ce que je leur laisse ?
je sais je suis pas dans la bien-pensance ni le politiquement correct,
c’est drôle, viennent toujours me voir même quand je suis pas père Noël,
peut-être parce qu’on a gardé la même innocence ?
...tous cas, j'les aime
un jour mon père m'a dit quand j'étais jeune : - je préfère être à ma place qu'à la tienne, le drame c'est que je pense la même chose avec mes propres enfants, le monde ne s'améliore pas et si ce n'est plus l'occupation c'est l'individualisme exacerbé qui a prit le dessus et ils en sont devenus le produit, hélas
merci chrystelyne
amicalement
chrystelyne